PANEM ET CIRCENSES

juillet 11, 2018
Pollice Verso, by Jean-Léon Gérôme

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Le temps passe, les empires et les civilisations s’écroulent, mais les fondamentaux restent. Des Empereurs romains qui n’avaient pas Internet à notre Président jupitérien qui confond décision et communication : en occident, pour gouverner comme il l’entend, l’autocrate doit surtout savoir bien divertir. La folie qui s’empare du pays autour de ce qui n’est qu’un jeu de balle se pratiquant avec les pieds, ne laisse de rendre perplexe l’observateur, peu au fait des constantes historiques. Le parallèle est pourtant saisissant entre les deux époques.

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Dans la Rome Antique, pour conquérir le pouvoir, il ne suffisait pas d’être un brillant général et un stratège politique hors pair, il fallait aussi (et surtout) assoir sa légitimité en flattant la plèbe dans le sens du poil (ce qui de nos jours s’apparenterait à du populisme, si toutefois les commentateurs étaient logiques avec eux-mêmes). Certes l’exaltation de la virtus romaine et le destin planétaire de l’Urbs aidaient les ambitieux à parvenir à leurs fins, tout aussi surement que les donatio consentis aux Légionnaires puis aux Prétoriens, mais rien ne remplaçait vraiment, pour durer, la magnificence du triomphe et les jeux qui l’accompagnaient.

Si les fromages consentis aux tenants du capitalisme de connivence ont remplacé les sesterces généreusement attribués aux porteurs de pilum, force est de constater que tout ceci sort, avec la même régularité, du fiscus publicus, dont le fonctionnement n’a jamais cessé de se perfectionner depuis les Julio-Claudiens, pour parvenir au niveau d’extravagante excellence que nous lui connaissons aujourd’hui. Simplement pour qu’un mouton accepte, sans trop rechigner, d’être tondu par des loups, encore faut-il, de temps à autre, lui faire oublier sa condition, ce à quoi les jeux du cirque et le football parviennent à merveille.

AugustoQu’il s’agisse le pousser la baballe dans les filets adverses ou d’enfoncer un glaive dans le corps d’un Thrace, la foule est prise de la même passion consternante, de la même folie expiatoire et de la même frénésie identificatrice. Se précipiter dans sa voiture pour répandre sa joie à grand coup de klaxon ne rend pas le citoyen du 21e siècle plus civilisé que son homologue du début de notre ère. Il est juste motorisé. La béatitude confondante qui ressort d’une victoire de son champion ou de son équipe rend le fanatique totalement ouvert aux pires lubies de ses gouvernants. Ils ne peuvent pas être malintentionnés, puisqu’ils lui ont permis de « vivre ça ». Or précisément, ils n’ont rien, permis du tout ! Si les Empereurs payaient pour divertir le Peuple, notre Président, en bon coucou se glisse avec contentement, dans ce que l’argent (et donc la sueur) des autres a rendu possible.

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Imaginer qu’un État impuissant à régler la question de la sécurité en général et du terrorisme en particulier, de l’invasion migratoire ou du chômage endémique ait une quelconque part de responsabilité dans la victoire ou la défaite d’une bande de 23 gamins surpayés, ne peut être qu’une vue d’un esprit malade. C’est pourtant ce que nous serinent, à longueur de temps, nos médias subventionnés qui n’ont pas assez de mots pour décrire « la gagne » que le Kennedy d’Amiens aurait su insuffler à cette équipe si « représentative de la France d’aujourd’hui »… Notre Président (Deo Gracias !) est, lui, un amateur de foot. Un expert (un vrai !) qui se passionne pour la tactique et qui apprécie (en connaisseur) le beau geste, la passe décisive, l’arrêt parfait (rayez la mention inutile). Dans ce monde de courtisans, il n’est pas de louanges qui ne soient assez baveuses, pour que son auteur ne sente le ridicule qui devrait pourtant l’étreindre. Mais la flagornerie est hautement rémunératrice et il y a bien longtemps que, même au Figaro, on a oublié la devise de Beaumarchais.

nouveau-ballon-coupe-du-monde-2018-adidas-telstar-8-1050x700Si d’aventure ces « braves petits » que l’on prenait, hier encore, pour de piètres pitres à l’issue de leurs phases de poule apathique, parvenaient à décrocher le « Graal des temps modernes » dimanche, nul doute que les poncifs que nous avons connus il y a 20 ans nous inondent de nouveau. Le déconomètre s’élancera à plein tube et tout y passera. Il faudra bientôt rendre grâce aux passeurs libyens de leur généreuse contribution à la formation de notre équipe des 20 prochaines années. Nul doute que la lutte contre le réchauffement climatique se trouvera dopée par ce résultat inattendu. Les lépreux vont guérir, les paralytiques remarcher, les poules auront des dents et les vaches seront bien gardées.

Tout ira forcément pour le mieux dans le meilleur des mondes… virtuels. Car hélas, rien ne sera réglé. Les islamistes ne vont pas pour autant se convertir au bouddhisme, la croissance ne nous tombera pas dessus par miracle, les impôts ne diminueront pas plus que les cheveux ne repousseront sur le crâne de Zidane. Rien de ce qui fait notre faiblesse ne disparaitra par le biais du foot et gagner la Coupe du Monde, ce n’est pas gagner la guerre.

Le football, pas plus que les jeux d’hier, ne règle rien. Il soulage momentanément les souffrances d’un Peuple que l’on délaisse, il permet, le temps d’un été, d’oublier les réalités qui l’accablent. Mais ces illusions sont fragiles, il suffit d’un coup de tête comme en 2006, pour que le cauchemar revienne avec d’autant plus de force que nous avions cru, l’espace d’un court instant d’insouciance, qu’il avait disparu

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Jupiter Miné

juillet 20, 2017

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« Cent dieux sont impuissants contre un seul Jupiter »

La Fontaine fable X du Livre XII L’écrevisse et sa fille

 

Comme pour Thomas Pesquet, le retour sur Terre d’Emmanuel Micron se fait dans la douleur. Finit l’ivresse de la douce apesanteur, dans laquelle baignait notre Président poupin depuis son élection, pourtant pas si triomphale, du 6 mai dernier. Afin de donner le change, le voilà qui se pousse du col et se donne des allures de Dieu. Et pas n’importe lequel : Jupiter, rien de moins. Cependant, choisir une référence à la mythologie romaine n’est pas sans risque quand on porte le nom du premier traitre de l’histoire impériale. La Roche Tarpéienne est toujours proche du Capitole comme le disaient les Tribuns.

Jupiter Chrysostome

293f9ade562920210e5cfa0454ec6dadTout auréolé de sa victoire sur l’Hydre de l’Erne : la bête immonde au ventre aussi fécond que l’inventivité d’un Inspecteur des Finances en matière de création de nouvelles taxes, notre nouveau Dieu s’est choisi Jupiter pour symboliser son ambition. Las, les choses ne sont jamais aussi simples qu’on les rêve ; les chemins de roses et les fleuves de miel peuvent soudain se transformer en ronciers et autres torrents de vinaigre.

Il faut dire que Jupiter n’est pas seul dans le Panthéon céleste. D’autres divinités interagissent avec son Auguste Majesté et elles ne sont pas toutes, tant s’en faut, subjuguées par sa plastique avantageuse et sa légende dorée sur tranche.

 

14216265-20227318Tout avait pourtant bien commencé. Sa jeunesse et son profil grec, lui avaient valu les louanges des conteurs mystiques, ces lointains descendants d’Homère appelés aujourd’hui journalistes. Les histrions ne tarissaient pas d’éloges sur leur nouveau héros, appelé à remplacer l’Odin méridional que s’étaient donné nos cousins d’outre-Atlantide, il y a de cela 8 ans. Il faut dire que la comparaison avec l’immonde Loki qui lui a succédé était des plus flatteuses, pour notre jeune Dieu. Même le boulet œdipien qu’il se traîne à longueur de sommets internationaux paraissait ne pas lui peser. Comme si Junon/Rhéa s’effaçait devant la toute puissance et l’admiration qui irradiaient de la personne de son époux divin. Sur la scène internationale on ne voyait que lui, reléguant les Bouddhas, Vishnou, Thor et autre Shinto au rang de divinités subalternes. Il pouvait tout dire (et surtout les pires conneries), tout glissait sur lui comme l’eau sur les plumes d’un canard. A l’instar de Midas, tout ce qu’il touchait se transformait en or … jusqu’à ce qu’il rencontre le principe de réalité.

Jupiter à terre

troisieme_tourEt ce principe prit, justement, les traits peu avenants d’Herfioture, la bien nommée Valkyrie « qui paralyse le guerrier ». Sa voisine de l’est lui rappela aimablement, mais fermement qu’il convenait de respecter les critères du traité d’Épidaure, instaurant le sesterce unique que Saturne (Chronos) avait, en son temps, bien imprudemment signé. Après les lendemains qui chantent, le temps des matins chagrins arrivait. C’est ainsi qu’Hermès, son ministre en charge de l’ager publicus (57 % du Produit Divin Brut, tout de même !) a commencé les manœuvres en vue de rogner sur les belles promesses qui n’engagent (comme chacun le sait) que ceux qui écoutent trop avidement la Pythie. Notons que le « brave » homme est polyglotte et communie, aussi bien, dans le culte que dans la culture des rudes Valkyries. Culture qui, comme chacun le sait, est faite de rigueur et d’ascètisme budgétaire. Flanqué de son acolyte en charge du fiscus publicus : Judas de Tourcoing, il fait régner la terreur dans l’Olympe et martyrise budgétairement les Dieux et demi-dieux qui le compose. Issu du même ichor dont on fait les Titans de Bercy, Jupiter ne pouvait que céder aux chants langoureux sirènes des Finances. De la lumière des trompettes de la gloire, il passa ainsi aux ombres des cymbales du renoncement. Si bien qu’en campant la toute-puissance, le père des Dieux organisait en réalité son impuissance et bientôt son ridicule. Timeo Danaos et dona ferentes (Je crains les grecs et les présents qu’ils font), et sa presse homérique chérie se fit soudain l’écho des sombres protestations de Vulcain.

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chef-mac001Le fabriquant des foudres de Jupiter se trouvait, en effet, fort marri par ses annonces de coupes budgétaires. Lui qui pensait avoir obtenu de son divin patron des assurances, si ce n’est de joyeuses libations à venir, du moins de jours plus fastes se sentit d’un coup cocu (ce qui est une habitude très vulcanienne). C’est que les besoins en fulgurances célestes sont, hélas légion (si l’on peut dire). Au sud de la Mare Nostrum, Oum (Astarté, pas le dauphin), Moloch et les autres dieux sanguinaires s’agitent furieusement. Les temps où le paisible Mithra faisait régner la Justice dans le croissant fertile sont bien loin. Il est temps de réagir vigoureusement et les prétoriens avaient cru pouvoir compter sur Jupiter après les Valls hésitations de l’ère Bacchus, pour ce faire. Il faut dire que l’heure est grave, même les adeptes de se mettent à venir jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes.

Ce n’est donc pas vraiment le moment de venir paraitre compter ses éclairs, comme un vulgaire pâtissier.

Le courroux du Dieu forgeron fut donc à la hauteur de sa réputation et c’est en des termes fleuris qu’il exprima son ire, devant une commission de quarts de dieux de l’Assemblée nationale. Pour privée qu’elle fût, la charge n’en portât pas moins car la Presse moins servile qu’à l’accoutumée s’en emparât. La fureur de Jupiter fut à la mesure de son désarroi, prît qu’il fût en flagrant délit de mensonge. Crucifiant le valeureux soldat sur la via Apia, il s’en fut, le 14 juillet, paradant comme un coq devant les soutiers de Vulcain, au plus grand amusement de Loki et Vénus qu’il avait conviés à venir admirer sa gloire et à qui il donnait maintenant, le spectacle de son ridicule. Au final, ne trouvant pas de général pour remplacer Vulcain, Jupiter se rabattit sur un centurion d’appareil, tout juste fait primipile.

