PROLEGOMENES … PAS A GRAND CHOSE

Si, malheureusement, la grande nouvelle de l’été fut incontestablement la crise boursière, annonciatrice de bien des tempêtes à venir ; il en est une autre qui– du moins en France – nous a frappé de plein fouet : c’est une tempête médiatique. Fort heureusement pour nos journalistes et tout ce qui est autorisé par la faculté à ramener sa science, le crash boursier – auquel les journalistes ne comprennent rien –  fût très vite relégué à la rubrique des chiens écrasés, par la grâce des suites du coup de queue le plus fameux du troisième millénaire. Pendant que le monde entier se demandait comment échapper à la panique qui s’emparait des marchés financiers, nos écrans furent remplis par les Strauss-Khan.

DSKonnons à plein tube … cathodique

 Bien heureuse France qui peut, en ces heures tragiques, oublier la trivialité des salles de marché pour s’envoler vers les sommets journalistiques inégalés où la servilité le dispute à la bêtise crasse. Nous avons donc eu droit à des directs inoubliables, en provenance des diverses tanières du priapique du FMI, grâce auxquelles nous apprenions – entre autre – que les rideaux bougeaient. Puis ce furent les images du retour du fils prodigue vers sa terre natale, avec les commentaires sans fin sur le nombre de ses valises. Enfin le débarquement homérique à Roissy, suivi du retour vers le gîte « sans prétention » de la Place des Vosges. Tout y était, de Pénélope Sinclair, jusqu’à ce brave Jack Lang venu, en voisin, jouer complaisamment le rôle d’Argos, le chien d’Ulysse, devant les caméras et les micros qui se tendaient vers lui, pour le voir remuer la queue et marquer son territoire. Très touchant !

Les aventures du « malade sexuel », comme le qualifiât joliment Michel Rocard, jamais en reste, et de la mémère courage du PAF, passionnaient-elles à ce point les Français, qu’ils furent, certains soirs, bien en peine de savoir ce qu’il se passait dans le vaste monde ? Qu’il me soit, ici, permis d’en douter. En vérité nous avons assisté à une mise en scène sordide du penchant journalistique pour le nombrilisme. Les communicants du couple s’en sont donnés à cœur joie sur ce terreau fertile. L’esclavage librement consenti est un des ressorts, puissants, du tout Paris médiatique. La piétaille défend ses patrons avec énergie et Dieu sait qu’en la matière, Madame Sinclair est une redoutable patricienne. Les ficelles étaient cependant trop grosses pour pouvoir, utilement, tromper qui que ce soit. La cohorte des obligés venant réciter leur crédo avait quelque chose de pathétique, comme tout ce qui est sur-joué. On était pourtant en droit d’attendre un peu plus de subtilité de la part des « spins doctors » payés à prix d’or, par la petite fille du marchand d’art. Des artistes de ce niveau, qui roulent en Porsche Panamera auraient pu faire un effort. Eux qui n’avaient pas hésité quand leur client, juste avant le tsunami New-Yorkais, s’était fait critiquer pour être sorti d’une de ces somptueuses berlines, à  nous faire le coup de la bagnole de fonction … A 180 000€ l’unité, tu parles d’un avantage de fonction !

