Incontinences post électorales et autres incohérences médiatiques

Après le florilège de déclarations définitives qui ponctuent traditionnellement les soirées électorales, le petit monde des médias a repris sa ronde de gardien jaloux du dogme politiquement correct nos grandes consciences sont blessées. Nicolas Sarkozy change de cap, il semble corriger ses erreurs les plus flagrantes; exit donc la taxe carbone, au revoir l’ouverture à gauche. Peu de gens pour pleureront ces renoncements au paraître présidentiel en-dehors de ceux à qui toutes ces mascarades étaient destinées. Finies les concessions à la bien-pensance, le peuple a ouvert les yeux du Président à grands coups de pied dans les urnes. Ces soumissions coûtent plus qu’elles ne rapportent. En terme électoral,  le bilan est vite fait. Le passif l’emportant sur l’actif, il était plus que temps de solder les comptes.

Cela suffira-t-il à redresser la barre ? Pas si sûr ! Cela dépendra pour une bonne part de la persévérance dont fera preuve l’exécutif dans ce « retour aux fondamentaux » seul véritable message envoyé par les électeurs en ces deux tours d’élection.

Le tropisme de Gauche de la presse française

Si la Droite a incontestablement subi une déroute du fait de l’abstention massive de ses partisans, la Gauche n’a pas pour autant reçu mandat pour changer la politique du pays.

En premier lieu parce que les Régions n’ont pas vocation à se substituer à l’Etat, n’en déplaise aux nouveaux féodaux du PS. De plus, le désengagement supposé du national n’est en réalité qu’un regroupement de moyens, la fin du saupoudrage clientéliste et de l’insondable gabegie qui en est le corollaire.

Le fait que la Droite ne soit plus une puissance politique locale facilite paradoxalement cette manœuvre salutaire. Les électeurs se sont donc rendus, en ce mois de mars 2010, un fier service de contribuable.

Deuxièmement,  pour faire triompher ses idées encore faut–il en avoir. Le Parti Socialiste et son conglomérat de circonstance n’avaient aucun programme. Le refus et le déni des projets gouvernementaux ne font pas plus une politique de rechange qu’un taux d’abstention de 50%  ne signe une quelconque adhésion du pays.

Il est amusant de constater à ce titre la première incohérence de nos journalistes. Du fait que sa «victoire» repose sur les plus motivés de ses supporters (12 sur 44 millions de votants) la Gauche peut légitimement exiger un changement de politique nationale. Faire cela ce n’est qu’entendre « le message des urnes ». Il est, a contrario, totalement illégitime, pour le gouvernement, d’infléchir sa politique afin de tenir compte de la grogne de son camp en lui proposant, enfin, d’appliquer le programme soutenu en 2007 par 20 des 44 millions d’électeurs Français. Pour nos professeurs de morale publique, cette attitude est un gage scandaleux donné aux instincts populaires les plus vils. C’est  flatter son électorat dans le sens du poil (j’exagère à peine). Ce faisant, l’UMP flirte ainsi dangereusement avec le populisme. Ecouter la Gauche c’est civique, entendre la Droite c’est à tout le moins partisan. Vive la pensée unique !

Après l’ouverture la fermeture

Tout a une fin et les électeurs de droite ont sifflé celle de l’ouverture. La première victime en est le désormais célèbre Malek Boutih. Celui qui comme Aznavour « se voyait déjà en haut de l’affiche » dont « en deux fois plus gros que n’importe qui le nom s’affichait », celui là ne sera pas « adulé et riche », du moins pas grâce à la HALDE. Qu’il s’en lamente, c’est chose normale. Que ses « amis», surreprésentés dans les médias, l’aident à s’épancher, pourquoi pas. Mais que personne ne le reprenne quand il « dérape » donne une idée assez nette de l’état lamentable où se trouve l’honnêteté intellectuelle de nos parleurs professionnels.