 

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Casser le thermomètre ne diminue pas la fièvre. Nos armées ne peuvent pas être les variables d’ajustement des réformes que l’énarchie ne veut pas entreprendre. On n’envoie pas des hommes au combat, en leur comptant chichement les moyens de le mener à son terme. Point n’est besoin de paraitre sanctifier les lanceurs d’alertes pour exécuter un chef militaire, dont le seul souci est celui de la sécurité de ses hommes. En agissant ainsi, Jupiter s’est déconsidéré auprès des troupes. Et lorsque Macron perd le soutien des prétoriens, la chute n’est plus qu’une question de temps. La gestion prudentielle des privilèges de la Nobilitas ne peut se faire au détriment de la sécurité du Populus. Le fiscus publicus doit donner aux Légions le pouvoir de faire triompher leurs Aigles. À défaut, Jupiter redeviendra Préfet et finira probablement comme Quintus Naevius Cordus Sutorius Macro, son célèbre homonyme de la fin du règne de Tibère. Et nous, nous hériterons de Caligula…

 

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COURAGE, FILLON !

mars 23, 2017

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C’est un fait acquis, le candidat de la droite et du centre a un rapport un peu spécial avec l’argent. Pour autant, le feuilletonnage de ses turpitudes (supposées à ce stade) laisse un goût bien particulier dans la bouche des électeurs qui, pour être des veaux selon une expression gaulliste consacrée, n’en sont pas pour autant dupes au point d’avaler les manipulations les plus grossières dont les gave une presse asservie. Les forces à l’œuvre derrière la grosse manip’ Fillon sont intéressantes à analyser et les perspectives que celle-ci laisse entrevoir, bien sombres.

Une grosse ficelle bien rose

16938676_1348835581871478_4722466829139291982_nDans un pays où la « défense du pluralisme » consiste, pour les journalistes, à faire la chasse au sein de leur corporation, à tout ce qui n’est pas de gôôche, on ne s’étonne plus du parti pris avec lequel les médias nous rendent compte des multiples rebondissements dans les affaires qui touchent les hommes politiques, particulièrement quand ces derniers sont de droite. Il suffit à se remémorer, pour les plus anciens d’entre nous, la mansuétude de ces mêmes donneurs de leçons, avec François Mitterrand, pour se dire qu’à côté de pareil étalon, « l’affaire » François Fillon fait figure de vulgaire adultère d’un greffier de province.

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Cela étant posé, force est de constater que le rubricage hebdomadaire des prévarications du candidat de la droite et du centre par un Canard qui n’a jamais aussi bien mérité son qualificatif, ne poursuit qu’un objectif : l’élimination de toute possibilité d’alternance. Le « phénomène Macron » que cette agitprop’ met en avant n’est, en effet, rien d’autre qu’un ripolinage des vieilles gloires socialistes qui ne se résolvent pas à quitter le pouvoir et les profiteurs qu’ils trainent dans leurs sillages douteux, non plus. Pourtant, leurs frasques fiscales, leurs phobies administratives, leurs mensonges à répétition et surtout leur incapacité à diriger une Nation qu’ils abhorrent devaient, en toute logique, les conduire à une cure durable d’opposition (pour ne pas dire au gnouf, mais soyons démocrates !).

17155793_376122136103151_1385791127552396912_nLe résultat de leur incurie — et un peu celle de leur opposition de droite « républicaine », il faut bien l’avouer — ayant propulsé le Front National à des niveaux impensables il y a de cela 10 ans seulement, le concurrent qui arrivera derrière Marine Le Pen le 23 avril prochain est certain de l’emporter. D’où l’idée, particulièrement sournoise, des machiavels de la socialie parisienne, de placer leur créature venue des limbes, face à la fille de son père au soir du premier tour de la présidentielle. Le fameux 21 avril à l’envers pour lequel tous les journalistes frétillent de la queue depuis 15 ans est ainsi, enfin, en passe de se produire.

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Un bon foutage de gueule

Il faut bien admettre que François Fillon prête le flanc à la critique. La prudence la plus élémentaire ne l’a pas conduit à mettre ses affaires en ordre, avant de se lancer dans le marigot, pas plus qu’elle ne l’a détourné de l’idée de se faire offrir des costumes hors de prix. Je veux bien me persuader qu’au-delà d’un certain seuil, il finit par atteindre le « point Chirac » en deçà duquel, tout nouveau scandale ne fait que le renforcer, mais il faut bien reconnaitre que la situation n’est pas trés brillante. Il est cependant bien cocasse de voir les arbitres des élégances tenter de démontrer, par ses travers, son « inféodation » aux puissances de l’argent et autres lobbys.
16665065_10155008577261950_8867984259524983775_oNos bien-pensants nous prennent, ce faisant, pour des quiches, d’abord et avant tout parce que leur chérubin, pour sorti des limbes qu’il soit, ne vient pas, pour autant, du ruisseau d’eau pure où frétille l’utilité publique. Depuis Napoléon, la banque Rothschild est plus connue pour se préoccuper de ses intérêts bien compris que du bonheur commun. Ensuite parce que Patrick Drahi (SFR), Pierre Bergé (YSL) et autres Mathieu Pigasse (Fnac/Darty/Le Monde) et Xavier Niel (Free) ne sont pas spécialement comptés au nombre des philanthropes désintéressés. Enfin, si la droite « collusionne » parfois intensément avec les lobbys pharmaceutiques, industriels et agricoles, prétendre que la gauche est, en la matière, pure comme une colombe de la paix en territoire palestinien est une vue de l’esprit ! Passons, rapidement, par charité chrétienne, sur les accointances du Préfet du Prétoire avec les laboratoires Servier et concentrons-nous sur tout ce que l’humanisme solférinien compte de rapports troubles avec (au choix) : les journalistes, les LGBT, les instituteurs, les mutuelles, les barbus islamisés et autres syndicats ne représentant plus que les fonctionnaires, pour conclure que finalement le lobby est à la politique ce que le croyant est à l’Église : une base, un socle. Si nous ne voulons plus que les lobbys fréquentent nos politiciens, il faut diminuer d’urgence la place de l’État, mais ça, c’est un autre débat qu’il est urgent d’escamoter.

En résumé, rien n’est plus inféodé aux intérêts particuliers qu’un homme politique qui compte précisément sur la somme de ceux-ci pour gagner les élections. Les Français en sont du reste les premiers complices, eux qui exigent de leurs élus qu’ils se consacrent à la défense de leurs prés carrés. Chaque électeur a des besoins qu’il entend bien voir satisfaits, selon le saint principe qui veut que tout ce qui est aux autres soit négociable, quand tout ce qui vous appartient est sacré. Dans ce pays, la réforme c’est toujours pour le voisin et les privilèges sont tous odieux à l’exception des siens.

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Le quinquennat de tous les dangers

Ne nous leurrons pas. À force d’être au pied du mur, nous finissons par y arriver. Cette élection est capitale, car elle est celle de la dernière chance pour le système qui nous a gouvernés depuis la fin des années 60 : la construction européenne. Soit il parvient à corriger ses tares et à améliorer durablement les conditions de vie d’une majorité de Français et il perdure. Soit il persiste dans sa dégénérescence et continue de n’être utile qu’à un nombre de plus en plus restreint de nos compatriotes et il sombre.
17358713_1911522055759742_406399059834182685_o-3La menace Le Pen n’est efficiente, en 2017, qu’auprès des gogos. À supposer qu’elle parvienne à se hisser à l’Élysée, ce qu’elle ne pourrait éventuellement réaliser que face à Hamon ou Mélenchon, elle ne pourrait strictement rien y faire, puisqu’elle ne disposerait pas de la majorité législative nécessaire pour gouverner à sa guise. C’est ainsi, du reste, que l’on se rend compte de la solidité des institutions dont nous a dotés le général de Gaulle. Contrairement à ce que nous serinent les ânes rouges qui réclament une sixième république, nous ne sommes pas en monarchie présidentielle. Le Président n’est omnipotent que s’il s’appuie sur une majorité à l’Assemblée. À défaut, il a certes les prérogatives d’une reine… mais celle d’Angleterre.

17361819_10210679034465139_7700982651179879845_nPour l’immédiat donc Le Pen ne sert d’épouvantail qu’aux moineaux du vivre ensemble effarouchés. En revanche, si, ce qu’à Dieu ne plaise, le système parvenait à installer son putto à l’Élysée, il en irait autrement. Gageons, sans trop de risques de nous tromper, que — les chiens ne faisant pas des chats — la France de Macron ressemblera bigrement à celle de François Hollande, avec Gérard Collomb en cadeau bonux. Cette persistance dans le rienbranlisme et le c’estlafauteaucirconstancisme ne nous produira rien de bon, je le crains. Si au milieu de ce quinquennat de rêve, l’affaire Fillon se dégonfle et aboutit à un non-lieu, ce qui au vu des charges n’a rien d’exclu, il y a fort à parier que le « Peuple de droite » aura fortement l’impression de s’être fait posséder le fondement par un régiment de hussards. Si l’on ajoute à cela, la cohorte des cocus qui auront cru qu’avec Macron le changement c’était vraiment pour maintenant et puis que finalement… bon ben non… Le nombre d’électeurs désireux d’envoyer promener le système risque fort d’atteindre le seuil critique nécessaire pour faire de Marine Le Pen (ou de sa nièce) la première femme présidente de la République avec, cette fois-ci, une majorité à l’Assemblée. À partir de là, tout est possible et le changement risque d’être très brutal pour les bisounours.

 

Conclusion : nous n’avons plus le luxe du choix

Nous en sommes donc plus au crépuscule des Dieux de l’ENA qu’à l’aube d’une ère nouvelle et radieuse. La forte odeur de pourriture qui s’échappe de cette présidentielle, ne nous laisse pas espérer des lendemains qui chantent, tant les tenants de l’ordre ancien sont vissés dans leurs certitudes et caparaçonnés dans les armures de leurs privilèges intangibles. Tout est réuni pour que rien ne bouge et rien ne semble devoir changer. Nous ne pouvons, hélas, plus nous le permettre. Nos dettes, les islamistes, les Chinois et maintenant les Américains ne nous laisseront pas l’occasion de différer, sans cesse, les réformes que nous savons indispensables à notre résilience. À défaut, nous allons droit vers la partition, l’ensauvagement et l’anéantissement.

Nous avons touché l’iceberg et nous nous enfonçons de plus en plus. Le problème de notre Titanic actuel c’est que, si l’orchestre continue de jouer sur le pont des Premières classes, la musique n’hypnotise plus que les secondes et les troisièmes. Les nantis mondialisés sont déjà dans les chaloupes et regardent, au loin, le navire s’enfoncer, tout en dissertant, à pieds secs, sur ses défauts de construction.

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François Fillon n’est peut-être pas la panacée. Il a bien des défauts et semble bien âpre au gain. Pourtant, malgré toutes ses tares, il n’a pas encore baissé les bras et tente de sauver le navire en perdition. Le champs d’orties médiatique dans lequel il se meut péniblement, contraste singulièrement avec le tapis de roses que les journalistes déploient servilement au-devant des pieds de leur créature. Ce faisant, le courage et l’obstination dont il fait preuve dans cette campagne inouïe, nous serons au final certainement plus utiles, face aux périls qui nous menacent que le contentement, le conservatisme et le narcissisme d’un Emmanuel Macron.

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Carburants : de Jupiter à Marie Antoinette

novembre 7, 2018

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Depuis l’annonce de la hausse prochaine de la fiscalité sur les carburants notre gouvernement se retrouve dans la position, peu avantageuse, de la mouche qui rencontre une vitre. Du moindre ministre au Président en passant par le Premier ministre, tout le monde s’agite, dis tout et surtout son contraire. C’est à celui qui posera le mieux ses gonades sur la table à qui veut bien les admirer. Dans le même temps, nos dirigeants se vautrent dans la culpabilisation à dominante écologique, pour mieux vanter leur sens des responsabilités. C’est vrai, ça merde ! Ils œuvrent pour l’avenir de la planète et le bonheur des générations futures (comme le disait Cousteau quand il croisait un Mérou). Le CO2, voilà l’ennemi. La voiture c’est mal, elle en émet plein ! L’utiliser c’est donc polluer sciemment, nous n’avons qu’une planète et pas de plan B donc : il faut vous taxer ! Et vous, pauvres nains de contribuables qui ne comprenez rien aux desseins des Grands de ce monde, vous rechignez, vous pestez, vous osez contester et vous vous apprêtez à bloquer le pays… Bande d’ingrats rétrogrades, vous n’êtes pas dans le sens de l’histoire, vous êtes du côté des populistes !

