DSK D’ECOLE

Difficile, même pour un lama tibétain de passer à côté, tant le Monde (la planète, pas le journal) est saturé des rebondissements induits par la dernière frasque en date du priapique du FMI. Il faut bien reconnaître que celle là, est majuscule. Les conséquences, en dehors du cercle restreint de ses amis, sont cependant beaucoup moins terribles qu’on a bien voulu nous le faire croire. Contrairement à ce que l’on aurait pu craindre, si l’on avait pris les commentateurs du dimanche pour des gens sérieux, la planète ne s’est pas arrêtée de tourner (même financièrement) le lundi matin. Il faut dire que l’intéressé compte, par la grâce de sa millionnaire de femme tronc, beaucoup d’affidés dans la classe parlante. Pour ceux qui se répartissaient déjà les postes tant l’élection passait pour formalité, le choc fût rude. De là le chœur des pleureuses qui gémirent (et gémissent encore) à longueur d’onde sur le lait épandu. Adieu veaux, vaches, cochons, poulets, portefeuilles ministériels et limousines blindées.

Le « Dominique que l’on connaît »

Passé le premier moment de stupeur – comprendre : le temps pour ses « communicants » de produire des « éléments de langage » – toute la bonne conscience de gauche se répendait sur le thème du : « ça ne peut pas être vrai, ça ne ressemble pas au Dominique que l’on connait ». Diantre ! C’est que « celui que l’on connaît », il demande poliment avant de passer à l’acte et il ne fait pas ça au premier tromblon venu, fut-il en uniforme de soubrette et dans une suite à 3 000 $ la nuit. Le problème avec le baratin prêt à l’emploi c’est qu’il cadre difficilement avec la réalité des faits. Une fois que le puissant est tombé de sa position dominante, les langues se délient et on en retire la bien curieuse impression que ceux qui le connaissaient le connaissaient bien mal, ou ne le connaissaient que trop…

Tandis que les Badinter et autres Lang achevaient de se ridiculiser (si, si c’est encore possible, la preuve !) en affirmant qu’il n’y avait pas « mort d’homme » mais juste viol de femme (et encore fallait-il encore le prouver), nombre des précédentes victimes du « grand séducteur », de « l’homme à femmes » nous dressaient de lui un portrait beaucoup moins flatteur. Son rapport addictif au sexe supposé faible, tournait surtout à la domination et à la satisfaction égoïste de pulsions bestiales. Bref un comportement typique … d’homme de droite, on ne sait décidément plus à quel Saint socialiste se vouer.

Le complot

Ce qui est fascinant dans cette sordide histoire, c’est bien plus les non dits que les faits en eux mêmes. Visiblement « l’humaniste » n’en était pas à son coup d’essai (si l’on peut dire) et il était à la merci de l’accident. C’est bien en cela que la thèse du complot entonné par ses thuriféraires ne tient pas la route. En admettant que « l’Himalaya de la pensée économique » qui servait de Directeur Général au FMI ait contrarié les vues d’une quelconque puissance, quel pouvait bien être l’intérêt de celle-ci à faire chuter un DSK qui de toute façon, dans un mois au maximum, allait abandonner son poste pour se rouler dans le marigot socialiste ?

Un autre point est négligé, jusqu’ici, par les « commentateurs ». Pour qu’il y ait manipulation, encore faut-il que la cible soit manipulable. Autrement dit, sans les prédispositions au priapisme du mari d’Anne Sinclair, point de « piège à con » possible. L’impayable Claude Bartolone, l’homme qui beugle depuis deux décennies que sa banlieue va brûler, nous a même fait le coup du complot ourdi par Poutine. Voilà qui est original ! Pour un peu, le drôle nous expliquerait  que « son Dominique » a été victime d’un surdosage de viagra administré à grand coup de parapluie bulgare. Allons, allons, chacun sait bien que lorsque les Russes veulent se débarrasser d’un gêneur, ils y vont à grand coup de polonium et pas à coup de femme de chambre. La manip par le biais de la soubrette piégée serait plus dans les cordes de Berlusconi, encore que la femme de ménage en question ait, avec ses 32 ans, largement dépassé la date de péremption pour le Condottiere qui les préfère, beaucoup plus jeunes.

