BONNE ANNEE MON CUL !

 

A peine avions nous franchi le cap de 2011 que nos médias favoris nous donnaient un généreux coup de bourdon. La France, selon un sondage dont l’intérêt n’échappera à personne, est championne du monde du pessimisme. A en croire cette recherche, nos compatriotes seraient moins optimistes que les Albanais et même les Afghans. En dehors du fait que cette constatation ne lasse pas de nous émerveiller sur les prouesses des sondeurs qui arrivent à extraire des « échantillons représentatifs de la population » dans les coins les plus improbables de la planète, à quoi peuvent bien servir de telles études ? A rien d’autre qu’à démontrer, par l’absurde, que l’on peut faire dire n’importe quoi à n’importe qui, tout dépend de la façon dont on pose la question. Il serait urgent que ceux qui nous servent de gouvernants, renvoient les charlatans qui font profession de prédire tout et son contraire par le biais de ces divinations. Qu’ils cessent enfin de prendre leurs décisions dites « stratégiques » à la vue de ces élucubrations, pour se mettre de nouveau en phase avec la société qu’ils prétendent diriger.

On le voit bien ces derniers temps, l’aura populaire vient de la transgression des dogmes que le scientifisme sondagier nous présente pourtant comme immuables. Enfermés dans leurs tours d’ivoire, gavés de privilèges et autres passe-droits, nos élites sont devenues incapables de comprendre les attentes des Français. La montée de ce que nos bonnes âmes qualifient rageusement de populisme, faute d’en maitriser les codes, ne s’explique pas autrement. A l’immobilisme de nos partis de gouvernement sur des questions aussi essentielles que l’assimilation, l’identité nationale et le projet français, répondent dans le pays, le pessimisme et la montée des extrêmes, de gauche comme de droite.

La fin programmée du mythe multiculturel

Après nous avoir assuré que le moral du Français se situait en dessous de celui du Taliban moyen (qui possède, lui, plusieurs femmes sous cloches, une belle barbe, des chèvres avenantes et une kalachnikov rutilante d’où sa confiance en l’avenir), la fièvre sondagière s’est tournée vers la perception que ces racistes invétérés d’Allemands et de Français avaient de l’islam. Quel fut le résultat ? Dans les deux pays les mahométans  sont perçus comme un danger par près de la moitié de la population. Est-ce un si grand hasard que de constater pareil résultat, après une décennie d’affirmation « pacifiste » du droit à la différence religieuse par le moyen du meurtre à échelle industrielle ? Lorsque, loin de les inciter à se fondre dans la masse d’une société occidentale ouverte et généreuse, le fanatisme religieux pousse un nombre grandissant de musulmans à revendiquer toujours plus bruyamment leur « identité », en envahissant les rues et en voilant leurs femmes, on s’étonne plutôt que seulement 42% des français les perçoivent comme une menace…

Le fait que 68% des Français et 75% des Allemands estiment que les musulmans sont peu ou pas du tout intégrés, procède de la même évidence. Nos voisins d’outre Rhin en ont tiré les conséquences en proclamant la fin du « modèle » multiculturel qui n’a jamais été rien  d’autre qu’une chimère d’intellectuels de la côte est des Etats-Unis complètement ravagés par le LSD. Le « pot » à l’exception de la Californie (et encore) n’a jamais été aussi « melting » que l’on a bien voulu le prétendre de ce côté ci de l’Atlantique où l’on hait les Etats-Unis autant qu’on les fantasme. Il a toujours mieux valu être un noir antillais en France qu’un noir américain à Washington. Même si Obama est Président et qu’Elie Demota reste syndicaliste, je persiste à affirmer que la société américaine est moins ouverte aux « minorités visibles » que les sociétés européennes. Ce qui est en revanche parfaitement exact, dans un pays sans passé et donc sans véritable identité comme les Etats Unis, c’est que l’on peut venir des quatre coins du monde avec ses convictions religieuses et s’y établir, tout en poursuivant ses petites traditions et bigoteries culturalo-cultuelles. Le communautarisme n’a jamais choqué grand monde, bien au contraire, dans un pays où les membres de l’élite protestante ont toujours pris grand soin de rester entre eux, cette « tolérance » l’assurait au contraire de la permanence du non mélange dans ce pot mythique.

Dans la vieille Europe en général et dans les pays catholiques en particulier, il n’a jamais été de tradition d’admettre les pratiques déviantes. Ne dit-on pas qu’à Rome il faut faire comme les romains ? En France, nous nous sommes même longuement étripés de toutes les façons possibles et imaginables sur ces questions. Pour y remédier nous avons progressivement repoussé le religieux vers la sphère privée. La désacralisation du spirituel qui en a résulté et que nous appelons laïcité par commodité, rend d’autant plus menaçant, pour nous, le retour en force du fait religieux, que nous nous étions parfaitement accommodés de sa disparition. Cette résurgence d’un mode de vie à bien des égards archaïque dans nos sociétés occidentales, est portée par cette immigration massive dont nos dirigeants n’ont jamais voulu, ni débattre des principes ni même mesurer les conséquences.

