Les retraites font boum

Au sortir de la seconde guerre mondiale, nos grands parents on fournit un effort sans précédent. Non contents de reconstruire la France ils ont en plus donné naissance à un nombre impressionnant d’enfant. Avec le boum économique est arrivé le babyboum. Seulement c’est avec cette explosion démographique que les malheurs sont venus. Contrairement à l’habitude historique qui voulait que le trop plein de population se résorbe par la guerre, l’émigration où l’expansion territoriale, le surplus de naissance s’est, cette foi ci, rependu en « conquêtes sociales ».

Arrivés à l’âge adulte, cette génération d’hédoniste s’est empressée de montrer sa gratitude aux efforts consentis par ses parents en les poussant vers la sortie au nom des désormais fameux « place aux jeunes » et « pousse toi de là que je m’y mette ». Une fois ce travail de « mémoire » accompli cette génération de privilégiés s’est vautré dans le confort de la modernité en rejetant les ajustements nécessaires sur ses enfants. Pour être surs de « jouir sans entraves » ils les ont, du reste, conçu en moins grand nombre. Ils ont ensuite ouvert sur eux les vannes du progrès : l’apprentissage de la lecture par la méthode globale, le collège unique, les parents copains, les familles recomposées au gré des humeurs de chacun. Ainsi, le fléau du babyboum aura pesé sur ses ascendants comme sur ses descendants.

Cette génération de parasites ne s’est pas contentée d’accaparer très tôt les ressources disponibles. Elle a accumulé les dettes avec une ardeur et un stakhanovisme remarquable.

Il n’y a là, rien d’étonnant, la classe d’âge la plus nombreuse a toujours été la plus courtisée par les stratèges politiques à la petite semaine, plus préoccupés du quotidien que de la prospective. Pour arriver au pouvoir, mieux vaut promettre des lendemains qui chantent plutôt que du sang et des larmes. On est toujours élu demain, jamais après demain, voilà bien la grande limite de la démocratie quand elle tombe aux mains des démagogues et nous en avons eu plus que notre compte ces trente dernières années. Quand en 1986 la droite revenue au pouvoir essaye de resserrer les boulons, elle subit une cinglante défaite. Elle ne l’oubliera plus et se confondra avec la gauche pour se droguer à l’emprunt. Elle le fera avec mauvaise conscience mais elle le fera quand même. Il n’est qu’à se souvenir des débats surréalistes sur la « cagnotte fiscale », surplus de recettes engrangées par Bercy à la fin des années 90 en raison d’une croissance plus forte que prévue. Personne n’a songé à poursuivre l’effort en vue de résorber le déficit chronique de l’Etat. Non, droite et gauche ont fait assaut d’imagination pour savoir comment dépenser ce « trop perçu ».

Le problème vient aussi de l’allongement de la durée de la vie. Le départ massif de cette classe pleine, à soixante ans, comme leurs parents, précipite le système par répartition dans le mur. La génération précédente n’est pas encore sortie du système puisqu’on l’a prolongée. Conséquence, d’un retraité pour quatre actifs au début des années 80 on tombe aujourd’hui à un retraité pour 1,4 actifs.

Les jouisseurs ont dilapidé l’héritage, gaspillé les ressources, hypothéqué l’avenir et maintenant, ils s’étonnent et se lamentent qu’il leur faille payer, en partie, les pots cassés. Loin d’être honteux et penauds, ils donnent des leçons. Ils s‘émeuvent de la raréfaction des ressources et nous expliquent comment vivre pour que le temps qui leur reste leur soit toujours aussi doux.

Que les générations post 68 ne se fassent aucune illusion, elles ne verront pas le commencement du début de leurs retraites, les babyboumeurs auront siphonné les caisses d’ici là. A force de repousser sans cesse les réformes indispensables, nous vivons à crédit depuis de trop nombreuses années pour que cela puisse perdurer. Les fourmis chinoises vont se lasser de payer pour nos mœurs de cigales. Point n’est besoin d’être devin pour prédire le prochain désastre financier. Nous le construisons avec application depuis 30 ans. Le jour où la Chine s’éveillera, elle payera pour ses vieux, plus pour les nôtres.

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