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EGALITARISME ET GRAND SOIR FISCAL

décembre 2, 2010

 

A l’approche des fêtes de Noël,  couvrant le son des chorales et des cloches,  la rue de Solférino entame pour nous l’air bien connu du pipeau électoral. Renouvelant le genre de promesses qui n’engagent que ceux qui les reçoivent, le Parti de l’Intelligence qui ne compte que des candidats déverse sur nous, depuis qu’il a accouché de ses « 200 propositions pour l’égalité réelle », des torrents de bons sentiments,  censés accompagner un diagnostic, forcement définitif, sur l’état de la France. Et ces lutins (et lutines) qui n’ont rien de joyeux de nous expliquer, par l’intermédiaire d’une presse vassale, pourquoi il serait urgent de croire au Père Noël… cette fois-ci.

La cible de la logorrhée socialiste :

A entendre les héritiers de Jaurès,  rien ne va dans notre beau pays.  Le fossé se creuse toujours davantage  entre Riches et Pauvres, il n’a même jamais été aussi béant (c’est vous dire).  Le Possédant n’a d’autre ambition que d’exploiter le Prolétaire pour jouir du fruit de sa Rapine dans des Paradis fiscaux, laissant ainsi le Peuple dans une Misère aussi noire que sa légitime Colère. La mondialisation,  ultra- ou néo- mais toujours libérale, est la source de tous les maux. A l’appauvrissement de la France causée par l’Avidité de ses Nantis, s’ajoute maintenant sa désindustrialisation accélérée sous le coup des « Spéculateurs ». Les coupables,  là encore,  sont ces forces « apatrides du Grand Capital » qui, après avoir Sucé le Sang du Prolétariat français, viennent se nourrir de celui des « Peuples du Sud ». Ces derniers, qui ne sont que de grands enfants (comme on le sait depuis Rousseau), ne savent pas résister aux sirènes de la Société de Consommation, véritable miroir aux alouettes qui détournent les Travailleurs de leur Saint objectif, qui est d’établir le paradis socialiste sur cette terre.

Ah, j’oubliais que désormais, ce faisant, ils compromettent « l’avenir de la Planète »,  puisse le lecteur me pardonner… mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa.

Comme pour le « réchauffement climatique », que tout le monde peut constater ces derniers jours, il s’agit d’en rajouter des tonnes pour que l’électeur évite de réfléchir. Car enfin, à qui donc est destiné ce message imbécile ?

Pas au prolétaire en tout cas,  puisqu’il ne vote plus socialiste depuis déjà bien longtemps.  Il est revenu des lendemains qui chantent pour tous sauf pour lui, et lorsqu’il se rend encore aux urnes,  c’est pour le Front National.

Non : la cible, c’est la France privilégiée, celle des fonctionnaires et autres rentiers du secteur protégé, celle des lecteurs du Nouvel Obs et de Télérama. Ceux qui ne sont touchés par la Misère humaine que lorsque les chaisières du vingt heures leur montrent les ravages du froid sur leurs écrans plats, le désespoir des « zorphelins haïtiens » ou encore la lente agonie de la « Biodiversité » en Amazonie sous les chenilles des bulldozers conduits par des Brésiliens déchaînés. En somme, leur objectif c’est le troupeau de moutons apeurés qui constitue la classe moyenne. Moyenne, Dieu sait qu’elle l’est,  si l’on se réfère pour la comprendre, à tout ce que la sociologie compte de brillants chercheurs. Ce ventre mou de la société française, sur lequel les socialistes comptent pour revenir aux affaires,  se définit par sa grande perméabilité au sentiment de culpabilité.  Ils possèdent juste ce qu’il faut de biens pour être à l’aise mais vivent dans la hantise de tout perdre.  Compatir, ce n’est pas agir ! Pour ces « braves gens », il faut surtout avoir des pensées suffisamment correctes pour conjurer le mauvais sort. Pour eux, le socialisme c’est un talisman, un gri-gri contre le revers de fortune. Ils savent bien que les recettes qu’on leur propose sont ineptes mais ils y croient avec la foi du charbonnier. C’est bien pour ça que les socialistes attaquent les Français moyens sur le terrain de la compassion et, comme ils sont un peu cons, pour être sûr d’être entendu, il convient d’en rajouter dans le pathos.

Une seule solution : la Révolution !