Le divorce entre le peuple et ses dirigeants

Il faut dire que de nombreux « penseurs » ont vu dans ces masses en mouvement l’instrument de la fin de cette nation que leur internationalisme militant leur faisait détester. Au grand dam de leurs élites mondialisées, les français sont restés attachés à leur modèle national. C’est que le mythe à la vie dure et notre pays un destin. L’identité française s’est construite selon le principe qui veut qu’en rejoignant la France, on devienne Français en faisant siennes, du  même coup, les caractéristiques et la culture de son pays d’adoption. Cette politique porte un nom : l’assimilation. Le particularisme ethnique d’origine se fond dans celui du collectif choisi. Le nouvel arrivant se débarrasse de ses oripeaux à la frontière, pour entrer dans le costume national. Tel est le schéma qui prévaut, depuis la Révolution, dans le Peuple, lorsque l’on vient lui parler d’accueil des étrangers. La France est un phare qui attire les partisans de la liberté. Les opprimés n’ont qu’une hâte : celle de rejoindre l’avant garde du progrès humain. Le fait que la Russie soviétique ait eu le même mot d’ordre ne doit rien au hasard. Cependant, dans les deux cas, les citoyens ou les camarades qui rejoignaient le mouvement étaient priés de le faire en laissant leurs croyances passées au vestiaire de l’Histoire. On cherche encore avec ardeur, l’équivalent marxiste-léniniste des ces « accommodements raisonnables », si chers à nos inlassables propagandistes du droit à la différence.

 

On devient français parce qu’on l’a souhaité ardemment et non pour bénéficier de droits sociaux ou pour permettre de résorber les statistiques du nombre d’étrangers présents sur le sol national. Chez ceux qui nous ont rejoint sans le vouloir ou par intérêt économique, il n’existe aucune volonté d’adhésion aux valeurs communes. Bien au contraire il s’agit de vivre en France comme on vivrait au bled. Pas question « d’aliéner sa culture ». Pour vivre heureux, vivons séparés.

En réalité les Français sont profondément rétifs à l’apartheid. Les petits arrangements avec les barbus conduisent en pratique à la montée d’un communautarisme à visée séparatiste, des populations musulmanes. L’identitarisme mortifère, entretenu par des religieux trop contents de continuer ainsi à percevoir les rentes que leur vaut leur ministère sur leurs « fidèles », produit cette sourde inquiétude quant à notre devenir. Ainsi conduite par les gribouilles qui nous gouvernent, l’immigration, loin d’être « une chance pour la France », devient un fardeau d’autant plus lourd à porter, qu’aucun effort n’a jamais été fait pour accueillir les populations concernées. Puisqu’il ne fallait pas montrer l’ampleur d’un phénomène qu’il convenait de nier, malgré les évidences, nos politiciens ont toujours refusé, avec la dernière énergie (pour ça, ils en avaient) les statistiques sur base ethnique. Partant, l’appareil d’Etat s’est montré incapable de gérer les conséquences d’un afflux massif de populations non francophones[1], aussi bien en terme d’éducation qu’en terme de logement. Il s’en est suivi la ghettoïsation de nos banlieues dont nous constatons chaque jour les ravages, comme cette inexorable montée de la violence. Celle-ci n’est pas gratuite, contrairement à ce que professent les penseurs autorisés. La force est le moyen le plus simple d’asseoir sa domination sur sa tribu. Faute de nous être préoccupé à temps des conditions d’installation de cette nouvelle vague d’immigration des années 90 et 2000, nous sommes en train d’assister à la lente tribalisation du pays.

C’est de cela que les Français se rendent compte jour après jour. Le mensonge de la caste parlante sur la réalité des bouleversements en cours, leur est proprement insupportable. Il ne faut pas chercher beaucoup plus loin les raisons du pessimisme ambiant. A gauche comme à droite l’alternative n’existe que dans les extrêmes, tant les partis de gouvernement se confondent par leur commune inaction dans ces domaines. Les lignes bougent timidement, à l’UMP principalement, sous la férule de son nouveau Secrétaire général. Cela sera-t-il suffisant pour faire face à la tempête qui se lève. Nous verrons bien ! Un Copé ne fait pas le printemps et nous n’avons pas d’autre choix que d’attendre … pas de quoi nous rendre très optimistes pour cette nouvelle année.


[1] Contrairement à une idée reçue un pays ayant le français comme langue officielle n’implique pas que l’ensemble de sa population parle notre langue.

 

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