Depardieu, un Dumas par trop Frêche

Tout ce qui est excessif est insignifiant. N’empêche que je ne vois pas ce qu’apporte l’apartheid à la société française. Le communautarisme un temps rampant et aujourd’hui débridé que nous vivons nous pousse chaque jour un peu plus surement les uns contre les autres.

J’évoquerai rapidement, à ce propos, l’affaire des restaurants Quick servant exclusivement de la viande hallal. Cette histoire est significative à plus d’un titre. En premier lieu, l’Etat est, par le biais de la Caisse des Dépôts et Consignations, l’actionnaire principal de cette chaine de restaurant confessionnelle. Mes impôts pas plus que mon livret A n’ont vocation à faire avancer la cause de la ségrégation dans notre pays. D’autre part outre la prohibition du porc, il ne s’agit pas seulement d’abattage rituel mais aussi et surtout de gros sous. Pour obtenir le label, il faut payer une dîme aux autorités du culte musulman. Le malaise vient du fait que cette opération ait été tenue secrète. Quand j’achète un hamburger, je n’entends pas forcément participer au denier du culte islamique. Si l’on est, à bon droit, choqué par ces pratiques cultuelles mercantiles, il suffit de se tenir éloigné de cette enseigne en leur retournant leur slogan : « entre vous et nous c’est une histoire de goût ».

Je m’intéresserai d’avantage, dans cette chronique, au dernier délire en date des grands prêtres  du « droit » à la différence, qui se cristallise autours d’Alexandre Dumas. Gérard Depardieu ne saurait, selon eux, incarner le grand novelliste du XIXème siècle au prétexte qu’il est blanc.

Voilà un concept des plus intéressant. Comme l’a fort bien dit Eric Zemmour, hier matin sur RTL, l’auteur des trois mousquetaires était, comme on le disait à l’époque, quarteron. C’est à dire que seul son grand père était noir. Un casting basé sur l’arbre généalogique des comédiens risque d’être un exercice des plus comique et ne sera pas sans rappeler le ridicule de la course aux quartiers de noblesse sous l’ancien régime. Enfin est-il besoin de rappeler que les derniers à avoir sélectionné les individus en fonction de leurs ascendants étaient nationaux ET socialistes ?

Plus sérieusement, n’est-ce pas plutôt pour avoir trahi sa famille, renié ses « engagements citoyens », pour avoir vendu ses principes au clientélisme languedocien que celui que l’on désignait hier encore comme « l’immense » Gérard Depardieu se retrouve ainsi stigmatisé, « blanchit » pour ainsi dire ? Son illégitimité à incarner Alexandre Dumas doit plus à son soutien à Georges Frêche qu’à sa couleur de peau. Aurait-il participé l’indignation de la classe médiatique parisienne contre le « satrape » de Septimanie que personne ne l’aurait trouvé trop blanc.

La France ne manque pas d’acteurs noirs de talent. Celui ci ne dépend d’ailleurs pas de leur couleur de peau. En dehors de son patronyme, Pascal Legitimus aurait été parfaitement légitime dans ce rôle, si ce n’était le quintal qui lui manque. Imagine-t-on le scandale si la production s’était mise en tête de rechercher un « gros noir » ? Pour l’éviter, ils se sont rabattus sur le premier Depardieu venu. Las, le « gros blanc » n’était pas nantais mais audois et frêchiste de surcroit. Le communautarisme abhorre le clientélisme, c’est bien connu.

Ce communautarisme promu au rang de vertu cardinale par une armée de sangsues qui voit en lui le moyen d’accéder à des avantages du seul fait de leurs origines est en contradiction totale avec ce qu’est la France. La Révolution de 1789 s’est faite au nom de la primauté des qualités individuelles sur celles de la naissance. La passion de l’égalité, sur laquelle tant de démagogues drapés dans les oripeaux de la vertu outragée surfent sans vergogne pour justifier leurs privilèges, est un moteur politique puissant. Il ne repose pas sur l’arasement et le nivellement pas le bas comme le présupposent les parasites susmentionnés. Ces grandes âmes sont malthusiennes. Elles sont persuadées qu’il n’y a que des richesses finies à se partager. D’où leur rapacité hégémonique qui installe durablement les sujets de leurs royaumes moraux dans la pauvreté afin, qu’elles puissent vivre, entre elles, dans un luxe tapageur.

Croire en la liberté c’est être persuadé que la richesse des uns crée celle des autres. Les différences entre les individus sont inévitables. On ne peut les gommer. Pour être socialement acceptables elles doivent être légitimes. Les bénéfices que l’on en tire doivent être reconnus. C’est lorsque l’on ne mérite pas les faveurs dont on jouit que commencent les problèmes.

Le mérite est un puissant ciment d’unité nationale, par trop négligée ces derniers temps. L’absence de vision politique conduit à n’accorder et à ne faire miroiter que des droits et des passe-droits. Le vrai courage consiste à faire la promotion de la différence des talents et non celui des couleurs.

Pourquoi s’étonner de cet état de fait me direz vous ? N’avons nous pas les hommes politiques que nous méritons ? Vous n’aurez pas tort. Qu’y pouvons nous ? Pas grand chose, si ce n’est que nous votons dans moins d’un mois, refuser de le faire, c’est laisser faire.

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