LIBERTE SUR ORDONNANCE

Alors que la liberté tonne au sud de la Méditerranée, chez nous, deux évènements sont venus, la même semaine, baliser avec une bien étrange concomitance les limites de plus en plus étroites dans lesquelles il nous est permis d’en profiter.

Toutes les évidences ne sont plus bonnes à dire

Eric Zemmour vient d’être condamné par un tribunal, pour avoir expliqué que si les noirs et les arabes étaient plus contrôlés que les autres par la police, c’est parce qu’ils constituaient, et de loin, la grande majorité de la population carcérale. Les juges, emboitant le pas à tout ce que la bien-pensance compte d’inquisiteurs, ont estimé que la liberté de constatation, n’est pas admissible au pays des droits de l’Homme. Le tort du chroniqueur en cette affaire c’est précisément de l’être … chroniqueur. Par un raisonnement des plus tendancieux, la Cour (des miracles judiciaires en l’occurrence) a condamné Zemmour, non pas en raison du caractère mensonger de ces propos (c’eût été un peu gros), mais en raison de sa nature. Curieuse parabole en effet, qui fait de la qualité de l’émetteur du message, une circonstance non seulement aggravante mais « condamnante ». Puisque Monsieur Zemmour est un journaliste connu et écouté (par une bande de pétainistes invétérés, cela va de soi), il est forcement coupable car il ne peut ignorer la portée de ses propos et les dommages qu’ils sont à même de causer, du fait de leur large diffusion, fermez le ban.

On peut donc lire cet arrêt de la manière suivante : puisqu’il est établi que l’accusé est en contradiction assumée avec les tabous de sa profession, puisqu’il en tire un bénéfice éhonté, puisque sa parole porte et que de ce fait il rassemble et déculpabilise tout ceux que ses « confrères » s’efforcent d’éparpiller et de culpabiliser, puisqu’il ne saurait être question de contrevenir sans dommages et de façon aussi flagrante aux principes de la pensée autorisée, par ces motifs et en raison de sa notoriété, condamnons le prévenu à l’indignité etc. etc …

En dehors du témoignage, remarqué, de l’inusable empêcheur de tuer la République en rond qu’est Jean Pierre Chevènement et de l’indignation publique du tout nouveau Secrétaire d’Etat aux Transports Thierry Mariani (espérons qu’il le reste), le silence de la classe politique en dit long sur son courage. Pas besoin d’aller faire le paon à la tribune de l’ONU ou de trainer sa chevelure d’argent devant la première caméra venue en s’autoproclamant défenseur des Libertés au niveau de la planète toute entière, si c’est pour garder un  profil aussi bas en pareille circonstance. Que la gauche mondialisée se félicite de cette iniquité, tout le monde s’y attendait. Heureusement pour elle, le Lion de Belfort rugit encore, cela prouve au moins que tous les patriotes qu’elle comptait naguère, ne sont pas encore passés au Front National. Qu’à droite, en revanche, personne ne vienne contester cette décision liberticide, à une notable exception près, voilà qui en dit long sur la réalité du terrorisme intellectuel. Il est amusant de constater combien la peur de l’excommunication médiatique conduit le politicien à la prudence. Il est ainsi des jugements que l’on respecte au nom de la séparation des pouvoirs et de l’autorité de la justice … et d’autres pas.

Est-il bien convenable  de s’opposer à  Dominique Strauss Khan ?

La récente visite en France du « Jésus du FMI » et la polémique suscitée par les propos, à son endroit, du Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, permettent d’en douter.

Orchestrée par la cocue la plus célèbre de Washington après Hillary Clinton, la tempête médiatique qui a accompagné le dernier passage en France de « DSK » (prononcez « DS Kay ») a de quoi inquiéter sur la santé mentale de la presse hexagonale. Précédé de l’oracle sibyllin : « je ne souhaite pas que Dominique sollicite un second mandat », distillé par le mohair le plus marquant des années 80, faisant en la circonstance plus fonction de Pythie que d’épouse, voilà le barnum lancé. Tout ce que la presse compte de gauchistes (imaginez !) se met alors en boucle sur le thème du retour du Messie. Tout ce qui s’autorise à penser et en fait profession dissèque la moindre grimace pour y voir LE message que la France entière attend (paraît-il).

