ISRAËL : PIEGE EN HAUTE MER

Israël vient de commettre une des plus grosses erreurs stratégiques de sa récente histoire en arraisonnant violemment le convoi de navires affrétés par une ONG turque à destination de Gaza. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois dans ce Proche Orient si compliqué que les lignes bougent. Le problème c’est que, depuis 1967, elles ne bougent plus que dans un seul sens.

Un acte de guerre ?

L’arraisonnement des navires turcs dans les eaux internationales par la marine israélienne est présenté par l’Etat hébreu comme un acte de guerre. Pour que cela fût légalement le cas, il eût fallu que ces deux pays eussent effectivement été en guerre, or il n’en est rien. Le blocus de la bande de Gaza a beau être condamné par la communauté internationale, le forcer est un acte hostile car Israël reste souverain sur son territoire et dans ses eaux territoriales. La destination supposée de l’ « armada humanitaire » ne constitue pas un motif légitime à une action préventive tant que les limites territoriales ne sont pas franchies. Reste à déterminer quel statut accorder aux douze milles nautiques qui s’étendent au large d’un territoire qui, en droit international, n’appartient à aucun état, et si les navires arraisonnés étaient entrés, ou non, dans ces limites. Ce n’est visiblement pas le cas, a en juger par les circonlocutions utilisées par le gouvernement Netanyahu pour éviter de reconnaître ce sur quoi tout le monde s’accorde. Cette attaque des commandos marine a eu lieu à 72 nautiques des côtes, en dehors donc du périmètre de souveraineté, effective ou prétendue, des Israéliens contre des bâtiments battant pavillon de nations amies, cela s’apparente à un acte de piraterie.

corvette israélienne de type saar V

La disproportion dans l’usage de la force est aussi proprement effarante. Le gouvernement israélien invoque la légitime défense de ses soldats, supposés surentraînés, face à des « activistes » certes peu pacifiquement armés de battes de baseball, d’armes blanches et de barres de fer. A ce compte-là, que n’avons-nous fait donner les chars Leclerc pour disperser les émeutiers de nos banlieues à l’automne 2005… Deux soldats ont été blessés par balles mais il n’est pas encore prouvé qu’il s’agisse bien de projectiles tirés par leurs adversaires. Dégager des excités qui l’occupent, avec force barres de fer et couteaux entre les dents, une coursive de bateau à coups de M16 cela produit les résultats que nous constatons, mais aussi, probablement, quelques malencontreux ricochets. Quoi qu’il en soit, il est urgent pour Tsahal de changer de tactique car il y a fort à parier que cette « expédition humanitaire» maritime, ne sera pas la dernière. Israël ne pourra pas toutes les repousser de la sorte, sans compromettre durablement son image internationale et donc à terme, son avenir.

Les Israéliens s’estiment victimes d’un complot mondial visant à les détruire en sapant leur image, par le biais de coups médiatiques savamment planifiés. Le but de ces « shows » étant, selon eux, de leur faire endosser les habits peu enviables – et paradoxaux dans leur cas – de Goliath. A bien y regarder, il n’est pas impossible , dans ce cas précis, qu’ils ne soient pas totalement aveuglés par ce que leurs adversaires qualifient de paranoïa. Ceci étant, s’ils tombent aussi facilement dans les « panneaux » médiatiques qui leurs sont tendus par leurs ennemis, c’est probablement que leurs réactions sont devenus tellement prévisibles qu’il devient urgent, pour eux, de changer de tactique.

« Un peuple sûr de lui et dominateur »[1]

Une représentation géographique oubliée

Ce passage du statut de « victime de l’hostilité arabe » à celui d’ « oppresseur des Palestiniens », Israël a permis à ses adversaires de le construire avec une obstination et un acharnement peu communs. L’Etat hébreu s’est efforcé depuis la guerre des six jours et l’occupation des territoires qui étaient alors jordanien pour l’un – la Cisjordanie – et égyptien pour l’autre – Gaza – de perdre un à un les soutiens dont elle jouissait du fait de sa position d’assiégée. En effet, de leur création en 1948 à 1967, les Israéliens ont été constamment sous le feu du nationalisme arabe. Les pays qui les « entouraient » – les « encerclaient » serait plus exact – les attaquaient systématiquement avec pour ambition avouée de les éliminer. Tout a changé à l’issue de la guerre des 6 jours, quand Israël est passé du rôle de victime à celui d’occupant puis de colonisateur.

