DU SANG ET DES LARMES

Charles Gave est un colosse jovial. Comme tous les véritables optimistes, il assène les vérités qui dérangent avec un humour et un détachement qui accentuent la pertinence de son message. Avec son air de ne pas y toucher, il va droit au but et l’on se prend à se trouver moins bête après l’avoir lu.

Dans son dernier livre : L’Etat est mort, vive l’Etat ! » qui vient de paraître chez François Bourin, l’auteur nous explique pourquoi la faillite de la France est finalement une bonne nouvelle. Comment parvient-il à cette étonnante conclusion ?

Il aurait souhaité, il le confesse, être professeur. Le monde de la finance, où il exerce ses talents depuis près de quarante ans, et son compte en banque, y auraient perdu, ce que celui de l’intelligence y aurait gagné. A défaut de se consacrer à l’édification d’une jeunesse élevée dans la dangereuse illusion de l’infaillibilité de l’Etat Providence, Charles GAVE tente d’alerter les plus curieux et les moins obstinés de ses contemporains sur les réalités du monde économique. Au travers d’une série de questions d’une précision diabolique, l’auteur se livre à une analyse sans concession, des travers récents de l’économie mondiale et de la spécificité du cas français. Il nous offre ainsi une vision, brillante et enlevée, de la purge qui nous attend dans les prochains mois si l’on veut éviter le sort de la Grèce. Rien n’est inéluctable, et pour peu que l’on décide de prendre le problème à bras le corps, nous pouvons faire d’un malheur le début d’une renaissance. Nous sommes à la croisée des chemins et, selon que nous ferons preuve de courage ou de lâcheté, notre avenir sera celui de la réforme suédoise ou de la faillite argentine.

Un homme libre

Pour nous le faire comprendre,  Charles Gave va bien plus loin dans l’analyse que tous les économistes patentés par « l’intelligentsia »  française qu’il serait bien insultant d’appeler ses « confrères » tant il s’en distingue nettement. Nous n’avons pas affaire avec lui à un économiste de plus, un théoricien qui nous assène doctement aujourd’hui, pourquoi ce qu’il avait prévu pour hier, ne se réalisera que demain. La science économique étant à la science, ce que l’alchimie était à la chimie et l’astrologie à l’astrophysique, nous n’en sommes qu’aux prolégomènes de la compréhension du phénomène. En matière de prévision économique, il convient de s’appuyer sur l’expérience pour parvenir à un des résultats tangibles, plutôt que de vouloir systématiser une représentation mécaniciste du monde en méconnaissant pour ce faire tout ce qui n’entre pas dans le son cadre. C’est sans doute pour cette raison que notre auteur se  différencie tant des prophètes, prédicateurs et analystes à la petite semaine (espèce qui abonde également en politique, domaine dont où la prévision est tout aussi «  scientifique » — elle y a même un nom : les Duhamel).

Pour la bien-pensance, Charles Gave est un hérétique, un voltairien, un libertin de l’intelligence. Ces qualificatifs, tirés du Siècle des Lumières, ne sont pas qu’un effet de style archaïsant sous mon clavier : selon l’auteur, les maux dont nous souffrons viennent de l’accaparement des rouages de l’Etat par une nouvelle religion, au totalitarisme insidieux. Et, comme au XVIIIème siècle, c’est contre l’obscurantisme  qu’il convient de lutter pour libérer la France de son carcan

En parfait Beaumarchais moderne, notre homme concentre donc tout ce que le système abhorre. Il aime l’argent au point d’en avoir fait son métier puisqu’il exerce l’inavouable profession de financier. Celui qui conseille depuis des années les investisseurs et autres banquiers internationaux est pourtant à la meilleure place pour comprendre la crise que nous traversons. Ses revenus dépendent directement de la finesse et de la pertinence de ses analyses  (comme pour le Nutella, « quarante ans d’expérience feront toujours la différence »).

On l’aura compris, ce livre nous présente, le constat dressé par un artisan vivant de son art et non la vision dogmatique d’un intellectuel prospérant autour de l’idée qu’il impose aux autres de son génie autocélébré. Que les marchés confirment ses prévisions suffit à son bonheur, comme à celui de ses clients. Il ne redoute pas le débat, il l’encourage. Il ne prétend pas à l’universel mais se réclame de l’expérience.

