ROM NE S’EST PAS FAIT EN UN JOUR

Rien ne va plus ! Alors que l’Aoûtien moyen quitte à regret son lieu de villégiature, depuis Saint Germain des Près lui parvient ce cri angoissé : Les Roms ! Un esprit peu attentif à l’air du temps ou rétif à la morale médiatique de base – c’est selon – pourrait croire, dans un instant de coupable égarement, que nos élites ont revêtu les habits de Sainte Geneviève et galvanisent ainsi les parisiens, contre une nouvelle invasion de « Normands sanguinaires » – cette fois-ci venue de l’Est!

Un art consommé de l’amalgame

Las ! Nous l’avons vite compris, dans cette histoire : nos beaux esprits ont une fois de plus revêtu le costume du résistant en peau de lapin. La sarabande des pleureuses débordant de bonne conscience s’est remise en marche. A les entendre, nous n’assistons à rien de moins qu’à une version moderne de la Rafle du Vel’ d’Hiv’. Quand on n’a pas d’argument sérieux à opposer à une décision gouvernementale et que l’on est de « gôche » – donc vertueux par essence – on ne recule devant rien, pas même le ridicule le plus cru. L’amalgame outrancier dessert la cause qu’il prétend défendre – tant mieux – mais il affaiblit aussi le symbole dont il abuse et c’est bien plus regrettable.

Que personne ne s’en offusque est pour le moins troublant et en dit long sur le pouvoir de nuisance des manipulateurs d’opinion. Le terrorisme intellectuel a encore de beaux restes. Quelques rares esprits osent dénoncer le procédé. Je suis loin de compter au nombre des fanatiques du ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale mais on peut difficilement lui donner tort quand il dénonce l’imbécillité de ses anciens camarades et de leurs affidés. En l’occurrence, la déportation des juifs durant l’occupation n’a strictement rien de commun avec le départ volontaire et rémunéré des Roms vers leurs pays d’origine.

Il est, en revanche, parfaitement légitime pour un gouvernement, de décider qui doit ou ne doit pas résider sur le territoire qu’il a, légitimement, reçu mandat d’administrer. Quelle est donc l’autre terme de l’alternative au démantèlement des ces « camps » tsiganes que nos grandes âmes peinent à nous décrire comme de paisibles lieux de vie ou s’exprimerait la Culture séculaire du monde nomade, et qui ne sont en réalité que de sordides bidonvilles qui poussent, avec leur cohorte de trafics,  à la périphérie de nos villes?

L’exploitation de la misère d’une communauté humaine que cinquante années de marxisme n’auront pas suffi – comme c’est étonnant ! – à faire sortir de leur marginalisation dans leurs pays d’origines, est devenue une affaire très lucrative pour certains réseaux. Cette  « mise en fermage » des Roms dans notre pays ne remonte hélas pas à hier, et c’est avec une confondante constance que nos divers gouvernants ont laissé pourrir la situation. Refuser les expulsions aujourd’hui, c’est laisser prospérer l’exploitation de la misère humaine.

Le long aveuglement de nos dirigeants

Comme tout ce qui touche à l’immigration dans notre pays, la situation de ces « nomades » originaires principalement de Roumanie et de Bulgarie, a longtemps été tenue sous le boisseau. Ne rien voir et ne rien faire, telle était la consigne en la matière, jusqu’à cet été.

Pire que cela, les Roms ont servit de variable d’ajustement aux statistiques migratoires. Ces braves gens se sont vite rendus compte – et tout ce que ce type de pays compte de maffieux avec eux – que la République était une bonne fille. Pour être humaine – car il ne saurait en être autrement au pays des Droits de l’Homme – elle finance le « retour au pays », et pas seulement en prenant en charge les allers simples. Conséquence, il n’était pas rare que des familles fassent chez nous, deux séjours par an, soldés par deux primes au retour, personne n’ayant, jusqu’à ces derniers jours, jugé bon de tenir une liste des bénéficiaires de nos largesses publiques …

Tout le monde y trouvait son compte : les individus concernés, bien sûr, l’Etat qui gonflait ainsi ses statistiques d’expulsions, et les réseaux de passeurs qui accumulaient facilement et sans trop de risques le capital nécessaire pour entreprendre leur fructueux commerce, sur une plus grande échelle.

Cette méconnaissance des principes de base de l’économie moderne par nos élites administrative n’étonnera que peu les lecteurs attentifs, tant cette matière est sous-enseignée dans notre pays. Aussi longtemps que l’on pourra intégrer la fonction publique en pensant que Jean Baptiste Say est – avec Beghin – l’inventeur du sucre en poudre, il n’y a que peu d’espoir de changement à attendre. L’ignorance est, avec le manque d’intérêt et de courage en politique, une maladie bien française.

Commencé lucrativement avec les Roms, le trafic d’êtres humains a pu s’étendre à d’autres candidats à l’Eldorado européen, une fois que les structures criminelles qui les organisaient ont atteint la taille critique idoine grâce aux contribuables. Il est intéressant d’ouvrir les yeux sur ces enchaînements hélas largement prévisibles ; dommage qu’il ait fallu tout ce temps pour le faire !