Les socialistes redécouvrent la présomption d’innocence

Au grand soulagement d’Eric Woerth, Michèle Alliot-Marie, Michel Roussin et autre Jacques Chirac, la rue de Solférino se vautre depuis dimanche matin dans la présomption d’innocence comme un chien dans la charogne d’un lièvre, opportunément découverte avant de rentrer dans la voiture de ses maitres. Les mêmes qui réclamaient la démission des ministres soupçonnés par le Grand Tribunal de l’Inquisition médiatique d’avoir attenté aux intérêts de la France, qui chez L’Oréal, qui chez Ben Ali, expliquent, sans que passe dans leurs yeux bovins la moindre lueur de honte, qu’il ne faut pas considérer leur ami comme coupable avant que la justice ne se soit prononcée. Tartuffes !

Christine Lagarde fait l’objet d’une enquête de la Haute Cour de Justice de la République dans l’affaire Tapie : elle est coupable et doit s’en aller. DSK fait l’objet d’une mise en examen pour 7 chefs d’inculpations dont celui de tentative de viol et de séquestration : respectons sa présomption d’innocence. Il n’y a pas que les héritiers du Président à la Francisque pour nous sortir ces principes à deux vitesses. C’est au fait que les médias reprennent complaisamment ce refrain que l’on en vient à constater avec effarement, le nombre de journalistes qui sont en réalités des militants socialistes. Un autre indice nous est aussi fourni par la tête dite « du 21 avril » qu’arborent les mêmes, au moment de nous annoncer la « triste nouvelle ». On en vient donc, légitimement, à douter de l’honnêteté de l’information dont on nous abreuve.

La liberté de la presse est tout à fait comparable, en France, à la présomption d’innocence. Elle n’est incompatible qu’avec la droite. Par liberté il faut comprendre le droit inaliénable garanti aux journalistes de gauche d’orienter l’information de leurs concitoyens vers les thèses favorables aux forces de progrès. Toute tentative visant à restaurer un semblant d’équilibre est une atteinte intolérable à la liberté d’expression, elle même encadrée par des lois de « bon sens progressiste » comme celle imposée par le camarde Gayssot.

C’est ainsi que l’on en arrive, sur le « service public » à voir des techniciens menacer de faire grève afin d’empêcher Marine Le PEN de participer une émission politique prévue de longue date. La libido débridée de l’icône du socialisme financier mondialisé risquait, en effet, de faire glisser encore plus de français vers le côté obscure de la Force. Alors les syndicalistes, sûrs de leur bon droit ont exigé la déprogrammation de l’émission et son remplacement par un débat destiné à faire pleurer sur le DSK. Las ! Même les propagandes les mieux huilées ont des ratés et tout ce petit monde s’est en définitive écharpé sur le plateau, on se serait cru revenu à « Droit de Réponse ».

Une femme doublement outragée 

La grande oubliée de tout ce déballage de bonne conscience médiatique c’est précisément la victime. Il aura fallu trois jours pour que les féministes retrouvent de la voix. A ce sujet, d’ailleurs, bien malin celui qui sera capable de dire si elles ont attendu aussi longtemps de leur plein gré, ou s’il aura fallut tout ce temps pour que l’on s’intéresse à ce qu’elles avaient à dire…

Quoi qu’il en soit, pour ses amis on l’a vu, la cause est entendue, DSK a été piégé. La conséquence de cette position de principe, c’est que la victime présumée devient la coupable. Selon cette logique, la femme de ménage n’est, a minima, qu’un vulgaire maître chanteur, et au pire une pute qui a aguiché ce pauvre Strauss qui, n’étant gouverné que par sa queue, ne fut pas en mesure de résister au plaisir de tromper  sa femme et ses millions. Seulement les tableaux de Mme Strauss Khan mis à part, c’est l’argumentation classique de tous les violeurs. « C’est pas vrai que je l’ai violé M’sieur l’juge, c’est qu’elle m’a excité dans sa p’tite jupe plissée »