Certes, ce pays est la seule démocratie dans une région dominée par des dictatures autocratiques parfois héréditaires ou théologiques, mais toujours corrompues. Cette force morale est aussi une faiblesse dans la mesure où ses pères fondateurs ont choisi le pire des systèmes institutionnels possibles : le parlementarisme par représentation proportionnelle.

Ce qui pouvait se comprendre vu les circonstances ayant présidé à la naissance de l’Etat d’Israël, où les nécessités d’unité nationale prévalaient sur toute autre considération, est devenu, avec le temps, une tare. Aucune majorité stable ne sort jamais des urnes. La division profonde du peuple se reflète au parlement et les politiciens sont obligés de composer des majorités de circonstance pour parvenir à former un gouvernement. Comme dans nos troisième et quatrième républiques, le pouvoir réel est aux mains des petits partis « charnière », souvent extrémistes, qui  font et défont les majorités au rythme de leurs intérêts et de leurs phantasmes. Ils ne pèsent rien ou si peu dans le pays, mais la proportionnelle leur permet toutes les arrogances.

Le glissement d’une occupation militaire, qui pouvait être justifiée par des impératifs de sécurité tant que la paix n’était pas signée avec l’Egypte et la Jordanie, à une colonisation de peuplement, destinée a rendre irréversible une situation juridiquement floue, s’explique largement par cette fragilité politique.

Un pays à l'étroit dans des frontières disputées

La démocratie c’est aussi, il ne faut pas se le cacher, l’art de flatter l’électorat. Les plus démagogues l’emportent souvent sur les plus responsables. C’est faire injure aux dirigeants israéliens qui se sont succédés depuis quarante ans que de les penser aveugles et sourds aux conséquences à long terme de leurs actes. Ils n’étaient que des politiques souhaitant être réélus dans un pays confiné, un pays à l’étroit dans des frontières disputées, fruit d’un compromis diplomatique entre grandes puissances au sein d’une ONU toute neuve. Dans ces conditions, l’attrait représenté par de nouvelles terres, gagnées sur l’ennemi à l’issue d’une guerre défensive, est vite devenu irrésistible, au delà de toute raison stratégique. Ajoutez à cela la dose convenue de corruption orientale dans les mécanismes de distribution du foncier et vous avez la recette du cocktail explosif qui empoisonne les relations entre l’Orient et l’Occident depuis plus de 40 ans.

Désespérer ses alliés

Depuis la guerre des Six jours, Israël s’évertue à s’aliéner ses amis naturels avec une régularité confondante qui n’a pour seul équivalent planétaire que les efforts continus de la Corée du Nord pour « s’ouvrir » au monde. La France, qui avait porté l’Etat hébreu sur les fonts baptismaux alors que l’Oncle Sam se méfiait encore des illuminés collectivistes qui bâtissaient des Kibboutz comme les Soviets faisaient pousser les Kolkhozes, fut la première à prendre ses distances. Notre pays se refaisait ainsi, à bon compte, dans le monde arabe, un crédit largement entamé par la guerre d’Algérie. Il n’empêche qu’en la matière, de Gaulle était une fois de plus visionnaire. Il avait parfaitement assimilé l’idée qui avait été longtemps portée, entre autre, par les promoteurs du sionisme : celle de la libre détermination des peuples. Le temps des conquêtes militaires et de leur acceptation par les vaincus comme un fait accompli était passé, celui de la « résistance à l’occupation » et de la guerre asymétrique commençait. La France venait de s’en rendre compte en se sortant du guêpier algérien, elle avait une longueur d’avance, mais ses avertissements furent méconnus, moqués et ignorés comme venant de la puissance déclinante qu’elle était, aux yeux d’une jeune nation, galvanisée par une victoire sans appel.

Depuis lors, à l’exception notable des Etats-Unis, tous les alliés d’Israël sont passés d’une bienveillante neutralité à une condamnation systématique des « méthodes disproportionnées » employées par l’Etat hébreu pour garantir sa sécurité. Des invasions du Liban, au démantèlement de l’Autorité Palestinienne en passant par le blocus et le bombardement de Gaza, toutes les initiatives de Tsahal ont apporté leur pierre à l’isolement du pays sur la scène internationale.