C’est un libéral dans la pleine acception de ce mot : un homme libre, qui pense, et qui ose écrire qu’il est pour le moins paradoxal, après avoir tout essayé sans résultats probants,  de refuser les solutions de bon sens que d’autres ont déjà mises en œuvre avec succès pour sortir de la crise que connaît l’Occident. Il nous invite, ce faisant, à une plongée au cœur du dogmatisme qui fonde le « modèle » économique français,  dont il est bien difficile de ressortir indemne.

La France, ou l’enfer économique

Charles Gave signale cette anecdote dans le livre qui nous occupe : lorsque l’on faisait remarquer à Milton Friedman qu’il était paradoxal que les plus grands penseurs libéraux soient français alors que notre pays ne s’était jamais distingué par son libéralisme, ce dernier retournait cette contradiction apparente en expliquant qu’on ne décrit jamais mieux l’enfer que lorsque l’on y habite.

En vérité et à bien y réfléchir, la France paye là le fait d’être la mère des grandes catastrophes idéologiques de ces deux derniers siècles, tant toutes les révolutions qui se sont succédées procédaient de 1789.

Si la « matrice » de ces révoltes[1] a eu pour ambition de lutter contre l’absolutisme royal et la tutelle de l’Eglise, il aura fallu attendre la première d’une longue série de défaites face à l’Allemagne, pour qu’une organisation stable, sur ses principes, succède à nos défunts souverains : la République. Si celle-ci s’est maintenue depuis, c’est qu’elle a su s’appuyer sur un nouveau culte pour asseoir sa légitimité : le socialisme. Sous divers avatars, le clergé collectiviste (saint-simoniens, néo-colbertistes, keynésiens ou, marxistes — de stricte obédience bolchévique ou déviationnistes trotskistes et maoïstes) n’a cessé depuis un siècle et demi de renforcer le poids de l’Etat dans l’économie française, au point qu’il en arrive maintenant à représenter presque la moitié du PIB.

Pour tous ceux qui espéraient que nous sortirions du « paradis » soviétique après les errements du passage de « l’ombre à la lumière » et ses vagues de nationalisations, la prise de conscience est douloureuse!

L’auteur recense ainsi, méthodiquement, les secteurs arrachés à l’économie marchande, par notre Etat hypertrophié. L’éducation, la culture, le transport et la santé ont tous un énorme potentiel de croissance dans les années à venir ; ils présentent en outre l’avantage de ne pas être délocalisables. Ces monopoles d’Etat pèsent déjà plus de 44% du PIB, et encore l’auteur nous fait-il grâce du secteur de l’énergie où l’imbrication entre public et privé est telle que les statistiques sont difficilement lisibles. La non concurrence, principe de base du secteur « public », entraînant l’immobilisme et la stagnation au nom de la préservation des « zaquis », c’est ainsi près de la moitié de notre économie qui n’est plus en mesure de produire des richesses. Pire encore, le fonctionnement du  Moloch engloutit toutes les ressources disponibles produites par les autres secteurs : contrairement à ce que l’on nous serine en permanence, nos impôts ne servent pas à payer les routes et les TGV, mais les salaires de ceux qui les bloquent à la première occasion, comme nous n’allons, malheureusement, pas tarder à le constater.

Comment s’étonner après cela, de la faiblesse structurelle de notre taux de croissance depuis trente ans ? Comme nos régimes sociaux redistributifs ont été conçus pour fonctionner avec un taux de croissance dépasse les 3%. Il ne faut pas chercher bien loin la cause de leurs déficits, et du recours massif à l’emprunt pour les maintenir à flot, faute d’avoir le courage de nous réformer.

Une réforme ? Non, sire, une révolution !

Ne nous y trompons pas : pour se maintenir au pouvoir, nos politiciens ont toujours compté sur le clientélisme et, en la matière, rien ne vaut un fonctionnaire.  La gauche y gagnait des bataillons de petits privilégiés, tandis que la droite pouvait utilement placer les siens à la tête de ces lucratifs fromages que sont les monopoles.