On le voit, pour cette pauvre femme de chambre, c’est la double peine. Violée au tirage et salie au grattage, le tac-o-tac judiciaire est imparable. Pas étonnant que tant de femmes hésitent à porter plainte. Pour peu que leur entourage ne les soutienne pas et les voilà qui sombrent dans la culpabilité. C’est précisément ce qui est arrivé à la fille d’une élue socialiste qui, jeune journaliste, avait été agressée sexuellement par le même DSK que ses amis ne « connaissent pas comme ça ». Tristane Banon a été incitée à la fermer par sa grande conscience de mère, au prétexte que cela pourrait nuire à sa carrière – celle de la mère autant que celle de la fille …. voilà qui en dit long sur la soumission de la presse aux politiques et sur les réseaux de la cocue la plus médiatique (dans tous les sens du terme) de la planète.

L’image de la France

Paradoxalement, la France s’en sort plutôt bien, ou plus exactement cela aurait pu être bien pire. Certes, comme l’a dit Eric ZEMMOUR, le prochain français mâle amené à diriger une institution internationale ayant son siège aux Etats Unis est peut-être né mais n’est pas bien vieux. Ceci étant, nous l’avons en passant Madame échappé belle. Imaginons un instant que la police américaine ait été moins rapide et que DSK se soit envolé pour Paris confortablement installé dans son siège de Première, que se serait-il passé à l’arrivée. On peut légitimement supposer qu’il ne serait pas reparti vers les Etats Unis pour s’expliquer. On voit d’ici le scandale et le problème posé au Barack pour se rendre au G8 organisé dans le sanctuaire des violeurs en série…

Jurisprudence Polanski oblige, on comprend mieux les hésitations du juge qui l’ont conduit à placer Dominique Strauss Khan à Riker’s Island. Comme pour le réalisateur de Tess et du Bal des vampires, tout ce que la France qui cause compte de conscience y est allé de sa caution morale. De la même manière et selon le même procédé, tout  ce qui se fait connaître en trois lettres de BHL à JFK (Jean François Khan) a volé au secours de DSK. On en vient même à se demander si ce triptyque alphabético-patronymique, n’est pas un signe de reconnaissance dans le milieu interlope de la nuit parisienne.

S’il fallait remettre la palme de la connerie majuscule, c’est à l’ineffable Harlem Désir qu’elle serait sans conteste décernée. Avec le numéro deux du PS on touche au sublime. Est-ce en raison de la résonnance particulière de son patronyme dans cette affaire que l’intéressé est intervenu avec la délicatesse d’un Panzer dans une nuit de Crystal ? Toujours est-il qu’il en est arrivé à réclamer l’intervention de Nicolas Sarkozy en faveur de DSK n’hésitant pas à faire un parallèle entre ce dernier et Florence Cassez. Encore un effort et les socialistes vont déployer le portrait de Strauss Khan sur la façade de l’Hôtel de Ville de Paris à coté de celle des journalistes retenus par les talibans.

Des images qui ne s’effaceront pas

Quoi qu’il en soit, la pantalonnade sonne le glas des espoirs de l’ex Maire de Sarcelles. Sa carrière est derrière lui et pas seulement à cause des images qui ont été diffusées cette semaine. Le problème pour le « sexaddict », c’est que l’on est tellement saturé de séries policières américaines que le fait de le voir dans le rôle du méchant et du criminel fait qu’il est automatiquement considéré comme coupable. Sans revenir sur le débat affreusement nombriliste sur les vertus comparées des systèmes judiciaires français et américains, force est de constater que les dégâts sont difficilement réparables. Le seul bon coté de la chose c’est  que quand Eva, qui n’a de Joli que le nom, nous a sorti que le système accusatoire français traitait bien mieux les justiciables que les américains, on s’est rendu compte de la vraie nature de la Khmer verte. Les Le Floch-Prigent et autres Roland Dumas en sont encore tout retournés. C’est sûr que placer des suspects en préventive pendant des mois pour les faire avouer, c’est bien plus droit-de-l’hommiste comme attitude que de rechercher des preuves et de montrer l’accusé menotté …