Le parti de la Bêtise est le premier parti de France, les socialistes l’ont bien compris : quand on n’a pas d’idées,  il faut par dessus tout empêcher que les autres en aient. L’absence de pensée est préférable aux pensées impures, c’est vieux comme la vie monacale. Concentrons-nous donc sur les effets de la crise, cela nous évitera de réfléchir à ses causes. On relayera donc les 200 propositions pour l’égalité soviétique (pardon : réelle) à coups de reportages « objectifs » (forcément) sur la Misère et l’Abandon,  que l’on mettra en rapport avec le « bling-bling » indécent des possédants. Ce n’est pas bien nouveau, c’est juste une mise en scène télévisée du penchant de Marie-Antoinette pour les viennoiseries en général et les brioches en particulier.

Rejouer 1789 dans la France de 2010, c’est quand même, compliqué. Bien sûr, en 2010 aussi,, la reine est étrangère et,  même si notre monarque hyperactif, bien qu’impuissant (métaphoriquement s’entend), se préoccupe de bien d’autres choses que de serrureries,  force est de constater  que la cour s’amuse toujours plus qu’elle ne tente de réformer une société qui lui convient, somme toute, assez bien. Le problème aussi, c’est que la dualité entre riche et pauvre a disparu. Il n’y a plus d’un côté une masse de journaliers toujours au bord de la famine et de l’autre un petit nombre de nantis gavés de rôts et de poulardes.  Le monde moderne a accouché de la fameuse « classe moyenne », tampon entre possédés et possédants  et objet de toutes les convoitises politico-démagogiques.

Ce nouveau « Marais » doit, pour réagir, s’estimer menacé.  Il convient donc, nous l’avons vu,  de le menacer d’un déclassement prochain,  pour l’attirer sur la pente savonneuse du « demain on rase gratis ».  On lui a bien fait le coup en 1981,  mais qui s’en souvient ?  C’est si loin.  Il faut bien reconnaître que,  pour ce qui est de faire prendre des vessies pour des lanternes,  les socialistes ont une longueur d’avance.  Et comme ils sont l’incarnation du Bien, ils ne reculent devant rien pour faire avancer leur cause.  Pourquoi s’encombrer d’une vérité qui nuirait au fantasme ? Le Peuple est conscient qu’il va falloir faire des efforts, mais il souhaite tellement que les autres les fassent à sa place !  Dans ces conditions, c’est en toute impunité qu’on pourra lui désigner le bouc émissaire habituel : le Riche.

Cependant, une fois posé cet acte fondateur, les « amis » de Martine ne sont pas au bout de leurs peines. A partir de quand doit-on considérer un individu comme un « privilégié » qui n’a plus aucun Droit, mais mérite au contraire d’être essoré ?

Est-ce lorsque, protégé par un statut, on se trouve assuré de ses revenus jusqu’à la fin de ses jours ? Bien sûr que non voyons ! Un fonctionnaire ne saurait être un riche, même s’il gagne désormais plus que les autres à qualification égale, c’est en réalité tout le contraire. Nous avons affaire à un ascète qui, selon la Vulgate syndicale, sacrifie sa vie sur l’autel de l’Intérêt Général, renonçant en cela aux biens matériels, que ses exceptionnelles qualités lui auraient certainement réservés « dans le privé ».

Donc le riche, c’est l’autre : c’est ce voisin honni qui se pavane au volant de sa belle automobile, qui envoie ses enfants dans la belle école privée et qui part en vacances à l’étranger ;  c’est cet être insensible qui roule en 4X4 au mépris de la qualité de l’air que nous respirons, ce parasite qui écrase son prochain par  pure avidité. Apre au gain, celui que l’on appellerait facilement « le juif » si Pierre Laval et Marcel Déat ne l’avaient déjà fait en leur temps, doit rendre à la société le bien qu’il lui a indûment volé. Il est urgent de lui apprendre à vivre, à ce cuistre, en le dressant et en le redressant… fiscalement.

La fiscalité, arme de destruction massive… de richesses

Lorsqu’ils arrivèrent au pouvoir en 1981, les socialistes s’attelèrent avec acharnement à la soviétisation des esprits. Alors que, partout ailleurs dans le monde développé,  les peuples se libéraient du joug interventionniste,  nos élites rouges achevèrent l’œuvre qu’elles avaient entamée au sortir de la Seconde guerre mondiale et qu’un Général un peu trop résistant avait interrompu.

