NORMAL 1ER EN NORD MALI

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Bien qu’il dépense des trésors d’imagination pour amuser la galerie avec le mariage pour tous, sauf pour lui, notre Président normal ne va guère pouvoir éviter longtemps la question à un milliard d’euros par an (minimum) : un Président socialiste peut-il être normal, sans sa guerre du désert ? Sans vouloir paraître briser l’Union sacrée de façade, force est de constater que la France n’entre jamais autant en conflit que quand elle est gouvernée par des socialistes (ou assimilés). Certes, le dictateur austro-hongrois était bien allé guerroyer en Libye, dans l’espoir insensé de se faire apprécier de BHL et de ses copains. N’oublions cependant pas que Mitterrand, le maître à penser de Normalito, s’était ensablé par deux fois : au Tchad puis au Koweït durant ses mandats, sans mentionner l’envoi du contingent en Algérie en 1956. En politique, c’est décidément plus le socialo que le Légionnaire qui sent bon le sable chaud.

Flamby rat du désert

130123-drone-maliDevions nous stopper les islamistes qui s’apprêtaient, nous dit-on, à marcher sur Bamako ? Cela ne fait guère de doutes et du reste nous n’avions pas le choix. Ceci dit vous aurez sûrement constaté, avec amusement, que depuis que nous les bombardons, les barbus ne sont précisément plus islamistes, mais terroristes. Si le Rafale a pour effet de dé islamisé ceux qui l’approchent, il n’est pas étonnant que nous ayions autant de mal à les vendre dans les pays du Golfe. Pourquoi avons-nous dû agir aussi vite ? C’est qu’à force d’expliquer aux fanatiques enturbannés que nous ne mettrions pas les pieds dans ce gourbi, avant que les forces autochtones ne soient prêtes à le faire (cf. conférence de presse de François Hollande du 12 novembre 2012), ils ont fini par nous prendre au mot. Voyant qu’en dépit de l’inertie propre à toute opération « Européenne », la mise à niveau opérationnelle des armées africaines finirait bien par se faire, AQMI a essayé de prendre les devants. C’est bien humain à défaut d’être hallal…

TOM-Mali-EuropeEn conséquence, nous voici lancés dans une opération comme seule la France-Afrique en a le secret. Compte tenu de l’état de l’armée malienne qui n’a d’armée que le nom et dont l’utilité consiste à assurer la tradition localement bien ancrée du coup d’État permanent, il était bien normal (encore une fois) que nos troupes comblent le vide pour faire échec aux fous de Dieu. D’autant plus que nous sommes liés à ce pays par un accord de défense. Seulement comme nous avons annoncé urbi et orbi nos objectifs et que ces mauvais joueurs de Touaregs islamisés (ou pas c’est selon) n’ont pas eu la décence d’attendre que tout se mette en place, nous avons dû nous précipiter dans des sables que, même le Paris-Dakar ne fréquente plus. Et c’est là que les choses se compliquent.

Pourquoi la France se retrouve-t-elle seule ?

2013-01-18-europeIl ne faut pas être grand clerc pour répondre à cette lancinante question, même si pas un journaliste ne se la pose dans les termes qui conviennent. Nos Rouletabilles se lamentent depuis les débuts de l’opération Serval sur le manque de soutien de nos alliés. Et c’est vrai que ce lâchage en plein désert a de quoi choquer au premier abord. Comment doit-on qualifier un allié qui vous pleure ses moyens, vous adresse mollement ses encouragements et ne vous laisse aucun espoir de renfort ? Ces larmes seraient émouvantes si notre gouvernement « normal » ne venait pas de se conduire exactement de la même façon, en se retirant unilatéralement d’Afghanistan sans se soucier, le moins du monde, de l’opinion de ceux aux côtés desquels nous nous étions engagés à combattre. « Moi Président » avait été élu et nos Alliés devaient s’y faire, comme de vulgaires opposants au mariage gay, puisque cette décision était dans son programme. Na !

guerre-au-Mali-Rien n’est pour autant perdu, car François Hollande peut compter sur l’indéfectible et surprenant renfort du plus Allemand de nos révolutionnaires.  L’ineffable Cohn-Bendit, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient de prendre des accents hugoliens au Parlement Européen pour dénoncer l’abandon de la France « seule à payer le prix du sang ». Une guerre soutenue par Dani le rouge, ça vous a un petit côté surréaliste qui cadre plus avec Dali au centre Pompidou qu’avec une lame de fond soulevant l’enthousiasme des peuples, mais bon, on a les Gambetta du moment. C’est bien parce que le Mitterrand de Tulle a trouvé « normal » de partir de la Kapisa avant l’heure, que nos camarades trouvent « normal » de nous compter leurs soutiens. Si on ajoute à cela le fait que nos militaires comme nos diplomates ont toujours trouvé que l’Afrique était une chasse gardée, il ne faut pas s’étonner des conséquences.

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Le bourbier malien

num_risation0014Comme nous ne devons pas compter sur des renforts structurés, pouvons-nous nous en remettre, corps et âme, aux fameux contingents « Africains » ? Qu’il me soit ici permis d’en douter, surtout dans la seule perspective stratégique qui compte vraiment dans nos sociétés médiatiques occidentales post-modernes : celle de ne pas s’enliser. En effet, les contingents qui finiront par nous parvenir de la CEDEAO[1] ne seront, au mieux, qu’une relève ponctuelle, en aucun cas une force de reconquête. En premier lieu, parce que, à la notable exception des troupes tchadiennes près, aucune de ces unités n’est formée à la guerre du désert. Qu’ensuite elles ne parlent pas la même langue (les Nigérians parlent anglais et les autres le français), qu’elles n’ont aucune expérience d’interopérabilités entre elles et très peu avec l’armée française. Enfin, et ce n’est pas le moindre des risques, il s’agit d’armées noires au contact de territoires arabes.

