SOCIALISME ET LIBERTE

Socialisme et liberté

En parler toujours, n’y penser jamais. Voilà comment se résument les rapports ambigus que les socialistes français entretiennent avec la Liberté. Il n’est pas un événement, un débat, une controverse où les héritiers de Jaurès ne convoquent les mannes des héros de LEUR Révolution. Et les mêmes de se rouler allègrement dans les Droits de l’Homme avec la même énergie que le chien dans la charogne (pour la plus grande joie de ses maîtres). En réalité, pour ces mauvais génies de la Bastille, la seule liberté qui vaille est la leur. Celle d’autrui est dangereuse, car susceptible de mener à la remise en cause des dogmes auxquels, ces esprits simples adhèrent sans les discuter, depuis les bancs de Science Po (a minima). La Liberté politique et son corolaire : la Liberté d’entreprendre sont, dès lors, systématiquement pourchassées par des collectivistes de la pire espèce, drapés dans les oripeaux de la modernité.

Sans liberté d’entreprendre, il n’est point de croissance flatteuse

Bisounours-2Nous n’insisterons jamais assez sur la duplicité d’un Président qui se fait élire sur un programme économique autistique consistant à prétendre que la France est une île. À ce compte-là, comment s’étonner qu’il se croie autorisé à pratiquer toutes les expérimentations, même les plus hasardeuses, sans se sentir comptable d’aucune des conséquences pratiques qui en découlent. Une telle conception du monde contemporain ne se trouve plus guère partagée que par famille Kim en Corée du Nord. Il ressort de ce credo, une impression de cafouillage qui se traduit par une multitude d’entraves et de rapines à destination des plus entreprenants et qui ne sert qu’à faire croire aux imbéciles qui le veulent bien que son gouvernement pèse sur le cours des choses. Vous êtes pauvres et vous en souffrez, mais rassurez vous braves gens, loin de vous permettre de vous en sortir nous, gouvernement socialiste d’une France citoyenne et participative, nous allons faire en sorte que votre voisin soit autant dans la panade que vous. Avant de crier à la caricature et au crime de Lèse normalité, les thuriféraires du Président normal devraient se rappeler que François XVI a fait quatre enfants à la reine de la bravitude…

Il ressort de ce cloaque « bougiste », une cacophonie permanente qui a pour conséquence la paralysie de l’activité économique. Plus le message gouvernemental est brouillon, moins les entrepreneurs entreprennent. Même à l’ENA on doit être capable de comprendre que l’on reporte ses investissements lorsque l’on ne sait pas jusqu’où l’État va, au final, vous essorer à la fin de l’année. Avec la rapacité du Fisc, mieux vaut avoir de l’argent disponible. Ce qui est valable pour les chefs d’entreprises l’est d’ailleurs tout autant pour les particuliers. A ce titre, il ne sert à rien de plastronner en se gargarisant d’un taux d’épargne des ménages s’élevant à 16 % en France. Ce taux, ahurissant pour un pays comme le nôtre, est plus révélateur des angoisses face à l’avenir que de l’espérance en des lendemains qui chantent. Il en dit plus long sur la confiance qu’inspire le gouvernement que tous les sondages.

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À force de considérer le créateur d’entreprise comme un loup qui cherche à s’enrichir sur le dos de son prochain, à force de croire que le travail qu’il propose est une aliénation qu’il convient de combattre en encourageant les salariés à en faire le moins possible, à force de spolier l’investisseur de la juste rémunération de son risque, on finit par ne plus vivre qu’avec des assistés et des attristés. Faire que chaque Français dépende de l’État à des degrés divers est le plus sûr moyen qu’a trouvé l’élite administrative de ce pays pour assurer sa domination. Voilà pourquoi, seuls contre le reste du monde et toutes les évidences, nous persistons à croire que nous sommes une alternative au capitalisme. Tant que l’on trouvera normal que 90 % des journalistes se déclarent de gauche, tant qu’Alain Madelin servira d’homonyme à Méphistophélès, tant que le libéralisme sera considéré comme une malédiction et non comme une libération, nous continuerons à nous enfoncer dans la crise en nous vidant de nos forces vives.

