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Liberté

mai 31, 2010

Plus nous avançons dans la crise, et plus ce que ce pays compte de nostalgiques de l’URSS nous prophétise la faillite inéluctable du Capitalisme avec l’arrogante assurance de ceux qui se sont toujours trompés sur tout. Ces orphelins du Gosplan n’ont pas de mots assez durs pour fustiger les « ravages de l’individualisme forcené des années fric ». Ce sont les mêmes qui louent  à longueur d’ondes les vertus de l’action collective en général et du « Care » en particulier, comme panacée à la plus grave crise que traverse l’Occident depuis presque un siècle.

La crise de l’Occident

Bien qu’il en ait dites et faites beaucoup, Jacques Attali n’écrit pas toujours que des bêtises. Il analyse très bien les mécanismes qui conduisent nos sociétés au bord de l’abîme. Nous vivons à crédit depuis de trop nombreuses années sans pour autant que notre endettement soit productif. Nous avons refusé de voir les changements rendus indispensables par les chocs pétroliers et la mondialisation. Nous nous sommes endormis dans le confort trompeur de nos « protections sociales » en refusant superbement les ajustements rendus nécessaires par les changements que connaissait le monde autour de nous.

Cette crise, née de l’endettement privé et qui touche logiquement les Etats après qu’ils aient, à l’automne de 2008, nationalisé le crédit, n’est pas « mondiale » contrairement à ce que l’on nous serine quotidiennement. La croissance se porte bien, merci, elle a seulement déserté nos rivages soviétiformes. A l’opposé de nos préoccupations, ceux que l’on appelle les « pays émergents » ont pour souci principal de … modérer leur croissance afin d’éviter la surchauffe de leurs économies. On le voit, seuls les pays anciennement industrialisés sont touchés. La raison est simple : avec l’ancienneté vient le conservatisme qui chez nous prend le nom « d’acquis sociaux ».

L’Europe est le maillon faible de l’Occident dans la mesure où elle n’est qu’un agrégat disparate de petites économies grevées par une conception corporatiste de la démocratie et des rapports sociaux. Les Américains disposent d’une vitalité économique qui, lié à leur domination monétaire et à une puissance militaire sans équivalent, leur permet, pour l’instant, de s’en tirer à bon compte, du moins tant que les réformes Obama n’auront pas plombé leur dynamisme par le fiscalisme qu’elles induisent.

La puissance économique de notre continent reste largement théorique. Additionner les carottes allemandes avec les choux grecs, les patates françaises avec les navets anglais ne donne pas nécessairement une bonne soupe. Comme nous ne nous coordonnons pas, comme nous n’abandonnons pas notre souveraineté économique et fiscale, l’addition de vingt-sept petit PIB régionaux ne fait pas de nous le géant mondial que prétendons être. Il en va de même pour la monnaie et l’armée. Le rêve d’une Europe-puissance, est un rêve fédéral et la construction de ce fédéralisme reste largement à inventer. Nous ne nous sommes jamais dotés des institutions démocratiques incontestables qui rendraient supportables les transferts de souveraineté. A l’heure actuelle, pour avoir toujours privilégié une construction technocratique, par paresse comme par peur des peuples, les « eurolâtres » en sont réduit aux incantations et aux « si seulement …».

Le cas Français

Ce qui est vrai en général de l’Occident en matière de faillite de l’état-providence, l’est particulièrement de la France. Tous nos gouvernants ont été de ce point de vue irresponsables, les Socialistes se distinguant spécialement dans ce domaine. En détricotant l’œuvre de redressement patiemment et douloureusement entamée par Raymond Barre de 1977 à 1981, en distribuant de nouveaux « droits  sociaux » gagés sur du vent et en dilapidant l’argent public en vaines nationalisations et autres recrutements de fonctionnaires, ils ont durablement compromis les capacités d’adaptation du pays. Lorsque des électeurs qui n’ont, après tout, que les élus qu’ils méritent, leur ont de nouveau donné les rênes en 1997, ils se sont empressés, avec les trente-cinq heures, de gaspiller les fruits de la plus forte croissance qu’ait connue la France en 25 ans.