Enfumage en règle

En vérité, en matière de climat, s’il est un gaz nocif c’est bien celui qui sort des bureaux feutrés de l’Inspection des finances où la technostructure déploie l’essentiel de son énergie à trouver les moyens de nous presser davantage le citron. Le CO2que tout le monde assimile maintenant à un polluant, alors qu’il est essentiel au cycle de la photosynthèse (sans laquelle il n’y a pas toutes ces jolies plantes qui sont à la base de notre alimentation) est devenu en une décennie folle, un instrument particulièrement efficace pour accroitre les recettes de l’État glouton. Pourquoi ?

IMG_1690Répétons-le, le gaz carbonique n’est pas un polluant contrairement aux monoxydes d’azote et de carbone, aux métaux lourds ou aux particules fines. Son rôle dans ce que les climatocrédules continuent, envers les évidences, de qualifier de « réchauffement climatique » est du reste largement remis en question. Nous avons enregistré ces dernières décennies une période d’accroissement des températures, c’est incontestable, comme il est tout aussi évident que ce mouvement s’est arrêté depuis une dizaine d’années. Une chose est certaine, le climat de notre planète est tout sauf stable et l’histoire que l’on enseigne hélas plus qu’épisodiquement est là pour nous le démontrer. Qu’il s’agisse des petites ères glacières qui provoquèrent famines et révolutions en cascades au 18émesiècle, en passant par un Moyen âge au temps, par période, si clément que les Danois baptisèrent la plus grande ile de l’Atlantique du joli nom de « terre verte » (Groenland), les exemples foisonnent comme les taxes à Bercy.

IMG_1713L’homme avait certes, à ces différentes époques, des activités variées, mais elles n’étaient ni industrielles et surtout très faiblement carbonées. Si le climat n’a pas attendu l’explosion des besoins en énergie fossile pour varier, c’est donc que le CO2ne doit pas être pour grand-chose dans toute cette affaire. Et puis, il faut bien admettre qu’il y a un peu de grandiloquence à croire que l’homme à lui seul peut dérégler une chose aussi grosse qu’une planète, non ? Quelques scientifiques agacés par le déferlement de conneries à consonance fortement millénariste que nous déversent quotidiennement nos médias sur le thème de la FIN DU MONDE se sont penchés sur la question. Il ressort de leurs travaux que – oh surprise ! – ce qui modifie le climat c’est essentiellement l’activité solaire. Plus précisément les taches qui apparaissent régulièrement à la surface de l’astre diurne et que les érudits européens observent depuis, au moins le 17émesiècle. En corrélant, à cette activité, les températures relevées depuis lors, sur cette même aire géographique, ils ont brillamment démontré que l’évolution du climat dépendait… du soleil. Quand il y a des tâches, il fait plus chaud et quand il n’y en a pas : il fait plus froid.

Caramba, encore raté !

IMG_1712Si cette nouvelle rassurante n’a pas eu beaucoup d’écho (c’est un euphémisme), c’est principalement en raison du fait qu’on ne peut pas taxer le soleil. Entendons-nous, en France nous pouvons tout taxer. Nous taxons bien l’air que nous expirons (vilain CO2) et certains esprits féconds s’échinent à tenter d’en faire de même avec celui qui sort des vaches. Les solutions malthusiennes sont là : arrêtez de manger de la viande et ne faites plus d’enfants (ou alors, bouffez-les !). Pour le soleil, point de culpabilisation qui vaille. Si vous arrêtez de prendre le soleil, lui continuera à briller. C’est donc un instrument de taxation particulièrement rétif. Et ça, nos génies de Bercy, ils détestent.

 

Alors, on en rajoute dans le pathos culpabilisateur sur le méchant CO2, mais comme ce dernier résiste mal au poids très relatif de notre beau pays surtaxé, dans un monde « voué à sa perte par la recherche du profit capitaliste »  et bien la ruse du guépard est éventée. Rappelez vous, le projet des marcheurs c’était de tout changer… pour que rien ne change. On nous avait promis des réformes audacieuses, la Start Up nation et nous avons eu Benalla… Au rayon des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent, les marcheurs allaient réformer l’État et ne pas augmenter les impôts. L’un n’allant pas sans l’autre, cette noble intention avait de quoi séduire, particulièrement à droite. Ce qui explique l’écrasante majorité parlementaire d’un parti sorti des limbes 6 mois avant les législatives.

 

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À gauche c’est une autre affaire. On est viscéralement attaché à la dépense publique, car les forces de progrès sont intimement persuadées que c’est dans l’assistanat que se trouve la solution au bonheur humain, le travail étant, comme chacun le sait depuis Marx : une aliénation. Seulement la gauche ne veut pas voir que toute la gabegie administrative générée par cette version moderne des Leges frumentariae profite à la nouvelle aristocratie technocratique. Elle s’arcboute sur « le service public à la française » et s’appuie sur une presse subventionnée pour terroriser une droite qui ne demande qu’à l’être, pour ne rien faire. Nous avons ainsi vu le monstre administratif grossir sans fin, au fil des alternances et ses besoins de financement avec.

« Le carburant c’est pas bibi »

IMG_1706Nous en revenons donc au nœud du problème. Comme Emmanuel Macron a promis de ne pas augmenter les impôts et qu’il ne dégraisse pas le mammouth, les déficits se creusent et nous convergeons plus avec l’Italie qu’avec l’Allemagne. Il reste donc une solution : augmenter les taxes et/ou en créer de nouvelles. Sémantiquement, les taxes ne sont pas des impôts, mais pratiquement, c’est une tout autre histoire. Comme les magiciens qui sont au pouvoir se croient habiles, ils enveloppent leurs tours de passe-passe de quelques gratifications catégorielles tandis qu’ils assomment les retraités avec la CSG et les automobilistes avec la TIPP et la taxe carbone.

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Simplement là où le bât blesse, c’est que la ficelle tient plus de l’amarre que du fil de pêche. Si le but de la manœuvre était vraiment d’engager la transition énergétique, compte tenu des sommes nécessaires, en particulier dans l’habitat, c’est l’intégralité des taxes sur les carburants qu’il fallait y consacrer et non passer de 21 % en 2018 à 19 % en 2019 comme le prévoit le budget en cours de discussion. En admettant qu’il faille dissuader les automobilistes de rouler au diesel parce qu’il est plus polluant (c’est à voir) ou que sa consommation excède nos capacités de raffinage et donc creuse nos déficits commerciaux (là ce serait plus honnête et tout aussi recevable), pourquoi aligner le diesel sur l’essence et non l’inverse ? Si l’on veut inciter les consommateurs à revoir leurs habitudes, il est contreproductif d’augmenter les prix. Sauf si la dépense est contrainte et qu’elle l’est dans la partie du pays qui ne vous est pas favorable politiquement. Les villes de la mondialisation heureuse sont pourvues de transport en commun, de pistes cyclables et de jolis trottoirs et d’une multitude de marcheurs bien pensants. Dans la France périphérique, on ne peut vivre et travailler qu’en voiture. Rien pourtant ne retient les partisans du Président dans leurs diatribes contre ce qui prend de plus en plus l’apparence d’une révolte fiscale comme notre pays en a le secret. Comme Marie Antoinette suggérait (peut être apocryphement) que l’on remplace le pain dont manquait les Parisiens par de la brioche, les marcheurs suggèrent au français… de marcher. Si ce n’est pas bon pour la planète, c’est au moins bon pour la santé ! Et c’est ainsi qu’en pleine tournée mémorielle dans l’est de la France pour clore les « célébrations » du centenaire du suicide européen, le premier d’entre eux déclare à une brave dame que « le carburant c’est pas bibi ».

 

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Si le prix du pétrole augmente incontestablement pour retrouver les niveaux qui étaient le sien avant la crise de 2008, les taxes sur sa transformation se sont envolées et plus particulièrement sous la responsabilité de Bibi. Que Bibi fût à Bercy ou maintenant à l’Élysée, comme il est loin d’être idiot, il a senti le filon. Il s’en est même vanté en déclarant la veille, dans les quotidiens régionaux qu’il « assumait » ce choix en disant préférer « taxer l’essence que le travail » comme si pour une part considérable de nos compatriotes on pouvait se passer de l’un pour avoir l’autre (qui se trouve, il est vrai, de l’autre côté de la rue). Seulement on ne pose pas ses attributs sur la table en se donnant des airs de matamore, pour les remballer aussi sec quand un pigeon vous demande des comptes. On l’a bien compris, but de cette folie taxatoire est de nourrir le Moloch administratif français. Sans une profonde réforme de celui-ci, il n’est pas d’espoir d’amélioration possible. Si le 17 novembre la jacquerie prend de l’ampleur, nos gouvernants seront peut-être obligés de s’y mettre. À défaut, nous continuerons d’être essorés, car toutes nos élites appartiennent à ce cercle très fermé des bénéficiaires des « pertes en ligne » dues à la mise en œuvre « services publics à la française ». Quel que soit le lieu ou l’époque : les moutons ne se tondent pas tout seuls, il faut les y contraindre !

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LA GRANDE ILLUSION

mai 24, 2017

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Les urnes ont parlé et, même si l’issue de la grande quinzaine antifasciste ne faisait guère de doute, il est difficile de retenir son admiration devant la performance d’Emmanuel Macron. Qu’un banquier d’affaires, porté sur les fonts baptismaux par un Président dont l’ennemi déclaré était la finance parvienne, en l’espace de 12 mois, au sommet du pouvoir en faisant oublier qu’il est comptable des désastres qui se sont abattus sur notre pauvre pays depuis 5 ans, relève du miracle le plus absolu. C’est précisément la raison pour laquelle, une fois salué l’artiste, il convient de se poser les bonnes questions, plutôt que de se livrer à la flagornerie aussi vile que grotesque dans laquelle plonge, avec délice, la classe parlante depuis le 7 mai au soir. Enfin que dire du gouvernement le plus technocratique qui nous ait été donné depuis les années Giscard ?

La revanche des zélites

FacheO_dessin_finance_mondialisme_oligrachie_systeme_Macron_Attali-8fd81-b23dbPour ceux qui en doutaient encore, avec Emmanuel Macron, c’est toute cette merveilleuse technocratie que le monde entier nous envie qui est portée aux affaires. À une ou deux exceptions près, les ministres sont autant issus de la « société civile » que Ray Charles de l’École Nationale de l’Aviation Civile. Certes, nombre de ministres viennent bien du « monde de l’entreprise »… mais publique. Prendre des énarques et autres polytechniciens blanchis sous les harnais des cabinets ministériels… de gauche et du capitalisme de connivence, ne constitue ni une prouesse, ni une nouveauté. Depuis la fin du gaullisme, les élus ont lentement mais surement fui leurs responsabilités, en s’abritant derrière les « techniciens » et autres « sachant ». Aujourd’hui, nous sommes au bout de ce processus de délitement et les « experts » sont au pouvoir. Devons-nous, à l’unisson de la presse servile, nous en réjouir et nous gargariser des « bénéfices » que nous allons tirer de cette situation pathétique ? Après quatre décennies de démission du politique au profit des « technos », la situation de la France s’est-elle améliorée en quoi que ce soit ? Une chose est certaine, ces « experts » sont les enfants chéris des Attali et autres Minc qui ont, avec une constance peu commune, conduit le pays dans le mur que nous ne connaissons que trop bien. Il y a donc fort peu de chance que leurs héritiers nous surprennent par leur audace.

macron-jeune001Comme l’insuccès de ces dernières années de mondialisation acharnée commençait sérieusement à se voir, le système a turbulé d’un joli ripolinage, sacrifiant ses anciennes idoles pour en promouvoir de nouvelles, toutes aussi formatées que les précédentes. Il fallait, selon l’adage bien connu, que « tout change, pour que rien ne change ». Le Peuple grondait et menaçait, comme au temps de la République romaine finissante, de s’en remettre à ses tribuns pour régler les questions que ses patriciens refusaient obstinément de considérer. Une fois encore Marius a été défait au profit de Sulla. La manipulation a bien fonctionné et nous avons un moralisateur 2.0 à l’Elysée. Le rassemblement « des hommes de bonne volonté » que l’on nous survend est factice. Ses trois prises de guerre ne changent rien à l’affaire. Deux énarques et un aventurier, le tableau est bien mince. La difficulté vient plus du nombre encore trop élevé de leurs semblables qui continuent à hanter les couloirs des LR. La droite n’est plus la droite depuis 1987, l’interchangeabilité des zélites est, hélas, une dure et cruelle réalité.

