LA FETE AU SLIP

Après les frasques ancillaires du mari d’Anne Sinclair, nous pensions avoir tout vu en matière de ridicule. Et bien non, le meilleur est, encore, devant nous ! Dans un monde où les politiques refusent aussi énergiquement le réel, tout n’est qu’affichage et illusion. Ce qu’ils sont vraiment importe beaucoup moins que ce qu’ils nous donnent à penser qu’ils sont. Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce que l’image revête une importance aussi cruciale. Puisque nos dirigeants ont renoncé à peser sur les affaires du monde, il leur est capital de nous faire croire qu’ils conservent une influence sur le cours des choses. Pour ce faire, ils posent, ils font mine de, pour tout dire ils jouent à « l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’ours et qu’a pas eu peur ». Le Sauveur de la Nation n’est plus qu’un lointain fantasme dans l’inconscient collectif, à la place nous avons, dans le monde réel, hérité d’une bande de nains qui se chicanent pour pouvoir endosser des habits de géant. Tout est dans l’impression, l’espéré et dans l’attente forcement déçue. De là, cette avalanche de postures toutes plus ridicules les unes que les autres, dont nous abreuvent, à un rythme effréné, nos aspirants au « mandat suprême ».

Le retour des moulins à vent

Ces derniers temps, pour cause de DSKonneries, ce phénomène est très visible au Parti Socialiste. Il faut dire qu’en matière de projets imbéciles, le Parti de l’Education Nationale ne manque pas de mètres étalons (n’y voir aucune connotation sexuelle). La Primus inter pares en ce domaine, se terre dans le Poitou. La Royale n’a en effet pas son pareil pour tomber comme le cheveu sur la soupe. Elle n’a pas encore compris que son aura de 2006-2007 venait de ce que la pythie sondagière en avait fait le rempart des bien pensants contre le (déjà) démoniaque Sarkozy. Son échec l’a définitivement condamnée aux yeux des faiseurs d’opinion correcte. Elle aura beau se démener, rien n’y fera. Elle a perdu la bataille imperdable du bien contre le mal et les petits marquis ne sont pas près de le lui pardonner.

Loin de se laisser décourager par ce constat, la folle du Poitou multiplie les saillies (n’y voir toujours aucune connotation sexuelle) destinées à faire parler d’elle. A l’occasion de la dernière filouterie en date de nos « cousins » germains  qui prétendent, demain, nous acheter le nucléaire qu’ils ne produiront plus tout en nous traitant de polueurs, Ségo a trouvé la solution miracle destinée à attirer vers elle, le bobo perdu. Chacun le sait, surtout dans les Charentes, la France, comme le Japon, est à la merci d’un tsunami. Dans ces conditions, rien n’est plus urgent que de remplacer notre parc nucléaire par des éoliennes. Se livrant à de savants calculs, dont la pertinence importe peu, celle qui aurait pu être notre Président (comme quoi la providence existe) en est arrivée à décréter que 80 000 moulins à vents seraient de nature à remplacer nos si dangereuses centrales.

 Admettons que, sur le papier, l’exercice de conversion soit valable. Il n’en reste pas moins que les éoliennes ont besoin de vent pour produire du courant et que, contrairement à l’atome, il est rare qu’Eole souffle, en même temps et de façon continue sur l’ensemble de l’hexagone. C’est un principe simple, même pour elle, comme on ne sait pas la stocker, suivant son hypothèse, pas de vent veut dire : pas de courant. Quant on investit autant pour que nos bagnoles soient propulsées à l’électricité, c’est ballot … Las ! Rien, pas même cette évidence, n’arrête un baudet lancé à pleine allure, surtout s’il est poitevin. Madame Royal n’a cure de ces triviaux axiomes. Une absence de souffle ne saurait contrarier ses ambitieux projets et dieu sait que lorsque l’on se place à ce niveau de conscience écologique on n’en manque pas (de souffle). Elle entend probablement remédier à cette difficulté, en plaçant un élu socialiste en face de chaque pylône. Ces « braves » gens sont tellement habitués à brasser de l’air qu’ils devraient pouvoir utilement pallier au manque de vent. Partant de ce principe, nous gagnerions certainement du temps et de l’argent, en raccordant directement chaque militant du « parti de l’intelligence » au réseau d’ERDF. C’est bien connu en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées, hé bien en République Populaire  Autonome et Royale du Poitou aussi !

