Archives de la catégorie ‘Economie’

L’aube de l’Ile Monde 1 – Quelle issue à la crise financière ?

mars 29, 2010

Nos politiciens ont beau s’agiter dans tous les sens, les répliques du séisme financier né de la crise des "subprimes" et de la faillite de la banque Lehman Brothers continuent à semer la panique. Le denier avatar en date, les difficultés de la Grèce à trouver de quoi financer ses déficits à un taux abordable, plonge ses partenaires européens dans des abîmes de perplexité et d’indécision. Le pays des Hellènes n’a qu’une faible importance économique. Il révèle juste au monde le mirage sur lequel a été bâtie la monnaie unique européenne. Sans gouvernement économique européen, point de « critères de convergences » qui vaille. Il en résulte très naturellement une spéculation à la baisse sur l’Euro.

La crise Grecque

Les Allemands à l’ombre duquel tout ce système a été monté, s’emportent contre l’incurie comptable grecque. Ils refusent de payer pour les largesses du gouvernement d’Athènes, sans parler des ravages de la corruption endémique que subit le pays. Cette condescendance germanique est si mal vécue sur les pentes de l’Acropole que le nouveau Papandreou de service se charge de venger l’honneur de son pays. Alors qu’il fait la tournée des capitales du vieux continent pour tendre sa sébile, il profite de son étape berlinoise pour expliquer aux « barbares » germains que le maquillage des comptes n’est pas plus constitutif de l’âme Grecque que le nazisme ne l’est de l’esprit Allemand. On imagine l’effet !

Devant la menace qui pèse sur la stabilité du « Neu Deutsch Mark », l’Allemagne a finit par s’entendre avec la France sur un montage qui pour être attendu, n’en est pas moins étonnant. Si la Grèce ne trouve pas sur les marchés les moyens de se financer, ses « amis » les lui prêteront. Par quel miracle des pays surendettés vont ils bien pouvoir renflouer la patrie de Périclès ? En empruntant bien évidemment ! Ce qui partout ailleurs s’appelle de la cavalerie s’appelle de la  « solidarité » en techno-bruxellois.

En contre partie, la Grèce est appelée à des sacrifices drastiques. Elle devra réduire le nombre et le salaire de ses fonctionnaires, repousser l’âge du départ à la retraite de ses citoyens etc. On connaît la musique tant nous nous évertuons à repousser le moment où nous devrons jouer cette partition à notre tour. En réalité derrière toute cette affaire, c’est la prochaine bulle financière qui se prépare. La dette souveraine n’est plus tenable. Au rythme où elle croît elle va bientôt atteindre 100% du PIB dans notre pays. Les économistes les plus raisonnables mettent d’ailleurs en garde nos gouvernants sur l’inanité de ce mode de calcul. Les Etats ne sont pas propriétaires de leur Produit Intérieur Brut. Ils ne répondent de leurs engagements que sur leurs recettes fiscales. Rapporté à cet indice, la dette française correspond à 5 années de rentrées d’impôts. C’est précisément la durée d’un mandat présidentiel, autant dire une éternité.

Un modèle au bord de la rupture

Nous sommes, donc, totalement dépendant du bon vouloir de l’épargne chinoise et pétrolière. Si 80 % de ces ressources sont captés par les Etats Unis pour financer leur tonneau des danaïdes budgétaire ce n’est pas tant pour payer tribut à l’Empire comme le disent certains mais parce que ce pays est le seul à allier dynamisme économique et sécurité juridique. L’Europe est un placement sécurisé pour les investissements, ce qui fait de l’Euro la seconde devise de réserve mais nous sommes dépourvus de toute ardeur économique. Celle ci se retrouve en Chine, pour autant, le droit Chinois étant ce qu’il est, nous sommes encore, pour un moment dans ce domaine, à l’abri d’une trop forte concurrence de l’Empire du Milieu. Qu’un des éléments de ce fragile édifice vienne à changer et tout s’écroule.

Cette perspective n’est pas qu’une simple hypothèse d’école. L’Europe est amorphe économiquement en raison du poids de ses déficits creusés par les largesses de ses états providences. La distribution des « faux droits » chers à Marc de Scitivaux plombe depuis des lustres notre vitalité économique. Il faut nous purger pour nous remettre sur pied. Le remède est connu mais ayant inventé les calendes Grecques, nous ne sommes pas près à l’avaler  de si tôt. Le déséquilibre ne viendra pas d’une UE vertueuse.