Le centre véritable trou noir de la politique française

ob_4ec13d_elus-konkEn vérité, depuis l’élection de Giscard et la fin du gaullisme, nous vivons sur un grand mensonge politique. Le centre représente de 15 à 20 % du corps électoral (dans les bonnes années). Il attire pourtant 80 % du personnel politique, d’où l’interchangeabilité susmentionnée. Les élus de gauche s’empressent de ne plus l’être, une fois au pouvoir, tandis que leurs homologues de « l’autre rive » se hâtent de les y rejoindre pour se faire pardonner d’avoir été désigné par des ploucs de droite. Les électeurs sont toujours les dindons de la farce. Ce coup-ci c’est plus clair : comme avec Giscard, ils ont hissé la nouvelle autocratie aux affaires. Et voilà comment un banquier énarque, porté au pouvoir par la presse, peut rassembler autour de lui, tous les « talents » qui ne demandent qu’à s’exprimer (et accessoirement à se goberger).

umps001Les quatre cinquièmes des élus se reconnaissent dans la politique mondialiste, immigrationniste et fort peu démocratique, pensée par les technocrates de Bruxelles et mise en œuvre en France par leurs homologues hexagonaux. Malgré tout le flou qui entourait sa campagne, Emmanuel Macron a toujours été cohérent sur un point. La France est un pays fini qui n’a plus qu’un avenir : celui de se dissoudre dans un grand bain fédéral européen. C’est le sens de l’Histoire, fin du débat ! Et si les contorsions des Républicains en « campagne », infoutus de critiquer clairement des choix qu’ils partagent, pour la plupart, sans réserve ne suffisent pas à vous convaincre que nous sommes foutus, regardez où en sont les idiots utiles du Front National et vous comprendrez. Ils avaient un boulevard devant eux, ils n’ont plus que des ruines. L’UMPS qu’ils ne cessaient de dénoncer se met en place et ils sont incapables d’en tirer le moindre bénéfice. Il faut dire que les « fachos de service » ont rendu un fier service aux Résistants en peau de lapin et autres eurocrates débridés. Ils ont fait étalage de leurs incohérences et de leurs incompétences. Ils ont louvoyé tant et si bien pendant toute la campagne et singulièrement entre les deux tours, que plus personne n’y retrouve ses petits. Ils ont fini par croire que leur « dédiabolisation » leur ouvrait les portes du pouvoir. Ils sont devenus inconsistants, à force de vouloir « paraitre crédibles » aux yeux d’un système dont ils n’avaient rien à espérer, il se sont perdus auprès de leurs électeurs et ont permis la prise de pouvoir des technos. Ils ont fait avec l’Euro ce que Mélenchon a fait avec l’immigration : ils se sont tiré une balle dans les deux pieds (ce qui n’est pas donné à tout le monde)

Une presse aux ordres

france-intox001Bien sûr la presse a joué un rôle partisan. Ce truisme n’a rien de nouveau. Lorsque « l’essentiel est en jeu » les journalistes se comportent toujours en militants de gauche zélés. Souvenez-vous de la première cohabitation ou bien encore de Maastricht et bien sûr du 21 avril 2002. Rien de nouveau sous le soleil ! Seulement la presse ne peut pas tout. Le Peuple a bien refusé d’avaler la bouillie européiste que l’on souhaitait lui infliger en 2005, malgré les injonctions des médias. Depuis, le système fourbissait sa revanche, c’est désormais chose faite. La Presse est la meilleure alliée du système, c’est une évidence. Il faut dire qu’elle en dépend tellement que le contraire serait étonnant. À ce que l’on sache, les moutons ne se tondent pas tout seuls !

45Dans notre beau pays, de grandes consciences veillent à préserver la « pluralité » de la presse. Entendez par là : s’assurer qu’elle reste de gauche. Car en matière de « pluralisme » on peine à distinguer les contours d’un début de différence entre les uns et les autres. Certes, quand la gauche est au pouvoir, il est possible de voir certaines nuances, certains courants apparaitre, mais tout cela reste très… de gauche. Si vous croyez que le Figaro est un journal de droite, c’est qu’il n’y a plus rien à faire pour vous. La Grande-Bretagne et les États unis ont une presse pluraliste. La France, elle, a une presse monolitiquement et désespérément soviétique. Quand on voit le traitement de l’information dans notre beau pays, on se dit que l’on pourrait s’épargner le ridicule de traiter Vladimir Poutine de dictateur.

macron-pr-sident-une-marche-mLes monopoles sont néfastes, qu’ils soient publics ou privés et la médiocrité de la presse française vient de son hyper concentration en un très petit nombre de mains. Seule une poignée de capitaines d’industrie règnent sur l’univers merveilleux des médias : audiovisuel et presse écrite confondue. Ce sont, tous, des progressistes forcenés, des européistes convaincus et des mondialistes enragés. Ils n’ont pas besoin de faire régner la terreur dans les rédactions pour imposer leurs vues, cela fait — comme par hasard — 30 ans que tous les journalistes qui ne sont pas dans cette mouvance ne trouvent plus d’emploi. En plus, nous vivons dans un pays de cocagne. Nos « investisseurs » ne prennent aucun risque avec leur argent. Quand un organe de presse est déficitaire : l’État le subventionne. Plus besoin de se mettre en adéquation avec ce que le public réclame. Un journal sans lecteur, c’est le Graal des journalistes, un peu comme une école sans élèves pour les profs ou un parlement sans élus pour les énarques.

Un parlement de godillots

cpfjptfwyaaxtnfUne assemblée croupion, c’est précisément ce qui nous pend au nez. Comme le flou qui a caractérisé la campagne du Kennedy de Picardie risque, lorsqu’il sortira de son ambiguïté, de se traduire par quelques mouvements sociaux, notre Président tout neuf ne veut pas risquer de s’enliser dans les méandres de « l’action » parlementaire. Le PS s’étant liquidé tout seul, grâce à son mentor à teinture, il lui reste à fusiller la droite. Cela tombe bien, « la droite la plus bête du monde » va l’y aider puissamment. Comme ils sont, dans leur grande majorité, d’accord avec lui, ils sont incapables de lui résister. Comme en plus, ce sont, dans leur grande majorité, là aussi, des hommes, blancs, vieux et souvent là depuis longtemps, ils sont aisément « stigmatisables ». Face à eux, il est donc facile de jouer la carte du « renouveau » (même quand ce n’est pas Bruno). Les marcheurs sont inarrêtables et tant pis si, dans le lot, tous ne sont pas, non plus, de la première fraicheur ou aussi propres que l’on se plait à nous le vendre, l’important c’est l’image générale.

ob_d850be_ob-283aef-imp-c3-b4ts-01Résultat, le 18 juin, nous risquons fort d’avoir une assemblée très renouvelée, par l’effet cumulé du jeunisme macronien et de la loi sur le non-cumul. Des centaines de parlementaires inexpérimentés sont supposés contrôler, pour nous, une administration qui n’a plus de limite, maintenant que les siens sont aux commandes… voilà qui nous promet des lendemains qui chantent. Sans tomber dans le complotisme de bas étage, le retournement de situation est des plus cocasses. En décembre un Républicain austère à gros sourcils promettait du sang et des larmes, mais aussi 500 000 fonctionnaires de moins. Six mois et quelques Pénéloperies plus tard, nous héritons d’une bande d’énarques déchainés qui s’apprêtent à mettre en œuvre ce que leur école leur a appris : faire suer sang et eau au contribuable, au nom d’une égalité qu’ils ne s’appliquent jamais à eux. Tout cela s’effectue bien entendu au nom du « modernisme » et on ne parle pratiquement plus de diminution du nombre des fonctionnaires. Magique !

 

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Le piège de la modernité est un piège grossier que les Républicains devraient aisément pouvoir éviter, s’ils étaient sûrs de leurs valeurs et droits dans leurs bottes (pour ne rien dire de leur virilité). Faire campagne pour obtenir une majorité absolue n’est pas honteux, surtout quand les Présidentielles n’ont tranché aucun débat, tant on a pris soin de n’y parler de rien. Personne ne sait ce que veut Macron, car il s’est bien gardé de nous le dire. Dans ces conditions, il ne devrait pas être compliqué de se présenter devant les électeurs, en expliquant que notre programme consiste à relancer le pays en diminuant les impôts, les déficits et les fonctionnaires. Que notre ambition est de libérer la France de ses lourdeurs administratives et que notre souhait est de redonner à l’Europe, un élan national, comme le concevait le général de Gaulle. Le Président a beau donner certains signes positifs, bien fol cependant qui s’y fie. Pour être sûr de ne pas se faire berner, mieux vaut le forcer à gouverner avec une majorité de droite à l’Assemblée. Seulement, pour tenir ce discours de bon sens de manière crédible, Il faudrait d’abord être de droite, véritablement et authentiquement de droite et ça, ce n’est pas encore gagné. En Marche recycle la gauche en entrainant à lui les gauchistes qui peuplaient les partis de droite. Prenons-en acte et organisons-nous pour faire vivre une droite libre, enfin débarrassée de tout son « surmoi » de gauche. C’est la tâche qui nous incombe, une fois que se sera dissipée la « poudre de perlimpinpin » présidentielle.

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JUSTICE SAUVAGE

décembre 30, 2016

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Dans le règne sans fin de Pépère premier, nous sommes tombés de Charybde en Scylla. Avec application, François Hollande aura mis un point d’honneur à passer, en toute circonstance pour le plus parfait des abrutis. La décision qu’il vient de rendre dans l’affaire Jacqueline Sauvage, alors que le monde se remettait à peine de la mort de Georges Michael, en est la plus parfaite démonstration. Pour comprendre la portée de cette « grâce totale » présidentielle, il convient de s’arrêter sur quelques principes qui sont, hélas, absents des séances de propagandes dispensées par l’Éducation nationale sous le terme galvaudé « d’éducation civique ». Dans un État de droit, le monopole de la violence légitime appartient précisément à l’État, à lui, et à personne d’autre. Toutes les questions soulevées par la classe bêlante, à l’occasion des procès de Madame Sauvage tournent autour de cette notion fondamentale. Sous prétexte qu’elle subissait depuis des dizaines d’années, la violence de son mari, Jacqueline Sauvage avait elle le droit de le tuer ? François Hollande vient de répondre oui et cette réponse soulève bien des questions.

Un meurtre reste un meurtre

2048x1536-fit_grace-partielle-accordee-dimanche-francois-hollande-jacqueline-sauvage-condamnee-dix-ans-prison-meurtre-mari-violent-suscite-nombreuses-reactions-poliRésumons les faits. Lassée de subir les violences de son époux, un beau jour Jacqueline Sauvage se saisit de l’arme de chasse de ce dernier et lui tire trois balles dans le dos. Ce faisant, la « brave dame » se rend coupable de meurtre avec préméditation. En d’autres termes, plutôt que de saisir les autorités, elle a préféré se saisir d’une arme pour se faire justice elle-même et c’est LA raison pour laquelle la Justice l’a condamnée et maintenue en détention, en dépit des cris d’orfraie de tout ce que le monde politico-médiatique compte de consciences galactiques. En l’absolvant, François Hollande vient de mettre à bas le monopole d’État de la violence légitime, rien de moins.

Des Femen réclament la libération de Jacqueline Sauvage devant la prison de SaranÉvacuons tout de suite, la requalification des faits à laquelle se livre nos grandes âmes. Non, Jacqueline Sauvage n’était pas en état de légitime défense. Pour invoquer cette circonstance atténuante, il n’aurait pas fallu monter une arme de chasse pour tirer ensuite, à trois reprises, dans le dos d’un individu fût-il abject. Notons au passage qu’une telle arme ne comportant que deux coups, il faut vider les cartouches et recharger pour en tirer un troisième. Nous sommes donc plus près de l’acharnement prémédité que de la légitime défense. On nous explique ensuite que, victime de violences conjugales répétées, elle n’avait pas la force de demander l’aide de la Justice. Elle a tout de même trouvé celle de prendre une arme à feu, elle avait donc un peu de caractère… Compte tenu de ces circonstances, la peine qui lui a été infligée n’était ni disproportionnée ni injuste, cette dernière notion ne figurant du reste pas dans le code pénal. Comme dans le jeu bien connu des dominos, gracier la condamnée entraine tout un tas de réactions en chaine que le pouvoir socialiste agonisant et les idiots utiles qui ont appelé à cette décision sont bien loin de mesurer.