La galipette au Sofitel New York du « meilleur économiste socialiste» (bel oxymore) aura eu le mérite de révéler au grand jour les contradictions et les mensonges de cette gauche si volontiers moralisatrice. Un Grand Seigneur menant une vie de château au crochet de son épouse qui, elle même, n’a eu qu’à naitre pour jouir de la fortune familiale, allait – c’était joué d’avance – s’installer à l’Elysée pour rétablir l’Egalité et la Fraternité (les socialistes oublient toujours la Liberté). De qui se moquait-on ? Les Tartuffes qui n’avaient pas de mots assez durs pour condamner la justice spectacle à l’Américaine quand pépère était menotté, se mirent à louer le système judiciaire Yankee dès que le Procureur eut abandonné les charges. Quel fascinant pays en effet, où une délinquante peut être violée en toute impunité pour peu que son tourmenteur soit assez riche pour se payer les meilleurs avocats. Car c’est bien d’argent qu’il s’agit. Cyrus Vance n’aurait pas été aussi vertueux, au risque de se mettre le Lobby noir à dos, s’il n’avait eu la certitude que les avocats de DSK tailleraient en pièce la crédibilité de son témoin en plein prétoire. La grande différence avec notre beau pays c’est que la justice statue plus vite. On s’intéressera à cet égard au temps qu’il faudra à notre système pour rendre un verdict sur l’affaire Tron (le politicien fétichiste, pas le film d’anticipation). En clair (si l’on peut dire), aux Etats Unis comme ailleurs, pour peu que l’on y mette le prix on peut tout se permettre. Cela rend d’ailleurs, au passage, très relatif le tarif des prostituées de haut vol, dont les prestations ne se chiffrent pas, elles, en millions de dollars … il est vrai qu’elles ne sont pas membres du barreau.

Et pendant ce temps là, Marine Le Pen …

Des primaires … très primaires

 Bien que chamboulées par l’infidélité compulsive du héros de Sarcelles, les primaires socialistes nous livrent chaque jour leur lot d’imbécillité à peine contenue. Je veux bien que, compte tenu des dates retenues, la campagne batte son plein à la pleine saison de récolte des fruits du chêne, mais ce n’est pas une raison pour prendre, à ce point, les Français pour des glands. Promettre le beurre, l’argent du beurre et les fesses de la crémière ça ne fait plus recette. Nous savons bien, depuis le temps que l’on nous joue ces airs de pipos, pour qui déchante toujours ce genre de lendemain.

Alors que la crise de la dette s’amplifie, les deux ectoplasmes qui font la course en tête, à en croire les oracles sondagiers, nous promettent tous monts et merveilles. L’amère de Lille veut doubler le budget de la culture, créer 300 000 emplois « djeunes » et recruter les fonctionnaires qui justement nous faisaient défaut ! Il faut dire qu’à les entendre, ce pays est notoirement sous administré. Le « mec normal » qui a pourtant fait 4 gosses à Ségolène Royal, pour ne pas être en reste, veut lui, revenir au nombre de profs d’avant 2007. C’est oublier au passage que le dégraissage du mammouth, même s’il s’est accéléré – quoi que – avec Sarkozy, avait commencé sous Chirac, mais bon on n’est pas à une incohérence près.  Avec quel argent ces deux clowns vont-ils réaliser leurs promesses ? S’ils comptent sur les marchés pour financer par la dette les déficits de fonctionnement qu’ils ambitionnent de creuser encore d’avantage, ils se gourent. Leur pote Papandréou est passé par là, ces temps bénis sont révolus.

Ces « salauds de riches » – cible commode de ceux qui prétendent pourtant, sans rire, restaurer le « vivre ensemble » – n’apporteront pas une solution fiscale miracle à la hauteur des enjeux financiers du moment. La raison en est très simple : ceux qui ne peuvent s’évader sont bien essorés merci et les autres sont déjà à l’étranger. En conséquence de quoi, tout ce que propose le marigot socialiste pour 2012-2017 c’est du vent. Le monde réel n’a pas de prise sur ces aventuriers de l’ENA à la pensée stratosphérique. « Y a qu’à, faut qu’on », telle est leur antienne … et tout devient possible, du moins jusqu’à l’élection. Après, c’est le principe de réalité qui prévaut, quand il n’est pas honteusement caché sous la théorie du complot. Vous riez ? Vous ne devriez pas ! Souvenez vous que le mythe des Grandes Familles, sensé avoir causé la perte du Front Populaire, avait repris du service dès 82, pour camoufler l’aggiornamento et les dévaluations en cascades. Si d’aventure les enfumeurs de Solférino venaient à traverser la Seine les mêmes causes produiraient, à coup sûr, les mêmes effets.