Pour maintenir l’hypertrophie du secteur étatique les princes qui nous gouvernent, si mal, ont dans un premier temps fait marcher la planche à billets. C’étaient les années 70 et l’inflation a explosé avec, dans son sillage, les dévaluations. L’épargne fondait comme neige au soleil, la pierre, tout comme l’or, devenait une valeur refuge puisque le papier ne valait rien ;  la consommation des ménages était forte mais la croissance ne repartait pas pour autant.

Cette période a pris fin quand l’Allemagne, voyant ressurgir le spectre de l’entre-deux guerres, a décidé de lutter vigoureusement contre les pratiques inflationnistes et lorsque le dogme keynésien a été remis en question au Royaume-Unis par Margaret Thatcher et aux Etats-Unis par Ronald Reagan. Les libéraux ont réduit le  poids de l’Etat dans l’économie tout en baissant les impôts et ont, de ce fait, relancé la croissance. Les Allemands ont fait de même, tout en s’assurant que la France ne continue pas à émettre des assignats en nous inventant l’Euro.

Résultat : les Anglo-saxons ont prospéré et s’apprêtent à le faire de nouveau en suivant les même recettes (les Britanniques sont sortis  du blairisme et les Américains, en novembre prochain, vont se débarrasser des démocrates au Congrès), les Allemands, une fois réunifiés, ont assaini leur situation. Les Français, eux, n’ont rien fait de tout ça : ils  se sont contentés de protester contre l’« égoïsme » de leurs voisins, en vantant les mérites d’un modèle dont personne ne  veut, pas même les Russes.

S’étant interdit, grâce à leurs amis Allemands, d’émettre de nouveau de la monnaie de singe, pour éviter d’avoir à « dégraisser le mammouth », nos gouvernants ont donc emprunté à tour de bras. Cette logique de la fuite en avant est arrivée à son terme avec la crise de la dette grecque, et la situation  irlandaise montre bien que, contrairement à ce que prétendent les David Copperfield de Bercy, nous ne sommes pas sortis de l’auberge en la matière. Déjà,  l’Espagne et le Portugal procèdent en catastrophe et avec les plus grandes difficultés aux ajustements indispensables ; l’Italie ne va pas tarder à suivre.

En France, on fait semblant de prendre pour une « solution » le quart de mesure (et encore, je suis gentil) que représente une énième « réforme » des retraites : le réveil va être brutal !

Comme tout a un terme, nous allons devoir nous y mettre nous aussi. Dans un pays qui s’est construit sur le culte de l’omnipotence de l’Etat ; dans une France où l’on est encore convaincu des pouvoirs de thaumaturge des Présidents de la République, la fin de l’Etat-Providence va être vécue comme une catastrophe d’ampleur biblique,  du moins pour ceux qui se réfèrent encore au Livre…

Le début de la fin

Charles Gave observe que nous sommes dans la situation de la Grèce, il y a deux ans : les taux d’intérêts avec lesquels nous nourrissons nos déficits abyssaux commencent à diverger d’avec ceux consentis à l’Allemagne, et les CDS (Credit Default Swaps), ces assurances que les prêteurs  prennent sur les défauts de paiement éventuels de leurs débiteurs, augmentent régulièrement. Cela signifie que la « qualité de la signature » de la France, dont nos dirigeants se regorgent encore, se dégrade : lentement mais sûrement. Rien d’étonnant à cela : nous persistons dans l’être et nous ne nous attaquons pas aux causes réelles de nos déficits.

Le scénario est connu, et les remèdes aussi; mais il y a fort à parier que s’ils n’y sont pas contraints par « ces monstres froids » que sont les banquiers, nos politiciens feront ce qu’ils savent le mieux faire : rien !

C’est que, dans 18 mois, se profile l’élection présidentielle.  Il est urgent, à l’approche de ce rendez-vous crucial pour la distribution des prébendes en tout genre, de ménager la « France protégée » et de ne pas réveiller les comateux. Aussi, et comme toujours, nous reporterons à demain ce qu’il aurait fallu faire hier (et même avant-hier), en priant pour que « les marchés » nous en laissent le loisir avant mai 2012.

Dans ces conditions, on est bien obligé de souscrire à l’analyse de Charles Gave : il est vraiment surprenant de voir autant de monde se porter candidat à la Présidence de la République, dans la mesure où « l’heureux élu », n’ayant plus un sou vaillant en poche, devra passer son mandat à dire non à tous les intérêts catégoriels qui font le « charme » de notre « dialogue social », et à tailler dans le vif.