Nous avons aussi pu assister, incrédules, à une surenchère de duhaméliades DSKomaniaques destinées à faire comprendre au bon peuple  que le Sauveur était un être « authentiquement de gauche ». Moins c’est évident, plus il faut l’affirmer bruyamment et péremptoirement de préférence, c’est un principe de base en communication publique. Si le saint homme avait été de droite (je parle de l’étiquette, pas du comportement, l’apparence est toujours privilégiée au fond) nous aurions eu droit à quelques reportages bien sentis sur les effets de sa politique en Grèce ou en Irlande. Là, non ! C’est à croire que ces deux pays ont été rayés de la carte du monde. Des manifestations monstres ne secouent-elles pas Athènes ? Circulez braves gens, il n’y a rien à voir où plutôt si, regardez donc comme mon libyen se rebelle bien ! L’Afrique du Nord au secours des ambitions présidentielles de la quintessence de la finance internationale, voilà qui vaut son pesant de Riad sans doute…

Notons au passage, la tête de ravi de la crèche, faite par ses camarades socialistes, Ségolène en tête, qui pour l’occasion se trouve sur la même longueur d’onde que son ex. Les couteaux qui n’avaient pas eu le temps de sécher depuis 2007 vont resservir sous peu et gageons que lorsque l’arlésienne du FMI aura enfin condescendu à nous faire savoir si, oui ou merde il est candidat à la candidature, se sera « étripons nous folle ville » rue de Solférino. En attendant, ils sont priés, par la classe parlante, de la mettre en sourdine et de faire preuve d’unité derrière le champion, venu d’outre-Atlantique sauver la France qui pense, du péril sarkozien. Il reste à toutes ces belles âmes à trouver le moyen d’enterrer les primaires l’air de rien et le tour sera joué. Au passage on pourrait aussi se dispenser de voter. C’est tellement vulgaire un bureau de vote. La désignation par acclamation orchestrée par Le Monde, Télérama et le Nouvel Obs, c’est tellement « fashion ».

Délit de pétainisme aggravé

C’est dans ce contexte qu’il faut situer l’hystérie qui a accueilli les piques, sommes toutes bien bénignes, quand on voit les campagnes des jeunes socialistes, envoyées par les chevau-légers de la majorité à l’adresse du patron du FMI. Heureusement que Christian Jacob a fait sa sortie sur le terroir, sinon les professionnels de l’indignation à sens unique s’apprêtaient, comble du ridicule, à dresser le bûcher en antisémitisme pour  Copé et Lellouche (Pierre le ministre, pas Claude l’inventeur de la parité homme femme). Une fois assurée des origines du patronyme de l’ex leader des jeunes agriculteurs, la France qui se gausse a pu instruire en toute quiétude, le procès bien connu en pétainisme aggravé.

Campagne sobre selon les jeunes socialistes

Ce qu’il y a de fascinant dans cette grosse, très grosse ficelle c’est qu’elle soit tellement usée qu’elle ne parvienne même plus à faire illusion. Au contraire ces foudres médiatico-politiques n’ont réussi qu’à donner une portée nationale à des propos tenus, qui plus est, sur une radio communautaire israélite des plus confidentielle. Ce tamtam a permis à nombre de nos concitoyens de se demander quel intérêt pouvait bien pousser le mari d’une femme tronc à vouloir succéder à celui d’un mannequin au timbre rare. Intérêt, en voilà un bien vilain mot pour décrire les motivations de celui qui ne va pas tarder à nous dire qu’il fait à la France, le don de sa personne. En réalité, il n’est pas correct d’utiliser à l’encontre de Saint Strauss, ce que la pensée unique ne cesse de reprocher à Sarkozy, à savoir : son mondialisme, son goût pour l’argent et les femmes (des autres), sa proximité avec les puissants … et son contrôle des médias.

Ceux qui hurlent au retour des heures les plus sombres de notre histoire daubent aussi, à longueur d’ondes, sur les valeurs du monde rural, causes à les entendre d’un repli sur soi préjudiciable à notre entrée dans le village monde. Les mêmes, atteints d’une schizophrénie subite, se précipitent une fois l’an, porte de Versailles, au cul des vaches pour célébrer les mérites de la France des terroirs. Le problème c’est que cette France éternelle à laquelle sont très justement attachés nos compatriotes, cette France célébrée pour ses vertus pendant la durée du salon, cette France là, est sérieusement menacée et en piteux état. Le peuple le sent et il faudra plus que quelques beaux discours creux et hypocrites sur le coté social et enraciné du patron du FMI pour le convaincre du contraire.