La Droite, qui a toujours refusé d’appliquer les programmes qu’elle promettait de mettre en œuvre à des foules d’électeurs crédules, ne mérite pas mieux. Elle avait pourtant su, à de nombreuses reprises, convaincre les Français de la nécessité du changement. Jeter la réforme avec l’eau du bain une fois arrivée au pouvoir est une marque de fabrique d’une Droite qui, à défaut d’être la plus stupide du monde, est certainement la plus couarde. Il est de ce point de vue amusant de noter le parallèle entre le PS et l’UMP. Dans l’opposition, les Socialistes appellent à une politique de redistribution dont ils réservent, une fois parvenus à leurs fins, les bénéfices aux fonctionnaires et aux bobos. Les « Versaillais » promettent de « remettre la France au travail » et s’empressent dès qu’ils sont aux manettes de garantir les faux droits des fonctionnaires au nom de la paix sociale.

La faillite sociale

Nous sommes arrivés au bout de notre modèle social. Depuis que la France est « soviétique », le bon peuple a été élevé dans le culte de l’égalitarisme et de la « répartition » : chacun est censé participer à l’effort collectif à hauteur de ses revenus, et bénéficier du système de manière égale le moment venu. Le problème c’est que le Barnum a été faussé dès l’origine, et l’ « égalité » battue en brèche par cette spécificité bien française du privilège. Les salariés du public ont des régimes tellement dérogatoires qu’ils sont dits « spéciaux ». Cette usine à gaz est bien plus perverse que les constructions de Bernard Madoff, en ce sens que les nouveaux entrants payent pour les anciens mais aussi pour la famille du gérant et pour ses amis.

C’est tellement vrai que, ce que les collectivistes de Solferino présentent comme le mal incarné : la retraite par capitalisation, existe déjà ! — mais au seul bénéfice des salariés du public. Ces tartuffes profitent même de la situation boursière incertaine dans laquelle nous évoluons pour stigmatiser encore un peu plus ce type d’alternative à la répartition obligatoire. Ils expliquent, sans rire, que s’en remettre aux marchés serait la ruine assurée des retraites. Je ne pensais pas PREFOND-RETRAITE si proche de la liquidation. Ils ne vont pas tarder à désigner à la vindicte populaire les fonds de pensions étrangers comme les Affreux Spéculateurs par qui le malheur arrive. Comme quoi, en période de crise, le Front National est loin d’être le seul à s’en prendre aux étrangers.

L’individu est mauvais

Dans ce monde de brutes, il nous faut de la douceur. Les Socialistes nous l’importent directement des universités américaines. Le « Care », c’est la réponse ultime et féministe aux défis moraux posés par l’individualisme forcené de nos sociétés qui fait de l’homme – à la différence de la femme –un loup pour l’homme et un parasite pour Mère Nature. Il est grand temps de mettre une touche féminine dans tout ça. « Big Mother » va succéder à « Big Brother ».

A entendre les sociologues de service, le « Care » serait né d’une réaction au culte de la réussite exalté par Reagan. Si l’acteur de série B que fut le quarantième Président des Etats-Unis a le mérite d’avoir relancé la machine américaine, ce n’est pas lui qui est pour autant à l’origine de l’ « American dream » et de son corollaire qui nous fait tant défaut dans notre bonne vieille société de privilèges et de passe-droit : l’esprit d’entreprise.

Autre thème agité par les promoteurs de cette utopie collectiviste, les Américains seraient plus généreux que les Français : ils redistribuent d’eux même une partie de leurs biens sous forme de dons aux associations. Le montant de ces transferts est estimé au tiers du budget fédéral. Cette proportion, ramenée au budget français, équivaudrait à près de 300 Milliards d’euros. Comme nous sommes loin du compte, c’est donc que ces salauds de riches français gardent tout pour eux. Ayons donc recours à l’impôt pour les faire cracher. C’est oublier un peu vite qu’aux Etats-Unis ces dons sont gouvernés par un principe que nous ne pratiquons que très occasionnellement : la Liberté.