Devant d’aussi alléchantes perspectives, tâchons d’éviter de croire le baratin que ne manqueront pas de nous servir les aspirants au mandat suprême, et gardons au contraire bien en tête que la ruine prochaine  de notre Etat-Providence, nous permettra de construire un monde nouveau :  un monde bâti sur la liberté d’entreprendre et de commercer, un monde où la richesse ne sera plus assimilée à un vol mais à une chance, un monde où l’envie ne tiendra plus lieu de politique fiscale, un monde où la légalité viendra utilement pallier les injustices du dogme de « l’égalité ».

Pour y parvenir, Charles Gave ne promet, comme Churchill en son temps, que du sang et des larmes. Ce n’est guère enthousiasmant, j’en conviens, mais la victoire sur les totalitarismes qu’ils soient religieux, idéologiques ou les deux à la fois, passe malheureusement par là.


[1] Voilà bien une illustration de la domination marxiste qui règne encore sur « l’enseignement » de l’Histoire en France où l’on passe délibérément sous silence l’influence considérable que les deux révolutions, anglaise et américaine ont eue sur la nôtre, pour se concentrer uniquement sur la filiation directe entre 1789 et l’Octobre Rouge.

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15 Réponses to “DU SANG ET DES LARMES”

  1. quentin Says:

    C’est très intéressant. Même un interventionniste comme moi y voit un peu de lumière.
    Le fait qu’on va se prendre un gros gadin, c’est un secret de polichinel. Et même si tu ne l’aimes pas, attali dit des choses similaires. Nous allons évidemment devoir corriger beaucoup de chose et la crise qui s’annonce sera certes douloureuse pour certains car la casse des emplois continuera mais… je pense que la purge sera salutaire.
    Bon…le procès de mitterand est impossible … mais tonton nous a bien mis dedans… enfin je dis ça j’avais un an.

    Vois tu je suis un schumpétérien convaincu. Notre salut passe par l’inovation et la libéralisation des entrepreneurs. La loi sur l’autoentreprise est certes une petite pierre à l’édifice mais vraiment pas suffisante.
    Encore en france on se prend la tête pour créer sa boite et on a la peur au ventre de savoir ce qu’on va payer avant même d’avoir développer son business.

    Des gens pensent qu’un pays comme la france est vouée au tertiaire, au service à gogo … bref aux métiers du royaume des vendeurs de rêves. Moi je pense que nous pouvons capitaliser sur notre savoir faire et nos industries ancestrale. Je vois par ci par la qu’on commence à en revenir de la chine. On est bien content finalement de notre ouvrier français qui fabrique moins mais mieux… La qualité, c’est une compétence. Et je suis de ces malades qui croient encore au génie français.
    Il faut payer nos chercheurs et nos toubibes. Par contre diminuer le nombre de fonctionnaire dans les mairies. Bref on peut refaire le monde mais la purge c’est bien si en même temps on fout le peu de marge de manoeuvre qu’on a dans l’avenir.

    Je crois surtout à l’unification de la france avec l’allemagne…si ils veulent bien de nous lol.

    Je crois surtout que nos universités et écoles doivent être plus sélectives et qu’enfin on arrive à faire passer le message que les métiers manuels ne sont pas dévalorisants.

    Je suis optimiste vois tu. Peux être comme tout ces nostalgiques de l’état providence. A une différence prêt… je suis préparé à la purge et j’ai fait une croix depuis bien longtemps sur ma retraite.

    • marcsuivre Says:

      Ce que j’ai toujours aimé chez toi mon ami c’est ta capacité à te remettre en question. Je ne plaisante pas, c’est un de tes atouts. Pour le reste la vague arrive, a nous de la surfer pour faire de la fin d’un monde, le début d’un autre

  2. Szentelira Says:

    Ce n’est pas vrai que la science économique serait à la science ce que l’alchimie était à la chimie et l’astrologie à l’astrophysique.

    La théorie économique est une branche de la logique, aussi vraie que deux et deux font quatre et, pour partie, pour cette raison même.
    Elle est seulement dénaturée et falsifiée par des sophistes et des menteurs pour des raisons politiques, principalement sous la forme d’une singerie de la science expérimentale, qui permet de masquer les sophismes et les impasses du raisonnement, de rationaliser les interventions étatiques et d’excuser les échecs de la prévision.