La jurisprudence Sauvage

presse_ne_pas_avaler_press_don_t_swallow-800pxEn vérité, les « avocats » de Jacqueline Sauvage (je parle des professionnels de l’indignation, pas des professionnels du droit, eux n’ont fait que leur métier) ont obtenu ce qu’ils voulaient : faire de ce meurtre ordinaire, le symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes. Si le combat est légitime, l’icône est catastrophique et se retournera tôt ou tard contre la cause. Pour que ce cas ait servi à quelque chose, il aurait fallu plusieurs facteurs cumulatifs :

  • Que Mme Sauvage ait, en vain, tenté d’alerter la justice sur sa condition de femme battue,
  • Que son mari ait, une nouvelle fois, levé la main sur elle, en mettant sa vie en danger,
  • Qu’elle lui ait, de ce fait, ôté la vie en défendant la sienne.

Un meurtre avec prémédication, érigé au rang de symbole, ne sert qu’à justifier la violence privée, ce qui peut très bien se plaider, mais pas sous les oripeaux de l’État de droit.

hollande_cheveux_coiffeur_salaireIl va maintenant être bien compliqué d’expliquer au père d’une fille violée et assassinée (épinglé au « mur des cons » d’un syndicat de « magistrats ») qu’il n’a pas le droit d’émasculer le tortionnaire de son enfant, lorsque celui-ci aura « purgé sa peine ». Il ne va pas être plus simple de faire un meurtrier, d’un bijoutier ayant abattu un de ses braqueurs. Dans la même veine, il va être intéressant de voir les contorsions des ministres de l’Intérieur successifs, pour justifier le fait que la légitime défense n’est jamais un a priori, lors de l’utilisation de l’arme de service d’un policier, même lorsque « des sauvageons » tentent de l’immoler. Enfin, par pure charité chrétienne, je ne m’appesantirai pas trop sur le fait que les contempteurs du droit à se débarrasser par balle d’un mari violent soient les mêmes qui nous abrutissent depuis des années sur le scandale que constitue la peine de mort …

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De la politique de caniveau

3685430Sachant tout cela, pourquoi François Hollande — qui est idiot, mais pas ignorant — a-t-il pris le risque d’ouvrir, à ce point, la boite de pandore ? Au vue de ses multiples hésitations sur le même sujet, le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas une décision impulsive. Un coup je rejette la grâce, un autre je l’accorde partiellement et à la fin : je gracie totalement. Le Roi dit nous voulons ! Une analyse rapide tendrait à conclure que, ne se représentant pas et n’ayant donc que faire des institutions qu’il avait pourtant juré de servir, pépère s’assoit dessus pour se faire de la popularité à bon compte. Mais à quoi cette popularité pourrait-elle bien lui servir, puisqu’il n’y retourne pas ?

francois_hollande_sipa9_0En vérité, depuis qu’il a renoncé à prendre une branlée aux primaires – qu’il n’a pas su éviter – le Hill Billie du Faubourg Saint-Honoré organise en sous-main un intéressant bruit de fond qui consiste à instiller le doute sur le caractère irréversible de ce choix. Venant d’un homme qui n’a jamais été fichu de prendre une décision et de s’y tenir, cela n’a rien de très surprenant. Depuis la publication des chiffres du chômage qui — sans baisser — se contentent de ne plus monter, les quelques rares soutiens du polygame « n’excluent rien » et surtout ne soutiennent personne dans la pantalonnade destinée à désigner le candidat socialiste.

ob_001768_commandementsLa stratégie est limpide. Si, ce qui est probable, personne (ou presque) ne vote et qu’aucun impétrant ne sort nettement du chapeau fin janvier, le Président périmé se sentira légitime pour « céder à l’amicale pression de ses amis » et faire don de son corps d’albâtre, à la France pour un nouveau mandat de 5 longues années. C’est dans cet objectif qu’il faut analyser cette grâce ahurissante. Le plus fascinant là dedans, c’est qu’il a raison. Il n’est qu’à lire le flot de conneries qui se déverse depuis sa décision de majesté, pour s’apercevoir que plus personne ne s’en remet à la raison. De droite comme de gauche, celles et ceux qui ont à cœur la défense des femmes (ou dont le silence pourrait laisser à croire que cette cause leur importe peu) bêlent à l’unisson, pour louer la clairvoyance du calculateur.

 

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Mettre à bas des siècles de construction du droit, pour pouvoir se présenter à une élection en dit très long sur les motivations du personnage. Car, soyons réalistes, même s’il est candidat, Hollande a de fortes chances de perdre. Ceci étant, s’il ne l’est pas, il a toutes les chances de ne pas gagner. Qui ne tente rien n’a rien  et la place est bonne ! Après nous avoir inondé de moraline et seriné ses « moi Président » le génie de Tulle se livre à une manœuvre — très mitterrandienne au demeurant — pour tenter sa chance, envers et contre tout et tous. Peu importe les dégâts collatéraux, seul le résultat compte. Les intérêts à l’œuvre doivent être très puissants, pour s’en remettre à pareil gambit. Faut-il qu’il n’ait pas envie que l’on découvre la réalité de son règne, pour tenter de se maintenir sur son trône à pareil prix. Nous sommes au moins sûrs d’une chose, c’est que Pépère est en bonne santé. Il sait qu’il ne pourra pas attendrir son successeur, comme Mitterrand a su si bien le faire avec Chirac, pour éviter d’avoir à rendre des comptes. Il faut donc qu’il tente sa chance… ne soyons pas dupes !

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LE PREMIER DES NOUVEAUX GRACQUES ?

novembre 14, 2016

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Depuis le 9 novembre, au matin en Europe et le 8 au soir chez l’Oncle Sam, le petit monde des puissants et des bien pensants est à l’agonie. En dépit de leurs efforts conjugués, de leurs objurgations et de leurs prédications apocalyptiques, leur pire cauchemar s’est réalisé : Donald J Trump sera, dans quelques semaines, le 45e Président des États-Unis d’Amérique. Les commentateurs autorisés qui, jusque là, embouchaient allégrement les oliphants de leurs renomée autoproclamés pour nous convaincre que l’impossible ne pouvait arriver, rivalisent maintenant d’explications foireuses, pour nous expliquer pourquoi leurs oracles ont été pris en défaut. Tout y passe, du vote de ces bouseux de blancs, en allant vers le machisme des 30 % de latinos qui n’ont pas voulu d’une femme à la Maison-Blanche. Seuls les 13 % de noirs qui ont voté Donald n’ont pas encore eu droit à leur anathème. Cependant, à bien y regarder, il est difficile de masquer le fait que si Donald Trump est aujourd’hui le « President elect », c’est d’abord et avant tout parce que dans une démocratie, c’est le Peuple qui décide.

Tout et surtout, de préférence, n’importe quoi

image027-copyLes puits de science qui se relayent pour nous décrypter « l’invraisemblable » ont trouvé une consolation dans ce résultat calamiteux. Hilary, la plus mauvaise candidate possible, n’a perdu qu’en raison d’un système de vote obsolète et non en raison de son niveau de popularité incroyablement bas. Au niveau national, elle devance Donald d’un million de voix, c’est dire ! Intéressante explication qui vient contester une règle du jeu séculaire que tous connaissait, avant le résultat. Je n’ai pas entendu ces bonnes âmes protester quand Delanoë, bien que minoritaire en voix, s’est installé dans le fauteuil de Maire de Paris en 2001.

image004-copy-4L’autre tentative de consolation pathétique consiste à dire que la « serial looseuse » démocrate est en fait ultra majoritaire chez les jeunes et qu’à ce titre, Donald vole l’avenir du pays. Cet argument n’a absolument aucun sens. En premier lieu parce que  comme la jeunesse a très peu voté, cela tendrait plutôt à démontrer que mémère ne l’a pas enthousiasmé le moins du monde. Deuxièmement cette façon de penser revient à hiérarchiser les électeurs. Certains seraient plus légitimes que d’autre pour donner leur opinion au prétexte qu’ils auraient plus de temps à passer sur terre (fascinant point de vue). Dans cette même veine il nous faut d’urgence : instaurer le suffrage censitaire, interdire aux non instruits de s’exprimer et, à tout prendre, établir un permis de voter.

L’Histoire à la rescousse

689cc385d0a3ca943c46cc9da7d2ebbcEt les mêmes shamans de convoquer les grands esprits de l’histoire universelle, pour nous expliquer face à quel péril nous nous trouvons. Si l’élection (surprise pour la classe parlante) de Ronald Reagan vient tout de suite à l’esprit, le résultat — plutôt très positif — de cette présidence pour l’hégémonie américaine rend le parallèle peu effrayant. Alors les zheureslesplusombres sont vite convoquées à la rescousse. Foreign Affairs oublie toute retenue et fait de Trump un « Caudillo » du 21e siècle. Les médias « mainstream » emboitent le pas et nous voyons fleurir la mythologie des années 30. Dans notre vieille Europe où la modération a toujours été la règle d’or de la pensée autorisée, on nous refourgue, ad nauseam, l’arrivée d’Hitler au pouvoir et l’on se prend à attendre, avec une gourmandise un peu malsaine, l’incendie du Capitole. Bref, nos intelligences — qui n’ont rien vu venir de la colère du Peuple — continuent à répandre leur morale à longueur d’ondes et de colonnes, en ignorant superbement que c’est, précisément, parce qu’ils ont condamné Trump, au nom de cette morale de caste, qu’il a été élu.

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Pourtant, il est un parallèle que personne ne fait et qui semble tout aussi pertinent que les belles figures convenues de rhétorique de la pensée unique : un parallèle avec Rome.

Rome ou la première mondialisation

À l’issue des guerres puniques, Rome se trouve en position hégémonique. Ces conflits ont coûté cher et leur issue a profondément bouleversé le monde romain. D’un peuple de paysans en armes regroupé sur un territoire limité, l’Urbs est devenue une cité monde, dominant ce qui n’est pas encore un empire.

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Un peu comme l’Amérique d’aujourd’hui, son nouveau statut d’hyperpuissance, lui procure un grand pouvoir et une immense richesse. Acquise grâce au sacrifice du Peuple soldat, cette position dominante concentre, comme aujourd’hui, des sommes colossales dans un très petit nombre de mains. Par un mécanisme trop long à décrire en quelques lignes, mais parfaitement bien décrypté dans le remarquable ouvrage collectif dirigé par François Hinard et intitulé Histoire Romaine (ed Fayard), la protomondialisation de l’époque a enrichi la nobilitas et appauvrit la paysannerie. Dès lors, la question de la redistribution des richesses, acquises au prix du sang, est devenue prégnante… un peu comme aujourd’hui, même si la guerre fut, à notre époque, plus … froide et essentiellement livrée au prix d’impôts.

La démocratie « Gross malheur »

Contrairement à une idée reçue : Rome n’était pas une dictature militaire sud américaine, pas plus à l’époque de la République finissante qu’après. Si l’armée y a tenu un rôle politique central, c’est surtout parce qu’elle était l’institution de base de l’expression démocratique. C’est parce que l’on était un soldat que l’on pouvait voter et c’est en fonction de son apport à l’effort de guerre que l’on exprimait son vote. De ce fait, la question de l’appauvrissement des masses, au bénéfice de la classe dominante a très vite été centrale et le débat de se focaliser sur les conditions d’acquisition des iPhone de l’époque : la terre.

tiberius-et-caius-gracchus-b86ceDans la seconde moitié du deuxième siècle avant notre ère, deux frères tentèrent à dix ans d’intervalle – et avec le même insuccès – de régler la question. Tibérius Sempronius Gracchus, en -133, et Caius Sempronius Gracchus, en -123, tous deux Tribuns de la Plèbe, passèrent une loi agraire prévoyant une limitation des propriétés latifundiaires et une répartition des parcelles récupérées entre les plus pauvres (je sais, c’est un brin plus compliqué, mais je manque de place pour développer). La Rogatio Sempronia (c’est le nom de cette loi) eut de très profondes et durables répercussions tant sur le monde romain que sur l’Histoire.