Papy Daniel

Pendant ce temps là, l’ex compagnon de la fée électricité, bat la campagne en répétant qu’il sera « un Président normal ». L’enthousiasmante perspective que voilà ! Après tant d’anormaux, si nous prenions un peu de repos avec LE mec « normal »… qui a fait quatre gosses à Ségo. Les Français qui cherchent désespérément le Sauveur lors de chaque scrutin présidentiel, vont, d’après ses communicants, se jeter dans les bras d’un type comme eux, du moins ambitionnent-ils de le lui faire croire. Hollande devrait se méfier de ces conseils, il n’y a rien que le peuple abhorre plus pour ses dirigeants que la normalité. Le seul de nos rois qui fût « normal » a fini sur l’échafaud. Quant à nos Présidents, on peine à trouver le gars « normal », sauf à considérer Paul Deschanel ou Albert Lebrun comme des modèles idéaux. Non, décidemment, il est temps que l’ex Premier Sectaire du PS s’étoffe sinon, même les socialistes risquent de le trouver fade.

Pour ce qui est de s’épaissir, il peut compter sur un renfort de poids. Celui que, tous les socialistes, Hollande en tête, traitaient, il y a encore 6 ans de cela, de « super-menteur » vient de lui apporter un soutien fracassant. Cela fait des mois que tout ce qui se veut informé dans le microcosme de la classe parlante parisienne, nous serine à demi mot, que Jacques Chirac est gâteux. Le moins que l’on puisse dire des images qui tournent en boucle depuis ce week-end, c’est qu’il n’a pas l’air des plus frais. C’est un drame pour un homme de sa trempe mais c’est un fait, il a considérablement diminué. Est-ce l’inactivité qui lui pèse ? Ou plus prosaïquement l’incertitude résultant des tensions sur le marché du logement individuel à Paris qui le mine ? Quoi qu’il en soit, nous avions l’impression de voir le fils prodigue venir sortir papy pour la Pentecôte. Cet attachement, touchant, de Hollande pour la journée de solidarité avec les personnes âgées, mesure phare du second mandat de son désormais mentor, explique sans doute le geste chiraquien.  Quand on pense que cet ingrat de Sarko s’est empressé d’annuler (la suppression du lundi de Pentecôte travaillé, pas du prélèvement) en 2008, on comprend mieux la flèche du Parthe. On peut appeler ça de l’humour corrézien. Il ne faut, peut être aussi, n’y voir rien d’autre que la vengeance d’un ancêtre négligé par ses héritiers. Une transposition à la politique de la saga des Bettencourt en quelque sorte. On attend avec impatience la mise sous curatelle…

La route tue … la connerie aussi !

La gauche n’a pas le monopole de l’agitation, loin de là.  A droite, aussi, on se bouge, on se pousse du col, bref, là encore, on souffle sur les éoliennes. Le nombre des tués sur les routes a brusquement augmenté, il devenait donc impératif de réagir. Comme toujours, et selon l’axiome posé en préambule de cet article, il convenait de prendre la pose. La raison à cet accroissement est complexe, qu’à cela ne tienne, les ligues de vertu routière ayant crié que tout venait de la vitesse, il s’est agit de ne pas mollir. Et ce qui nous sert de gouvernement de jouer les Matamoros en tombant à bras raccourcis sur l’automobiliste. Seulement voilà, la vache à lait qui derrière son volant remplit déjà plus qu’à son tour les caisses d’un Etat toujours plus dispendieux se rebiffe, rechigne et pour tout dire gueule un grand coup en expliquant à ses parlementaires UMP que, s’ils veulent laisser leur place à moins cons qu’eux en 2012, ils n’ont qu’a continuer comme ça.

Ce qui devait arriver, arriva. Branle-bas de combat dans l’hémicycle, les caves se rebiffent et décrivent avec force détails, l’endroit où les ministres sont priés d’enterrer fissa leur réforme. Comme tout est toujours simple dans ce pays, le Gouvernement commence par dire qu’il sera héroïque et qu’il ne cédera pas aux sirènes populistes (forcement !)de ceux qui veulent, petitement, sauver leurs places tandis que lui, veut sauver des vies. Après quoi,  les ministres réalisant, mais un peu tard, que sans parlementaires pour les soutenir, leurs maroquins, aussi, sont compromis, il devint urgent de bouger (une nouvelle fois). Alors on se réunit et on prit, dare-dare, des décisions qui n’en furent pas, ou qui étant, à tout le moins, totalement incompréhensibles seront inapplicables.  Sur ce, on se quitta bons amis en n’ayant absolument rien résolu. Le problème, c’est que cette politique de gribouille n’est pas seulement appliquée à la sécurité routière. C’est une manière récurrente de gouverner. Cette fois ci, pas de bol, comme ça parle à tout le monde, ça se voit et le populo réalise avec effarement que l’on se fout ouvertement de sa gueule…