Même si personne n’a osé la relever sous nos latitudes, il est une image qui fait, pourtant, florès plus au sud. Celle de l’humble femme de ménage noire et musulmane qui se fait violer par le puissant directeur du FMI juif. Les fascislamistes n’avaient pas besoin d’un tel symbole pour alimenter l’antisémitisme qui leur tient lieu de viatique. Les barbus sont aussi prompts à dénoncer le complot juif mondial que le CRIF l’est à déceler partout le retour de la « bête ». A force de ne pas vouloir voir ce qui chasse leurs coreligionnaires de Sarcelles (ou d’ailleurs) et à débusquer le nazi là où il n’est pas (ou plus), les institutions juives se mettent en grand danger. La course à la communautarisation qui s’en suit porte en elle les germes de bien mauvaises récoltes et ce n’est pas cette sinistre farce, ni la façon dont on l’aborde, qui arrangeront les choses.

Conclusion

Nous ne sortons pas grandi de l’affaire, c’est une certitude, pour autant, comme dirait Jack « il n’y a pas mort d’homme », juste la fin d’un fantasme. Car enfin, jusqu’ici, DSK n’avait rigoureusement rien dit, il s’était contenté de répartir les postes au mieux léchant (n’y voir aucune allusion sexuelle). Avec sa chute, les socialistes sont dans une panade noire. Leurs primaires qui étaient destinées à servir d’usine à plébiscite pour Strauss Khan deviennent, par la grâce d’amours ancillaires possiblement forcés,  une machine à se déchirer à belles dents entre camarades. La « mère de Lille », du haut de la légitimité que lui confère le fait d’avoir plus triché que sa rivale du congrès de Reims, fait une sublime candidate « à l’insu de son plein gré ». La « folle du Poitou » n’a pas dit son dernier mot, quant à son ex, il n’en espérait surement pas tant. Ajoutez à cela les orphelins de la Strausskhanie qui se boufferont le nez pour reprendre le flambeau et vous avez un aperçu, assez juste, des délices socialistes dans les mois à venir. Comme quoi, ce que nous écrivions il y a peu se vérifie encore une fois : une présidentielle n’est jamais écrite d’avance. On ne connaît pas la fin avant de la voir jouée… contrairement aux livres d’Alain Duhamel.

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2 Réponses to “DSK D’ECOLE”

  1. piep Says:

    C’est sur que les barbus pourraient s’en donner à coeur joie. Mais dans l’immensité de la communauté journalistique, je n’ai point vu cet aspect de l’affaire relayé. Quant au CRIF, il y aurait tant de bonnes choses à faire mais tu l’as fortement bien dit. A part chasser encore et toujours le moindre petit nazillon, ils ne font pas grand chose de constructif. Hors le judaisme dans son intégration à la laicité francaise est à suivre de plus en plus près…car des déviances à mon gout sont à pointer du doigt.

    Néanmoins je nuancerais ton propos en ce qui concerne la judéité de DSK. Il ne l’a cache pas. Ce qui est somme toute banal. Mais il ne véhicule pas forcément l’image de quelqu’un représantant le lobby juif new yorkais. Sa femme bcp plus. Lui est plutôt laique et réformiste. Anne sinclair serait plus dans le respect de la tradition…

    Je pense que cette épisode digne de cote ouest ou santa barbara nous montre surtout à quel point nos responsables politiques sont comme tout le monde. Ils trompent, sont capables de fourberies, parfois disent des choses intelligentes, parfois de grosses conneries.

    En bref, l’affaire DSK c’est la mise à nue ou la démonstration , un peu violente pour nous petits Français que nous sommes, de ce qui se fait tout les jours dans le monde. La justice. Le drame, c’est qu’on s’en etonne…

    • marcsuivre Says:

      Je n’ai aucune idée sur la façon dont DSK vit (sans jeu de mot) sa religion. Je fais juste référence à l’utilisation du seul fait qu’il soit juif par toute une bande de félés qui prospèrent sur l’idée du grand complot. Il suffit de consulter quelques sites du sud de la méditerranée pour se rendre compte de l’impact dont je rend compte. 😉

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