    On reconnaît que ce qui y rend la prévision difficile en économie, c’est que le comportement des individus n’est pas déterminé comme l’est celui des éléments naturels et des corps célestes ; on reconnaît moins qu’en outre l’intervention de l’état fausse y détruit les indications de valeur que le système de prix donne ou devrait donner.

    Les marchés organisés, où chacun essaie de prévoir avant les autres ce que les autres vont imposer comme changements dans les prix, sont le domaine où la recherche de régularités empiriques, qui caractérise l’approche expérimentale de la science, est la plus naturellement vouée à l’échec, puisque toute éventuelle régularité de ce genre est pour les investisseurs une occasion de profit, et que celle-ci sera nécessairement exploitée jusqu’à sa disparition.

    Ce fait-là ne fait pas de la théorie économique une forme de charlatanisme, puisque c’est elle-même qui l’affirme au nom de la logique.

    Ce que pense Charles Gave est lui-même le produit d’un certain enseignement de la science économique, qui n’est pas nouveau, qui à certains égards n’est pas assez précis ou cohérent, mais qui suffit à sa pratique puisque les données disponibles ne vont généralement pas plus loin non plus.

    Ca ne l’a pas empêché de se tromper à l’occasion, ce dont ceux qui l’avaient alors suivi, avec leur argent, se souviennent encore.

    • marcsuivre Says:

      Ce qui pose problème avec la science économique, c’est l’utilisation du mot science. Comme toute étude des phénomènes humains, l’étude économique n’a rien d’une science puisqu’il est, à l’heure actuelle, impossible de démontrer la validité d’une théorie par le biais de l’expérience. Il est en revanche possible d’analyser un phénomène et d’essayer d’en prévoir les conséquences, à l’aune de ce que de précédents épisodes nous ont appris, en gardant à l’esprit que l’homme est faillible et qu’il peut toujours se tromper. Cette démarche est empirique et n’a rien de scientifique. La science économique n’existe pas plus que les sciences humaines, et pour les mêmes raisons. Ce n’est pas une raison pour ne pas essayer de comprendre. De là à en tirer des conclusions définitives sur la marche du monde il y a un pas que les charlatans franchissent allègrement. Rien n’est pire que de prétendre à l’universel en matière de comportement humain … on arrive toujours aux plus grandes catastrophes par ce biais.

  3. Szentelira Says:

    "Margaret" s’écrit sans "h"

    Ni Thatcher ni Reagan n’ont réduit les dépenses publiques ; ce qu’ils ont réduit, c’était le réglementation et la progressivité des impôts, qui décourageaient l’investissement.
    C’est probablement dans les pays de l’Est en Suède –après la faillite– qu’on pourrait trouver de vrais exemples de réduction de l’état. Mais il faut vérifier.

    • marcsuivre Says:

      C’est vrai, merci et pardon pour cette erreur. Tant que nous y sommes, "réglementation" est un mot féminin et la Suède se situe plus au nord de l’Europe qu’à l’est ;-)

  4. tetatutelle Says:

    "Que du sang et des larmes. La victoire sur totalitarismes qu’ils soient religieux, idéologiques ou les deux à la fois, passe malheureusement par là."

    OK (je suis libérale !). Il y a néanmoins une catégorie de personnes (une seule !) à laquelle on ne peut imposer ce sang et ces larmes car ne pouvant les supporter, ils les conduiraient carrément à "la mort" (OK les révolutions ont aussi eu leur lot de morts, mais peut-être quand même tenir compte que nous sommes aujourd’hui au "XXIème siècle" !) : ce sont "les malades et les handicapés" (dont je fais partie, et je m’empresse de préciser qu’il n’est nul besoin qu’un handicap soit "lourd" pour barrer l’accès à "tous les emplois") ! Charles Gave (je n’ai pas lu le livre) envisage-t’il "la suppression de l’AAH" (et ne compter que sur la charité privée "volontaire" et par conséquent "toujours incertaine" !) ? Peut-être pas oublier que les fondements "libéraux" de notre République incluent assignent également à l’Etat une valeur "humaniste" ! Or est-ce humain de laisser sans nourriture, sans logement et sans soin un handicapé ou un malade "faute de fonds nécessaires récoltés par une solidarité privée" ? La question mérite quand même d’être soulevée………..