En effet, l’Etat fédéral américain ne subventionne pas comme le nôtre les associations et autres fondations ; celles-ci dépendent essentiellement de la générosité d’un public qui est libre de soutenir celle de son choix. D’autre part, une grande partie de ce qui est couvert socialement par les fondations américaines s’appelle chez nous : la Sécurité sociale, la gratuité de l’enseignement et autres RMI et RSA. Les associations bénéficiaires de ces subsides privés se livrent, du fait même de l’origine de leurs fonds, à de vrais efforts de transparence pour prouver à leurs donateurs que leur argent est bien employé. On rêve de voir ça un jour chez nous. Il n’est que de se souvenir du scandale que fit « saint » Pierre Bergé à l’automne dernier, autour du Téléthon. La cohorte de la bien-pensance outragée emboîta le pas de son égérie, pour réclamer l’intervention de l’Etat dans la distribution du « magot ». C’est au fait que l’Etat ne laisse aucune liberté à l’individu même pas celle de dépenser son argent que l’on reconnaît un régime marxiste.

Une société de frustrés et d’assistés

A force d’expliquer au bon peuple qu’il a des « droits sociaux », on crée une société de frustrés et d’assistés. Frustrés car depuis trente ans, il n’y a plus de devoirs, il ne subsiste que des « droits »; assistés parce que leur versement est considérée comme un dû qui dispense le bénéficiaire de toute remise en cause. Nous ne sommes pas très loin de l’annone romaine. Lorsque l’on détermine toute une politique sous le seul angle du « Care» on ne se préoccupe que de réparer, jamais de créer. On oublie volontairement que l’enrichissement individuel est le moteur de l’activité et de la création de richesse. On ne peut pas redistribuer ce qui n’a pas été créé.

Se plonger dans les délices supposés d’un « soin collectif et maternel » pour répondre aux prétendus ravages de l’individualisme forcené induits par le capitalisme, c’est reproduire ce qui a causé l’impasse où nous sommes actuellement pris au piège. C’est poursuivre, sous les habits neufs d’un vocable anglo-saxon abscons, la politique laxiste qui nous conduit inexorablement dans le mur : distribuer un argent que nous n’avons plus. Faut-il que les hiérarques socialistes aient de la peine à définir une alternative crédible à l’axe Sarko-DSK pour nous enfumer avec ces histoires. Nous savons tous que Dominique Strauss-Kahn est perçu par le Maire de Lille comme un concurrent redoutable dans la course à l’échalote présidentielle. Même si rien ne le laisse présumer de prime abord, on a compris aussi que Martine Aubry est une femme. Ils sont donc bien différenciés l’un de l’autre d’un point de vue sexuel, pas la peine de nous en mettre des tartines sur les penchants maternels supposés de la Première Sectaire pour nous en convaincre.

Pourtant si on se réfère au conte pour enfants de la fée Martine, le « Care » produira ses effets bénéfiques quand, par la magie des subventions d’Etat, le pouvoir miraculeux des associations sera enfin authentiquement déchainé. C’est seulement parce que ces mécréants machistes et phallocrates de l’UMP s’obstinent à brimer ces dernières que tout va mal au pays des Bisounours socialistes.

Or si les bébés-Mitterrand ne jurent que par elles, les associations ne sont pas le remède miracle à toutes les tares de nos sociétés. Elles remplissent un rôle social de proximité mais ont, trop souvent, le réflexe de se tourner vers l’argent public avant d’entreprendre quoi que ce soit. Cet argent ne vient pas du ciel, il est prélevé sur la collectivité et redistribué au bénéfice de certains sous l’égide d’instances singulièrement peu démocratiques. Si l’on estime qu’un élu dépense trop d’argent, on en change. Quel recours a-t-on face à un dirigeant associatif qui dilapide l’argent du contribuable ? Les associations sont beaucoup moins encadrées dans leurs dépenses que les pouvoirs publics dont elles procèdent si souvent. Elles usent de leurs fonds comme elles l’entendent, le plus souvent sans appel d’offres et dans une joyeuse opacité.

Oui mais le monde associatif, c’est celui du bénévolat et du « dévouement solidaire » nous pipeaute-t-on le soir à 20 heures. Les grandes associations qui hurlent après l’Etat pour toucher toujours plus, au profit de leurs œuvres, nécessairement prioritaires, versent des salaires considérables à leurs dirigeants. Elles recrutent à grands frais des professionnels du marketing et de la manipulation des masses, pour être à la pointe des techniques de collecte de fonds. Les bobos ne sont pas constitués des seuls profs de fac et autres acteurs de la société du spectacle. Les professionnels du caritatif sont du nombre, avec l’insupportable bonne conscience de ceux qui s’enrichissent tout en  persuadant les autres qu’ils ne sont motivés que par le bien de l’Humanité.

