2012 : LE PS OU LA PRESIDENTIELLE FLORENTINE

 

Après avoir passé en revue, il y a quelques jours, la stratégie à droite, intéressons nous aux « forces de progrès ». Chez elles, rien n’est simple. Les hommes et les femmes qui guident le peuple de gauche (le peuple est forcément de gauche, vous l’aurez remarqué, sinon ce n’est pas le peuple) sont animés des meilleurs sentiments du monde (c’est connu depuis Robespierre). Contrairement à ces salauds de droite, les leaders roses, rouges ou verts ne veulent jamais le pouvoir pour eux même. Ils veulent des places pour faire triompher leurs idées (différence fondamentale avec une droite qui, elle, a aussi des idées mais qui s’empresse de ne jamais les mettre en application, une fois parvenue au pouvoir). Nos bons pâtres prétendent donc toujours faire le bonheur du Peuple, même s’ils le font souvent contre lui. Dans les cas les plus désespérés, ils changent le peuple, c’est ce qu’ils appellent : « le droit de vote des étrangers aux élections locales ».

Brouilles et embrouilles au pays des Bisounours

Le problème, dans le camp du bien, c’est que, s’ils sont collectivistes dans la forme, ils sont individualistes dans le fond. Conclusion : là où se réunissent 5 socialistes, vous trouvez au moins 6 chapelles différentes. Pour y voir clair et prendre le pouvoir (pour le bien du Peuple, voir supra) il faut faire comme avec la Vittel : il faut E-LI-MI-NER ! Le meurtre entre amis est ainsi devenu au socialisme, ce que la partouze est au Strauskhanisme : une philosophie de l’existence. On ne comprend donc rien à l’incessant déballage de tous les scandales possibles à gauche, si l’on ne prend pas en compte ce facteur déterminant. En effet, comment se fait-il, qu’avec une presse aussi ouvertement favorable, ces imbéciles se prennent à ce point les pieds dans le tapis ? A en croire les sondages et les commentaires, l’avenir semble pourtant s’écrire en rose.

La difficulté, c’est que du rose, précisément, il en existe une infinie variété. Chacune d’elles a son champion qui tend à considérer son voisin comme un ennemi qu’il convient donc d’occire plutôt que de s’en faire un allié sur lequel il pourrait utilement s’appuyer. C’est ainsi qu’après les frères GUERINI à Marseille, nous avons découvert le frère KUCHEIDA à Liévin. Contrairement aux apparences, toujours trompeuses dans le Parti de l’Education Nationale, le fait que ces deux abuseurs aient été dénoncés publiquement par le même homme est un pur hasard. Si Arnaud MONTEBOURG a fait des Bouches du Rhône, son tremplin vers un destin national, il n’avait absolument pas l’intention d’embarrasser son nouvel ami François, avec les frasques et les mœurs de dictateur sud américain du plus fidèle de ses lieutenants du 6-2. Exposer les turpitudes des dirigeants de la fédé du Pas-de-Calais, chauds partisans du « tout mou », c’est lever un lièvre qui ne profite qu’à la femelle dominante du parti, reconvertie en lieutenant de louveterie depuis sa saillie des primaires sur « le flou et le loup ».

Au secours, Martine revient !

Pour Martine AUBRY, en effet, la stratégie d’avenir ne consiste pas à porter Flamby à l’Elysée. Comme ce dernier en 2007, lorsqu’il occupait son fauteuil de premier sectaire, elle sait parfaitement que si son tombeur des primaires triomphe en mai, ce sera la fin de sa carrière. Le parti repasserait alors chez les Hollandistes au plus prochain congrès et les Aubristes finiraient retirés sur leurs terres (pour celles et ceux qui en ont). Il faut d’ailleurs être socialiste pour s’acharner, après les résultats de Mme Royal, à ne pas comprendre que celui qui contrôle l’appareil a vocation naturelle à représenter le parti à la Présidentielle. Lorsque ce n’est pas le cas, c’est le bordel assuré puisque les ambitions du taulier deviennent antagonistes avec celles du candidat. Puisque Martine a été mise à la porte de la Présidentielle, elle s’efforce de revenir par la fenêtre des Législatives.

C’est que Madame Aubry fait du billard à trois bandes, là où d’autres, moins ambitieuses, feraient tapisserie. Ne pouvant être Présidente, l’amère de Lille se rabat sur le poste de Premier ministre. Vous m’objecterez, avec juste raison, que compte tenu de ce qui précède, il y a peu de chance pour que, le mou du genou fasse tandem avec elle. Et vous aurez raison ! La fille de son père n’entend nullement être le Fillon de Hollande, elle veut être le Jospin de Sarkozy. Vous l’aurez compris, mémère compte sur une bonne vieille cohabitation pour se redonner un destin national. Le calcul est moins farfelu qu’il n’en a l’air, et se superpose parfaitement aux objectifs présidentiels Sarkozystes.

Hollande Vs Aubry, la nouvelle bataille des Flandres

Si le 21 avril a lieu à l’endroit, Martine part du principe que le parti sera toujours en mesure de présenter des candidats aux législatives. On purgera juste les sociaux traitres qui auront trop léchés les charentaises du corrézien. Compte tenu du fait qu’ils ont déjà l’expérience d’un pareil plantage, rien n’est impossible avec les socialistes. En revanche, contrairement à 2002, elle espère un score plus haut du Front National et surtout, une dynamique frontiste aux législatives. Faire d’un 21 avril à l’endroit, une nouvelle dissolution de 1997, voilà le calcul osé de Martine née Delors. Des triangulaires généralisées empêcheraient l’UMP d’obtenir la majorité à l’Assemblée, obligeant le Président réélu à subir les affres d’une nouvelle cohabitation avec, en plus, suprême raffinement, l’impossibilité de se représenter à l’issue du calvaire, limitation à deux mandats présidentiels consécutifs oblige.