La Chine pourrait décider de renforcer son attractivité en sécurisant les transactions et en rendant convertible sa devise. Le problème majeur c’est que le « parti frère » de l’UMP devrait renoncer à son monopole en faisant entrer son pays dans le monde merveilleux des Etats de Droit. Hypothèse peu probable, je vous l’accorde, tant on connaît l’attachement viscéral des communistes au côté « populaire » de la « démocratie », même lorsqu’ils sont convaincus des vertus du marché. Pourtant  la volonté de jouir des fruits de leurs efforts commence à poindre chez les Han. Le nationalisme sourcilleux des masses chinoises les pousse à préférer voir leurs excédents s’investir en Chine plutôt qu’en T-bonds américains. C’est un problème qui n’en est pas un tant la manne est grande et tant les pétrodollars peuvent utilement suppléer la partie réinvestie nationalement des réserves chinoises, du moins à moyen terme.

Le vrai danger vient des Etats-Unis. La réforme de la santé initiée et, semble t il accouchée par Barack Obama va avoir un coût. Tout le monde, dans les médias en Europe, crie au génie. C’est à voir ! Les Américains rejoignent l’Europe dans la distribution de droits gagés sur la dette. Si cette manœuvre entame le dynamisme économique outre atlantique, les choses sérieuses vont commencer.

Des structures politiques inadaptés aux mesures à prendre

Malgré toutes nos bonnes paroles, nous ne réduirons jamais nos déficits. Nous, pas plus que les Américains, c’est le revers de la médaille de nos démocraties libérales. Les recettes sont simples. Elles sont juste inapplicables dans nos systèmes politiques. Si le loup doit demander son avis à l’agneau avant d’en faire son plat de rupture de carême, il devra longtemps se contenter des fayots. Les mesures exigées de la Grèce et des autres pays en difficultés sont destinées à faire retomber la pression, à détourner l’attention des marchés vers d’autres facteurs de spéculation. Ces politiques ne seront appliquées qu’à la marge tant elles impliquent un appauvrissement des populations concernées. Faire coïncider ses moyens avec les ressources que l’on tire de son travail est un exercice douloureux quand cela fait au moins deux générations qu’on en fait le moins possible.

On peut aussi essayer de cacher la vérité et faire de l’austérité sans le dire. Cette méthode est à l’œuvre sous le vocable de « mondialisation » depuis la fin des années 70  et elle ne suffit plus. La paupérisation des ouvriers et l’appauvrissement des classes moyennes qui se sont succédés n’ont eu pour conséquence que de reporter le problème sur l’endettement privé avec les résultats que nous déplorons depuis 2008. La France a mieux résisté non par ses vertus mais par ses vices. Comme elle n’a pu se résoudre à faire des économies sur ses prestations sociales, elle a continué à emprunter, atténuant ainsi, un peu, le besoin de financement de ses ménages. Compte tenu du niveau d’endettement de notre Etat, si nous n’avons pas trop souffert de la crise du crédit hypothécaire, nous n’allons pas tarder à rattraper notre retard quand commencera celle de la dette publique.

Quelle autre solution, me direz vous ? La seule, la plus classique de toute, celle par laquelle les sociétés se sont toujours sorties des difficultés financières qu’elles rencontraient au cours de leurs existences. La Guerre ! Cette issue possible fera l’objet de mon prochain article dans la rubrique géopolitique de ce blog.

Un avion si peu ravitailleur

mars 12, 2010

Yes he can ... and he did it, too

Pas plus qu’une hirondelle, un avion, fût il ravitailleur, ne fait le printemps. Le marché qui vient d’échapper au consortium formé par Northrop Grumman et EADS n’aurait pas, à lui seul, résolu la crise économique, comme tendrait à nous le faire croire les tonitruantes réactions à cette affaire, émanant de la chorale des professeurs de vertu économique outragée. Si nous doutons, pauvres mécréants que nous sommes, du côté fondamental de l’affront, c’est que nous ne sommes pas doués de la divine capacité d’analyse de nos grands éditorialistes germanopratins. Ceux-ci maîtrisent, comme personne, l’art de poser, d’un air docte, un diagnostic définitif sur l’état du monde, tout comme ils sont capables de proférer tout et son contraire en moins de temps qu’il n’en faut pour se relire.