    A ce sujet "les chercheurs et les toubibs" qu’a mentionnés par Quentin ne seront jamais "trop payés" ! Je dirais même qu’il serait temps de leur augmenter l’enveloppe (quitte à retirer à d’autres la leur !) pour qu’ils trouvent enfin le (ou les) moyen(s) d’éviter de mettre au monde un enfant handicapé (par ex l’objectif de parvenir un jour à "zéro accouchement par le siège" serait-il trop ambitieux ou irréaliste ?) afin d’éviter qu’il soit toute sa vie une charge pour le contribuable !
    Pour ma part personnelle il m’est très facile de "mettre une croix sur ma retraite" (toujours selon l’expression de Quentin) : étant le fruit d’un "travail antérieur", je n’en aurai pas ! L’AAH est accordée "à vie" ! Si toutefois cependant on daigne nous laisser ce très léger "privilège" !

    • marcsuivre Says:

      Vous devriez lire ce livre, il est et loin des clichés qui font des libéraux des ogres voulant imposer la loi de la jungle. La loi du plus fort c’est une spécialité marxiste. Dire que l’Etat doit revenir à plus de modération parce qu’il n’a plus les moyens de ses ambitions ce n’est pas faire table rase de tout. S’il ne se réforme pas et qu’il ne peut plus trouver d’argent sur les marchés comment croyez vous qu’il parviendra à verser les pensions ? La fin du monopole d’Etat sur la santé ne signifie pas le retour de Zola, seulement la fin des gaspillages. On peut ne pas y croire, le craindre ou le redouter, de toute façon il n’a bientôt plus la possibilité d’honorer les "faux droits" qu’il a consentit généreusement avec un argent qu’il n’avait pas. Les suédois ont drastiquement limité l’emprise de l’Etat dans leur économie en privatisant à tour de bras, on ne peut pas dire que les plus faibles d’entre eux agonisent dans la neige faute de soins à la fin de l’été. Par contre la situation des pauvres en Argentine après la faillite n’avait rien d’enviable…

  5. daredevil2007 Says:

    Bravo pour vos commentaires! Malheureusement, je crains que vous n’ayez fort à faire pour contrer la lobotomisation avancée qu’ont subie les français en matière d’économie…
    Quoi qu’il en soit, le tsunami se rapproche et l’heure de vérité avec… préparons donc nos billets… de monopoly ;)

  6. luci2233 Says:

    Bonjour Cher Monsieur.

    Warren Buffet reconnaît que la "lutte des classes" est en train d’être gagnée par la sienne justement…
    Qui pour vous des 8 MILLIONS DE PAUVRES ,des très officiels 4 Millions de Chômeurs,des 2 MILLIONS D’ENFANTS PAUVRES ET QUI NE PEUVENT SE FAIRE SOIGNER.
    Quid des taudis dans une France se trouvant,de ce dernier point de vue,dans une situation pire qu’en 1954 à l’époque de l’abbé Pierre.
    Révolte et Purges OUI …!!!
    Ce sera pour Tous et les causes sont directement liées au comportement de la classe "gagnante" selon Buffet.
    On ne doit pas tirer,tout le monde le sait,sur l’ambulance qui passe,brinquebalante…
    Rejoignez nous.
    Nous sommes Tous des Humains à l’avenir connu ,indépendant de l’économie,des finances et des cupidités en tout genre : Le "Temps (Time et pas weather) accomplit son oeuvre.
    Raison supplémentaire (ou essentielle ,c’est selon) pour cesser des combats futiles et stériles,alors que vous pouvez très largement contribuer à proposer,voire à mettre en oeuvre avec ceux que vous accusez ou leurs représentants,des débuts de solution salutaires.
    Cordialement.