Le populisme ne date pas d’hier

auguste-imperator-paris-expo-grand-palaisL’initiative des deux Tribuns de la Plèbe ne rencontra pas l’adhésion immédiate des possédants, c’est le moins que l’on puisse dire. La nobilitas ne leur pardonna jamais leur « trahison » (ils venaient de ses rangs). Les patriciens de l’époque – que tout concourt à comparer à notre classe dominante mondialisante et moralisatrice – crurent intelligent de régler ce différend idéologique, en envoyant les deux Gracques ad patres. Ce faisant, ils inaugurèrent un cycle de violence politique qui s’acheva, à leurs dépens, par l’instauration du Principat avec Octave qui en devint Auguste.

En effet, le prestige des Gracques auprès du Peuple fut tel, qu’après leur mort, de nombreux aventuriers ou politiciens sincères reprirent vite le flambeau, dans l’optique de prendre le pouvoir (what else ?). La guerre de Cent Ans entre les possédants qui se proclamèrent à cette occasion Optimates (les meilleurs) et les partisans des réformes agraires qui se dénommèrent Populares (traduction indispensable ?) devrait éveiller quelques échos chez nos contemporains.

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Que nous réserve l’avenir  et de quoi Trump est-il les prémices ?

 

image013-copy-3Le 8 novembre 2016 marque-t-il, pour notre temps, un bouleversement aussi grand que le fût la Rogatio Sempronia pour le monde antique ? Beaucoup dépendra de Donald Trump lui-même. Il ne doit rien aux groupes de pression habituels. Il n’est l’obligé d’aucun grand donateur, ni d’aucun patron de presse. Il est parvenu à ses fins en dépensant moitié moins d’argent que son adversaire démocrate et il a été assez significativement lâché par une part importante de son propre parti durant la campagne. Il a, de ce fait, les mains plus libres qu’aucun de ses prédécesseurs. De ce point de vue, il peut, dans la mesure des moyens d’un Président américain, mettre en œuvre le programme « révolutionnaire » qui a tant séduit l’Amérique oubliée.

repub-16D’un autre côté il peut tout aussi bien être rattrapé par le système. Il ne serait pas le premier fort en gueule qui, une fois élu, oublie les engagements qu’il a pris devant ses électeurs. La nomenklatura de la mondialisation veut voir dans ses premières prises de parole consensuelles post électorales, le signe de son ralliement à la pensée unique. Ce serait évidemment dévastateur et pour Trump et pour l’élite américaine. Pour le comprendre, point n’est besoin de remonter jusqu’à l’Antiquité. L’exemple des conséquences d’un tel abandon s’agite encore sous nos yeux ébahis de Français médusés. Si Trump se comporte comme le cousin d’Amérique de Sarkozy, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Le Peuple abusé se radicalisera et portera vers d’autres tribuns, moins modérés, ses espoirs déçus.

UntitledNicolas Sarkozy peut en témoigner, le système ne pardonne jamais à celui qui lui a fait peur. Même s’il fait amende honorable, même si Donald nous propulse son Kouchner au Secrétariat d’État, il restera aux yeux des néo-Optimates, le néo- Gracque qui les a fait vaciller. Il sera donc la cible de leur hargne, jusqu’à sa mort. Tant qu’à y être, il vaut mieux que le 45e Président des États-Unis déroule son programme, plutôt qu’il en rabatte. Les conséquences seraient moins désastreuses pour lui, dans un pays où les armes et les théories du complot circulent à foison. Et puis, il serait amusant, pour une fois, de voir un homme politique faire ce qu’il dit et les Optimates être mouchés.

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L’Amérique va changer. Elle va très probablement se recentrer sur elle même. Est-ce si dramatique pour nous ? Le moins que l’on puisse dire de ces 20 dernières années, c’est que le gendarme du monde s’est comporté comme un pyromane forcené. Cela a commencé en Yougoslavie où Clinton mâle nous a gentiment érigé, de toute pièce, un califat islamique dans les Balkans. Les conneries se sont industrialisées avec l’intervention en Irak et en Afghanistan, sous Bush, sans parler des succès considérables remportés contre l’État islamique en Libye et en Syrie par ce bon Barack (bien aidé par la clairvoyance franco-britannique, il est vrai). On peut donc raisonnablement penser que si dans un proche avenir, les Américains interviennent un peu moins, nous ne nous en porterons pas plus mal. Saddam Hussein, Kadhafi et Assad étaient, ou sont encore, d’effroyables dictateurs, c’est un fait. Les droits de l’Homme étaient, ou sont, foulés aux pieds dans leurs pays de cocagne, c’est certain. Ceci étant, leur disparition ou leur affaiblissement ont-ils amélioré, en quoi que ce soit, la condition des Libyens, des Irakiens ou des Syriens ? L’État islamique qui s’est substitué aux ennemis de nos droitdel’hommistes massacre, pille, tue et viole, sur une échelle inconnue du temps des potentats tant décriés. Si l’Amérique change son fusil d’épaule et décide de laisser les mains libres aux Russes en Syrie, personne ne s’en plaindra, sauf les illuminés qui sont persuadés d’avoir rencontré des islamistes modérés — comme d’autres avant eux clamaient qu’ils avaient vu le Dahu. Nous sommes à l’aube d’un jour nouveau. Les Peuples secouent leurs chaines et reprennent leurs destins en mains. La France ne coupera pas à cette (r)évolution populaire. À l’heure où les Anglais entament le Brexit, où l’Amérique se donne un nouveau cap, les sondages (qui ne se trompent jamais) nous annoncent un avenir radieux avec… Alain Juppé. Le pire n’est jamais à craindre, mais toujours à redouter.

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LA FIN DE LA DÉMOCRATIE

octobre 5, 2016

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La classe parlante n’a plus que cette antienne à la bouche : l’éruption des populismes signerait la fin de la démocratie. Dans une époque où le catastrophisme fait recette, le fait que ce dernier soit climatique ou politique importe au final assez peu : la fin du monde est proche ! Selon nos oracles, plus rien ne va. C’était mieux avant, mais surtout : ce sera pire après. Prêcheraient-ils le contraire que de toute façon personne ne les écouterait, les médias détestent les oiseaux de bon augure. Ceci étant, cette récente hystérie collective de nos élites mondialisées sur la fin des temps démocratiques est assez révélatrice des mécanismes tortueux qui servent de pensée aux Princes qui nous gouvernent et de l’idée, très particulière, qu’ils se font de notre chère démocratie.

Il y a populisme et populisme

democratie-des-grecsVous l’aurez certainement remarqué : les plus enclins à sonner le tocsin sont ceux qui, dans leur jeunesse folle, se sont largement fourvoyés du côté communiste de la force. Il est donc savoureux de voir ces ex-phares du prolétariat dauber, à foison, sur la démagogie supposée des populistes. Car de quoi parlons-nous ? Le populisme, selon nos grandes âmes, consiste à flatter le peuple (donc l’électorat), dans le sens le plus vil de son poil dru, ou, en d’autres termes, à dire au prolo ce qu’il convient de lui cacher. Avez-vous déjà rencontré beaucoup de politiciens qui se font élire en disant le contraire de ce que leurs électeurs veulent entendre ? Ainsi, Marine Le Pen incite-t-elle le peuple à rejeter l’Europe qui ne nous amène que bonheur et prospérité et le pousse à adopter la vilaine préférence nationale, dans un réflexe de repli sur soi totalement nauséabond comme auzheureslesplusombresdenotrehistoire. À ce titre elle est une authentique démagogue populiste.

En revanche, François Hollande, lui, en bonne incarnation du Bien sur terre, lorsqu’il déclare au peuple de gauche assemblé que « son ennemi c’est la finance » ne tombe pas dans le populisme. Comme il n’en pense pas un traitre mot, comment le pourrait-il, du reste ? Plus sérieusement, un socialiste ne fait jamais de démagogie, il n’est jamais « limite » ou « borderline » comme on dit, en bon Français, de Science Po. Les communistes et leurs héritiers mélenchonistes, non plus, quand ils affirment que le SMIC peut « facilement » être porté à 2 500 € par mois et la semaine de travail limité à moins de 30 heures. Comme toujours avec nos zélites : le deux poids le dispute aux deux mesures. La démagogie est de droite : qu’on se le dise ! La paille dans l’œil du voisin plutôt que la poutre dans le sien et les veaux seront bien gardés.

Le pire des régimes à l’exception de tous les autres

la-democratie-et-la-liberte-dexpression-en-france-au-quotidienLa démocratie a tous les défauts de la terre, c’est une évidence. Elle a cependant le mérite de permettre à la masse anonyme de changer périodiquement ses dirigeants et sensément, avec eux, de politique. Voilà pour la théorie. Hélas, la pratique diffère quelque peu et c’est en France que la parodie est la plus flagrante. Nous conjuguons en effet l’immobilisme politique le plus absolu à la longévité la plus forcenée. Le « consensus » mou des « partis de gouvernement » nous condamne depuis 40 ans à ne rien réformer et à toujours remettre à plus tard ce qui devait être fait hier. Nous sommes assujettis à la mondialisation libérale par la grâce de l’Europe des portefeuilles qui a remplacé celle des Nations. Qu’on le déplore ou que l’on s’en félicite, le drame c’est que ce système économique fonctionne. D’un point de vue strictement macroéconomique : le PIB s’élève de façon continue depuis 30 ans. Le problème c’est que les fruits de cet accroissement de richesse continu sont de plus en plus concentrés entre les mains d’un nombre toujours plus restreint d’individus, résidants dans les grandes métropoles et qui ignorent, superbement, les souffrances de leurs contemporains periphérisés.

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democratie-totalitaire-6b589Appauvrir les prolos pour le compte des bobos, voilà qui n’est pas très « de gôôôôche » comme programme et pourtant les « progressistes » se sont acharné à le mettre en œuvre à chaque fois qu’ils ont été aux responsabilités. Les socialistes ont résolu la contradiction en se réfugiant dans un monde imaginaire développé à des fins strictement électoralistes. La droite libérale, au contraire, fustige l’incapacité de la gauche à affronter le réel et préconise tout un tas de mesure, à même d’arranger les choses… le temps des élections (ce qui change tout). Les deux se retrouvent dans leur capacité sans limites à ne rien faire. La faute à « pas de bol », sans doute, mais le plus souvent à « l’Europe de Bruxelles » tout en s’étonnant, après, que les Peuples s’en détournent. Nos politiciens ne sont pas les seuls dans ce cas : cf ce qui s’est passé en juin dernier  chez les Godons. Ce qui, en France, vient considérablement énerver le populo, c’est qu’à cette absence d’alternative, s’ajoute la permanence des hommes. Nulle part ailleurs (sauf en Corée du Nord) il n’existe une telle longévité politique. Dans notre beau pays, la défaite électorale ne signe jamais la fin d’une carrière, seule la mort y parvient (et encore, les morts ont des héritiers !). Nos politiciens ont un droit de tirage illimité et il n’est pas rare de voir les mêmes occuper la place pendant 30 ou 40 ans. Immobilisme et rente de situation sont les deux mamelles auxquelles s’abreuvent les rancœurs qui conduisent au « divorce » entre les Français et leur classe politique. C’est sur ce terreau fertile que prospèrent tous les extrémismes.
En dénonçant ces faits, les vilains (forcement) démagogues font planer une menace mortelle sur « notre » démocratie, c’est un fait entendu et pas simplement dans la bouche des Duhamels : les Karamazov du commentaire politique. Si certains ont peut-être cette idée, le procès d’intention est quand même un tantinet réducteur. Mais de quelle démocratie parle-t-on au juste ? Pour une fois, avec nos zélites, il faut prendre leur cri d’orfraie au pied de leurs lettres. C’est LEUR démocratie que l’on assassine.