Seulement voilà, le journaliste omniscient n’existe pas plus que le politicien de conviction. Tout est affaire d’interprétation. En l’occurrence celle de sources de plus en plus uniques. Ce qui est intéressant dans l’affaire des avions ravitailleurs, ce n’est pas ce qu’elle nous apprend sur les Américains et leur conception du libre échange, ni même sur le talent de nos échotiers ou les limites qu’il y a à commenter en boucle une dépêche d’agence. Non, ce qui est passionnant, c’est ce qu’elle nous révèle des intentions de l’avionneur européen et de la façon dont on nous impose la mondialisation et ses conséquences sans qu’aucune "grande conscience" ne s’en émeuve.

Bien sûr, les « méchants Yankees » (pléonasme), se foutent du monde. Notons au passage qu’Obama n’arrange rien à l’affaire. Au contraire, en bon Démocrate, il se méfie des lois du marché le Barack ! Il ne voit aucun inconvénient à faire payer plus cher aux contribuables un avion moins adapté aux missions de l’US Air Force et plus coûteux à exploiter, du moment qu’il est bien américain. Ce protectionnisme ne se limite d’ailleurs pas à la Défense. Le plan de relance de l’idole des bien-pensants, stipule que les grands travaux devront être conduits avec du matériel « country ». Pas question d’employer de l’acier chinois pour reconstruire les infrastructures du pays. Cette position ne manque pas de sel puisque ces mesures sont financées par des emprunts souscrits justement auprès des Chinois, mais bon,  passons.  Que n’aurions nous entendu si ces décisions avaient été mises  en œuvre par Georges W. Bush.

Ce que moins de monde commente, en revanche, c’est la logique qui guide la politique américaine. Ces entorses à la doctrine libérale, ne sont rien d’autre que la mise en application de « la préférence nationale ». Ce qui est, de nos jours et sous nos latitudes, un gros mot réservé à l’usage exclusif du Front National, prévalait il n’y a pas si longtemps (à l’échelle des reniements politique c’était au temps des dinosaures) en Europe. Rappelons nous la campagne sur le traité de Maastricht, quand un Président socialiste nous encourageait à abandonner notre destin national. La Commission européenne, notre gouvernement et tous les eurodolâtres n’avaient que cela à la bouche. L’Union monétaire était sensée favoriser, avec la mise en place effective du marché unique, ce qui s’appelait alors la « préférence communautaire ». On voit le résultat 18 ans et bien des Euros plus tard. On a le marché, la monnaie mais cette fameuse « préférence » on doit sans doute attendre l’arrivée de la Turquie pour la mettre en œuvre. En dehors de quelques mesurettes réglementaires, notre « maison commune » est la plus ouverte aux quatre vents de tous les grands ensembles économiques de la planète.

La raison est simple. Chez nous, l’Olympe bruxellois est ainsi fait, que des « demi-dieux » appliquent l’idée qu’ils se font d’une politique libérale sans rendre de comptes à personne d’autre qu’à leurs pairs.C’est le triomphe de l’autogestion rocardienne en quelque sorte. Les américains ont aussi leurs « suffisants » mais eux, ils votent, peu certes, mais ils votent, ce qui modère les ravages de leurs élites. Les Indiens font sensiblement de même sauf lorsqu’ils simplifient le problème à coup d’explosifs. Quand aux Chinois, pour être à peu près dans la même position que nos eurocrates quant à ce qu’ils ont à redouter du suffrage universel, ils n’en sont pas pour autant à l’abri de révoltes nationalistes qui revêtent, là bas, un caractère aussi cataclysmique que cyclique. Bref partout, sauf chez nous, tout le monde doit plus ou moins composer avec son opinion publique.

En Europe, on a tout compris. On n’a pas de pétrole mais on a des « technos » et un slogan au diapason de leur esprit visionnaire. La mondialisation, c’est la prospérité ! L’argument est martelé et repris à longueur d’édito par les porteurs d’eau et autres obligés des grands capitaines de nos industries exportatrices qui sont aussi, curieusement, les propriétaires de nos grands médias. Pas un analyste cathodique qui ne nous assène que la liberté de commercer accordée par l’Europe au monde entier, sans contrepartie tangible, ne nous ait enrichis depuis que nous la pratiquons sans retenue. Si l’on accorde foi aux statistiques (on ne peut quand même pas douter de tout !) cette assertion est parfaitement exacte. Ce qui ne dispense pas d’en voir les conséquences pratiques.

