CHRONIQUES DU RACISME ORDINAIRE 1

La France, nous l’entendons à longueur d’ondes, est un pays raciste où les minorités ethniques sont exploitées, brimées et pour tout dire opprimées. Ce peuple, structurellement rétif aux beautés d’un monde multiculturel chantées par tout ce que l’intelligence compte de bons esprits, doit être rééduqué. L’avant-garde de la conscience humaniste a beau s’y employer avec la dernière des énergies, rien n’y fait : de moins en moins de Français se retrouvent dans le monde merveilleux de Oui-Oui que lui servent soir après soir les chaisières du 20 heures sur TF1. Après avoir vainement tenté de changer LE Peuple, notre élite cosmopolite passe à la vitesse supérieure en tentant de changer DE Peuple. Seulement, l’affaire n’est pas simple et même les symboles sont difficiles à manier.

La France a-t-elle encore une équipe nationale de football ?

Quoi de mieux, pour faire avaler toutes les couleuvres à un peuple, que de lui donner des jeux ? Nos Caligula contemporains avaient cru trouver le Graal avec le football. Las, après les délires venus saluer en 1998, le titre mondial tant attendu, l’avènement d’une « France multiculturelle », le peuple s’est progressivement éloigné d’une équipe qui lui ressemble de moins en moins. L’arme absolue destinée à louer les vertus du brassage de population s’est avérée être un redoutable boomerang.

On a beau nous enfumer en nous expliquant que cette « sélection » est à l’image de la France d’aujourd’hui, on n’achète plus ce gros mensonge, ou alors c’est que Jean-Marie Le Pen est bien en-dessous de la réalité en ce qui concerne les chiffres de l’immigration. En vérité, on a bien du mal à en trouver, de la « diversité », dans cette équipe. Comme un malheur n’arrive jamais seul, depuis que la « main de Dieu » s’est mêlée aux affaires des hommes pour qualifier « la France » aux dépens de ces malheureux Irlandais, la presse ne cesse de s’interroger sur les raisons du désamour des Français avec « les Bleus », façon de dire en creux tout le mal qu’elle pense de l’icône.

"Stratège" à la recherche ... du talent

Si la question est aussi pressante, c’est que le mal est très profond. Est-ce parce que notre pays n’abrite plus que des culs de jatte incapables de ce fait de propulser une balle au fond des filets que nos instances « footballistiques » ont « nationalisé » des « talents » étrangers à tour de bras? Résultat, des garçons que rien ne prédestinait spécialement à jouer sous le maillot tricolore se sont retrouvés Français par la grâce de leur « don» pour le ballon rond. Or l’attachement à l’hexagone ne dépend pas plus d’un maillot que d’une carte d’identité. C’est si vrai que ces bleus passent le plus clair de leur temps à se justifier – quand ce n’est pas à s’excuser – de ne pas faire partie des sélections de leurs pays d’origine. C’est déchirant de voir combien leur âme souffre de cette séparation, mais le cœur a des raisons que le portefeuille ignore.

Il faut dire qu’existe aussi un mouvement inverse, avec les joueurs de seconde zone. Ainsi, 17 des 23 joueurs algériens sont nés en France et donc Français en regard de notre code de la nationalité. Seulement, ils ne sont pas assez bons pour nous, donc retour à l’envoyeur. Notre pays est, ainsi, le seul au monde à avoir deux équipes engagées dans la phase finale qui se déroule en Afrique du Sud. Vous me direz que les Algériens n’entonnent plus la Marseillaise depuis 1962 ; certes mais comme « les bleus » ne la chantent pas non plus, la différence n’est pas si grande.

Ce n’est pas le spectacle désolant auquel se livrent nos prima donna depuis qu’elles sont entrées dans la compétition qui va changer les choses. Les commentateurs ont bien du mal  à nous convaincre que l’ostracisme dont est victime Yoann Gourcuff de la part de ses « camarades » est juste une question de jalousie à l’endroit de sa plastique qui lui permet de se passer des services tarifés des professionnelles du sexe. Ce comportement qui frise le racisme n’est que la cerise sur un gâteau déjà passablement lourd à digérer. En réalité, le « divorce » entre notre pays et son équipe de football est total et ne doit rien à la couleur de ses joueurs. Nous ne pouvons simplement pas nous identifier à une troupe de mercenaires surpayés qui ne portent leur maillot que par pur opportunisme de carrière. Il leur manque toujours un petit supplément d’âme. Ce patriotisme qui fait d’un joueur transalpin, un Italien avant d’être l’employé millionnaire d’un club anglais ou un juge peu amène des mœurs de la sœur de Zidane. Cette fierté nationale qui transforme un Allemand, par nature un pacifiste forcené, en une machine à hacher l’adversaire pour le plaisir d’entendre retentir le Deutschland über alles. Avec nos joueurs : aucun risque, ils ne vont pas s’abaisser à un nationalisme de caniveau pour voir se dresser haut et fier le beau drapeau de notre France entière[1].

Depuis Carthage, nous savons bien que l’argent seul ne suffit pas à assurer la victoire. Il faut une relation charnelle avec la terre que l’on représente pour dépasser ses limites et renverser une situation désespérée. Quand  on a pour unique préoccupation de protéger le chèque que, vainqueur ou vaincu, on est sûr de percevoir, pas besoin de « mouiller le maillot ». Au contraire, il convient de s’économiser pour ne pas risquer de tarir cette manne, par une blessure aussi imbécile que malvenue.

Il en va des recrutements dans le football comme de l’intégration : il faut se concentrer sur ceux qui veulent vraiment faire partie « du collectif » et laisser de côté ceux qui veulent juste profiter du système. Personne ne devrait d’ailleurs être forcé d’abandonner ses chères racines pour vivre au milieu d’affreux pillards colonialistes… en tout cas pas pour tout l’or du mondial.