Le pouvoir confisqué

371152miegereferendumpopulaireCar depuis plus de trente ans, le peuple n’est plus souverain. Les zélites ont préempté le pouvoir. Tout va bien lorsque le Peuple vote comme elles le souhaitent, mais malheur à lui s’il s’écarte des rails de la pensée unique. Énoncer ce truisme vous fait, là encore, immédiatement entrer dans la catégorie des « ennemis de la démocratie » par ceux qui tirent des bénéfices éhontés, du statu quo susmentionné. Pourtant, il n’est qu’à voir le peu de cas que l’on fait de l’avis du Peuple, lorsque celui-ci l’exprime par référendum ou lors des élections, pour être convaincu de cette perte de souveraineté. La démocratie a été confisquée par une nouvelle aristocratie, mondialisée qui vit largement coupée de ses congénères. Elle bénéficie des retombées positives de la globalisation des échanges et entend bien continuer. Ce phénomène n’est pas exclusivement français, mais c’est une piètre consolation. Il n’est que de voir ce que l’« intelligence mondiale » pense des Poutines et autres Orban ou Trump. Le Brexit n’était-il pas la victoire de l’Angleterre raciste et moisie, selon les dires de Bernard Henri Levy, le Pape des élégances démocratiques ? En réalité est populiste tout ce qui remet en cause la position des bénéficiaires du système.

demo_liberte_22-02-14Notre démocratie a été confisquée par les « experts » et elle est devenue leur instrument de domination. « Il faut que tout change afin que rien ne change », disait Alain Delon dans le Guépard. Cette nouvelle Nomenklatura sait mieux que quiconque ce qui est bon pour le Peuple ou la Planète. Elle pose des diagnostics, parfois justes (on ne peut pas se tromper tout le temps), promet d’y porter remède et s’abstient de le faire. Ils ont tellement trompé leur monde depuis un demi-siècle, qu’il est « populiste et démagogique » d’oser leur demander des comptes. Seulement à force de négliger le bien commun pour se concentrer sur l’hédonisme de quelques-uns, on finit par scier la branche sur laquelle on s’est assis. Qu’il s’agisse d’émigration débridée, de désindustrialisation accélérée ou de gabegie bureaucratique généralisée, l’irresponsable légèreté des élites apparait un peu plus, chaque jour davantage. Chaque nouveau scandale vient faire « le jeu des extrêmes » sans que ce jeu n’ait jamais la moindre conséquence, puisque le pouvoir est confisqué au profit des mêmes.

 

 

Le résultat des élections américaines nous fournira, sous peu, un début de réponse à la lancinante question de savoir combien de temps, encore, ce bordel va bien pouvoir durer. Que Trump le maudit l’emporte et bien des choses impossibles deviendront envisageables, comme par enchantement. Qu’Hillary la battante — comme la nomment nos médias énamourés — triomphe du mal et nous remettrons, provisoirement, le couvercle sur la marmite. La conséquence la plus certaine de ces errements, c’est qu’à force de ne rien faire pour le Peuple ce dernier s’énerve. En effet, les « masses populaires » n’ayant plus grand-chose à perdre à l’aventure « extrémiste », cette dernière pourrait cesser d’être une aventure pour devenir un espoir. L’aveuglement de nos dirigeants de droit divin, épaulés par des médias de même essence, nous conduit, hélas, toujours un petit peu plus vers ce gouffre pourtant évitable. Il nous a fallu 100 ans pour nous remettre de la dernière Révolution et nous étions le pays le plus puissant du moment. Pouvons-nous, dans l’état qui est le nôtre, nous payer le luxe d’en subir une nouvelle aujourd’hui ?

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LA FIN DES HARICOTS

juillet 6, 2016

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Le cataclysme planétaire tant redouté s’est produit. La comète du populisme est entrée, en mugissant, dans l’atmosphère feutrée des spécialistes en « bien-des-peuples-contre-leur-grés », menaçant jusqu’à la survie même des dinosaures de la pensée européiste. Le plus drôle dans cette affaire, c’est que le malheur vient du loup que les Eurobéats avaient, bien imprudemment, laissé entrer dans la bergerie. Les Godons nous ont, une fois de plus, botté le cul et le moins que l’on puisse dire, c’est que le postérieur de nos gouvernants leur cuit rudement. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quelle mouche a bien pu piquer des Anglais qui avaient tous les avantages de l’Europe, sans aucun inconvénient (ou presque) jusqu’à l’été 2015 et quelles perspectives voyons-nous émerger de ce joyeux bordel, comme seul l’aveuglement de nos zélites est capable d’en produire périodiquement ?

 

Les raisons du Brexit

 

En dehors des explications confondantes de mépris pour le Peuple (fût-il Britannique) et sa souveraineté que nous assènent en cœur depuis le 23 juin les Thénardier de la déconstruction européenne, comment en sommes-nous arrivés là ? Évacuons d’abord les explications ploutocratiques qui personnalisent les causes à outrance. Non, ce n’est pas aux seuls Boris Johnson et Nigel Farage que le camp du Brexit doit sa victoire. Certes, ils ont usé de leurs talents oratoires et ont fait de la politique en présentant les choses à leur avantage, mais l’autre camp aussi. Si les Anglais ont décidé de partir c’est que Big Mother leur foutait une peur bleue et qu’ils ont préféré reprendre leur destin en main, plutôt que de le laisser entre celles de Madame Merkel.

 

france_belgique_europe_tremblent_devant_islamPlus que Nigel ou Boris, c’est bien Angela et sa politique de migration irresponsable qui a achevé le peu de confiance que les Britanniques avaient encore dans le machin de Bruxelles. Depuis de longues années, ils confiaient à nos côtes le soin de parquer les « envahisseurs » que l’Europe n’avait pas été foutue de renvoyer chez eux. Rien d’étonnant, dans ces conditions, que la perspective de se voir imposer des quotas supplémentaires de Muezzins syriaco-mesopothamiens, réfugiés ou pas, les ait convaincus de claquer la porte. Le rêve européen vendu par Madame Merkel, depuis la désormais fameuse « crise des migrants » de l’été 2015, et ses accords douteux avec Erdogan le Magnifique n’est autre que celui d’un grand remplacement. Les Anglais qui ont résisté à Adolf, Napoléon, Philippe et tous les comiques désireux de les conquérir comme le premier Guillaume venu n’ont guère gouté la perspective de devoir prendre leur five o’clock tea, les genoux tournés en direction de La Mecque. L’Angleterre est une ile et entend bien le rester.

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N’en déplaise aux autruches l’immigration a bien été au centre de la campagne référendaire. Dans un pays que des politiques courageux ont guéri du chômage, les migrations intraeuropéennes sont, certes, moins menaçantes en termes d’identité, mais tout aussi dévastatrices. Elles contribuent à rompre le libre jeu du marché. En effet, on ne peut pas se prétendre libéral et ne jouer ce jeu qu’à la baisse. Ce qui est rare est cher. Or, si l’on admet que le marché détermine les prix par la libre rencontre de l’offre et de la demande, il faut accepter en retour — lorsque les conditions du plein emploi sont réunies, par l’effet conjugué des réformes économiques et d’une faible démographie — que les salaires repartent à la hausse, du fait de la raréfaction de la main d’œuvre. Si le rêve européen consiste précisément à s’élargir encore plus à l’est, pour trouver une main-d’œuvre disponible toujours moins chère, il ne faut pas s’étonner que les Peuples de l’ouest ne partagent pas les « ambitions » intéressées de leurs zélites. Le moins-disant social, c’est toujours pour le prolo, jamais pour le cadre sup, l’intellectuel, le financier, l’artiste ou le haut fonctionnaire. Et comme les premiers sont nettement plus nombreux que les seconds, il ne faut pas s’étonner qu’ils votent contre un système qui les biaise (et je reste poli).

 

Le grand retour de la frontière

putin-mildly-amusedC’est indubitablement le grand enseignement de ce scrutin. La frontière est une protection. Les abaisser c’est se rendre vulnérable : vulnérable à l’invasion, vulnérable à la paupérisation. Comme l’a si bien exprimé Bernard Henri Lévy, le géostratège ultime : le Brexit c’est « La victoire du populisme, de la démagogie, de la xénophobie, des casseurs, des fachos, de Poutine ». On ne peut mieux résumer la frustration des zélites devant le lait britannique épandu. Tout le mépris de classe dont sont capables les intellectuels français se trouve rassemblé dans ce jugement lapidaire. Marie-Antoinette et sa brioche sont enfoncées, on ne peut pas faire plus caricatural : le départ des Anglais c’est la victoire de Poutine… magique !

 

1562114_1466756358_1562078-1466753495-brexit-11_565x509pC’est bien connu : lors d’un referendum, le Peuple ne répond jamais à la question qui lui est posée… par ses maîtres. C’est bien la tare de ce type de scrutin ! On demande aux Anglais s’ils veulent continuer dans le camp du bien avec BHL ou sortir de l’aventure européenne pour se diriger vers les noirs rivages de l’égoïsme insulaire et ils décident, contre toute attente, de planter l’histrion. Une chose est sûre, l’Europe n’est pas rassurante et les Anglais ont majoritairement décidé de s’en défier. Ils nous prouvent ainsi que la Nation reste le cadre indépassable dans lequel se pense la sécurité des individus. Les grands ensembles se montrent toujours moins enclins à protéger les plus humbles que le destin politique de ceux qui les dirigent n’en dépend pas directement. Quel commissaire a-t-il été élu à son poste ? Bref, la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres, comme le disait Sir Winston. Les Anglais, fidèles à leur grand homme viennent de décider de quitter le côté obscur de la farce. Nous allons donc devoir nous réhabituer à subir des contrôles qui n’avaient jamais disparu, puisque nos amis d’outre-Manche avaient toujours refusé de participer aux accords de Schengen.

Quelles perspectives ?

CbfuDSGUcAABFIiCe départ des Anglais est en effet très paradoxal. Non seulement ils n’ont jamais été qu’à moitié dans l’Europe, mais en plus ils avaient la perspective d’être encore moins contraints. Alors qu’elle avait tout obtenu des européistes : droit de regard sur la gouvernance de l’Euro, un traité de libre-échange avec les États-Unis, un rabais substantiel sur leur contribution, la perfide Albion s’en est allée. Que nos zélites aient été jusqu’à leur promettre les fesses de la crémière en plus du beurre et de l’argent du beurre en dit long sur ce qu’ils pensent de l’attractivité réelle de leur usine à gaz intégrée. Quand on les entend pérorer sur les avantages de l’Union, on croit écouter de nouveau le Premier secrétaire du PCUS, nous vanter les mérites de la patrie des travailleurs. Les dirigeants anglais avaient presque réussi le hold-up parfait, mais leur peuple en a décidé autrement… pour le plus grand bonheur des autres.

 

Car avec cette sortie précipitée, le Royaume est désormais plus désuni que jamais. Leurs zélites se ruent sur de prétendues racines irlandaises pour obtenir un passeport européen. L’Écosse voit dans l’Europe son viatique pour prendre une indépendance qui lui a toujours été refusé depuis le raccourcissement de Marie Stuart. L’Irlande du Nord, très dépendante des subventions agricoles, songe sérieusement à se réunifier à l’Eire qui, elle, voit tout le bénéfice qu’elle va pouvoir tirer d’être la dernière terre anglophone de l’EU.

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Il n’y a du reste pas que l’Irlande qui doive se réjouir du retour de l’Angleterre vers le grand large. La France en profitera aussi grandement. L’Allemagne n’aura plus de roue de secours vers laquelle se tourner quand le partenaire « historique » se montre un peu trop (ou pas assez, c’est selon) entreprenant. Même amoindri par plus de 40 ans de socialisme, tantôt honteux, tantôt assumé, notre pays voit mécaniquement son poids croître du fait du départ britannique. L’Espagne va même peut-être y gagner son rocher tant convoité de Gibraltar. Il n’y aura guère que l’Italie pour regretter les sujets de Sa Majesté et les Grecs pour pleurer sur le renvoi aux calendes nationales du retour des frises de leur Panthéon. Les Etats-Unis ne s’y trompent, d’ailleurs, pas.

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Le début de la fin de l’Europe passoire

 

20160222-brexit-couleurComme l’ont finement vu les tenants du politiquement correct, ce scrutin peut s’analyser comme un vote de repli identitaire et économique. Il marque, nous l’avons vu, le grand retour du fait national dans un univers de pensée qui s’évertuait jusqu’ici, à tout le moins, à nier son utilité. La Nation c’est la guerre proclamait le chœur bêlant des progressistes. Refuser l’altérité c’est se replier sur un quant-à-soi mortifère, j’en passe et des meilleures. Le toujours modéré Alain MINC a ainsi déclaré : « Ce référendum n’est pas la victoire des peuples sur les élites, mais des gens peu formés sur les gens éduqués ». Rien que ça ! Salauds de pauvres, on leur accorde le droit de vote et ils en profitent pour en abuser. Ah que la dictature de la majorité est tout d’un coup bien lourde à porter pour cette minorité bien née, habituée à diriger par la grâce de ses diplômes.