Attentifs comme vous l’êtes, chers lecteurs, et nantis de cette clef, vous comprenez mieux le « mystère » de la divulgation de la lettre « confidentielle » de MONTEBOURG sur la fédé du Pas-de-Calais et l’accord calamiteux avec les Verts sur le nucléaire. Le but de ces manœuvres, c’est de plomber le « cher François » tout en renforçant, au passage, le « tous pourris » qui nourrit utilement la « peste brune ». Il ne faut pas non plus prendre pour ce qu’elle n’est pas, la première loi prise par le « Sénat libéré ». Donner le droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections locales ce n’est pas favoriser l’intégration. C’est tout faire pour favoriser le Front National… et faire imploser la droite.

Hollande : le Plombé zingueur

Martine a peut être un penchant pour la bière, mais elle n’a pas oublié de lire Machiavel le soir au coin du zinc. Le seul qui, finalement, n’a aucun intérêt à jouer sur le 21 avril c’est bien Hollande. Il a déjà fort à faire avec ses éléphants et ses verts. Si l’avenir lui semble promis, les alliances hasardeuses qu’on lui impose avec des sectaires de la pire espèce, risquent de peser fort lourd au final. Il faut bien reconnaître que des pachydermes non vermifugés feraient peser de trop gros risques sur l’avenir d’un pays qui, même s’il a pour emblème une bestiole qui gueule les pieds dans un tas de fumier, n’a pas pour autant spécialement envie, de se retrouver dans la merde.

Alors avec un programme socialiste totalement irréaliste et des « alliés » hystériques la marge de manœuvre est réduite pour l’énarque qui se prétend normal. Il lui faut conserver ses sondages au plus haut s’il veut tenter d’imposer un peu de réalisme à l’attelage hétéroclite que lui a imposé Martine. Qu’il vienne à descendre de son piédestal IFOP et la curée pourra commencer. Hollande n’a donc qu’une option: ne pas faire de vague. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons à ses multiples cafouillages et revirements de début de campagne. Une idée lancée le matin a fort peu de chance d’être toujours d’actualité le soir ? Nous venons d’en faire l’expérience avec le quotient familial. En dehors du fait que vous allez casquer encore un peu plus, vous en retenez quoi des propositions de Hollande sur cette question pourtant fondamentale ? Conclusion il ne va rien faire du tout, ne rien proposer de trop clivant, il va se contenter de paraître. C’est la tactique de tous les favoris des sondages avant le début des hostilités. Le dernier à s’être trouvé dans cette « confortable » position s’appelait Edouard Balladur…

Bayrou l’embuscade sauce Béarnaise

On ne peut évoquer les turpitudes de la gauche sans parler de François Bayrou. Non qu’il soit plus à gauche que François Hollande mais comme il surfe sur le même thème de l’antisarkozisme primaire, qu’il est européiste extatique, chaud partisan du commerce international sans entrave tout en appelant à acheter français, il faut bien le mettre quelque part à la gauche d’Alain Madelin. L’Euro Béarnais est lui aussi dans une position particulièrement inconfortable pour cette présidentielle (c’est la malédiction du François). Il est installé dans le fauteuil de celui qui sait qu’il sera élu … s’il arrive à franchir le premier tour. Son problème c’est précisément d’y parvenir à ce second tour. Si, à cette occasion, tout le monde voterait pour lui pour éliminer son rival, presque personne de veut de lui, au premier tour, quand on a encore le choix. C’est le paradoxe de l’extrême centrisme. A force de n’être d’aucun camp et de taper sur tout le monde, on finit par n’intéresser personne.

Le fondateur du Modem n’a donc d’autre choix que de donner une épaisseur à un programme qui n’en n’a pas et surtout de paraître avoir une personnalité et non pas seulement une ambition. En résumé, plus François Hollande s’efforcera de rester consensuel, insipide et sans saveur, plus Bayrou tentera de passer pour le type sérieux qui sait ce qu’il dit, et qui dit ce qu’il fera. Cela vous rappelle quelqu’un ? A force de n’être d’aucune tendance, notre normalien va tenter de se payer la peau du « mec normal », en nous refaisant le coup du candidat de la rupture. Bayrou va chasser sur les terres socialistes, ces électeurs de droite qui ne veulent plus de Sarkozy et qui se seraient bien laissés tenter, faute de mieux, par le rose mou. Contrairement à ce que l’on nous serine, la candidature de l’ex plume de Giscard, n’est pas tant un problème pour le Président sortant, qu’un drame pour l’ex de Ségo. Si sa stratégie marche, vous verrez que Martine lui donnera même un coup de main autour du mois de février. A tout prendre, quitte à être Premier ministre de cohabitation, autant l’être avec un neuneu sans troupe qu’avec un petit nerveux en embuscade permanente.

 

On le voit, les coups bas et tordus rempliront notre quotidien durant les quatre mois qui nous séparent de la Présidentielle. Plus les protagonistes prétendront être animés des meilleures intentions du monde, plus les poignards seront aiguisés. Le 21 avril ne sert pas juste de repoussoir. Il est aussi l’espoir de tous ceux qui, sachant qu’ils n’ont aucune chance de parvenir au pouvoir (ou de s’y maintenir), espèrent inverser le cours des choses pour faire mentir les prédictions. Quand de Gaulle disait qu’après sa mort, il fallait redouter le trop plein et non le vide, il était une fois de plus visionnaire.

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