Exister à l’UMP

Devant tant d’ardeurs étalées à ne rien faire, on comprend mieux dans ces conditions qu’à droite comme à gauche il convienne de faire croire que l’on s’active. Si, chez les socialistes, se différencier est une seconde nature, dans le parti majoritaire aussi, il convient de se distinguer pour exister (comprendre avoir un poste). A tout saigneur, tout honneur, Borloo a ouvert le feu. En bon centriste, celui qui aurait été le premier des sarkozytes si le Président avait eu le bon goût de faire de lui son Premier ministre, fait feu de tout bois. En 2007 déjà, les extrêmes centristes avaient combattu radicalement la « bête » … avant de pactiser avec elle, entre les deux tours de la présidentielle, au plus grand dam du poseur de l’époque : François Bayrou. Le grand jeu de dupe vient de reprendre, il s’agit d’exister en dehors de son groupuscule d’origine pour faire monter les enchères et obtenir un beau poste, si, d’aventure, Sarko restait à l’Elysée. Ceci dit, dans l’hypothèse inverse, sa veste claquant au vent, le centriste n’est pas non plus fermé aux propositions de l’autre rive… Les lentilles c’est toujours appétissant.

Dans ces conditions, les autres courants de l’UMP sont eux aussi bien décidés à faire parler d’eux. Comment leur en vouloir, dans la mesure où, pour les remercier d’être restés bien sages en 2007, leur champion s’est empressé de faire la part belle aux beuglants centristes et autres opportunistes socialistes. On assiste donc à une surenchère de propositions qui n’ont d’autre but que de prendre date et de faire parler de soi. Non que les sujets soient, pour ce faire, sans importance. L’assistanat décrit comme un cancer par Laurent Wauquier, le chantre de la « droite sociale » est un vrai sujet. Seulement comme toujours : on déclare, on s’offusque, on s’excuse, on proclame et on passe à autre chose sans avoir décidé ou proposé quoi que ce soit de concret. La politique du Canada Dry ça va un temps mais c’est totalement irresponsable, surtout pour un parti qui est au pouvoir et prétend y rester.

Libéral brandissant sa patente

Preuve que le malaise est grand dans la majorité, le vague à l’âme touche jusqu’aux libéraux. Il faut dire que les pauvres en ont avalé des couleuvres depuis 4 ans. Ce n’est pas parce que la classe parlante annone que nous sommes dirigés par des « ultra-libéraux » que cette énormité est exacte. Au contraire, nous sommes toujours sous le règne du socialisme d’Etat. Nous continuons à nous endetter à un rythme effarant, faute d’avoir le courage de faire les réformes nécessaires. Pas étonnant, dans de telles conditions que Monsieur Novelli peine à faire entendre sa musique libérale au sein du Gosplan que par commodité de langage on appelle un gouvernement. On nous annonce pourtant des prises de positions fracassantes, inédites (sans blagues) voire héroïques… Dont acte ! Mais, comme dans le même temps on nous explique aussi que Bruno Le Maire, l’arbitre des élégances bien pensées, trouve que les propositions de l’aile libérale de l’UMP sont « tout à fait intéressantes » on peine à croire dans l’audace des amis de Monsieur Novelli.

Conclusion :

On le voit, la campagne a bel et bien commencé. Rien ne serait pire pour la droite (ou ce qu’il en reste) de croire qu’il suffit de regarder les socialistes faire assaut  de propositions irréalistes, pour l’emporter en 2012. Répéter comme des perroquets que l’on gouvernera jusqu’au bout du mandat pour partir au combat le plus tard possible est une connerie majuscule. Les Français n’attendent plus rien de ce gouvernement qu’ils savent usé et composé d’ambitieux qui n’ont rien de plus urgent à faire que de préparer le coup d’après (voire l’autre). Il est temps pour les sarkozistes de reparler au pays et de faire des propositions novatrices. Il leur faut d’abord, pour être audibles, expliquer pourquoi ils ne sont pas parvenus à les mettre en œuvre au cours du premier quinquennat et en quoi un nouveau mandat leur permettrait de tenir leurs promesses. Ce n’est pas un exercice des plus agréable ni des plus aisés mais il est indispensable car le Peuple commence à être très à cheval sur les bobards de campagne. Compter sur le seul effet repoussoir du « ya qu’a faut qu’on » socialiste est une dangereuse illusion. Cela supposerait, pour être efficace, que les Français soient raisonnablement informés des réalités économiques. Or ce n’est pas après les avoir enfumés sur ces sujets pendant plus de 30 ans que l’on peut espérer un sursaut salvateur. A défaut de prendre le taureau par les cornes en se lançant dans la mêlée, les amis du Président risquent fort de prendre une veste dès le premier tour.

Publicités

Étiquettes : , , , ,

2 Réponses to “LA FETE AU SLIP”

  1. Philippe de Boucaud Says:

    Well done!

  2. Lestat Says:

    Remarquable analyse, comme toujours. J’ajouterai que malheureusement c’est toute la classe politique qu’il faudrait relier à ERDF 😉 Bravo et merci

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :