Pavlov, Frêche et Hortefeux

Ivan Petrovitch Pavlov (1849-1936) aimait les chiens. Intrigué par leur comportement  il mit en évidence l’existence d’un réflexe conditionné chez l’animal. Il était loin de se douter que ses théories puissent aussi bien s’appliquer aux hommes de ce nouveau millénaire.

Le Président François Mitterrand avait, en son temps comparé, les journalistes à des chiens lors du suicide de Pierre Bérégovoy. La charge était sans doute excessive de la part de quelqu’un qui sentait la meute dangereusement proche de lui mais force est de constater qu’elle recèle une certaine part de vérité.

Le journaliste, à quelques heureuses mais rares exceptions près, est un croisement entre le chien, en ce sens  qu’il chasse en groupe et le mouton pour son coté suiviste et manipulable. Les deux caractères se cumulant, nous en revenons à Pavlov.

Prenons deux affaires qui viennent d’agiter le microcosme médiatique ce week-end.

Georges Frêche est LA caricature du sudiste pour tout parisien en quête d’indignation et il en joue avec maestria. Ce multirécidiviste de la petite phrase qui fait mouche a déclaré que Laurent Fabius «n’avait pas une tronche très catholique». Comment penser un seul instant, que le Président de la région Languedoc Roussillon, homme d’une grande intelligence, n’ai pas apprécié la portée, somme toute très relative, de ses propos et surtout la démesure des réactions qu’ils allaient susciter ? Sa situation était délicate. L’âge et la santé aidant, nombreux étaient ses « camarades » à se laisser tenter par la place. Par le miracle du réflexe conditionné de la pensée unique, il a réussit en une phrase, à se poser en défenseur du bon sens populaire, en adversaire résolu du politiquement correct qui cherche la petite bête là où elle n’est pas et en victime expiatoire du parisianisme. En l’espace de quatre jours, il se débarrasse des compromis boiteux qu’il avait dut consentir à la direction du PS pour ne pas avoir de liste concurrente et il vient de régler la question de l’hypothétique fusion avec les verts entre les deux tours. Il s’est affranchit de la rue de Solférino et devient le champion du régionalisme. Le résultat ne fait guère de doutes, il aura les coudées franches pour son second mandat.

Le deuxième exemple de réflexes conditionnés servant magnifiquement les intérêts du «transgresseur», sont corporatistes ceux là.

Brice Hortefeux est monté au créneau samedi, après le meurtre sauvage de deux retraités dans l’Oise, pour annoncer une aggravation des peines encourues par les auteurs de ce genre de crimes et diverses mesures tendant à rassurer les retraités. La réaction ne s’est pas faite attendre, les magistrats sont contre au motif que l’arsenal répressif existe déjà. Si tout ceci est parfaitement exact les syndicats n’en ont pas moins fait ce que l’on attendait d’eux. Ils ont exprimés une fois de plus leur opposition à toute action gouvernementale visant à assurer la sécurité des français. Ils ont ainsi validé , la théorie largement répandue que leur culture de l’excuse leur fait toujours préférer le criminel à ses victimes. En forçant leur ministre à leur emboiter le pas, ils ont, en outre, affaibli sa position politique en la faisant passer dans le camp des «mou du genou». L’opinion gardait d’elle l’image rassurante de la mère du régiment qu’elle avait su magnifiquement incarner lors de ses 5 années passés au Ministère de la Défense et que son passage, pourtant bien corseté, Place Boveau avait à peine écorné. D’une pierre, deux coups, empruntant à son mentor, Nicolas Sarkozy, une de ses meilleurs techniques, son «ami de trente ans» enclenche le processus visant à le débarrasser d’un rival. Michèle Alliot-Marie était jusque là une concurrente et une alternative pour incarner la tranquillité et la sécurité aux yeux des Français. Grâce à Pavlov, il a de nouveau validé la théorie que les juges et les bobos sont les seuls responsables de la délinquance. La condescendance, pour ne pas dire plus, avec laquelle les édito-moralistes ont emboités le pas des magistrats, achève le tableau.

Le pire, là dedans, c’est que ces «braves gens» ne se rendent même plus compte du bien qu’ils font à la victime de leur indignation pavlovienne. Quand on n’a pas d’idée nouvelle et que  les résultats se font attendre, à Montpellier comme à Paris, on peut toujours compter sur les réflexes de la caste des bien-pensants pour paraître incarner, à bon compte, les aspirations du peuple. C’est vieux comme la Septimanie. A défaut de Gracques, le peuple se rabat sur Milon et crache sur le cadavre de Pulcher. Les « Optimates » devraient se méfier, le peuple n’aime pas ses professeurs et ne goute plus leurs sermons. La place est libre pour les « Populares ». Certains l’ont bien compris.

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Une Réponse to “Pavlov, Frêche et Hortefeux”

  1. Basochard Says:

    Les amitiés au sein de la communauté juive du languedoc et au sein du peuple israëlien ne se comptent plus pour Georges Frêche, qui en terme de clientélisme (à la romaine, soyons clair) le rend bien.

    La phrase qu’il a pu dire, ne casse pas trois pattes à un canard (aïe, une autre vieille expression française, que vont dire les canards… boiteux), et se place dans un cadre de règlement de compte dirigé vers l’un de ceux qui a le mieux représenté le mitterrandisme.

    Rappelons qu’il y a quelques années, le même GF avait rebaptisé la rue sise devant l’Hôtel de Région (période Jacques Blanc) de rue de Vichy. Double soufflet à l’alliance avec le FN, et au passé « franciscain » d’un Président de la République qui n’avait de socialiste que le nom.

    Dans le cadre des chose plus sérieuses, Martine Aubry va tenter d’utiliser le seul rebond de campagne qu’il y ait eu pour faire passer son projet de primaires ouvertes. Ceci pour écarter des fédérations socialistes « gênantes » (Languedoc-Roussillon, PACA).

    Rappelons par ailleurs qu’au dernier conseil municpal de Montpellier, le Maire Mme MANDROUX, socialiste pressentie pour être la nouvelle tête de liste aux régionales, a été mise en minorité par notamment les frêchistes.

    avec Gérard Schivardi, Canteloup a encore de quoi nous faire rire sur Europe 1…

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