La liberté d’association doit avoir pour contre-partie la liberté de financement. Une structure dépendant de la puissance publique pour ses activités est un sujet et non un acteur libre. Libérons le mouvement associatif des chaînes dont l’accable le Pouvoir en le libérant de toutes ces subventions publiques sclérosantes. Rendons aux Français la maîtrise de leurs choix en leur donnant la possibilité d’aider librement les causes qui les inspirent. La concurrence est le moteur des sociétés modernes. Elle est le principe de la libre entreprise, que celle ci soit commerciale… ou caritative.

Jeune mais pas coupable

mai 6, 2010

Il ne se passe plus une semaine ni ne s’écoule un mois, sans qu’un fait, qualifié de « divers » par facilité de langage, ne vienne jeter une lumière crue sur la violence des « jeunes ». Qu’il s’agisse de lyncher un étudiant en géographie, de lapider un retraité, de poignarder un prof, de tendre une embuscade à la Police, ou plus prosaïquement de faire entendre son « malaise » au travers de revendications fourre-tout, le mode d’expression de la « jeunesse » de ce début de siècle semble se caractériser par un recours systématique à l’agression.

La société a bon dos !

Ne nous y trompons pas : en changeant de siècle, nous avons changé d’époque. La jeunesse n’est plus idéaliste, elle ne s’attaque pas aux symboles du passé mais aux totems du présent. Si la violence ethnique prend parfois, dans les bantoustans qui nous tiennent lieu de

banlieues, le caractère spectaculaire d’émeutes urbaines à vocation séparatistes, comme dernièrement à Tremblay-en-France, c’est bien souvent en raison d’un conflit de légitimités. A la démission des politiques devant la voyoucratie des « grands frères », a répondu la mise en coupe réglée par les trafiquants de drogues de quartiers aussi stupidement que facilement cédés. La loi mafieuse s’est substituée à la loi républicaine, et c’est pour préserver leur territoire que les « bandes » organisent la « résistance »  sous ces formes spectaculaires, à la périphérie de nos grandes villes. A force de toujours céder, d’acheter la « paix sociale » à grands coups de subventions, d’accommodements et d’abandons de principes, on se retrouve, non pas avec la loi de la jungle, mais avec celle des tribus. Quand les services publics ont plié le camp, celles ci attaquent les derniers symboles de « l’oppression coloniale » : on « caillasse » les bus et on brûle les écoles.

Pour spectaculaires que soient ces affaires, elles ne doivent pas faire oublier la banalisation du recours à la force, comme préalable à toute discussion, dans une jeunesse qui ne supporte plus la moindre contrariété, le plus petit délai. Jouir de tout, tout de suite est devenu l’Alpha et l’Omega de la génération internet.

Les apôtres du « vivre ensemble », cette nouvelle panacée qui s’est peu à peu substituée au Pacte Républicain et au Projet National, nous expliquent que les raisons, à cette sauvagerie croissante, sont sociétales : la violence de la jeunesse ne fait que répondre à celle de la société. Vous ne vous en rendez pas compte, fol que vous êtes, mais vous vivez dans une dictature. Celle de l’argent qui corrompt, mais que le sociologue de service sait bien aller quémander à grand renfort de slogans creux, sous les fenêtres de son ministre, dès qu’il prend l’envie à ce « fasciste » de Sarkozy de souhaiter une recherche qui trouve. La jeunesse, donc, est d’autant plus en droit de se révolter contre l’injustice des temps que ses légitimes aspirations au bonheur sont refoulées par la furie d’un libéralisme d’autant plus odieux qu’il est « ultra », ou débridé, c’est selon, et en tout cas d’inspiration anglo-saxonne donc impérialiste. Pendons Madelin, fusillons Thatcher, brûlons Adam Smith et Milton Friedman, la société s’apaisera comme par enchantement. Le fait que leurs théories n’aient, précisément, jamais été appliquées en France ne trouble pas la réflexion des thuriféraires de la culture de l’excuse.

