LA DROITE POPULAIRE

Nous sommes en proie au doute. Jamais la France n’a été aussi fragile depuis qu’elle se vit comme une nation. Cette nation que la pensée unique abhorre, ce pays que les beaux esprits rendent coupable de tous les crimes passés et surtout à venir, cette communauté de petits blancs frileux qu’il convient de changer de force, cette France est malgré – ou à cause – de ces efforts pour la détruire, l’horizon indépassable d’un Peuple qui refuse de mourir. Au grand dam des Diafoirus du cosmopolitisme, les électeurs rechignent à périr guéris et les voient de plus en plus pour ce qu’ils sont : des fossoyeurs. Contrairement aux stupidités professées depuis trop de décennies par la famille Duhamel, les élections ne se gagnent pas au centre mais à droite. Il ne s’agit pourtant en rien d’une adhésion massive des Français au Libéralisme débridé que la droite n’incarne d’ailleurs plus depuis 1986.

La France est structurellement de droite

Pourquoi dans ces conditions prétendre que la France est de Droite ? D’abord parce que le NKVD de la pensée (la presse dite d’opinion) vous explique depuis des lustres que c’est faux. En dépit de ce matraquage ininterrompu, depuis 50 ans que l’on désigne un Président de la République au suffrage universel, nous n’avons eu un socialiste que 14 ans. Même si c’est trop, ça fait quand même bien peu. Et encore s’agissait-il d’un socialiste « national » puisque nantis d’une francisque… En réalité, et malgré tous ses défauts, c’est à droite que se trouvent encore le plus de patriotes. Bien sûr, à gauche du Front National, personne n’ose encore agiter vigoureusement son drapeau. Ceci étant, nombreux sont néanmoins ceux qui se lèvent pour le défendre quand on l’insulte et c’est nouveau. Là où dans le camp d’en face on minimise l’affront au nom de la « paix sociale » nombreux sont ceux qui, à droite, s’assoient sur le conformisme ambiant et le consensus mou cher au nouveau René Coty de Tulle. A force de ne pas vouloir « dresser les communautés les unes contre les autres » on en vient à sacrifier la majorité sur l’autel du « droit à la différence » des minorités.  La droite, grâce ou à cause (tout dépend du point de vue) du Front National n’a pas entièrement cédé aux sirènes du mondialisme quand la gauche, naturellement portée vers l’internationalisme, s’y est jetée à corps perdu. Dans la grande foire aux promesses qui débute, celui ou celle qui saura incarner ces valeurs patriotiques, cristalliser ces aspirations à la préservation de la Nation en tant que ciment fédérateur du pays, celui ou celle là, emportera le morceau. Alors, sous les lazzis de la pensée autorisée, commence un affrontement destiné à s’assurer le leadership sur cette partie de l’opinion qui fera l’élection (et les suivantes). Qu’elle se rende aux urnes et la gauche sera de nouveau balayée. Qu’elle reste à la maison et nous revivrons les joies sans pareil du « passage de l’ombre à la lumière ».

Aux armes citoyens

 C’est dans ce cadre qu’il convient de resituer la dernière initiative de la « Droite populaire » avec cette idée d’un serment aux armes de la France. Immédiatement, la légion des contempteurs de la Nation s’est dressée sur ses ergots pour fustiger cette conception nécessairement rétrograde et flétrir ses auteurs. A bien y regarder on en vient à se demander ce qui motive leur ire, tant il est vrai que ce serment ne casse pas trois pattes à un canard. On se demande même bien quelle sera la portée réelle de cette cérémonie. Il y a fort à parier qu’il s’agisse, une fois de plus, davantage d’affichage que de réelles intentions, tant le pouvoir suit en général bien mollement les initiatives de ses « nationalistes ».