Cette ouverture sur le monde à un corollaire, celui du démantèlement de notre industrie. L’accroissement de richesse qui en a résulté s’est fait au bénéfice d’un nombre réduit de personnes. En résumé, à mesure de son développement, la mondialisation a concentré ses bienfaits sur un nombre toujours plus restreint d’individus. A la paupérisation des ouvriers dans les dernières années du vingtième siècle, répond aujourd’hui celle des employés et des cadres. Si rien n’est fait pour enrayer ce phénomène, la destruction de cette classe moyenne, sur laquelle repose la stabilité de nos systèmes politiques, conduira au désastre et à la ruine de nos sociétés.

Ce n’est pas en s’en remettant aux totems des prélèvements et de la redistribution que l’on y changera quoi que ce soit. Trop tard, le mal est trop profond. Plus concentrée est la richesse, plus facilement elle se soustrait à l’impôt par le biais de l’évasion fiscale. L’enrichissement des élites est acceptable quand toute la société en profite. Quand il se fait au détriment du peuple qui porte, seul, le poids des délocalisations, il devient révoltant. Puisque la mondialisation échappe à tout contrôle, au lieu d’invoquer sans cesse la régulation bancaire comme la panacée, on serait sans doute mieux inspiré d’envisager le temps des mesures drastiques. Il est indispensable de repenser le ratio capital/travail dans la répartition des bénéfices de l’activité économique. De même nous ne pourrons faire très longtemps l’économie d’une véritable lutte contre le dumping social en instaurant des taxes dissuasives à l’entrée de l’Union.

Revenons en, pour finir, à Airbus. Ce qui est symptomatique dans cette tragicomédie aéronautique, ce n’est pas le protectionnisme américain. C’est l’intervention, jeudi 11 mars  au matin de Louis Gallois, le PDG d’EADS, au micro de Jean Michel Aphatie sur RTL. Sa réaction en dit long sur ce que nous préparent nos princes, dans l’indifférence générale. Ce que regrette notre « grand patron » ce n’est pas tant le marché ainsi perdu que la possibilité de construire une chaine d’assemblage aux Etats Unis et « donc de devenir un avionneur américain ce qui était très important pour nous » (sic !). Les salariés d’Airbus dans toute l’Europe ne l’ont pas encore réalisé, mais le vent du boulet est passé très près. Finalement, il nous a rendu un fier service avec son protectionnisme « à la con » le Barack Obama ! Il a sans doute troqué la proie pour l’ombre mais nous serions bien ingrats de lui en faire grief. Après tout pourquoi serions nous les seuls à devoir élire des dirigeants sans flair politique ? Les Américains en sont très capables aussi, grâce leur en soit rendue !

On nous serine depuis tant d’années que si nous sommes aussi accueillants avec les produits fabriqués en dehors de l’Europe c’est pour que nos avions et nos technologies « high tech. » comme les Mercedes et autres BMW continuent à se vendre. Quel bien cela nous fera si « nos » avions  sont fabriqués par des Chinois, des Américains ou des Indiens. On nous expliquera sans doute que l’essentiel, comme pour Renault dernièrement, c’est que les bureaux d’études soient encore en Europe. Tout est dans le « encore ».

Cela fera « encore » du travail pour nos ingénieurs et « encore » une belle jambe à tous ceux qui ne le sont pas. Nous aurons « encore » le droit de nous taire et « encore » celui d’applaudir le génie et la clairvoyance de nos gouvernants. La mondialisation bénéficiera « encore » aux mêmes, tant que tout cela durera « encore ». Avec « encore » un petit effort, nos élites mondialisées pourront partir en nous abandonnant à notre triste sort après nous avoir ruinés. « Encore » et toujours ce même « drame des délocalisations ».

Réchauffement climatique, la grande escroquerie !

mars 4, 2010

Macaques victimes du réchauffement climatique

Le salon de l’agriculture a cela de bon en période électorale qu’il met chacun des acteurs du grand cirque médiatique en face de ses contradictions. Il n’est qu’à voir les images de la visite surréaliste de Cécile Duflot, la reine des écolos-bobos, flanquée de José Bové pour s’en convaincre. La passionaria de la nature citadine osait à peine toucher l’oreille des placides limousines, placées sur son parcours. Elle n’était pourtant pas au salon de l’auto Madame Duflot !