Les dangers insoupçonnés du saucisson

Surfant sur la vague des apéros géants de Facebook, un groupe de facétieux identitaires s’était mis en tête d’organiser une rencontre festive et conviviale rue Myrha le 18 juin 2010 sur le thème rassembleur et gaulois du « saucisson-pinard ». Aussitôt, la cohorte de la bien-pensance munichoise radiodiffusée a crié à la provocation. Pourquoi ?

Pour celles et ceux qui l’ignorent, la Goutte d’Or, où Zola situa l’action de l’Assommoir, est un quartier emblématique du dix-huitième arrondissement de Paris. C’est, aussi, dans cette partie de la capitale qu’est à l’œuvre, depuis une vingtaine d’année, ce que Renaud Camus appelle le « remplacisme ».  Cette politique, qui consiste à vider des pans entiers du territoire de leurs habitants d’origine, pour leur substituer de nouvelles populations allogènes. Partout ailleurs que dans notre beau pays, on apparenterait cela à du nettoyage ethnique. Ce vilain mot ne s’emploi en français que lorsque des musulmans sont chassés de chez eux par, au choix, des chrétiens ou des juifs. Chez nous, et dans ce sens là, c’est juste du « renouvellement urbain ». La fiction communément admise veut même que cela se passe sans violence et que ces regroupements ethnico-religieux se fassent « en bonne intelligence ». Il n’y a qu’à se rendre dans ces quartiers où même les pompiers ne peuvent plus pénétrer sans déclencher d’intifada, pour avoir de sérieux doutes sur la validité de ces assertions lénifiantes.

Le multiculturalisme en action

Nos beaux esprits voient donc dans cette entreprise viticolo-charcutière, une agression intolérable contre le « vivre ensemble » local qui consiste chaque vendredi  à interdire la circulation dans cette rue afin de la transformer en mosquée à ciel ouvert. C’est vrai que même le calendrier ajoute sa pierre au complot rabelaisien puisque cette année le 18 juin tombe un vendredi, jour de prière en terre d’islam et de match Angleterre-Algérie, au Cap, en Afrique du Sud.

Provocation donc, que cette orgie sur le lieu de culte sauvage, d’une communauté notoirement connue pour sa vision pacifiste du dialogue interreligieux, comme auraient pu en témoigner les moines de Tibéhirine si leurs bourreaux leur en avait laissé l’occasion… Impie alors, cette volonté de partager des victuailles et le « fruit du travail des hommes » au milieu de ceux que le tout-Saint-Germain des Prés aime à se représenter comme des frères, à condition qu’ils restent loin des terrasses du Flore. Il ne s’agit pourtant pas de découper du jambon en plein cœur de la Mosquée de Paris. Personne ne songerait à pareille provocation ! C’est un peu comme si un comité gay et lesbien entreprenait d’organiser une foire à la pelle et à la galoche sur le parvis de Notre Dame de Paris[2]… impensable !

Le racisme dans cette affaire n’est pas là où on bêle qu’il est. Interrogeons-nous sur ce que sous-tendent les indignations du parti du renoncement. Au nom de quel principe serait-il interdit à des musulmans français de manger du saucisson et d’apprécier un bon coup de Côtes du Rhône? Qui catégorise qui, au nom d’a priori inacceptables, dans cette affaire ? Je connais des catholiques qui ne renâclent pas à attaquer une côte de bœuf le Vendredi Saint, même s’ils ne sont pas une majorité. Il m’a souvent été donné de partager mon rôti de porc avec des amis juifs sans qu’ils aient eu, pour autant, à abjurer leur foi. On peut être chrétien et juif sans porter plus d’attention que cela aux dogmes, pourquoi en irait-il autrement des musulmans ? Les interdits alimentaires d’une religion ne « stigmatisent » que ceux qui les respectent. En quoi le cochon est-il discriminatoire dans une république laïque ? On ne peut pas passer son temps à nous expliquer que les musulmans ne sont pas des islamistes radicaux, et s’effrayer de leurs réactions supposées à la vue d’une tranche de saucisson. Un bâton de berger n’est pas une arme de destruction massive et si sa seule vue doit déclencher une émeute c’est qu’il est urgent de s’attaquer à bien d’autres choses qu’à la burka.  Interdire une manifestation de fraternité œcuménique  autour des produits du terroir, sous prétexte que cela heurterait le sentiment religieux des populations qui résident en ces lieux, c’est admettre au grand jour que la colonisation est bien avancée et qu’il est des coins de France où s’appliquent déjà les principes de la Chari’a.

On mesure mieux le dilemme des autorités sur cette question, qui aurait pourtant du être anodine, dans le monde merveilleux de Boboland où ils aiment à nous faire croire que nous vivons. Ils ont donc décidé de l’interdiction du « buffet campagnard » et non de la prière en pleine rue, au prétexte de la préservation de la paix civile. Curieuse conception de la paix que cette légitimation de l’occupation du domaine public par une communauté religieuse. Dieu que la réalité est cruelle ! Les masques tombent et le mirage de la douce harmonie s’envole avec les dernières illusions d’un peuple médusé par tant de mensonges d’Etat sur la réalité de l’islam en France. La vérité l’emporte toujours sur le mensonge … fût-il pieux.


[1] Chant de marche de l’armée d’Afrique composé en 1943 par le capitaine Félix Boyer

[2] Le 14 février 2010 un « kiss in » était organisé en ces lieux à l’appel d’un « collectif » d’étudiants homosexuels

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