OBAMA … SACRE

La sévère raclée que vient de subir le Président américain à l’occasion des élections de mi-mandat, n’aura surpris que ceux qui se reposent sur la médiacratie française pour obtenir une information. « L’objectivité » dont ne cessent de se gargariser les moutons qui nous servent de journalistes, ne leur a pas posé trop de problèmes, en l’occurrence, puisqu’ils ont décidés de faire l’impasse sur la défaite annoncée de leur champion. Ce faisant ils ont omît de « préparer l’opinion » à ce « déferlement conservateur » qui n’avait pourtant rien d’imprévisible pour qui s’intéresse, un peu, aux Etats-Unis.

Obama ou la vache sacrée :

Le problème c’est que pour notre caste pensante, le successeur de George Bush est paré de toutes les vertus.  Il ne peut donc perdre des élections qu’en raison d’une conspiration et non parce qu’il s’y prend tout simplement comme un manche pour gouverner. Pour tous les Obamadolâtres que compte notre « intelligentsia », le Président américain est un sauveur qui procède, en même temps, de Jésus et Bouddha, tant est immense sa capacité de rédempteur de l’humanité. Succédant à l’antéchrist, il ne peut qu’être infaillible, sa couleur de peau le protégeant miraculeusement de toutes les erreurs qu’un dirigeant au teint moins « citoyen du monde » serait susceptible de commettre. C’est bien simple, s’il avait été élu Pape, le Nouvel Observateur serait devenu« Romano » … c’est dire !

 

Seulement, ces salauds d’Américains ne respectent rien ! Ils déboulonnent la statue du commandeur alors que l’on s’était à peine habitué à lui lécher les babouches. Il faut dire que pour la « classe parlante », louer le génie d’un Yankee, fût-il noir, est un exercice de contorsionniste relativement nouveau qui nécessite un minimum de durée eut égard à l’effort consentit.

Tout englués qu’ils étaient à expliquer à la jeunesse française, qu’avant d’avoir vécu sa vie il fallait qu’elle pense à la façon dont elle allait prendre sa retraite, nos faiseurs d’opinion n’ont pas eu le temps de « préparer » le bon peuple à la défaite de Saint Barack. Nous mesurons ainsi la vacuité de nos journalistes et par tant, la pauvreté de nos sources d’information. Rappelons à ceux qui ne parlent pas anglais que la « Belle Province » est dotée d’organes de presses francophones, accessibles par internet et dont les rédacteurs n’ont pas tous été formé à l’école de la Pravda.

 

La nature médiatique ayant horreur du vide, il a fallu rattraper le retard à marche forcée en ne lésinant pas sur les approximations. Diantre, c’est que laissés à nous mêmes, nous aurions été capable de douter des capacités du Sauveur ! La machine à décérébrer s’est donc remise en marche, pour nous expliquer le pourquoi de cette « révolution conservatrice » qui reprend le pays de la liberté, deux ans à peine après que la célébration des « Pâques » multiculturelles. « L’Amérique que l’on aime » renoue avec ses vieux démons.

 

 

Les fascistes du 21ème siècle boivent du thé :

 

Allant toujours à l’essentiel, nos Himalaya de la pensée correcte, ont identifié l’ennemis du bien : le Tea Party. Ne reculant devant aucune audace simplificatrice, les inlassables propagandistes, que nous appelons par commodité de langage des journalistes, nous décrivent tous, ce mouvement issu de l’Amérique profonde, comme un rassemblement de bouseuses chrétiennes hystériques, populistes à tendances fascistes. Bref le diable incarné et comme si cela ne suffisait pas, on en rajoute une couche, en expliquant que le vote Républicain (comme on mélange tout, on en est pas à une approximation près) est un réflexe raciste vis à vis du messie qui occupe la Maison Blanche. Pour preuve, le Sud ségrégationniste vote pour le GOP[i] : CQFD, fermez le ban !