Il faut dire que de la nature, les écolos parisiens n’en connaissent pas grand chose. Gaïa, c’est pour eux, les plages des Maldives et les pistes de  Megève, surtout pas la glaise qui colle aux Westons et qui tache le Barbour. Heureusement qu’en février, la campagne monte à Paris pour permettre à cette  génération qui n’a rien d’écologique, de se rendre compte des réalités de la terre, et encore à petite dose et seulement quand il y a des élections.

Ces grands agitateurs  de peurs collectives ne servent pas la nature, ils s’en servent. La nuance est de taille tant, ce qu’ils présentent comme leur combat est surtout une affaire de gros sous.

L’écologie politique est l’un des deux avatars, avec le culte du métissage culturel,  de cette religion très particulière des années 60 et 70 : le Tiers-mondisme. Véritable prêt à penser au service des ambitions impériales de l’Union Soviétique et propagée en tant que telle par l’inépuisable cohorte des « idiots utiles » de la 5ème colonne du parti de l’étranger, ce fourre-tout idéologique aurait dut mourir de sa belle mort. Las, l’indéniable « succès » des « démocraties  populaires » et les miracles de bonne gouvernance et de développement, observés dans les pays libérés de l’ignoble exploitation coloniale, n’ont pas suffit à ternir l’aura d’un rite qui érigeait la culpabilité du bourgeois en vertu cardinale.

En réalité, cette entreprise de décérébration communiait dans le culte de l’anti-capitalisme et la haine de la nation. D’où sa pérennité, les écologistes se chargeant de perpétuer la détestation de la société de consommation et les trotskystes et autres anarchosyndicalistes celle de l’Occident.

Pour comprendre le renouveau du phénomène écologique, il faut s’intéresser à la plus grande escroquerie de ce nouveau siècle, le changement climatique. C’est en effet là-dessus qu’ils ont prospéré. Il faut bien avouer que jusqu’ici,  leurs prédications anti-nucléaires, tout le monde s’en est toujours largement foutu !

Que le climat change, personne n’en doute. Il n’a d’ailleurs jamais été stable. Sinon pourquoi les vikings auraient-ils nommé le Groenland « Terre Verte »? C’est bien là tout le problème. Comment et dans quelle mesure change-t-il ? L’Homme en est-il responsable et peut-il y faire quoi que ce soit ?

Pour répondre à ces questions, on a cru bon de réunir des scientifiques au sein d’un « machin » pompeusement baptisé Groupement Intergouvernemental d’Etude sur le Climat. Sa mission : étudier si l’Homme est responsable. Que croyez vous donc que des chercheurs, payés pour prouver la faute de l’Homme allaient bien pouvoir trouver ? Les faits ne correspondant pas à ce paradigme ont été ignorés voire bidouillés pour coller à la réalité qu’il leur fallait démontrer. Qu’importe si leur courbe de température en « crosse de hockey » n’a jamais existée. L’image est belle et effrayante, suffisante pour affoler le bon peuple. Restait ensuite à maquiller le tout en excommuniant le premier esprit libre qui viendrait  douter de ce qui n’a jamais été qu’un consensus, c’est à dire un accord a minima, entre les chercheurs du GIEC. Le mécanisme de la filouterie étant en place il ne restait plus qu’à trouver des portes-voix pour transformer tout ceci en de juteux profits.

La recette éprouvée de « l’idiot utile » a été ressortie du placard. Au passage et c’est un signe des temps, nous changeons de niveau. Les intellectuels ne sont plus mis directement à contribution, on frappe un cran en dessous, chez les journalistes.

C’est là que réside le génie de l’entreprise. Mieux vaut s’adresser au joueur de tamtam qu’au grand sorcier, plus la capacité de réflexion diminue, moins la perte en ligne est importante. La profession étant connue pour son esprit moutonnier, il suffit de convaincre un petit nombre de meneurs pour que tout le troupeau embraye. La carrière et les profits que l’on en tire dépendant du bon vouloir des chefs de clans, il y a peu de risque de rébellion.