La propriété devenait un péché,  produire une Exploitation (quelques années plus tard ce serait de la Pollution),  et l’Etat fut magnifié comme la seule institution à même de s’occuper efficacement de toutes et de tous, de manière parfaitement désintéressée,  comme si le profit était nuisible au bien commun.

Le dogme nécessitant une levée de fonds massive,  le Culte fut donc servi par un clergé dévoué : le fisc. En dépit des apparences,  nous vivons toujours sous ce Credo malgré Chirac (on le savait) et Sarkozy (on en reviens) : celui de la fiscalité confiscatoire.

Voilà bien le cœur de l’affaire : la jalousie.  La passion française pour l’égalité s’est transmutée en un « égalitarisme » qui fait que l’on jalouse la réussite du prochain au lieu de tenter de l’imiter. Il n’y a donc plus émulation mais confiscation.  C’est si vrai que dès qu’un entrepreneur fait fortune (c’est rare et méritoire d’accord, mais ça arrive quand même) il n’a de cesse que de trouver un point de chute hors de France. Même ceux qui gagnent des sommes indécentes à la sueur de leurs crampons préfèrent s’exiler, plutôt que de rester dans notre paradis soviétique. Et l’amitié que notre Johnny national voue à notre « réformateur » de Président ne l’a pas pour autant convaincu d’abandonner la Suisse pour revenir dans notre hexagone.

En réalité, la multiplication des champs d’intervention publique : du logement à la santé, en passant par l’éducation, la culture et le transport, a conduit à emprisonner le pays dans un écheveau administratif inextricable, qui exige toujours davantage d’argent  pour ne pas s’effondrer sous son propre poids. Le Moloch dévore à l’avance toute possibilité d’investissement public, obérant ainsi les chances d’un futur développement. Les forces vives fuient, en masse, le pays et ses ponctions fiscales insensées, ne laissant derrière elles que des classes moyennes exsangues et une tripotée d’assistés. C’est en cela que se recrée la dualité de 1789 entre paysans et aristocrates, à ceci près que les « ci-devant » sont déjà partis (pas fous !) et qu’il ne reste plus que des métayers pour faire face à des journaliers… d’importation récente.

Les socialistes prétendent « faire payer les riches » s’ils arrivent au pouvoir en 2012, afin que les efforts soient « équitablement » répartis. Magnifique objectif qui veut dire tout et son contraire. Pourtant,  les vrais riches ne se trouvant plus en France depuis belle lurette,  sur qui pensez vous que  va reposer le fardeau  de leurs « généreuses » mesures d’« égalité réelle » ?

La droite osera-t-elle le Grand Soir fiscal ?

Face à cette démagogie,  la réponse est dans le sérieux. Seulement, du point de vue électoral, cette option n’est pas très payante en France :  regardez donc où en est Madelin.

Pourtant Nicolas Sarkozy a compris que son avenir viendra de sa capacité à réformer la fiscalité, et non d’une inflexion « sociale » comme le cancane la classe parlante. Le Président a bien des défauts, mais certainement pas celui de ne pas sentir le pays. Cela sera-t-il suffisant ou n’allons-nous assister qu’à une gesticulation de plus ?  Là est toute la question.

Pour réformer durablement la façon dont se « répartissent » les richesses dans notre pays, il ne faut pas avoir peur de fracasser un nombre certain d’idées reçues,  au premier rang desquelles figure celle que devenir riche ne serait pas une chance mais une tare.  Il conviendra ensuite de mettre à bas le monstre suceur d’argent public susmentionné  et donc de privatiser « l’imprivatisable ».

Le cœur du système devra y passer : les transports, la santé et l’éducation. A défaut de réduire drastiquement les dépenses, on ne voit pas très bien comment on pourra revaloriser ce travail que l’on ne cesse de taxer.

La vraie révolution, ce n’est pas de réduire les déficits, c’est de réformer le flux des prélèvements pour que les travailleurs puissent enfin vivre décemment du fruit de leur labeur. Il convient de ne plus rationaliser des salaires de misère au moyen de faux droits, assis sur un argent qu’on ne possède pas et que l’on emprunte parce qu’on n’ose plus le voler.

On ne viendra pas à bout du « dumping social » en empruntant aux tricheurs de quoi nous permettre de tricher en subventionnant des secteurs qui doivent disparaître.  Il faut en finir avec cette manie de fausser les règles du marché,  pour se plaindre ensuite que celui-ci ne remplit pas son rôle.