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Pas de Liberté pour les ennemis de la Liberté

pensee-unique-723x1024Appliquant ce principe qui fit la gloire des Montagnards, nos penseurs socialistes organisent la marche forcée vers le progrès, en multipliant les lois liberticides. La seule liberté que chérissent les socialistes c’est celle de dire leur vérité. Toute opinion contraire est scandaleuse et se doit d’être combattue comme telle. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que les princes qui nous gouvernent refusent le débat puisque pour eux le verbe négocier signifie céder aux exigences de leur adversaire (cf. la vulgate syndicale). Ils sont le Bien et disent le Droit, il est donc criminel de ne pas être d’accord avec eux. C’est ainsi que ces trente dernières années, nous avons vu fleurir les lois visant à réprimer les pensées déviantes. Sous couvert de lutter contre le si commode « ventre fécond de la bête immonde », la rue de Solférino et ses multiples officines ont établi une solide police de la pensée qui n’a pas grand-chose à envier à celles mises en place par les deux grands totalitarismes de la première moitié du vingtième siècle. Le principe de dénonciation et d’exposition des pénitents est exactement le même. Nous sommes, certes, préservés jusqu’ici des conséquences physiques d’une dissidence avec le prêt-à-penser. Pourtant, à entendre les plus extrémistes des tenants du politiquement correct, cet avantage est des plus provisoire.

 

Les socialistes et les contrôles au faciès

Les socialistes et les contrôles au faciès

Le mensonge d’État autour des chiffres de la délinquance est symptomatique de cette méfiance atavique des élites françaises envers la liberté de penser. Si l’on se penche sur la question avec un minimum de sérieux, on s’aperçoit vite que le phénomène ne fait que croître et embellir et que la violence qui l’accompagne ne cadre absolument pas avec l’excuse de pauvreté qui tient lieu d’explication à tout. Non, le dénuement ne pousse pas systématiquement au crime. Le pauvre n’est pas nécessairement plus violent que le riche. Le déterminisme social n’a pas plus de sens que le déterminisme racial. Ce qui fait sens, en revanche, c’est plutôt le déterminisme tribal. Lorsque l’on s’intéresse à la répartition spatiale de la délinquance, on s’aperçoit que les zones en forte progression sont celles où la population est la plus hétérogène. L’homogénéité est, au contraire, un facteur de stabilité et de sécurité. C’est vrai dans les écoles comme dans la rue. Il est urgent de se taire et de n’en point faire état aux petits blancs qui ont vite fait de tirer de ces faits bruts (si l’on peut dire) des conclusions hâtives (c’est bien connu).

C’est pour avoir exprimé, très partiellement, cette vérité par le prisme de la population carcérale qu’Éric Zemmour a été cloué au pilori, que ses chroniques matinales sur RTL on été amputées des deux tiers et qu’il a été relégué en toute fin de soirée à la télévision, comme un vulgaire porno soft. La même exécution médiatique a été réservée à la démographe Michelle Triballa pour avoir osé quantifier le remplacisme auquel se livre avec volupté notre élite tiermondiste. C’est toujours ce même phénomène qui vaut à Xavier Raufer, grand criminologue, un quasi-anonymat, lui qui a commis le péché de comparer les mœurs respectives des habitants de la Creuse et de la Seine-Saint-Denis, en matière de saccage de biens publics ou privés. Ne doutons pas que le même sort soit réservé à Laurent Obertone qui, bien que journaliste (comme quoi toutes les règles ont leur exception) ne va pas manquer de déchainer les pères la vertu avec son livre La France orange mécanique, tant il y démontre avec talent, à quel point de violence gratuite nous en sommes parvenus. La France de Normalito, plus dangereuse que celle de Napoléon III, voilà qui n’a pas fini de faire causer le républicain.

Timeo Danaos et dona ferentes[1]

297246_10151102013991977_162161107_nLa réalité que nos élites ont toujours feint d’ignorer est en passe de surgir violemment dans leur existence. Déjà au niveau économique, nos gouvernants ne peuvent plus se réfugier dans l’emprunt, pour différer les réformes d’ajustement que notre niveau réel de production nous impose. Il ne reste que des fonctionnaires ou des syndicalistes (pléonasme) pour croire que le modèle français en soit encore un. La Cour des comptes –  qui ne passe pourtant pas pour une pépinière de libéraux – n’a de cesse d’alerter le pouvoir sur la nécessité de couper dans les dépenses pour « tenir les objectifs ». Soyons francs, en la matière, le pluriel ne s’impose pas, tant la seule option est de ne pas décrocher de l’Allemagne. Il n’y a pas de miracle économique français. Si nous continuons à distribuer des prébendes à une quantité toujours plus importante de parasites, avec pour seule finalité celle de se maintenir au pouvoir, les mêmes causes, à Paris, produiront les mêmes effets qu’à Athènes. Hollande, n’a rien à envier à Papandréou. L’un et l’autre sont les héritiers de leur Tonton. Ils se comportent à l’identique. La grande faute repose sur l’opposition. C’est elle qui a tourné le dos à la Liberté en perpétuant ce système, lorsque les électeurs, lassés, l’ont porté par trois fois[2] aux responsabilités sur un programme ouvertement réformateur. La responsabilité du premier Maire de Paris depuis la Commune est de ce point de vue immense. Il a ouvert la voie à tous les renoncements. Lui même et ses successeurs, en trahissant leur camp pour plaire à des élites médiatiques mises en place par leurs adversaires, ils ont décidés de mettre leurs concitoyens sur la paille. Les plats de lentilles ne rassasient que très provisoirement ceux qui, pour succomber à leurs fumets, bradent leurs convictions. « Chirac : une colonne ; pas de celles qui soutiennent le temple, non ; une colonne Morris : de l’affichage sur du creux ».[3]  Pas étonnant que l’actuel locataire de l’Elysée le vénère tant.