Faire porter le chapeau à la société, par le biais de la vision fantasmée que l’on se fait de ses tares, est un dérivatif commode. Cela évite de se poser les questions qui fâchent. En réalité, l’égoïsme de cette jeunesse perdue n’est que la conséquence des carences des générations précédentes et de leurs bien curieuses idoles.

Le culte de la bêtise

L’individualisme forcené des 15 – 25 ans d’aujourd’hui n’est que l’écho des réflexes de leurs géniteurs. Depuis 1968 et son idéologie hédoniste, le sacrifice est moqué, l’effort ringardisé et le mérite diabolisé. Pourquoi les parents s’étonnent-ils encore, de ne plus être respectés par leur progéniture quand ils ont systématiquement refusés de se priver de quoi que ce soit au bénéfice de celle-ci ? Chez eux, aussi, rien ne doit venir entraver leur bonheur et surtout pas leurs enfants.

Le credo est simple et martelé à longueurs d’ondes dont la « modulation » est de moins en moins « fréquente » : le mariage est un carcan dont il faut se libérer dès que le désir s’émousse ou qu’une meilleure occasion vient à passer, et tant pis pour les gosses ! La recomposition familiale, c’est merveilleux ; pour la mixité sociale c’est presque aussi bien que le service militaire. Tu as toujours rêvé d’avoir un frère ou une sœur ? Regarde, en voilà trois tout poussés qui te détesteront car tu es le fils de celui ou celle qui a brisé le ménage de leur parents. Si en plus ton père ou ta mère est devenu homosexuel en brisant ses chaînes, tu seras en pointe dans le combat pour la tolérance et tu vivras pleinement ton éveil sexuel grâce à deux mamans ou deux papas attentionnés qui sauront t’épargner les pièges et autres embûches semés sur ton chemin par des hordes de Méchants Prêtres Pédophiles. J’exagère à peine !

Plus rien n’est sacré. Toutes les barrières que les générations antérieures avaient élevées contre l’égoïsme inhérent à tout être humain, ont volé en éclats. Le « je veux, je me sers» a remplacé le « travaillons ensemble, patiemment à l’édification d’un monde meilleur » d’antan. Le consumérisme et la publicité ont une part de responsabilité, mais pas plus grande que le culte de l’imbécillité érigé en système.

Lorsque l’on glorifie des sportifs incapables d’articuler deux phrases sans commettre trois fautes de français au point d’en faire des ministres, il ne faut pas se lamenter sur la perte des repères par la jeunesse. Si on propulse au rang de Bienfaiteurs de l’Humanité, les chèvres juvéniles et bêlantes des programmes musicaux de télé-réalité, alors que l’on pousse sur la touche, au prétexte de l’âge, le découvreur du virus du SIDA, il n’y a plus de limite que la bêtise ne puisse franchir. Tant que l’on trouvera normal que les plus brillants de nos chercheurs partent faire fortune en Amérique pendant que des acteurs sont payés plusieurs millions d’euros par le contribuable pour porter des films abscons que personne ne voit  parce qu’ils revisitent, au nom de la Très-Sainte  « Exception Culturelle » et pour la centième fois, le mythe commode de la sclérose bourgeoise en matière de mœurs au travers du triptyque usé de la femme, du mari et de l’amant, il ne faudra pas attendre de miracles de la part de la jeunesse.

Le bon et  le mauvais argent

Il n’y a guère que l’argent qui soit sacralisé. On lui voue encore un culte, même s’il procède, comment s’en étonner, de celui décrit précédemment. Le possédant est toujours un salaud auquel il convient de faire rendre gorge, mais ce principe connaît d’autant d’exceptions qu’il existe de moyens « éthiques » de faire fortune. Malheur donc, uniquement, à ceux qui ne sont pas dans l’esprit du temps et qui refusent de sacrifier au politiquement correct.