 

Asterix-en-HispanieIl faut bien reconnaitre que la Nation étant le seul bien des pauvres, comme disait l’autre, il n’est pas très étonnant que ces derniers s’y accrochent. Surtout que malgré tous les efforts déployés par les fédéralistes, c’est encore dans un cadre national que s’effectuent les élections. La plaisanterie qui tient lieu de simulacre démocratique à Strasbourg ne trompe même pas un Zimbabwéen et ne peut, de ce fait, prétendre à une quelconque légitimité. L’Europe telle qu’elle s’est développée est une construction technocratique hors sol qui s’est donné pour mission d’harmoniser le continent, sur le dos des peuples, pour permettre la libre circulation des marchandises. Si le capitalisme est infiniment supérieur au socialisme en termes de progrès humain, il n’en reste pas moins un moyen et non une fin. La mondialisation a d’indéniables vertus émancipatrices en matière de développement. Elle ne peut cependant être acceptée que si elle améliore la condition des uns sans détériorer celle des autres. Au sein de l’Europe, l’alignement des conditions d’existences des ouvriers français sur celles de leurs homologues polonais — même si cette dernière est plus enviable que celle des Vénézuéliens — ne peut être une perspective acceptable politiquement.

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Le paradoxe du Brexit réside dans le fait que c’est la nation la plus largement responsable de cette dérive mercantile de l’aventure européenne qui quitte en premier le navire. De Gaulle avait toujours refusé l’adhésion de la Grande-Bretagne, précisément parce qu’elle ne partageait pas, avec les fondateurs, l’objectif d’une union politique du vieux continent, l’économie n’étant qu’un moyen d’y parvenir. De concessions en compromis, d’élargissements en renoncements, nous n’avons cessé depuis, d’adopter un mode de fonctionnement anglo-saxon qui, combiné à l’arrogance administrative française et à l’entêtement allemand, a produit la catastrophe que nous appelons UE. Cette Union qui débat sans fin du diamètre des concombres, tout en laissant des hordes de migrants venir jusque dans nos bras, prétendre « qu’Allah sauve la Reine », vaut-elle vraiment qu’on la pleure ?

 

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Après tout ce gâchis, il reste donc à nos politiciens à remettre l’ouvrage sur le métier. Une chose est sûre : si elle reste dans cette impasse et continue à se construire contre les peuples, il n’y aura plus d’Europe dans 10 ans. L’Europe doit s’intéresser au bien-être de ses citoyens, unir ses moyens pour les faire progresser et les protéger. Contrairement à ce que croit l’ineffable Harlem Désir, ce n’est pas plus de programmes Erasmus qui fera aimer l’Europe. Elle doit être ce que l’on nous avait vendu avec Maastricht : l’instrument de la préférence communautaire et non celui de seul parangon du libre échange dans un monde dominé par l’intérêt national de nos partenaires et concurrents. Seuls, nous sommes trop petits pour rivaliser avec les États-Unis, la Chine ou les nouveaux émergents. Rassemblés, nous avons la taille critique pour être de nouveaux égoïstes, comme les autres n’ont jamais cessé de l’être à notre endroit.

 

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TOUT VA BIEN !

avril 28, 2016

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Vous ne l’avez peut être pas remarqué, mais au crépuscule du règne de François le petit : le pays va mieux. Pépère court, du reste, les plateaux télé pour l’affirmer haut et fort. Manolito, son toujours modéré Premier sinistre, n’y va pas par quatre chemins pour marteler le crédo : les incrédules  sont des traitres ! Et toute la batterie de parasites sociaux qui hantent (au choix) : les ministères à la machine à découper le jambon, le parlement ou les rédactions, d’embrayer sur l’air de Madame la Marquise. Dans cette affaire, le pathétique le dispute au ridicule le plus consommé. Incapable de produire la moindre réformette sans mettre ses camarades dans la rue, Hollande se raccroche à la méthode Coué, comme un pendu à sa corde. Alors qu’il nous reste encore un an à supporter cet affligeant spectacle, la droite s’apprête, hélas, à nous présenter sa version du bordel permanent, avec des primaires qui s’annoncent aussi déprimantes qu’une intervention de Stéphane LE FOLL. Nous vivons, décidément, une époque vraiment formidable !

Le sursaut économique est au coin de la rue

maxresdefaultLa France va mieux, car l’économie s’améliore… comme tout un chacun peut le constater. La France va mieux, car les impôts diminuent… comme tout un chacun peut, là aussi, le constater. La France qui cause se gargarise des chiffres du chômage de mars. Moins 60 000 chômeurs en un mois, voilà qui vient, pile-poil, corroborer les prédictions présidentielles. Depuis quatre ans qu’il nous l’annonce, l’inversion tant attendue se pointe, enfin, à un an de la présidentielle. Elle n’est pas belle la vie ?

hollande_je_vais_bien_tout_va_bien_lobo_lobofakesSimplement si l’on s’intéresse un tant soit peu à ce chiffre, quasi miraculeux, on s’aperçoit que les vases communicants sont à l’œuvre et pas qu’un peu. La baisse qui concerne les chômeurs de catégorie A (ceux n’ayant eu aucune activité) est compensée à 6 000 unités près par une augmentation des catégories B et C (chômeurs en activité partielle). Résumons-nous : au pays du socialisme progressiste triomphant, la baisse du chômage (-6 000) est due à une augmentation de l’emploi précaire, voire très précaire. Un peu comme en Allemagne ou au Royaume-Uni, deux pays ultralibéraux sur lesquels daubent régulièrement les génies économiques qui nous gouvernent. Brillant résultat qu’il convient de médiatiser au plus vite…

Les clowns sont de retour

melenchinestalenchon1Signe indéniable de l’amélioration, tant claironnée, nous fêtons en ce printemps 2016 le grand retour des sangsues institutionnelles : les intermittents du spectacle. Bien décidés à persévérer dans l’art de ne rien foutre avec l’argent des autres, ces activistes de l’improduction sont de nouveau en lutte contre un système capitaliste, forcément pourri, mais dont ils comptent bien obtenir des subsides sonnants et trébuchants. En lutte permanente pour l’égalité et contre la société de consommation, nos Tartuffes des temps modernes entendent bien continuer à détourner les cotisations des salariés à leur profit exclusif, histoire de… consommer.

4994545Les grandes menaces apocalyptiques sont, elles aussi, de retour. Les festivals d’été sont menacés. Oh ben zut alors ! Compte tenu de fait que pas un de ces évènements n’est autosuffisant financièrement, on ne va donc pas pouvoir gaspiller dépenser autant d’argent public que les années précédentes. Le fait que ces 200 000 profiteurs soient responsables à eux seuls de plus du quart du déficit de l’assurance chômage n’émeut personne. Parmi les bénéficiaires de ces largesses, une bonne part (les techniciens) pourrait, du reste, être utilement salariée à plein temps par les boîtes de productions qui utilisent leurs services. Les bénéfices, comme les dividendes, seraient alors moins juteux. Ce sont d’ailleurs souvent les propriétaires de ces entreprises de spectacle qui viennent nous faire la leçon sur la précarité du « prolétariat » et la nécessaire protection du contrat de travail. Curieux pays, tout de même où, sous le prétexte fallacieux d’être un artiste on peut ne travailler qu’un mois sur deux, tout en étant assuré de toucher la même somme d’argent en fin de mois. Les intermittents ont trouvé la martingale, pas étonnant qu’ils la défendent avec énergie. On lutte contre les privilèges des autres, jamais contre les siens.

Il n’y a plus de saison

12346511_1178261482216187_4764051093351196481_nS’il n’y avait que l’économie pour venir troubler la quiétude de l’amant de Julie Gayet (lui aussi intermittent du spectacle à ses heures). Hélas, même la météo s’y met. Tout à sa joie d’avoir obtenu l’accord du millénaire (au moins) sur le réchauffement climatique, par l’entremise du père du meilleur joueur de poker de la galaxie, notre Président tout mou ne voit pas venir l’obstacle de la réalité qui rattrape tout climato-alarmiste. La planète a fini de se réchauffer depuis la fin des années 90 et le CO2, tant honni, est responsable, excusez du peu, d’un accroissement de 18 millions de km2 de la surface végétale présente sur le globe (source : journal Nature Climate Change avril 2016). La raison de ce verdissement planétaire ? Ce méchant CO2 qui, nourrissant les plantes, les voit croître quand il se trouve être plus abondant. Incroyable ce que la science peut être pénible quand elle vient ainsi contrecarrer des décennies d’abrutissement public.

Et comme un désastre ne suffit pas, voilà que les récoltes sont menacées par un printemps particulièrement froid qui voit la neige tomber en plaine fin avril. Après nous avoir bassinés avec l’hiver le plus doux jamais enregistré de mémoire de journaliste, voilà la propagande bien à la peine, pour nous expliquer les raisons de ce froid réchauffement climatique de printemps. La sagesse populaire nous avait pourtant habituées à ce type de caprices : « En avril ne te découvre pas d’un fil », disait-elle, mais il est bien connu que ce type de dictons : c’est du populisme.

Un état d’urgence à géométrie variable

bisou-hollande-1Dans la France qui va mieux, il est un autre sujet de poilade sans fin : la sécurité. Nous vivons, depuis l’irruption armée du multiculturalisme dans une salle de spectacle et aux terrasses de nos cafés, dans un État d’urgence permanent. Même si la bande à Hollande s’est pris les pieds dans le tapis et n’a pas réussi à constitutionnaliser ses âneries, force est de constater que les « autorités » ne reculent devant rien pour emmerder le monde au nom de sa sécurité… avec des résultats très discutables.

Depuis novembre nous devons subir des fouilles de plus en plus tâtillonnes, exercées par des « professionnels » formés à la hâte et dont le pédigrée n’est pas toujours vérifié avec le soin qu’il conviendrait. Résultat des fouilles « visuelles » menées avec la dextérité de Ray Charles et des queues qui s’allongent sur les trottoirs formant ainsi autant de cibles potentielles, pour les pratiquants d’une religion de paix et de tolérance à coups de Kalachnikov.

methode-coue-mode-demploi-reussir-objectifs-L-At5Pd6Autre particularité intéressante de l’État d’urgence : le « mouvement » Nuit Debout. Depuis le mois de mars, une petite centaine de résistants en peau de lapin se relaient pour débattre doctement de tout un tas de vieilles lunes bobo-gauchistes. Ce faisant, ils saccagent les lieux et mettent en œuvre leur hédonisme forcené en ne respectant : ni les riverains, ni les cantonniers chargés de nettoyer les écuries d’Augias chaque matin. Le fait que ces crétins crasseux investissent les lieux tous les soirs, fassent griller leurs merguez, vomissent leurs bières et leur tolérance relative, sans que les pandores ne les embarquent, me fait bien plus sérieusement douter de la démocratie française que tous leurs discours d’idiots inutiles.

Souvenez-vous de ce qu’il advenait dans la république populaire et irréprochable de Monsieur Hollande, lorsque des veilleurs venaient pacifiquement, sans bruit et sans discours outrancier, manifester leur opposition au mariage pour tous sous les fenêtres de la Garde des sots. Ils étaient promptement embarqués manu militari. J’ai encore le souvenir de ces pères de famille arrêtés en pleine rue, comme aux zheureslesplussombresdenotrehistoire, pour le simple port d’un tee-shirt siglé de la Manif Pour Tous. Tous ces débordements nord-coréens avaient lieu avant l’instauration de l’état d’urgence… tout va décidément très bien !

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Hé ho, la gauche : la France va bien ! Comme le dit l’adage médical : avant de mourir, le patient se portait comme un charme. Notre pauvre pays avance chaque jour un peu plus vers l’abîme et les incapables qui le gouvernent n’ont aucunement l’intention de l’en détourner. Ils comptent sur la conjoncture pour remédier à leurs insuffisances. Hélas, faute de réformes, cette dernière influe de moins en moins sur notre destin. Le pays s’enfonce dans le chômage de masse avec la bénédiction de syndicats qui ne représentent plus que les fonctionnaires. L’aristocratie administrative a pris la place de la noblesse d’Ancien régime… avec le même succès.

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