 

Le tea party nest pas seulement un problème pour les Démocrates

Si, indéniablement, un certain nombre d’électeurs blancs à travers le pays ont été guidés par des considérations raciales lors de ce vote, cela ne marque pas, à bien y réfléchir, une grande différence avec le réflexe ethniciste de la communauté noire en faveur d’Obama. Le seul problème avec cette explication c’est que l’on ne comprend pas bien la poussée des Latinos dans le camp « conservateur ». C’est qu’à forcer le trait, la caricature finit par démontrer le contraire de ce que l’on veut prouver. Le Tea Party est en réalité un mouvement populaire représentant de « l’Amérique d’en bas ». Venant du peuple, il ne saurait être considéré comme autre chose que « populiste » par « l’Amérique d’en haut » et ses perroquets européens. Selon l’adage, la démocratie c’est le meilleur des régimes lorsque le peuple accepte d’être dirigé par ses élites. Quand il en va autrement, c’est de la démagogie. Ce baratin élitiste est aussi vieux que les Gracques.

Si le Tea Party refuse la toute puissance de l’Etat, c’est pour célébrer les vertus pionnières de l’Amérique éternelle, fondées sur des valeurs chrétiennes. Il appelle au sursaut rejetant en cela, le discours décliniste dominant. Ses électeurs qui veulent croire au rêve américain, sont de droite mais contestent l’indépendance de la banque centrale américaine. Enfin leurs figures de proues sont des femmes qui, débarrassées des oripeaux d’un féminisme débilitant, s’affirment enfin pour ce qu’elles sont : des chefs et non des cautions.

 

En réalité si « le premier Président noir » a perdu les élections, c’est qu’il a perdu la confiance de ses concitoyens. Il s’est montré incapable de les conduire sur les verts pâturages qu’il leur avait fait miroiter. Il leur a promis monts et merveilles en matière économique, et ils n’ont rien vu venir.

 

Le rejet du socialisme

 

Contrairement à un vulgaire Sarkozy, le Sauveur venu de Chicago (ville réputée pour l’honnêteté de ses politiciens) a été élu en pleine crise avec pour slogan que, grâce à lui, les Américains allaient pouvoir s’en sortir: « Yes we can » martelait-il a longueur de discours.

« My foot !», voilà ce que lui ont répondu, en écho à ses promesses creuses, les électeurs de 2010. Ce que leur Président leur a apporté jusqu’ici, c’est une gigantesque usine à gaz en matière de protection sociale qui ne bénéficie pas aux classes moyennes – contrairement à ce que l’on nous serine en France – mais qui sera payée par elles. De là un certain malaise dans un pays qui croit dur comme fer, qu’il faut d’abord compter sur soi et qui se méfie de l’Etat et de son interventionnisme comme de la peste. Aux Etats-Unis, le socialisme, même porté par Obama, reste une maladie.

 

Contrairement à ce que pouvait laisser penser l’arrivée au pouvoir d’un Démocrate interventionniste et keynésien, les Américains n’ont pas jeté le libéralisme économique avec l’eau du bain de Bush. Ils ont intégré depuis les « reganomics »la perversité inhérente au dogme de la redistribution étatique des richesses. Elle encourage l’attentisme, quand ce n’est pas la paresse, et dévalorise l’effort et le travail. Il vaut mieux créer les conditions qui permettent à Jacques de se payer un manteau, plutôt que de dépouiller Paul du sien pour n’en redonner que le tiers (dans le meilleur des cas) à ce même Jacques. En d’autres termes, les Américains sont insensibles aux charmes de la gabegie soviétique qui nous tient lieu de protection sociale. Pour eux, l’Etat ne doit pas avoir d’autre rôle que celui de favoriser une action optimale des acteurs économiques. Il doit garantir une saine concurrence entre ces derniers, permettre une uniformisation des procédures contractuelles et sécuriser les transactions en faisant respecter le droit.

 

Aux Etats-Unis, la charité n’est pas une œuvre d’Etat et les pauvres sont pris en charge par une multitude d’acteurs caritatifs d’inspiration principalement religieuse, mais pas uniquement. Bien sûr ce système n’est pas parfait et recèle de nombreuses failles, mais peut-on dire que le nôtre soit si parfait, quand un nombre croissant de Français se trouve bloqué dans le tunnel du RMI, sans espoir d’en sortir un jour, pour la plus grande joie des finances de nos départements ? Devons nous pousser des cris d’orfraie devant les ravages des crédits hypothécaires américains et passer sous silence le nombre toujours croissant de nos ménages ayant recours aux procédures de surendettement ? Fanny May et Freddy Mac n’ont pas à rougir devant Cételem et Cofidis.