 

Les renforts sont en chemin

Les renforts sont en chemin

Nous touchons là au fond du problème que notre doxa politiquement correcte s’efforce d’occulter. En Afrique, et particulièrement au Sahel, l’oppresseur n’est pas le « blanc européen », mais le « blanc arabe ». L’esclavage, crime contre l’humanité commis par les européens (c’est bien connu) a de tout temps et jusqu’à une époque très récente, été pratiqué, à grande échelle, par les nomades arabes par le biais de razzias sur les villages noirs de la bande sahélienne. En conséquence de quoi, les populations arabes du désert ne se sentent absolument pas Maliennes. Les Touaregs ne sont pas en lutte pour une indépendance de principe. Ils veulent un État indépendant de la Bamako noire. Certes les colonisateurs européens en traçant des limites nord-sud, là où les Peuples se répartissaient selon une logique est-ouest n’ont rien arrangé, pas plus que l’ONU, par la suite, avec son dogme de l’intangibilité des frontières. Il n’en demeure pas moins vrai qu’ethniquement, le Nord Mali se distingue, très sensiblement, du Sud.

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Dans ces conditions, il semble très hasardeux de laisser des armées africaines « pacifier » la zone. C’est un peu comme confier la garde d’un camp de réfugiés Tutsis désarmés à des Hutus chargés comme des porte-avions ou vice versa. Un peu plus à l’Est, les habitants noirs du Darfour savent bien tout ce qu’ils doivent à l’humanité sans borne des tribus arabes, venues s’assurer de leur bonne santé, à l’invitation du gouvernement islamiste de Khartoum. Ceci étant posé, il semble donc bien que l’opération de « reconquête du Nord Mali » entamée par Normal dernier, alors que personne ne le lui demandait, nous entraîne dans de longues et coûteuses opérations militaires.

La France otage de l’Algérie

64_dilem_130120110920L’attaque du complexe gazier d’In Amenas a certes internationalisé le conflit, mais elle a surtout prouvé que la France est devenue l’otage du « quarteron de généraux » au pouvoir à Alger depuis 50 ans. En témoigne : la touchante unanimité avec laquelle, la classe politique française a qualifié « d’appropriée » la boucherie sanglante qui a tenu lieu de réponse des autorités algériennes au raid islamiste sur les installations de BP. Trente-sept otages tués, en regard des centaines d’autres libérés, on peut en effet considérer cela comme un succès… si l’on est Russe. Il ne faut d’ailleurs pas s’étonner du résultat puisque ce sont justement ces derniers qui ont formé les forces spéciales algériennes. Simplement, il faut arrêter de s’offusquer des méthodes de Poutine quand on loue celles, en tout point semblables, de Bouteflika.

La France est donc malheureusement, dans une situation de dépendance renforcée vis-à-vis de l’Algérie. Au complexe colonial et à son corollaire de repentance, vient maintenant s’ajouter la nécessité de pouvoir survoler le territoire algérien pour ravitailler nos troupes engagées au Mali. De même est-il nécessaire de s’assurer de la coopération de l’armée algérienne pour sceller ses milliers de kilomètres de frontière commune avec le nord Mali. Nous nous trouvons donc exactement dans la situation des Américains en Afghanistan, vis-à-vis du Pakistan. Un allié peu fiable, qui pratique le double jeu et qui a tout intérêt à vous voir vous embourber dans une situation inextricable, ne serait-ce que pour vous soutirer un maximum d’avantages indus.

gay-guerreQue la France gagne sa guerre au Mali et tous les barbus fanatiques qui campent dans le no man’s land qu’est aujourd’hui le Sahara risquent de revenir dans leur pays d’origine : l’Algérie. De surcroît ce pays, pas plus que l’oncle Sam, n’a intérêt à ce que la France réussisse là où l’Amérique a échoué. On peut donc compter sur la collusion des deux pour ne pas nous faciliter les choses. Enfin, un Mali pacifié pourrait être à même d’exploiter ses richesses potentielles. Il serait en effet bien étonnant que ce pauvre pays soit le seul État du coin, à ne pas avoir de ressources dans un désert qui ne l’est pas tant que cela pour tous ses autres voisins. Dans ce cas, il serait bien naturel que les entreprises françaises en tirent bénéfice. Voilà encore une bonne raison qui pousse à l’enlisement.

 

Conclusion

On le voit, l’opération déclenchée, à la hâte, par le chef normal des armées est loin d’être une promenade de santé où une mission classique de gendarmerie en France-Afrique. Nos soldats vont être opposés à des fanatiques aguerris et lourdement armés qui, pour n’être pas directement contrôlés par un État, n’en entretiennent pas moins des relations ambigües avec une bande de vieilles barbes qui ne portent pas spécialement la France dans leur cœur. Dans ces conditions, il est plus que normal de s’interroger sur la pertinence de la petite guerre du Président tout mou. Qu’il veuille jouer à « couillu le caribou » pour corriger une image d’attentiste timoré, peut se comprendre. Qu’il le fasse avec la vie de nos militaires mérite au moins d’être discuté. Enfin la grande hypocrisie qui consiste pour nos partenaires européens à réduire leurs déficits, en déléguant le métier des armes et les dépenses y afférant aux seuls Français demande, pour le moins, une renégociation de notre participation au budget communautaire. Mais quand il s’agit de défendre les intérêts de la France et de monter au front dans les sommets européens, notre Président normal tient, hélas, plus de l’eunuque que du caribou…

GoubellePoint1701


[1] Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest

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