Une foi emballée, la machine s’autoalimente. Les communicants de tous poils, qui sont souvent liés aux parrains sus mentionnés, quand ce ne sont pas directement les mêmes, flairent le bon filon et il n’est plus un colloque, plus une assemblée générale, plus une publicité qui ne soit « éco responsable ». Ce barbarisme signifie qu’une multinationale s’est achetée une conscience en engraissant au passage une multitude d’intermédiaires autorisés à l’absoudre de toute faute contre "Mère Nature" au prix d’une modeste dîme. Le denier du culte ainsi prélevé renforce le pouvoir de ceux qui le perçoive et maudit soit celui qui ose défier le système. Tout dérape quand, par malheur, un illuminé vient à se prendre pour le messie.

C’est ce qui est arrivé avec la taxe carbone.  Pour réduire l’emprunte, non démontrée, de l’Homme sur la planète, on veut nous imposer de réorienter notre fiscalité vers le principe du pollueur-payeur. Noble idée, si elle n’était basée sur des tripatouillages scientifiques. Personne ne suivant ce mouvement chez nos partenaires, moins crédules ou plus réalistes, il ne saurait être question de charger la mule de nos industries et entreprises qui n’en peuvent déjà mais. La taxe sera donc acquittée par les particuliers. C’est vrai quoi, à force d’exister, le peuple pollue. Taxons le peuple et pour être sur que ça passe, imaginons un mécanisme des plus nébuleux pour lui faire croire que c’est surtout son voisin qui paiera.

La pilule est amère en ces temps de crise. Attendons le redémarrage de l’économie pour en mesurer pleinement les effets. Le pétrole et donc l’essence vont augmenter. Rappelons nous du délire sur la TIPP flottante. Avec un litre de sans plomb à 2 €, le débat sera des plus âpres, surtout quand tout le monde aura compris, même Evelyne Dheliat, que ça ne fera rien à la planète. Il sera toujours temps de subventionner à coup de milliards l’industrie automobile pour soutenir la consommation …

Nicolas Sarkozy n’a pas été élu pour augmenter les impôts, clament à l’unisson, l’intéressé et ses ministres. Heureusement qu’un autre Nicolas, répondant au nom de Hulot celui là, veille au grain. Drapé dans la bonne conscience de celui qui a bâtis sa fortune en privatisant à son seul profit un lieu géographique, auréolé de sa mission civilisatrice qui consiste à aller empêcher les gibbons de dormir en leur imposant le vrombissement incessant de sa nuée d’ULM, celui qui partage le patronyme d’un célèbre vacancier a été érigé par l’aréopage des profiteurs de l’arnaque en arbitre des élégances. En rappelant le Président à l’un de ses engagements de campagne les plus inconsidéré, il assure la subsistance de ces milliers de parasites. Le problème c’est que le prophète en fait trop et que son zèle permet à Bercy de s’affranchir des nécessités du moment en accentuant encore un peu plus la fiscalité sur le contribuable déjà le plus pressuré d’Europe. Il faut bien reconnaître, à la décharge de l’ancien ministre de l’Intérieur, qu’il ne fut pas le seul à se laisser prendre par la douce musique du joueur de pipo. Tous, à commencer par Ségolène Royale, qui maintenant s’en défend, ont signés cette charte imbécile. A l’époque c’était une question d’image, comme toujours en cette médiacratie, la forme prime sur le fond, l’émotion sur la réflexion. Seulement voilà, le beau château de carte s’est écroulé et des voix de plus en plus nombreuses et documentées dénoncent le mensonge. Le Conseil Constitutionnel s’oppose à l’usine à gaz au motif que l’égalité devant l’impôt est encore un principe. Nos élites sont comme Perette devant son lait renversé, elles se lamentent. Contre toute logique qui voudrait que l’on passe à autre chose, le mari de Carla Bruni s’entête et proclame que la taxe verra le jour avant les vacances d’été, les électeurs apprécieront le cadeau.

Les propos de campagne n’engagent que ceux qui les écoutent, nous ne le savons, hélas, que trop bien ! Pourtant, après tant de promesses non tenues, quel besoin avait le Président de respecter celle ci ?

De l’art d’aller se faire voir chez les Grecs

février 10, 2010

La folie spéculative

Lorsqu’en 2001 explosa la bulle spéculative sur les technologies de l’information tout le monde chantait à l’unisson que la vigilance étant de mise on ne laisserait plus se reproduire un tel désastre.