Et pendant ce temps là, Marine Le Pen …

Autogestion : fabrique à cons

Un bonheur n’arrivant jamais seul, cette rentrée fut aussi l’occasion de constater qu’en dehors des jérémiades syndicales convenues sur le manque d’effectif, quelques intéressantes nouveautés venaient allonger la liste, déjà longue, des bourrages de jeunes cranes, mission unique dévolue, dans notre pays, à l’enseignement, depuis que l’Instruction publique a cédé la place à l’Education nationale.

Personification de la volonté politique

Nous avons ainsi appris, de la bouche même de l’apparatchik chargé de veiller sur la scolarité de nos enfants, ce que ses prédécesseurs prenaient un soin jaloux à nous cacher, à savoir que : les programmes ne relèvent pas du ministre. Autrement dit, Luc Chatel nous avoue, enfin et en peu de mots, que le monstre est non seulement incontrôlable – on le savait déjà – mais aussi et surtout incontrôlé.  Si ce n’est pas pour définir ce qui sera enseigné dans les écoles à quoi diable peut bien servir un ministre de l’Education nationale ? Tout simplement à inaugurer les chrysanthèmes et à faire le paon devant les caméras en assurant ici les profs agressés de son soutien ou là les parents d’un gosse poignardé, de la détermination du gouvernement à enrayer la spirale de la violence etc, etc. Mais d’intervenir pour que l’on enseigne aux jeunes Français l’Histoire de leur pays ou que l’on évite l’apologie systématique des différences sexuelles, ça, il n’en est pas question … trop de coups à prendre.

 Pour les distraits qui seraient passés à coté, la première bronca vient de la théorie du « gender » et de son entrée en force au Lycée. Cette construction « intellectuelle » veut que l’orientation sexuelle des individus soit due à la société dans laquelle ils évoluent et non déterminée par la nature lors de leur conception. Que ces élucubrations soient étudiées parmi d’autres théories toutes aussi farfelues en cours de philo, pourquoi pas. En réalité cette explication pratique à l’homosexualité, vise surtout à décomplexer une gauche homosexuelle américaine hédoniste mais toujours aussi incroyablement coincée du cul. Comme en matière de justice pour délinquant de banlieue : « c’est pas moi m’sieur, c’est la société ». Voilà qui est bien commode. En France ces divagations servent surtout d’appuis au prosélytisme branchouille qui veut qu’on ne soit pas « dans le coup » (façon de parler) quand est hétéro. Le scandale tient surtout au fait que l’on pare cette théorie fumeuse des vertus de la science et qu’elle soit présentée dans le programme de première en Science et Vie de la Terre (ex Sciences Nat). A ce compte là, je ne vois pas pourquoi nous ferions l’économie d’un cours de créationnisme dispensé par les adventistes du 7ème jour (oui, ils existent !) où que l’on empêche les scientologues de nous expliquer en cours d’économie, les bienfaits pour leur porte monnaie des pensées ufologiques de Ron Hubbard.

Pour ce qui est de l’Histoire, le mouvement entamé l’année dernière se poursuit. La chronologie étant, c’est bien connu, la science des imbéciles on prendra donc bien soin de désorienter les élèves au maximum. Outre le fait que cela permet à l’enseignant d’être beaucoup moins  rigoureux dans sa préparation des « notions » et autres « études de cas historiques », cette méthode a aussi l’immense avantage de ne pas faire remarquer les trous du programme.