On le voit : que de « services publics » à réformer, que de budgets à rationaliser, que de frais de fonctionnement à diminuer, que de coupes claires à pratiquer, pour que la fiscalité puisse devenir rationnelle dans notre pays. Il va en falloir des efforts, pour que les exilés rentrent au bercail !  Il va en falloir,  de la persuasion,  pour leur faire croire que l’on ne reviendra pas du jour au lendemain sur des promesses qui,  à Droite aussi,  n’engagent que ceux qui les écoutent.

On nous annonce une réforme d’envergure avant l’été.

Envergure : tout est dans ce mot. A dix-huit mois de la présidentielle, croyons-nous sérieusement  que ceux qui,  trois ans et demi durant,  n’ont rien fait en la matière, vont subitement nous surprendre  par leur audace réformatrice ? Nous aimerions bien en être persuadé,  tant nous sentons que tous les freins à la croissance se situent au niveau de la politique fiscale. En la matière, Nicolas Sarkozy veut nous convaincre qu’il se pare,  tel Hercule,  de la peau du Lion de Némée. Acceptons-en l’augure ! Espérons qu’ensuite il s’attaque aux écuries d’Augias et qu’il ne finisse pas fracassé contre un moulin à vent comme un vulgaire Don Quichotte.

 

CHRETIENS D’IRAK ET CRETINS DE FRANCE

novembre 21, 2010

 

En Irak, spectaculairement,  mais hélas aussi un peu partout au Moyen Orient, on s’achemine,  doucement mais sûrement,  vers la fin du christianisme.  Non que les Coptes et autres Syriaques aient soudain décidé de se convertir en masse, bien au contraire.  Alors qu’ils somment l’Occident  d’en finir avec « l’islam des caves », les tenants de la « Religion d’Amour, de Tolérance  et de paix » qui domine en ces contrées ont simplement décidé que les infidèles n’avaient plus leur place parmi eux.

La fable de la bienveillance islamique

S’il est un conte plaisant, très en vogue dans les milieux interlopes de l’intelligence mondialisée, c’est bien celui de cette « tolérance » des musulmans. A croire les propagandistes acharnés de cette fiction, le haut degré de civilisation des partisans de Mahomet les mettrait à l’abri des tentations,  si chrétiennes,  d’intolérance et de persécution à l’égard de tout ceux qui ne prient pas comme eux.  L’attentat en plein cœur de la Cathédrale de Bagdad,  les assassinats de prêtres en Turquie,  la chasse aux missionnaires en Kabylie,  tout comme les condamnations à mort pour cause de blasphème au Pakistan,  auraient pourtant dû ouvrir les yeux des plus béats zélateurs de ces si admirables pacifistes Barbus.

La réalité, c’est que nous assistons depuis quelques années à une chasse organisée au chrétien,  qui a pour but de rendre « religieusement purs » les pays musulmans.  La si fameuse « communauté internationale » a même un nom pour ce type de comportements.  Il se trouve cependant peu de grands esprits pour  dénoncer des agissements, si contraires à « l’idée » que l’on se fait généralement de l’Homme. Qui osera appeler un chat un chat  et nettoyage ethnique  l’élimination des chrétiens d’Orient ?

Deux poids et deux mesures

C’est que l’expression n’est pas neutre ! Lorsque dans les années 90, les  Serbes se trouvèrent confrontés à la montée des tensions religieuses dans les ruines de l’Etat Titiste, ils  procédèrent selon une méthode éprouvée de longue date dans les Balkans (comme partout ailleurs depuis des siècles) : l’épuration ethnique.

Il convenait alors de redonner une cohérence territoriale et religieuse à un patchwork mal taillé. Seulement voilà, les grandes âmes anglo-saxonnes qui venaient de casser de l’irakien avec la bénédiction des pétromonarchies du golfe ne l’entendirent pas de cette oreille. Elles rameutèrent le ban et l’arrière ban de leurs affidés au nom de la défense des minorités religieuses « injustement opprimées » et bombardèrent Belgrade en cassant du Slave (et du Chinois au passage mais là, c’était une erreur).

En nous joignant à cette « opération de police » au nom de la pensée correcte, nous avons participé au démembrement de notre plus vieil allié dans la région. Nous le faisions pour le principe,  car nous ne pouvions tolérer qu’un homme fût persécuté en raison de sa foi ; héritage des « années sombres de notre histoire » oblige. Pourtant, les troupes que nous engageâmes alors en Bosnie puis plus tard au Kosovo revinrent toutes avec le même message : « nous nous trompons d’ennemis ». La Grande Muette étant ce qu’elle est et la presse « libre » aussi, nos dirigeants ont fait ce qu’il convient de faire en pareil cas : les sourds.