Pourtant, même dans ce cas, et c’est assez rare à l’UMP pour le souligner, la manœuvre est habile. En premier lieu, elle a le mérite de faire rugir les Pavlov de l’indignation sur commande. C’est une technique rodée, généralement utilisée par le Front National pour se poser en victime de l’idéologie anti-France. Par contre coup, cette méthode permet au Peuple de se rendre compte du degré de haine de la Nation où en est parvenue son élite et par tant de comprendre que, quand on est attaché à son pays, le camp du bien n’est pas nécessairement là où l’on vous serine qu’il se trouve. Tant que le Front se disqualifiait par ses outrances à mesure que grandissait son écho dans l’opinion, cela n’avait pas d’importance. Le Peuple ne voyant pas en Jean-Marie Le Pen une alternative crédible, se détournait de lui et se réfugiait pour une bonne part dans l’abstention. Cela permît au premier candidat de droite pourvu de plus de trois neurones, de rafler la mise en donnant à croire à cet électorat en déshérence, qu’il « les avait compris ». Ce fut Sarkozy en 2007 et nous connaissons la suite.

Avec la fille du Tribun breton et son message incontestablement renouvelé, la captation sera plus difficile à réaliser. A tort ou à raison, Marine Le Pen représente une réelle perspective de changement. Elle est devenue plus crédible en cela, aux yeux de beaucoup d’électeurs, que son père. Affaire de génération ou de style, quoi qu’il en soit, la tâche du Président sortant devient horriblement compliquée. C’est qu’il est diablement compliqué de cambrioler deux fois la même banque avec les mêmes outils. L’affaire du serment est parfaite à cet égard car, non seulement, elle crédibilise la Droite populaire comme défenseur de la Nation par la grâce des professionnels de l’indignation, mais elle écorne au passage l’image de Marine en la matière.

C’est qu’au lieu de se réjouir de voir ses adversaires, en venant sur ses terres, rendre hommage à sa clairvoyance patriotique, Marine Le Pen a raillé l’initiative, comme une concession à l’américanisme en vogue dans l’entourage du Président. Si elle a probablement raison sur le fond, elle a tort sur la forme. C’est une erreur minime, certes, mais qui si elle était amenée à se renouveler finirait par lui poser de sérieux problèmes de  crédibilité ou à tout le moins pourrait amener à douter du caractère intangible de ses convictions en faveur de la France éternelle. Le dénigrement systématique de l’adversaire, même quand les idées qu’il exprime sont proches des vôtres, est un travers politicien bien connu. Le FN qui se veut différent de la « bande des quatre », serait bien avisé de ne pas faire, sur ce sujet, de politique bassement politicienne, au risque de devenir « un parti comme les autres ».

 Il se trouve que cette affaire de serment renvoie (comme aux Etats-Unis) à un problème de loyauté envers la nation d’accueil auquel tout nouvel arrivant est naturellement suspect de ne pas se prêter spontanément. La montée du communautarisme amplifie ce phénomène puisque l’exaltation des différences n’agit pas vraiment comme un ciment sur l’unité du pays. On peut le déplorer, mais ce n’est pas en l’ignorant que l’on évacuera cette peur du conflit d’intérêt national (pour reprendre une terminologie à la mode) que ressentent instinctivement les anciens habitants face à tout nouvel arrivant. Cette méfiance est d’autant plus prégnante, que l’impétrant est éloigné de sa société hôte au plan culturel et/ou religieux.

Quel meilleur symbole pour rassurer l’autochtone que le drapeau ? Comment mieux jurer fidélité aux valeurs de sa nouvelle patrie que sur les trois couleurs? Si l’on refuse le serment, tant pis ! Après tout, personne n’est forcé de devenir Français pour vivre en France. Je sais que rappeler ce truisme vous fait passer pour le cousin d’Hitler mais c’est un fait … Vous me direz cependant, et vous aurez raison, mais que fait-on des jeunes nés en France ? Ce serment ne concernant pas que les entrants, les « djeunes »  seront, eux aussi, tenus de jurer fidélité lors  de leur Journée d’Appel et de Préparation à la Défense. De deux chose l’une, soit ils sont Français et rien d’autre et ils n’ont aucune raison de ne pas prononcer ce serment, soit ils ont de multiples nationalités et ils choisiront, alors, l’allégeance la plus en adéquation avec leur inclinaison. Pour les réfractaires et les indignés sur commande, il suffira de prévoir un statut d’objecteur de conscience qui permettra utilement de recenser les gros malins… [1]