Mercredi 24 mars 2010, interrogé par Jean-Michel Aphatie, l’intéressé revenait sur sa déception et sur la déclaration de Gérard Longuet à son endroit:

« … il y aurait maintenant des cercles de Français ; et il y a un cercle qui a le droit au Pouvoir, celui qui est bourgeois, celui qui est au maximum protestant,  et celui qui a une origine très, très lointaine. »

Que veut donc dire par là Monsieur Boutih ? Comment devons nous les interpréter vis à vis de celle qui lui a été préférée ? Que Jeannette Bougrab, successeur du « protestant » Louis Schweitzer,  n’a pas la religion qui convient ? Que ses origines sont trop « lointaines » ou trop « harki »pour représenter légitimement les victimes ? Parce que Jeannette, à tout bien considérer, ça ne sonne pas très « hallal » comme prénom ? Non, bien sur que non : cette phrase n’est que l’expression légitime de ses frustrations face à la cabale des puissants voir dedans les « relents nauséabonds d’un racisme ordinaire » c’est faire fausse route.

En France il faut être un « bourgeois » blanc pour mériter de pareilles « analyses » sur vos arrières pensées. Ce procès en sorcellerie n’est-il pas,  très exactement celui qu’il intente au Président du groupe UMP du Sénat ? Il n’est pas le seul tant il est vrai qu’en la matière, la meute des chiens de garde de la pensée multiculturelle est bien fournie. Monsieur Longuet a eu le malheur d’exprimer ses réserves sur la désignation possible de celui qui est maintenant qualifié de « première victime de la fermeture ». Il n’avait fait qu’émettre, ainsi, l’idée que pour installer durablement une institution aussi étrange dans le paysage politique français, il valait mieux ne pas porter à sa tête quelqu’un sur qui pouvait peser le soupçon du parti pris. Le moins que l’on puisse dire, au vu des réactions de dépit du Boutih, c’est que l’ancien Président du Parti Républicain n’avait pas totalement tort.

La taxe carbonisée

Nos médias qui, relayant le PS cet « Himalaya de la pensée du service public», réclamaient depuis longtemps un abandon des réformes visant sa clientèle de privilégiés.  En vertu du principe que la France aurait parlé en ce sens, ils en appellent à tout le moins à une pause. Ils devraient hurler leur joie puisqu’on en enterre une. Et bien non, ce n’est pas la bonne que l’on sacrifie ! Celle là, il fallait la garder tant elle risquait de péter à la figure de ses promoteurs aussi surement que la centrale de Tchernobyl à celle du Soviet Suprême. Pourtant, malgré tous leurs efforts, il semble bien que nous soyons enfin débarrassés de l’usine à gaz fiscale sur le carbone. En temps de crise, les ménages ne voient pas d’un bon œil se profiler un prélèvement supplémentaire, surtout quand il est général et à leur usage exclusif.

Les bonnes intentions affichées ne valent pas tripette. Tout le monde se souvient de la vignette qui devait  – déjà – servir à financer la retraite des « petits vieux » et qui s’est inscrit comme une inaltérable pompe à fric au détriment des automobilistes. Dans ce pays où, comme le disait Clémenceau, « on sème des impôts pour récolter des fonctionnaires », rien n’est aussi durable que les contributions, c’est bien connu. Nicolas Sarkozy avait beau marteler qu’il n’avait pas été élu pour augmenter les impôts, son « machin » pour écolos en avait quand même furieusement le goût. L’électeur contribuable, en s’abstenant, a renvoyé le prélèvement au placard et la majorité à ses fondamentaux.

Il n’y a guère que Chantal Jouanno pour se dire « désespérée » par la nouvelle. Elle est, ce faisant, aussitôt portée au pinacle de la « branchitude » par Alain Duhamel … c’est dire l’impact dans l’opinion ! Renforçant son image de bobo au grand cœur, seule envers et contre tous, la Secrétaire d’Etat à l’écologie pense, sans doutes, soigner son image de  future Ministre d’ouverture des socialistes. C’est oublier un peu vite que lorsque « l’imagination est au pouvoir » elle n’a pas besoin de se fourvoyer à donner des postes aux « idiots utiles ». Il vaut mieux pour elle les laisser dans leur camp, les ravages qu’ils y font lui sont bien plus profitables. Celle là, si elle persiste dans l’être, fera une très bonne candidate à la Mairie de Paris en 2014. Elle en possède déjà toutes les qualités requises et maitrise à la perfection les codes de la bien-pensance. Elle y remplacera utilement Françoise de Panafieu dans son rôle de faire valoir du socialisme à paillettes … jusque dans son score «triomphal».

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