Et maintenant que les chrétiens d’Orient sont  exactement dans la même position que les Bosniaques et autres Kosovars d’hier, que faisons nous pour leur venir en aide ?

Rien, puisqu’ils ne sont la cible que

« d’extrémistes qui ne sauraient être confondus avec la grande majorité des musulmans ».

En réalité, le tort des Serbes est d’avoir eu un Etat pour organiser les choses. Ils se seraient contentés d’actes perpétrés par des « groupes de terroristes incontrôlables  et fanatisés» à l’encontre de leurs minorités religieuses qu’ils seraient encore chez eux au Kosovo.  Elle a bonne mine, la « communauté internationale » avec ses grands principes qui ne sont en définitive applicables qu’à ceux qui veulent bien se les laisser imposer.  L’universalisme si cher à l’Occident en prend encore un coup.  Avec pour conséquence que les seuls que l’on puisse impunément ratonner en ce bas monde, sont précisément ceux qui croient à l’universalité de l’Homme : les chrétiens.

Ces Crétins  qui font des histoires en croyant la faire

En France pendant ce temps là, on débat du sexe des anges et on en vient à s’interroger sur le fait de savoir s’il est bien convenable d’accueillir aussi ouvertement  les chrétiens persécutés.  C’est vrai qu’il est tellement plus noble d’ouvrir nos bras à toute la « misère du monde » qui n’a qu’une hâte,  une fois installée chez nous : celle de se doter, entre autre, des lieux nécessaires à l’expression de cette foi si pacifique qui leur tient lieu de mode de vie. Bien sûr tous les musulmans ne sont pas intégristes, mais à force de tout lâcher on en vient à désespérer précisément ceux qui ont embrassé avec enthousiasme nos valeurs de liberté et de laïcité. La foi est une affaire privée qui n’a jamais provoqué autre chose que des catastrophes lorsqu’on l’a agitée en public. Il y a des églises et non des mosquées dans chaque village de France, ben c’est comme ça ! On ne va pas passer notre temps à s’excuser des racines que nos gouvernants n’évoquent que du bout des lèvres, pour un bénéfice nul puisque cette négation, ne règle rien aux problèmes d’intégration de populations qui la refusent. La capacité qu’ont nos élites à se faire botter le cul, tout en en redemandant, est proprement stupéfiante.

Nous en avons l’illustration avec le débat qui depuis la rentrée et en dépit, ou peut être à cause, des spasmes d’agonie de la France protégée, agite le petit monde de la pensée unique autours des projets culturels de la Présidence.  Nicolas Sarkozy, comme ses prédécesseurs, est pris du complexe de Pharaon et souhaite laisser une empreinte muséographique de son règne. Dans ce domaine, au moins avait-il annoncé la couleur, puisque durant sa campagne il avait fait part de son souhait de voir se créer un Musée de l’Histoire de France.

Les échéances se rapprochant, le projet prenant forme, « l’intelligence académique » s’émeut des projets du « grand » homme. C’est que, pour les fossoyeurs de la Nation qui prospèrent depuis la fin de la dernière guerre mondiale,  sur sa négation,  une pareille institution serait un blasphème.  A les lire et surtout à les entendre (la critique du Président provoque immanquablement vers son auteur la pousse d’une forêt de micros), ce projet est porteur du vice suprême : celui de l’Histoire officielle.

On l’avait bien vu au travers de la révision des programmes d’histoire au collège : il convient de lutter contre un tel fléau.  On enseignera donc les apports de Shaka Zulu à la grande saga de la cohabitation pacifique entre nomades et sédentaires, pendant que l’on passera à la trappe Louis XIV et Versailles. On discutera des mérites comparés de Napoléon et de Hitler tandis que l’on nous présentera les vertus de la conquête musulmane,  injustement rejetée pour des motifs odieusement racistes par ce fasciste de Charles Martel.

