Grenelle, c’est ici que l’écolo … git


La crise née des subprimes qui se relance avec la dette souveraine sur fond de tragédie grecque aura eu au moins un effet positif, celui de renvoyer aux calendes hellènes la mise en œuvre des chimères écologistes.

La France, toujours en pointe pour donner des leçons au monde

Comme de bien entendu, dès qu’il s’agit de donner des leçons à la planète, la France s’est distinguée. Bien qu’arrivée très tardivement à maturité politique dans notre pays, l’activisme écolo-bobo s’est caractérisé par un messianisme sectaire et dominateur comme nous seuls en avons le secret.  Dès que nous sommes persuadés de tenir une vérité, elle devient absolue et notre devoir, notre « droit légitime »,  est de l’imposer aux récalcitrants, aux mécréants et autres criminels dubitatifs qui nous entourent. Imaginons nous un instant que dans les années 80, les Allemands, sous la pression de leurs Verts, soient venus nous expliquer, aussi bruyamment, comment nous y prendre pour construire nos centrale nucléaires …

Fort heureusement le temps a fait son œuvre et notre position de puissance moyenne ne nous permet plus d’exporter nos lubies par la force. La « lumière » de l’écologie a beau avoir mis du temps à frapper nos brillants esprits, elle n’en est pas moins devenue, en l’espace de quelques malheureuses années, le passage obligé de toute décision publique. Le bien commun à laissé la place au « bon pour la planète » seriné quotidiennement à longueur de bulletins météos par des présentatrices à l’aspect aussi lisse et « naturel » que Michael Jackson…

La passion du vivant s’est emparée de l’hexagone, plus une seconde ne doit être perdue dans la lutte contre le réchauffement climatique, cette sourde menace qui relègue la crise économique, la famine, la guerre civile, le SIDA et la malaria au rang de vulgaires boutons de fièvre sur le corps malade d’une planète au bord de l’implosion.

Et dire que pour en arriver là, il aura fallu que 15 000 vieux passent l’arme à gauche, six mois avant terme, à la faveur d’un épisode de chaleur intense durant la première quinzaine d’aout 2003. La Terre était exsangue, l’homme la brûlait par les deux bouts. Le sort médiatique réservé à l’imprudent ministre de la santé de l’époque, qui nous apparut un soir en bras de chemise pour nous expliquer que rien n’était vraiment dramatique, a suffi pour convaincre jusqu’au plus borné de nos politiciens, qu’il convenait de taire ses doutes et de mettre en œuvre « fissa fissa » les recommandations des « prévisionnistes » du GIEC qui avaient trouvé leur Buisson Ardent, dans cette canicule inespérée.

Sous l’œil mi amusé mi irrité de nos partenaires, nous sommes partis en croisade pour la planète. Aucun poncif ne nous aura été épargné et la grande machine à culpabiliser s’est mise en marche. Tout y est passé, de nos habitudes de consommation en passant par nos loisirs, notre alimentation et nos modes de déplacement : rien n’allait, nous courrions à la catastrophe.

Le retour des pouilleux

Nos Verts, qui agonisaient paisiblement dans leur coin depuis que Dominique Voynet avait déclaré un soir dans le poste que l’Erika n’était qu’une petite goute de pétrole dans  un océan de félicité jospinienne, ont retrouvé, du coup, une nouvelle jeunesse. Le comportement des scories « crâssouilles » de mai 68 qui refusaient mordicus de rencontrer un savon, un peigne, un fer à repasser ou tout autre instrument symbolisant l’obsession petite bourgeoise pour la propreté, devenait soudainement un acte « éco citoyens », par la grâce de la lutte contre l’effet de serre. Le « pas net » devenait la norme, le ver dans le fruit un gage de qualité, le jardin sauvage une règle. Le sémillant José Bové, ses moustaches en broussaille et ses notions toute personnelles de l’hygiène et du droit de propriété, jouait à la nouvelle icône du retour à la nature. Une sorte de compromis de circonstance entre Vercingétorix, Gandhi, Néron et Attila. Le « bon sauvage » du Larzac qui fleure bon la chèvre, l’engrais organique et le « droit de l’hommisme  Tiers-mondo-centré ».

Les apôtres de la décroissance refaisaient surface et leurs théories fumeuses sur les bienfaits d’une diminution de la production retrouvaient un écho chez les nouveaux « saigneurs » des villes : les bobos. La France « qui pense » s’est, alors,  mise en tête d’apprendre à celle qui travaille comment elle devait vivre. Des gens que rien ne prédisposait à avoir la moindre idée de la façon dont s’organise une filière agricole, ou le travail dans une usine, avaient d’un seul coup une idée très précise de ce que devaient être les conditions de productions optimales pour préserver le « capital des générations futures ».

La productivité agricole doit être, selon eux, combattue car elle pousse à la surproduction et maintient les pays du Sud dans une cruelle dépendance alimentaire. A croire que les adeptes de la bio diversité sont plus préoccupés par le sort des limaces à poils jaunes que par celui de l’Afrique noire. En poussant leur raisonnement jusqu’à son terme, on en arrive à la seule conclusion logique : la PAC et son productivisme ont permis de nourrir l’explosion démographique qui assombrit, aujourd’hui, l’avenir de la planète. Une bonne famine rétablira l’équilibre !