Karachi dans la colle

Puisque nous évoquons la défense nationale, il serait difficile de nous quitter sans aborder la dernière « affaire » en date. Le financement de la campagne Balladur par les rétro-commissions provenant des ventes d’armes au Pakistan. Ce « torrent de boue indécent », s’il touchait la gauche,  est, en ce moment, un utile dérivatif au vide sidéral des propositions que les socialistes nous exposent à longueur de primaire. Les derniers développements de cette rocambolesque aventure, où le grotesque le dispute au pathétique, n’aurait, d’ailleurs, jamais pu être inventé, même par le plus doué des scénaristes hollywoodiens à supposer qu’il soit assez dérangé pour s’intéresser à la politique française.

Qu’avons nous appris de neuf ? Absolument rien ! En dehors du fait que, lorsque vous faites porter des valises pleines de billet par des proches, pour vous permettre de faire face aux frais engendrés par une campagne présidentielle, vous avez intérêt à confier cette mission à des gens fidèles, généreux et honnêtes. Car, oui, aussi curieux que cela puisse paraître, il faut être honnête pour porter des valises de biftons et ne pas se servir au passage. Quand au fait qu’il est essentiel de ne pas confier ces missions à des rats, nous en avons aujourd’hui la preuve. Si monsieur Gaubert se trouve dans cette fâcheuse posture, c’est bien parce que quand il s’est agit pour lui de remplacer sa vieille femme par une neuve, il s’est arrangé pour assurer son insolvabilité. L’épouse ainsi délaissée et dépouillée est donc tout naturellement allée raconter au juge, les secrets que son imprudent époux lui avaient confiés en des temps où régnait, entre eux, la plus merveilleuse des félicités conjugales.

Enfin et en guise de dessert, que penser d’un homme qui fût le premier flic de France et qui se met à parler, au téléphone, des dessous de l’affaire avec son ami qui ne va pas tarder à être mis en examen, suite aux déclarations de sa femme spoliée ? Contrairement à ce que l’on nous raconte, le scandale, dans ce cas précis, ce n’est pas tant que Brice Hortefeux ait les mêmes informations que les journalistes, mais bien plutôt qu’il ne lui vienne même pas à l’esprit que Gaubert puisse être sur écoute. Ceci étant, venant d’un homme qui ne peut pas retenir une bonne blague sur les Auvergnats alors qu’il est entouré de caméras il fallait s’attendre à tout. Point n’est cependant besoin de crier haro sur le Brice au prétexte fallacieux du secret de l’instruction. Il y a belle lurette qu’elle n’est plus secrète pour personne l’instruction. Pourquoi dénoncer un intolérable viol des principes de la sainte justice par l’exécutif alors que la presse en rend compte au moyen d’écoutes toutes aussi couvertes par ce même sacro-saint secret … Encore des indignations à géométries variables.

Notons au passage, une fois de plus, le grand cas que les socialistes et autres journalistes affidés font de la présomption d’innocence. Non seulement les mis en examen sont coupables (normal c’est des salauds de droite) mais comme ce sont en plus des « proches du chef de l’Etat » celui ci est nécessairement impliqué. Les précautions que l’on est tenu (sommé) d’avoir présentes à l’esprit pour DSK, n’ont bien évidemment plus cour quand il s’agit de « Sarko le facho ». Le plumitif est même prié d’en rajouter des tonnes dans l’insinuation. C’est qu’il convient de sauver rien de moins que la France éternelle Môôsieur … ou à tout le moins la leur. Quand je pense que l’on prétend confier le destin du pays à ces guignols qui, il y a quelques semaines de cela, nous faisaient le coup du complot pour exonérer le queutard du FMI de son funeste « troussage de domestique », je me dis qu’il est urgent de s’enquérir des conditions d’accès au statut de résidant Québécois.


[1] Note à l’attention de la police de la pensée : ceci est un trait d’humour, pas une incitation à constituer des fichiers qui nous rappelleraient les zheures-les-plus-sombres-de-notre-histoire

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Une Réponse to “LA DROITE POPULAIRE”

  1. Lestat Says:

    De plus en plus en verve ! Et donc de mieux en mieux 😉 bravo !

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