    Un ami proche du MODEM

    • marcsuivre Says:

      Cher Monsieur,

      Ces combats n’ont rien de futile. L’octroi de faux droits et le recours systématique à l’emprunt pour différer les décisions difficiles nous ont précipité dans l’ornière actuelle. Continuer comme si de rien était est un droit tout aussi légitime que de dénoncer l’aveuglement de nos dirigeants et le fait que nous soyons tous mortel ne justifie en rien celui de ne pas tenter d’améliorer le quotidien de son court passage sur terre. Nous pourrions rentrer dans un long et passionnant débat sur l’origine de la pauvreté. Quant à la France de l’Abbé Pierre il faudrait sortir des clichés. Elle était dans un état beaucoup plus pitoyable que la France actuelle, ne serait-ce que parce qu’elle sortait de la guerre et de ses destructions. La lutte des classes est un dogme. Comme tous les dogmes il se rapporte à une foi et il est impossible d’avoir un échange rationnel avec quelqu’un qui ne réagit qu’en vertu d’une croyance. Le grand intérêt d’internet c’est l’espace d’expression qu’il laisse aux mécréants …

  7. dornach Says:

    Un blog qui devrait vous intéresser

    Cordialement

    C D

  8. tetatutelle Says:

    @ Marc Suivre :

    "Comme tous les dogmes il se rapporte à une foi et il est impossible d’avoir un échange rationnel avec quelqu’un qui ne réagit qu’en vertu d’une croyance"

    Permettez-vous de penser que des "dogmatiques", il peut y en avoir "des deux côtés", qu’il peut exister aussi des "libéraux dogmatiques", dès l’instant où ils poussent aux paroxysme du libertarianisme et de l’anarcapie (non seulement en continuant à se dire libéraux, mais pire en affirmant que "eux seuls seraient soit-disant libéraux" !) ? N’est-ce pas un peu présomptueux de ne toujours voir des dogmatiques que "chez les autres",de "se croire soit-même épargné de tout dogme" (et par quel "esprit surnaturel bienfaisant" certains seraient-ils plus épargnés que d’autre de la tentation dogmatique ?….) ?
    Je ne vise pas particulièrement votre personne en affirmant cela…..mais je peux vous garantir que "des dogmatiques chez les libéraux il y en a", et les subir est plutôt pénible !

    Donnez ainsi le droit de penser que la solution aux maux de la France ne se situe peut-être "ni du côté de la lutte des classes ni de celle d’un certain libéralisme impitoyable". Mais qu’elle consiste peut-être tout simplement à réaliser "un grand debriefing de toutes les doctrines" et de "prendre ensuite dans chacune ce qui a marché" (c’est à dire fait ses preuves au cours de l’Histoire) ! Et de terminer par l’introduction à cela de "quelques mesures originales", encore jamais tentées jusqu’à maintenant (car tellement persuadés que c’est impossible……sans jamais avoir "osé l’essai" !). Sans forcément qu’il s’agisse de mesures "libertariennes".

  9. Gilles Hector Says:

    c’est quoi un libéralisme impitoyable ? La pitié est-elle source de progrès économique ? Crée-t-elle des richesses ?
    La pitié est un prétexte socialiste pour créer des postes de fonctionnaires et capter une clientèle électorale.
    On n’est pas encore tiré d’affaires, trop de français ont eu le cerveau trépané par 200 ans d’idéologies fumeuses.

  10. tetatutelle Says:

    "C’est quoi un libéralisme impitoyable ?"

    Celui de "l’école autrichienne" ! Certains refusent d’admettre que le libéralisme a "plusieurs courants", ils le réduisent à une pensée unique : "la leur", quelle présomption ! Et bien "non le libéralisme ne se limite pas à ce seul courant", "effectivement impitoyable" alors que les autres tendances mettent "un p’tit peu d’eau dans le vin" ! Car si baser un programme politique "exclusivement sur la pitié" n’est effectivement pas la solution, "l’impitoyabilité ne l’est pas davantage" !

    La pitié est-elle source de progrès économique ?

    Bien sûr (à condition qu’elle trouve sa limite comme je viens de l’expliquer) ! Ex : un travailleur peut-il être "efficace" au travail en étant "sous-alimenté" ? Je ne le crois pas, je pense que ces cas-là il fait mal son boulot, par conséquent je ne vois ce que dans ce cas "l’économie pourrait y gagner" ! Il est donc nécessaire de le payer "correctement" (sans excès toutefois car il n’est pas le patron !). Et cela nécessite "un brin de pitié" !

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