Où l’exploitation politicienne de l’affaire permet de trier le bon grain de l’ivraie

Que la gauche droit-de-l’hommiste s’émeuve à foison du sort que ces « crypto-fascistes » de Sarkozy et Hortefeux réservent aux Roms, voilà qui ne devrait pas nous étonner.

Qu’au nombre de ceux qui réclament le démantèlement de ces campements sauvages aux abords de leurs cités, figure beaucoup d’édiles socialistes, la Martine en tête, n’est pas de nature à freiner l’enthousiasme des « défenseurs des Droidlom». Après tout la Nomenklatura de la bien-pensance sait tout du calvaire de ces populations honteusement persécutées. La preuve, elle connaît par cœur la filmographie d’Emir Kusturica, elle ne rechigne pas à écouter les Gypsy King, et le pèlerinage des Saintes-Maries : « c’est tellement charmant». C’est dire qu’en matière d’ouverture d’esprit, on ne la lui fait pas !

Il est même réjouissant de voir venir à Canossa, celles et ceux qui, avant les vacances, voulaient traîner le Pape en justice pour « crimes pédophiles contre l’humanité ». Après l’exégèse faite par l’église de France des ses récentes et obscures déclarations sur le sujet, Benoît XVI est devenu leur maître à penser. Il faut bien reconnaître que le Vatican est aux prises, sur cet épineux dossier, avec une redoutable concurrence messianique provenant des diverses sectes protestantes américaines. On comprend bien qu’il s’agit pour lui de se positionner sur le marché très disputé du salut des âmes errantes. Après tout c’est le rôle de l’Eglise et nous ne devrions pas attacher plus d’importance aux opinons de son « Pasteur Suprême » sur notre façon de régler la question des Roms, qu’à celles qu’il émet régulièrement sur l’homosexualité ou la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles pour la plus grande joie de ses nouveaux amis « progressistes ».

Il est plus ennuyeux, par contre pour un homme de droite, d’assister au balai des hypocrites opportunistes qui vient, dans son propre camp, ajouter sa note à la cacophonie ambiante.

On peut toujours arguer que le premier à la manœuvre,  celui que sa grande taille et sa grande gueule font vite émerger du marigot « des mous du genou » dès que le gouvernement s’éloigne du credo politiquement correct, n’est pas de droite. Pour autant, comme Dominique de Villepin n’est pas de gauche et qu’il n’est pas non plus la réincarnation de Michel Jobert[1], le classer ailleurs semble difficile. Après tout, le flamboyant prédécesseur de François Fillon, n’ambitionnait-il pas en créant son parti le 19 juin dernier : de rénover la droite – justement –  par une offre politique originale et rassemblant au delà des clivages partisans ? Il comptait même, pour ce faire, déployer toute l’énergie que l’anti-américanisme bêlant de nos journalistes lui impute automatiquement, depuis ses exploits oratoires onusiens. Pour être original et énergique, l’homme des Cent Jours l’aura été. Pour lui, cette affaire est « une tache de honte sur notre drapeau ». Rien que ça ! Qu’il continue encore un peu comme ça dans sa recherche « d’originalité énergétique» et il pourra utilement – pour Libération – rivaliser avec le PS dans le registre de l’imbécillité outrancière.

Peu importe le Rom pourvu qu’on ait l’ivresse (proverbe antillais)

Nous l’avons bien compris, dans cette affaire, le sort des Roms importe peu. Il est urgent, par principe, de dénoncer l’action gouvernementale. Il convient, dans le même temps, de ne surtout pas présenter aux Français l’alternative à la politique suivie par le Président. Laquelle de ces belles âmes osera dire que si nous gardons ces populations sur notre territoire, le coût de leur intégration reposera sur les contribuables français, au grand soulagement de leurs homologues de l’Est dont les gouvernements sont trop heureux de nous expédier leurs parias, en vertu des généreux principes de libre circulation des citoyens dans l’espace européens. Encore faudrait-il rappeler ici les sommes folles déjà dépensées dans ces pays, aux si maigres ressources, par l’Union Européenne en vue de résoudre – en vain visiblement – le problème à sa source. Le beurre, l’argent du contribuable et les fesses de la Commission en prime ; que demander de plus ? Que l’on fasse les « courses du Rom » sans doute…

La question était pendante dès le début des négociations visant à intégrer ces pays mais, comme toujours, on a préféré évacuer le problème en cachant la misère sous le tapis des bonnes intentions. Qui donc était ministre des Affaires Etrangères au moment où il a été question d’intégrer la Roumanie et la Bulgarie à l’Union Européenne ? Un homme avec une haute idée de lui même, un visionnaire sans aucun doute. Ce « brave » Dominique Galouzeau de Villepin devenu par la magie de ces « Roms arrangés », le « génie sans bouillir » du drapeau national.


[1] Michel Jobert 1921-2002 : homme politique français, fondateur, après l’élection de Giscard, du Mouvement des Démocrates qui ne se voulant ni de droite ni de gauche se situait « ailleurs ». Il fut ministre des Affaires Etrangères de Pompidou et du Commerce Extérieur de Mitterrand, inaugurant en cela, la mode promise à un bel avenir de l’ouverture en politique …

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