Timbre commémorant ... on ne sait plus trop quoi

Après avoir glissé sur le Moyen-Age – où on aura pris soin de présenter les croisades comme une inadmissible tentative d’exportation des valeurs chrétiennes dans un Orient islamisé depuis des millénaires (pour preuve les Perses et autres Babyloniens n’étaient-ils pas barbus ?)– on en arrive directement à François 1er. Ce roi n’a fait que construire des châteaux (sur le dos du peuple mais bon c’était de l’art) et accueillir Léonard, l’instigateur du Da Vinci Code (vous verrez que d’ici peu, Dan Brown sera mort à Amboise). Après la Renaissance nous passons à la Saint Barthélémy, juste le temps de dire que « c’est pas bien » et l’on s’assoit allégrement sur Henri III, Henri IV et Louis XIII. Louis XIV passe pour l’architecte du château de Versailles tandis que Louis XV, lui, passe carrément à la trappe. Louis XVI n’est évoqué qu’en qualité de figure de proue de l’ancien régime et de ses politiques liberticides. La Révolution, dont on ne suivra bien sûr pas la chronologie, façon de ne pas trop s’appesantir sur la terreur (des fois que quelques honnêtes pédagogues soient tentés de dire que « ça non plus c’est pas bien »). Evidemment on ne parlera de l’Empire que pour dénoncer la guerre et cette foutue prétention française à la grandeur et à l’universalisme (que l’on aura pourtant pris soin de louer lorsque l’on aura abordé les Droits de l’Homme). Enfin le XIXème siècle se résumera par l’étude des révolution : 1830, 1848 et bien sûr la Commune. En dehors de ces trois dates : rien … ou si peu. Il faut dire que si l’on se perd dans les détails, comment parler de ces apports incalculables à l’histoire de l’Humanité que sont : le royaume  du Dahomey ou le Peuple Zoulou. On aurait pu parler de l’Empire Turc mais ça n’aurait pas été politiquement correct et cela aurait jeté la confusion dans les esprits lors de l’étude sur le crime majeur qu’est l’esclavage. Un crime exclusivement blanc comme chacun le sait…

On le voit, non contents d’infliger, sous couvert d’éducation civique (sic), tout le pathos de la repentance tiermondo-écolo-bobo à la mode, les pédagogues déchainés de l’Education nationale nous en rajoutent une couche dans la décérébration de nos gamins. Venant de la gauche progressiste et aveugle ces conneries seraient dans la logique des choses. Mais venant d’une droite qui ne voit même pas que ce faisant, le fossé se creuse d’avantage entre les enfants qui pourront, par leurs parents, accéder au savoir que l’on se refuse à leur dispenser et les pauvres mômes qui devront se contenter de cette bouillie, c’est à désespérer. Les premiers possèderont les codes de la société et progresseront tandis que les autres stagneront en se cognant toujours au plafond de verre du socle restreint des connaissances qui leur auront été aussi chichement dispensée.

Et pendant ce temps là, Marine le Pen progresse à pas de géant, sans pratiquement avoir à faire campagne et surtout sans proposer la moindre solution. Elle n’en a même pas besoin puisque l’aveuglement de ses adversaires fait qu’elle est la seule à dénoncer les lâchetés que ses contemporains peuvent constater chaque jour avec le délitement de la nation qui en est le corolaire. Ceux qui jouent les arbitres des élégances en crachant sur elle et sur ses électeurs sont tellement installés dans le déni des réalités qu’ils s’intoxiquent à leur propre baratin. Certains croient même sincèrement vivre au pays de Oui-Oui où rien de ce que Marine Le Pen met en lumière n’existe vraiment. Nos politiciens, à de rares exceptions tels André GERIN, Christian VANESTE, Eric CIOTTI et quelques autres, ne vivent pas dans la même France que leurs électeurs. Cette fracture est bien plus préoccupante que toutes celles qui l’ont précédé ou induite. Elle est porteuse de bien des difficultés qui ne s’en iront pas avec le seul retour de la croissance. Si l’économie gouverne le monde, la passion domine les hommes … et les femmes.

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Une Réponse to “PROLEGOMENES … PAS A GRAND CHOSE”

  1. Xavier Perleaux Says:

    Tout n’est pas si morose en cette rentrée, et la plume de notre ami vient y ajouter ce rayon de soleil qui a pu faire cruellement défaut à certains une partie de l’été. Bonne lecture.

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