Pareille situation n’est pas tenable sur le long terme. Tout comme nous nous refusons à voir la réalité économique en face, les gouvernements israéliens s’obstinent à ne pas considérer les données géopolitiques et géostratégiques, pourtant évidentes, qui commandent à un compromis avec les Palestiniens. Ils n’ont pas d’autre porte de sortie. Ils s’aliènent tout le monde, jusque et y compris, aujourd’hui, leur plus fidèle allié musulman : la Turquie. Ils sont entièrement dépendants de la patience et de la fidélité des Américains. En matière de relations internationales, il n’est jamais bon de dépendre d’un seul pays, fût il obstiné, surtout en des temps économiques incertains. Le jour où la Maison Blanche fera le compte de ce que lui coûte financièrement et politiquement son soutien indéfectible à Israël, le risque sera grand de voir le « parapluie » américain se refermer. Les états sont des monstres froids et compter sur les sacrifices que sont prêt à consentir les électeurs de l’Idaho ou du Michigan pour l’avènement d’ « eretz Israël » est un calcul risqué. L’essentiel de l’effort de guerre des Etats-Unis dans le Golfe, en Irak et en Afghanistan est lié directement à ses relations privilégiées avec Jérusalem. La haine que déclenche cette amitié dans le monde arabe doit se compenser à coups de milliards de subventions économiques pour conserver en place des régimes corrompus qui maintiennent, tant bien que mal, le couvercle sur la marmite. Lorsque s’ajoutent à cela, les vies humaines, le spectre d’un retournement de l’opinion publique américaine prend corps à mesure qu’augmente le nombre des G.I. tués en opération.

L’excuse commode du fondamentalisme :

L’exercice solitaire du pouvoir a donc ses limites, et les Israéliens vont devoir rapidement s’accommoder de ce qu’ils ont toujours repoussé avec la dernière des énergies : un Etat palestinien.

Depuis les accords d’Oslo, l’Etat hébreu, aidé en cela par les dissensions palestiniennes, l’irrédentisme et la corruption de Yasser Arafat, s’est toujours évertué à renvoyer cette naissance aux calendes grecques. Le retour aux affaires de la droite israélienne s’est même fait sur le dos du leader historique du Fatah accusé d’encourager les terroristes du Hamas. Avant d’en venir à de meilleurs sentiments et d’en sombrer dans le coma, Ariel Sharon a réduit en poussière l’embryon national qu’était l’Autorité Palestinienne faisant du même coup du Hamas le seul « résistant  légitime » à l’ « oppression coloniale».

Refuser, aujourd’hui, toute discussion avec les Palestiniens sous prétexte que certains d’entre eux sont des fous radicaux, est une hypocrisie. Israël serait plus légitime dans cette posture, s’il n’avait favorisé, avec détermination, dans les années 80, la montée en puissance des islamistes au détriment des nationalistes de l’OLP, inspirant ou s’inspirant en cela –l’Histoire le dira –  des méthodes utilisées par les Américains en Afghanistan contre les Soviétiques, avec les conséquences réjouissantes que l’on connaît aujourd’hui. Comme souvent, la potion s’est retournée contre l’apprenti sorcier et la créature, échappant à tout contrôle est devenue le pire cauchemar de son maître. Encore qu’il faille distinguer entre le maître et les enfants de ce dernier. Il est indéniable que les premières victimes de la folie des islamistes sont les civils israéliens qui subissent les attaques répétées des « kamikaze » et autres roquettes « artisanales ». Le fait que collatéralement, les civils palestiniens souffrent des représailles de Tsahal est un fait capital. La punition collective ne parvient jamais à autre chose qu’à souder les punis contre la main qui les frappe. Une fois posées ces données, on est en droit de se demander à qui profite le crime. Des deux cotés, les partisans du statu quo s’en sortent remarquablement bien. Rien ne peut bouger car on ne négocie pas : pour les uns avec l’occupant et pour les autres avec des terroristes …  du moins jusqu’à cet assaut.

L’importance que prend ce conflit dans nos sociétés marquées par une crise sans précédent rend encore plus urgente sa résolution. Nous ne pouvons pas durablement supporter que de parfaits abrutis en quête d’identité se tournent vers la haine du « juif » pour s’en fabriquer une. Il ne s’agit pas seulement de ne plus revivre « les heures les plus sombres de notre histoire » : l’Histoire ne repasse jamais les plats. Il convient justement de dépasser l’histoire tragique du « peuple juif » pour qu’un Etat qui en est directement issu, mais qui n’a pas pour autant vocation à représenter tous les juifs de la planète puisse vivre en paix avec ses voisins, ces derniers devant chercher ailleurs les raisons à leur sous-développement chronique. On ne peut pas passer son temps à expliquer qu’une mosquée en Europe n’est pas un avant-poste d’Al Qaïda  et prétendre que les juifs sont responsables et comptables des erreurs d’Israël. C’est aujourd’hui que l’on aimerait entendre les autorités religieuses musulmanes appeler leurs coreligionnaires au calme, à l’instar de ce que fit le Vatican après le 11 septembre.

Cargo Exodus en Juillet 1947

Ce qui vient de se produire au large des eaux israéliennes sera peut être un tournant dans la sanglante histoire du Proche Orient. On ne peut pas ne pas être frappé par certaines similitudes entre la situation présente et les circonstances qui ont présidé à la naissance d’Israël. Des bateaux, dans les deux cas, tentent de forcer un blocus en invoquant les mêmes  « raisons humanitaires ». Une même tentative de les en détourner produit des pertes comparables en vies humaines. Si cette tragédie pouvait enfin conduire à la création d’un Etat palestinien indépendant et viable, on aurait fait un grand pas vers la résolution du conflit.

On ne construit jamais une paix durable qu’avec ses ennemis. La France en est un bon exemple, tant avec l’Allemagne et le FLN algérien qu’avec la « perfide  Albion ».


[1] Charles de Gaulle conférence de Presse du 22 novembre 1967

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3 Réponses to “ISRAËL : PIEGE EN HAUTE MER”

  1. MONTENAY Says:

    Bravo !

  2. Quentin Says:

    Tes remarques sont très pertinentes. Je vois deux sujets. Celui du cargo (le blocus) et celui du problême en générale. Pour ce qui est de l’évènement, les israeliens sont tombés dans le piège. LA réponse est de surcroit disproportionnée mais nous pouvions nous y attendre. le sentiment de peur frolant la paranoia m’a l’air assez encré. Néanmoins, on peut supposer que les barbus puissent se servir des convois étiquetés ONG pour passer à l’acte. Comment faire autrement maintenant ? Force est de constater que le mur érigé par sharon fait de l’effet. Plus d’attentas en israel depuis bien longtemps. Les guerres éclairs entre israel et le hamas ne durent que deux semaines…et israel gagne ou ne perd pas…surtout quand ils décident d’envoyer la seconde ligne pour terminer la guerre. Non je pense que cette fois ci, ils se sont légèrement discrédité…mais tout va retomber pour laisser la place au vrai problème qui est celui de la région dans son ensemble. La haine d’israel et du peuple juif dans son esemble est bien présente dans les mentalités des arabes moyen orientaux. Il n’empèche que des solutions existent. Tu en a ébauchés quelques unes ( tu as il me semble oublié le retour des réfugiés et surtout la question de jerusalem qui est très déterminante…).
    Si tu veux mon avis, la solution politique n’est pas la bonne. On ne force pas des peuples à s’aimer ou à se respecter. Par contre, je crois à la paix économique. Même si demain nous voyons éclore un état palestinien (qui je le rappelle pour nos lecteurs n’a jamais existé juridiquement dans le cadre de la souveraineté de la population palestinienne…) comment va t il vivre ? avec l’argent de l’iran ? ce n’est pas dans l’intérêt d’israel, des état unis, ni même de l’arabie saoudite. c’est l’intérêt de personne hormis les syriens. La paix économique c’est la prise de concience des israeliens qu’ils ont tout intérets à former et à aider les palestiniens à construire des villes. Quand le bâtiment va, tout va disais un député de l’assemblée nationale sous la 3ème…Il y a des terres à cultiver. On sait que les juifs des kibboutz n’avaient besoin de personne et se sont démerder tout seul. Les palestiniens ne veulent pas ? Et bien nous allons les aider. La pauvreté de cette population est la source première des frustrations et de la haine. Il faut qu’ils haussent leur niveau de vie. Et je ne vois que des solutions économiques. Pour la politique, nous n’avons pas besoin d’une paix entre israèl et la future palestine. C’est une paix dans la région. C’est l’union de la méditerranée au sens large !!! Israel à l’eau, les autres le pétrole. Bref tu vois ou je veux en venir. L’europe ne fera plus la guerre car elle est unis par les intérets économiques. Et c’est bien. Ca marche. Alors faisons pareil la bas. Le politique et l’économique sont liés. Savoir qui prime par rapport à l’autre peut importe. Le but est de trouver le lien entre les deux. Le statut quo peut demeurer longtemps. Israel empêchera toujours un état proche de se doter de la bombe et controlera la démographie. Mais l’effort de guerre va me semble t il plomber de plus en plus le moral et les finances des israeliens.
    Moralité: je ne suis pas pessimiste pour israel. le rapport de force est à leur avantage et cela demeurera. je pense juste qu’il faut changer son fusil d’épaule et arrêter de vouloir obliger les israeliens à faire la paix avec des gens qui ne les aiment pas. Faut juste leur dire:  » regarde, en face y’a une terre avec des gens  » donc y’a du business. Donne leur l’argent (que tu as de toutes façons), et tu auras la paix. et en même temps tu auras moins d’illettrés en face de toi pour faire la paix politique par la suite…