La mayonnaise des enfants de Gaïa  a pris au delà de leurs espérances les plus folles. La course à l’échalote bio a connu son paroxysme juste après l’élection de 2007. A l’issue de l’hilarante séance de dédicace du mur de la bêtise environnementale par tous les candidats à l ‘Elysée,  sauf un, tout ce que le pays de Mirabeau comptait de bien pensants s’est réuni autour d’une table pour accoucher du nouveau serment du Jeu de Paume. Comme depuis mai 68 les totems révolutionnaires ont changé et qu’il ne viendrait à l’idée de personne sauf de quelques basques de jouer au tennis à main nue, nos « grands » Homme ont préféré les abords des Invalides au stade Roland Garros. Le « Grenelle de l’environnement » marquait l’an 0 de la nouvelle alliance entre l’Homme et sa Planète. Tel Moïse descendant du Mont Sinaï, Jean Louis Borloo portait avec fierté les tables de ses nouvelles lois. La révolution verte était en marche, rien ne pouvait venir l’arrêter, on allait voir de quel bois nous allions, désormais, nous abstenir de nous chauffer.

Copenhague : une grande claque vaut mieux qu’un gros choc

Le malheur a voulu qu’entre temps, des ménages américains aussi obèses que surendettés n’aient plus été en mesure de faire face aux échéances de leurs emprunts immobiliers. Le système bancaire mondial menaçait ruine et nos Etats, parant au plus pressé, nationalisèrent le crédit en rachetant massivement les créances douteuses de ces gros pollueurs de banlieusards « Yankee ». Ce faisant l’Humanité passa très près de la catastrophe. Du coup, les perspectives de cataclysmes climatiques causés par les deux à trois degrés d’augmentation des températures moyennes sur le siècle, parurent de bien lointaines perspectives. Partout dans le monde, sauf en France, l’urgence était à la relance économique. La décroissance, on en voyait les effets et ils n’étaient pas bons du tout !

Mais au pays de Descartes, on n’a que faire de l’agitation des fourmis et autres insectes sans but ni dessein qui nous entourent. Nos partenaires n’ont pas notre hauteur de vue. Ils ne disposent pas des « amortisseurs de crise » tirés de notre « bidule social » qu’il est bien présomptueux de qualifié de « modèle » tant il se distingue par son unicité. Ils réfléchissent égoïstement et à court terme.

Heureusement que Dieu, dans son infinie sagesse, a inventé la France pour guider le monde. Seuls et contre tous nous continuions à nous enflammer pour le climat et nous nous apprêtions, dans un élan de passion extatique, à lui sacrifier le peu de force que la mondialisation avait bien voulu nous laisser.

Las ! Le sommet de Copenhague a été une claque d’autant plus retentissante qu’il avait été mal préparé. L’Europe, est arrivée divisée, et pour cause, face à des adversaires bien décidés à ne pas hypothéquer : qui leur développement, qui leur redressement, sur l’autel des lubies françaises portées par un Président plus Cassandre que jamais pour l’occasion. Renvoyé sèchement à ses chères études, Nicolas Sarkozy comprit, mais un peu tard, que cet activisme écologique ne lui apporterait rien de bon, tant les temps avaient changés. Il est difficile d’ouvrir des yeux obstinément scellés par une armée de courtisans serviles : il aura fallu attendre que son électorat se rappelle vigoureusement à lui pour qu’il se rende, enfin, à cette évidence.

La fin des haricots … verts

Le Grenelle 2 que les députés viennent d’entériner, n’est rien d’autre que l’aggiornamento du Président. La France n’est pas une ile et ne peut donc se permettre de se singulariser, sans risque. Sa politique économique doit être au diapason de celle de ses partenaires. La taxe carbone sera européenne ou ne sera pas. On se rend compte, finalement, que les éoliennes ne sont pas une source d’électricité alternative adaptée. La consommation de cette énergie, non stockable, dépend de conditions climatiques qui ne sont  pas nécessairement liées à la force du vent. On finit par admettre qu’il est économiquement contre productif d’acheter trois fois plus cher le produit de ces nouveaux moulins d’acier qui défigurent le paysage aussi surement que les lignes à haute tension que les mêmes refusent de voir franchir les Pyrénées.

Après s’être fait botter les fesses, l’UMP revient à la raison. Les Khmers verts ne seront jamais satisfaits, à l’instar de l’ineffable Noël Mamère, qui est à l’écologie ce que le rat est à la peste : un vecteur opportuniste. Comment croire un seul instant qu’un compromis avec des « humanistes » de cet acabit, qui voient dans chaque opposant à la burka un vichyste et pratiquent l’excommunication en guise de préambule à toute étude du bien fondé de leurs thèses, puisse avoir un quelconque intérêt politique ? Il n’est pas rentable, pour plaire à de tels sectaires, de s’aliéner des électeurs, déjà passablement échauffés par les renoncements en cascade auxquels la majorité parlementaire s’est livrée depuis trois ans. Je ne crois pas m’avancer beaucoup, en affirmant que faire montre de bon sens sur l’écologie ne sera pas mis au débit de celui qui en 2007 voulait « redonner tout son sens à la politique ».

La crise économique et sociale que nous traversons est un chantier autrement plus urgent que la préservation des paysages que Yann Arthus Bertrand voit du ciel et que ses amis s’empressent de saccager à grand coups d’éoliennes. Elle pousse à des ajustements drastiques et renvoie, sine die, les projets conçus au temps des vaches grasses. Il convient de remettre l’économie sur les rails pour avoir encore un avenir à construire. Qu’il faille donner aux Hommes les moyens de vivre et de s’épanouir, en prenant garde à ne pas scier la branche sur laquelle ils sont assis, est une évidence. Encore ne faut-il pas sacrifier l’Humanité à ce louable objectif. A l’envoûtante excitation de la passion écologique succède la trop sage raison économique. Après avoir tant donné de leçons au monde, qu’il est doux, pour une fois,  de faire comme les autres.

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