Un musée de l’Histoire de  France, vous n’y pensez pas ! C’est le retour de l’ordre moral, c’est le spectre de Vichy,  c’est la mort de l’esprit critique…  et, surtout, de toutes les lucratives bondieuseries tiers-mondistes que l’on publie ces derniers temps sous prétexte d’ouvrir notre histoire au monde. Notons au passage que ces envolées lyriques contre les initiatives historiographiques de notre actuel Président n’ont pas eu cours lorsqu’il s’était agit pour son prédécesseur,  de donner dans l’air multiculturel du temps, en nous pondant,  son pourtant très officiel Musée de l’Immigration à la Porte Dorée.  On a les indignations que l’on peut et surtout que l’on doit, lorsque l’on a fait profession de penser.  A manquer de « sens critique » dans le sens autorisé,  on risque vite de ne plus pouvoir très bien vivre de son « art ».

Martine se rend avec armes et « convictions » au BHV

En attendant, dans le camp du Bien, c’est l’effervescence.  Alors que Sarkozy cherchait à nous « surprendre » en ne changeant rien à son gouvernement, les socialistes accouchent  de deux cents propositions  qui feraient passer les cent dix de Mitterrand pour un parangon de mesure  et de sérieux politique. Ce qui vient de se jouer est très sérieux, bien plus que le pseudo remaniement, et le virage du PS vers son ultra-gauche n’est que le début de la Nuit des longs couteaux sociales.

Personne n’est oublié dans le Bazar de l’Hamon Virulent : de la baisse imposée des loyers à l’augmentation des salaires pour les « précaires, en passant par l’allocation-autonomie pour le « djeune » ; du droit de vote des étrangers à la fin des « contrôles au faciès » pour les « minoritézopprimées », il y en a pour tous les goûts.

En matière de mœurs rien ne les retient plus on plus,  quoique… S’il va de soi que le « mariage » homosexuel sera reconnu  et l’adoption par un couple de même sexe favorisée,  en matière de prostitution ils en reviennent à la vieille pudibonderie marxiste  puisque c’est le client qui,  s’imaginent-ils,  sera pénalisé. On attend avec impatience la mise en pratique de ce type de mesures destinées à « libérer les femmes de l’exploitation sexuelle »,  dans les endroits connus pour l’abondance des « travailleurs du sexe » comme la Porte Dauphine ou le Bois de Boulogne – quoique,  là,  ça peut parfois prêter à confusion : attention, Benoît, dans ce genre d’affaires on peut vite passer des bonnes intentions  à l’odieuse « stigmatisation d’une communauté comme aux heures les plus sombres de notre histoire ».

Le plus drôle dans tout ça, c’est que les mêmes nous expliquent que,  lorsqu’il s’en prend aux Roms  le gouvernement caresse éhontément son électorat dans le sens du poil.  Benoît Hamon, lui, avec ses « propositions pour l’égalité réelle »,  ne saurait avoir pareilles arrières-pensées démagogiques. Pensez donc ! C’est un homme de bien puisque il est socialiste. Il se contente donc de dénoncer  les riches comme responsables des malheurs des pauvres. Il ne s’en cache pas et son approche de la question est binaire:

« Notre conviction est que la mobilité dans la hiérarchie sociale sera d’autant plus facilitée que les barreaux de l’échelle sociale seront proches les uns des autres ».

C’est comme pour les 35 heures : il s’agit,  selon les bonnes recettes socialistes,  de répartir la pénurie.  Et retirer des barreaux à l’échelle,  n’est-ce pas le plus sûr moyen de ne pas donner aux gens l’idée saugrenue d’y monter ? On peut aussi, dans le même ordre d’idée les scier,  ou carrément,  la retirer, l’échelle : comme ça,  plus de problèmes.

L’enthousiasme mesuré des moins stupides de ses « amis» ne l’émeut pas.  Peu lui importe les « mous du genou » : au matin du grand soir, les traîtres seront pendus,  et ce ne sont pas ces Menchéviks de Strauss-kahniens vendus à la finance mondialisée et apatride qui retiendront le bras vengeur du prolétariat.

Lorsqu’on lui fait remarquer que certains de ses projets sont, pour le moins irréalistes, le Cave se rebiffe, et ses partisans d’expliquer que tout est une affaire de volonté politique, l’Etat étant précisément là pour contraindre… CQFD !

Il n’y a plus qu’en France que l’on élève ce genre de basse-cour. Encore quelques années d’opposition comme cela et les Socialistes vont nous ressortir le programme de Pol-Pot. Il ne reste qu’un petit effort à fournir et plus aucun Barbu ne voudra venir s’installer dans notre paradis soviétique retrouvé.  Ce n’est pas leur but, mais ce sera probablement la seule conséquence heureuse de leur arrivée au pouvoir.

 

 


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