    • marcsuivre Says:

      Je te reconnais bien là mon ami, les affaires comme solution au problème, ce n’est pas faux. L’argent permet de surmonter bien des haines et le développement qui peu ou prou va avec est un facteur d’intégration régionale. Ceci étant, il n’est pas question de « forcer » les Israéliens à faire la paix avec des gens qui ne les aiment pas. En premier lieu, comme on est rarement en guerre avec ses amis, c’est avec ses ennemis qu’on fait la paix. Ensuite, pour faire la guerre il vaut mieux avoir une entité juridique à qui la déclarer. Enfin, ton approche économique est une bonne approche mais elle suppose là encore qu’un état soit créé. Je ne pense pas que le futur Etat palestinien sera financé par l’Iran, du moins pas tant qu’il ne sera pas Hamas. Les puissances Sunnites, Israël et l’Occident ont tout intérêt à ce que l’Autorité Palestinienne domine ce futur état et ils mettront la main à la poche pour qu’il en soit ainsi.
      Pour ce qui est de l’eau, c’est surtout la Turquie qui la possède dans la région. Israël en fait une utilisation conforme à son niveau de développement mais son approvisionnement n’est pas aussi assuré que tu sembles le croire. En tout état de cause l’accès au Jourdain est à mon sens bien aussi important que le statut de Jérusalem.
      Pour ce qui est de la ville Sainte, tout le monde devra faire des concessions et elles seront douloureuses. Les excités de chaque camps ne manqueront pas de se crisper sur cette question passionnelle qui est pourtant, je me répète, moins essentielle que l’eau.

      Enfin, tu as raison, la politique sécuritaire semble porter ses fruits. C’est un paradoxe qui n’en est pas un. Le Hamas a tout intérêt au statu quo. Montrer la souffrance des gazaouites victimes du blocus est porteur. Si l’Egypte lève durablement le blocus et si Israël inspecte les navires « humanitaires » avant de les laisser parvenir à destination, comme cela semble se dessiner, nous verrons bien ce qu’il adviendra. Faire sauter des kamikazes ce n’est pas très porteur en terme d’image (du moins en occident). Je comprend parfaitement que l’on mette tout en oeuvre pour empêcher les cinglés de se faire sauter en public. Ceci étant, la punition collective ne peut que susciter des vocations. Après avoir dit ça on n’est pas plus avancé mais je pense que sur le long terme, le bouclage hermétique n’est pas tenable. Quand le niveau culturel et surtout économique des populations concernées se sera élevé, il sera beaucoup plus difficile de recruter des bombes humaines et on pourra aller de l’avant, je te rejoins totalement.

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