 

Et nous pendant ce temps là ?

 

Nous qui donnons sans cesse des leçons à un monde que nous nous apprêtons d’ailleurs à « diriger » (le pauvre !) à travers le G20, quelle est notre solution ?

 

Le Grand plan de notre petit Président, c’est de faire revivre Bretton-Woods afin d’empêcher les ricains de faire fonctionner la planche à billet. Notons au passage que nous  n’avons, pour notre part, cessé de pratiquer cet exercice crapuleux, que lorsque nous avons été monétairement annexés par l’Allemagne à Maastricht (ce qui est historiquement savoureux). Nous préconisons donc le retour à l’Etalon Or comme remède miracle à l’inflation galopante que la Réserve fédérale américaine s’apprête à nous imposer sous couvert de relance. La montagne de dette accumulée par le trésor américain est telle, que cette solution pour en venir à bout est d’ailleurs annoncée  comme inéluctable depuis des années. Seulement voilà, l’Allemagne, ne s’y résout pas et, à l’instar d’un ministre du IIIème Reich[ii], Angéla, sort son revolver dès qu’elle entend parler d’inflation.

 

Comme nous ne pouvons rien refuser à l’Allemagne, voilà notre Président  lancé  dans une audacieuse politique de défense de la Rente que n’aurait pas renié Adolphe Thiers ou le « petit père Queuille ». Pour quelqu’un qui prétendait « qu’ensemble tout était possible » et qu’il était urgent de « valoriser le travail » quel retournement ! Il est vrai que tout ceci se passait avant la crise et qu’il n’avait jamais précisé, à l’époque, ce qu’il entendait par « possible ».  Ce qu’il y a de bien avec les slogans simplistes, c’est qu’ils sont déclinables en toute circonstance. La France est à la remorque de l’Allemagne dans une Europe germanisée : « ensemble tout est possible ». Une Amérique avec plus d’impôts pour moins de croissance, un déficit record et un chômage qui crève les plafonds: « Yes we can » etc. etc.

Nous vivons en réalité, en ce début de vingt et unième siècle, le dernier tableau de la dictature du Baby boum. Les soixante-huitards sont fatigués d’avoir dépensé le capital de leurs parents et celui de leurs enfants. Il s’agit maintenant, en défendant l’argent qui dort contre la sournoise inflation, de leur assurer une retraite paisible sur le dos de leurs petits-enfants. Tel est le plan de la vieille Europe, porté par la France en 2010 pour le compte d’une Allemagne de vieux. Pas sûr que la planète achète ces antiques recettes et que les Chinois se convertissent en masse aux politiques rentières Merkelino-sarkozistes.

 

Nous pouvons compter sur l’impartialité de nos médias, aux mains de la génération de sangsues susmentionnées, pour nous alerter sur la réussite de l’opération. Il serait plus prudent, pour une analyse objective, de scruter le cours du Yuan par rapport à l’Euro pour s’en assurer.

S’il s’apprécie par rapport à notre devise, on pourra alors penser que notre Président n’a pas fait que gesticuler en vain. Dans le cas contraire on pourra toujours s’en remettre au Dalaï-Lama pour soulager nos consciences droit-de-l’hommistes (pour ceux que ça travaille). Il reste une hypothèse de renforcement de la monnaie Chinoise face à la nôtre qui n’est pas d’école : celle de l’effondrement de l’Euro sous le poids de ses dettes mais ça c’est une autre histoire… grecque.

 

 


[i] Grand Old Party : surnom donné au Parti Républicain

[ii] Baldur Von Schirach lui sortait, selon la légende, son Luger à l’évocation du mot « culture ». Comme quoi, en 70 ans, nos amis d’outre Rhin ont fait d’énormes progrès.

 

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Une Réponse to “OBAMA … SACRE”

  1. JLN Says:

    Exacte cette intro ; il s’est passé la même chose en France avec John Kerry, donné à l’époque favori par les médiacrates français, alors que ma famille américaine m’assurait elle que Kerry avait peu de chances d’être élu en fait…
    Nos anciens médias s’échinent toujours à nous donner une fausse représentation de la réalité : la leur.

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