Il ne viendrait, en effet, à l’esprit de personne de chercher des poux dans les comptes en banque, pourtant fournis, d’un Nicolas Hulot, un Yann Arthus Bertrand, un Zinedine Zidane, un Steve Job ou Al Gore. Non, ceux là sont des progressistes : les vraies ordures ce sont les autres, ceux qui spéculent, ceux qui exploitent les travailleurs, pas ceux qui jouent de nos peurs pour vendre leur camelote en communion avec l’industrie du spectacle. Le cirque médiatique est une version moderne des indulgences de l’Eglise catholique. Une façon pratique et pas trop douloureuse de s’absoudre de ses péchés, moyennant une somme modique versée au Barnum du moment. Après avoir payé sa dîme aux moines gras et aux évêques compassés de la bien-pensance, le possédant pourra jouir de ses avoirs en toute quiétude, sans se préoccuper outre mesure de l’état de la société. Qu’il aille en paix, il aura déjà donné au « vivre ensemble ».

Le culte PS de la maternité

Cette passion pour l’absolution à bon compte touche maintenant la politique. Les socialistes ne savent, en effet, plus quoi inventer : tout l’or électoral qu’ils croient toucher se transforme toujours irrémédiablement en plomb sous l’effet de leur orviétan idéologique. Nos alchimistes à rebours, croient avoir trouvé leur Graal en important les dernières élucubrations sociologico-féministes à la mode, dans l’extrême-gauche universitaire américaine.

Le « care » que veut nous imposer le « chicon [1]» qui sert de  premier sectaire rue de « Solferi-non », ce n’est rien d’autre qu’une maternité à ciel ouvert. Nous faire retomber en enfance, voilà bien la dernière trouvaille de nos élites transnationales et post-démocratiques pour que les masses, décidément incultes et rétives, de nos vieux pays ne regimbent plus devant le monde merveilleux que s’évertuent à nous construire ces progressistes enragés. Maternage, « dorlotage » et baratin « fémino-centré » ont remplacé la « bravitude » et la « démocratie participative » dans les logorrhées programmatiques du PS.

On aurait tort de croire à une foucade passagère. Quand on voit, que l’énergie mise par Martine Aubry à tricher pour prendre la tête du Parti Socialiste n’a d’égale que celle qu’elle a déployée pour mettre en œuvre les trente-cinq heures, on a de quoi s’inquiéter. Quand Martine croit, Martine applique. Bien entendu, il ne s’agit là, sous couvert d’un verbiage pompeux autour d’un nouvel avatar de la prétendue « solidarité »,  que des nouveaux oripeaux de l’appauvrissement du pays au bénéfice de son élite, déjà bien engagée par François Mitterrand en duo avec le père de l’intéressée depuis Bruxelles dans les années 80 — et qu’une Droite honteuse s’est toujours refusée, depuis, à enrayer.

De plus en plus de gens commencent à avoir de sérieux doutes sur le chemin que prend le pays. Les valeurs traditionnelles du travail, de l’effort et du sacrifice ont de nouveau le vent en poupe en dépit, ou peut-être bien à cause, des sarcasmes de la bien-pensance. Or, les fondamentaux sont encore à l’œuvre, il est toujours question de savoir comment « la mettre » au peuple. En 1968, il s’agissait de jeter bas l’ordre bourgeois pour voir se lever le soleil radieux du prolétariat triomphant à l’aube du Grand Soir. Aujourd’hui, il est question d’assurer le confort matériel de la nouvelle aristocratie cosmopolite sur le dos des salariés. L’Etat, quoique obèse, ne peut plus rien, la mondialisation est irrésistible, alors autant s’y adapter, mais avec douceur et sollicitude. La belle jambe que tout cela va nous faire! Les socialistes prétendent nous préparer à l’inéluctable selon la recette bien connue, pour son succès chez Pôle Emploi, du « parcours personnalisé ». Avec Martine et sa vaseline, la paupérisation c’est pour de bon MAIS ce sera du « sur mesure ».

Personnellement, j’ai toujours été très réservé, depuis mon service militaire, sur les talents de couturier de l’Etat. Aussi, je laisse le « sur mesure » socialiste aux orphelins de l’élégance CAMIF et je m’efforcerai, modestement, de convaincre celles et ceux qui se prétendent de droite d’essayer de l’être … pour une fois.


[1] Ailleurs qu’en pays Chtis ce légume est connu sous l’appellation d’endive


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