Aussitôt dit, aussitôt oublié et le monde de la finance de s’assoir sur ce principe de précaution élémentaire qui veut qu’on ne construise rien de solide sur du sable. Wall Street et dans son sillage toutes les institutions financières, se lançait à corps perdu dans les délices de la spéculation sur le crédit immobilier des particuliers. Cet aveuglement, largement causé par des politiques publiques laxistes, misant tout sur l’abondance d’un crédit facile, a débouché en 2008 sur la plus grave contraction économique depuis la Grande Dépression. Ce fut la crise des subprimes.

Où en sommes nous depuis dix huit mois ? Nous avons massivement soutenu les banques. De ce fait, nous avons nationalisé la dette privée. Si ce sauvetage avait été conduit par des états raisonnables, soucieux de la bonne tenue à long terme de leurs économies, il n’y aurait pas grand chose à dire. Pour notre malheur, cela fait 35 ans que nos dirigeants se persuadent des vertus de la dette et diffèrent les ajustements nécessaires. Le problème c’est que nos Keynes au petits bras du 21ème siècle succèdent à leurs homologues du 20ème et quatre-vingts ans de Keynésianisme, ça laisse des traces. Ce sont des pays industrialisés perclus de dette publique qui se coltinent en plus celle que leur incurie budgétaire a contribué à créer chez les particuliers.

L’Occident croule sous les dettes et ce qui arrive ces derniers jours à la Grèce n’est pas sans rappeler le premier semestre 2007 ou une série de défaillance commençait à alerter les économistes sur la fragilité d’un système basé sur la dilution du risque de crédit.

Nous sortons à peine de la bulle immobilière que se profile déjà la prochaine, celle des dettes publiques. Cette fois ci, plus rien ne viendra éteindre l’incendie. Les lances à eau classiques seront impuissantes à venir à bout d’un feu grégeois touchant les Etats.

Ne nous leurrons pas, le temps des sacrifices sans cesse reporté sur la prochaine génération est venu. La Grèce, au bord du dépôt de bilan, est contrainte de réduire drastiquement son train de vie. Le salaire de ses fonctionnaires va diminuer, leur recrutement sera gelé et l’âge de la retraite reculé à 67 ans. L’Espagne, le Portugal et l’Irlande suivent le même chemin. A Madrid ce n’est pas un fonctionnaire sur deux partant à la retraite qui ne sera pas remplacé mais neuf sur dix.

Depuis quelques jours, c’est le balai des experts qui reviennent ou partent pour la Grèce. Ils se succèdent pour nous expliquer doctement, c’est leur caractéristique, pourquoi les grecs étant ce qu’ils sont, nous autres « vertueux » français nous ne devons pas céder à la panique, une telle chose est impossible dans un pays béni par les dieux du social étatisme, etc. etc…

Pourtant, avec un déficit public de près de 8% du PIB et une dette qui représente plus de 84% de ce même indice, la France ne restera pas longtemps à l’écart des turbulences. La nature et la sagesse de notre grand Président nous ont doté du meilleur ministre de l’économie au Monde. Dormez tranquille, braves gens Nicolas, François et Christine veillent. Raconter aux français que tout redeviendra comme avant sans douleur, c’est rendre un très mauvais service au pays. Nous sommes tous plus ou moins conscients qu’une telle situation n’est pas viable. Nous avons besoin d’un discours de vérité et non de contes pour enfants.

Comme toujours, notre caractère gaulois, voilà bien un trait distinctif de notre identité nationale, nous pousse à espérer que les sacrifices seront pour le voisin.

Voilà pourquoi les sempiternels appels à raser gratis, aux lendemains qui chantent ou aux qualités exceptionnelles de nos dirigeant, modèles sociaux et autres fariboles de même tonneau sont criminels. Ces causeries entretiennent un peuple, plus réaliste qu’on ne le dit, dans l’illusion trompeuse qu’il habite dans une île coupée du monde voire dans une autre dimension. Plus tôt se dissipera ce mirage, plus rapidement se formera le consensus indispensable pour affronter la tempête qui se lève et frappe si durement la patrie d’Ulysse.

Un équipage rassemblé est toujours plus efficace par gros temps qu’une bande de touristes prenant le soleil sur le pont arrière du ClubMed2. Nos gouvernants doivent comprendre que leurs électeurs ne sont pas des autistes incapables de percevoir le monde qui les entoure. Les grandes crises appellent aux grands rassemblements. Il est temps que la croisière cesse de s’amuser et que le capitaine Stubing cède la barre à Eric Tabarly.


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