Après un taxi pour Tobrouk : un passeur pour Lampedusa

En Afrique du Nord, pendant ce temps là, la chute des dictateurs rime avec bonnes affaires pour les passeurs. Loin de donner à ses bénéficiaires l’envie d’améliorer leur quotidien national, la liberté toute fraiche que la révolte arabe vient de donner aux peuples du sud de la Méditerranée, leur permet, au contraire, de mettre les voiles vers nos allocations. C’est donc au nom de leur liberté retrouvée, que des milliers de maghrébins mettent le cap sur nos rivages, pour revendiquer le statut de réfugiés. Contre quoi pouvons nous bien protéger les tunisiens et autres égyptiens qui n’ont sensément plus de tyrans à fuir, du moins si l’on en croit la presse française ? Nous devons les protéger contre la misère, cette bonne blague, et reprendre, en conséquence, une bonne louche de réfugiés des droits sociaux.

Nous devons leur ouvrir notre portefeuille en même temps que nos bras (l’un n’est jamais très loin des autres remarquez, surtout quand ils sont levés). Le plus terrible dans toute cette affaire, c’est que cette nouvelle vague d’émigration touche les forces vives de ces pays. Une jeunesse formée, se jette sur nos côtes en tournant délibérément le dos à cette patrie que ceux qui les ont précédés sur notre sol, n’ont de cesse de magnifier au détriment de leur terre d’accueil. Si nous restons les bras ballant à ne rien faire face à cette hémorragie (et nous sommes bien partis pour), faute d’élites, ces pays vont s’enfoncer dans la misère pour le plus grand profit des barbus. Il est urgent de reconduire tout ce petit monde à la frontière, de les mettre au boulot chez eux en révisant, pour ce faire, les règles  par lesquelles ils entrent si facilement chez nous.

Lorsque l’on vient d’un pays « libéré » on ne devrait pas pouvoir se prétendre réfugié. C’est un peu comme ces Afghans qui s’agglutinent aux abords de la gare du Nord et sur lesquels s’apitoient régulièrement les bonnes âmes. Nos soldats meurent pour faire de leur pays autre chose qu’un repaire de fanatiques moyenâgeux et nous, nous devons leur assurer le gîte et le couvert au prétexte qu’ils fuient une guerre qu’ils devraient mener ! C’est exactement la même chose en Afrique du Nord. Le devoir de ces « braves gens » c’est de se retrousser leurs manches et développer leurs pays. Ils n’ont plus rien à fuir mais tout à reconstruire. En vertu de ce saint principe, ils ne devraient plus être susceptibles de demander l’asile politique. Il y a suffisamment de dictatures pour remplir nos quotas de nécessiteux à protéger, pas besoin d’en rajouter avec les nouveaux convertis à la démocratie. Sinon, c’est à désespérer des fulgurances de Monsieur Plénel qui prétend voir au sud de la Méditerranée une marche inéluctable vers la liberté à la façon d’un de ses prédécesseurs dans le rôle du prophète de la 25ème heure qui avait titré en 1975 à la Une du Monde, lors de la prise de la Capitale Cambodgienne par les Khmer Rouge : « Phnom Penh Libéré ».

Le problème c’est que dans les salons parisiens, là où se fait la politique, là où une classe de privilégiés se penche sur les affaires d’un monde qui échappe chaque jour davantage aux peuples, on ne l’entend pas de cette oreille. Ce réflexe qui fait préférer la fuite au combat, on le comprend d’autant mieux dans ce cénacle, que les « grands ancêtres » l’ont pratiqué plus que de raison de 40 à 45. La fête continuait à Manhattan, Hollywood, Rio ou Bueno-Aires pendant que les GI et les FFI tombaient sous les balles allemandes. L’élite mondialisée déclenche les guerres, elle ne les conduit ou ne les subit que très rarement. De là sa haine pour la Nation, mais c’est une toute autre histoire … quoi que.

 

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