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La liberté de penser, voilà l’ennemi

identite_nationale_francaise_rayer600L’excuse bateau de la crise ne passe plus. Cette explication que l’on nous sert pour justifier le fatalisme, la passivité et le manque d’imagination avec lesquels nos élites prétendent nous gouverner, ne convainc même plus un lycéen (pourvu qu’il sache lire). Il en va de même en matière d’identité nationale. En ce qui concerne les drames nés d’une politique d’immigration massive dissimulée, plus le mensonge d’État devient patent, plus il devient urgent de traquer le déviant. À la palanquée de journalistes militants vient s’ajouter le troupeau des associations sans adhérents, mais néanmoins pourvues de grasses subventions. Ces petits gardes rouges, gavés d’argent public, sont les vrais nervis du régime. C’est par eux que passent les procès staliniens fait à ceux qui bravent la pensée unique. Par ces temps de disette budgétaire, au lieu de s’émouvoir mollement des salaires des footballeurs ou plus bruyamment de l’exil fiscal du plus Russe de nos acteurs, il est curieux qu’un gouvernement impécunieux ne taille pas dans ces si généreuses subventions.

marianne_A4nb_500dpiSoyons fou ! Imaginons l’espace d’un instant, une France sans HALDE, sans SOS Racisme, sans CRIF, sans Ligue des Droits de l’Homme, sans Kommandantur auprès de laquelle dénoncer, à sens unique, son prochain. Deviendrions nous pour autant un pays à la dérive, fleuretant avec la dictature, si les lois Gayssot, Taubira et autres crétineries mémorielles étaient abolies ? Les Français sont-ils à ce point stupides qu’ils ne puissent tenir des débats sereins sur leur passé, sans que l’État ne vienne leur dire ce qu’il convient de penser ? Nous assistons au travers de la multiplication de ces entraves institutionnelles à la liberté de conscience, à l’agonie d’un système. Le bateau prend l’eau de toute part et l’équipage peine à le maintenir à flot, pendant que sur le pont des premières, l’orchestre joue sa partition comme si de rien n’était. La bête est à terre et ses derniers soubresauts sont d’autant plus féroces qu’elle se sait condamnée.

 

Les soixante-huitards fatigués qui nous tiennent lieu de professeurs de morale sont en train de tirer leur révérence. De leur révolution de pacotille ils ne nous laissent que les pots cassés. De leur paresse intellectuelle ne subsiste, hélas, que des interdits. Ne nous trompons pas ! C’est parce que ces résistants en peau de lapin sont incapables de défendre leurs convictions qu’ils ont multiplié les fatwas législatives. Le barnum s’écroule, à nous de savoir reconstruire une organisation cohérente où l’Etat est au service du peuple souverain et non l’inverse. Nous devons accoucher d’un mode de gouvernement fondé sur la Liberté de penser et d’entreprendre, où la confiance dans l’individu soit la règle et la méfiance l’exception. Ce monde est à construire et il nous appartient d’y prendre toute notre part. La Liberté ! Face au fanatisme et au dogmatisme de leur temps, des esprits éclairés l’ont inventée en France et pratiquée aux États-Unis[4]. Alors que ces périls nous menacent de nouveau, saurons-nous être assez fort pour réclamer leur héritage et nous affranchir, ce faisant, des carcans que notre aristocratie n’a jamais cessé de faire peser sur nos épaules  en 1788 comme en 2013 ?

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[1] Je crains les grecs même ceux qui apportent des cadeaux, phrase mise dans la bouche de Laocoon par Virgile dans l’Enéide.

[2] 1986, 1993 et 2007. 2002 n’a été que la continuation du socialisme par le biais du radicalisme corrézien. A cette époque, Jacques Chirac n’avait pas prévu, comme en 1986, de renverser la table … bien au contraire.

[3] Claude Michel Cluny : Rêver avec Virgile

[4] Loin de moi l’idée de minimiser le rôle fondamental de l’Angleterre dans la marche vers la Liberté mais l’image est plus parlante si l’on considère que les Etats Unis d’Amérique ont mis en pratique beaucoup plus vite le concept de citoyen que les Anglais, chez qui le processus a été plus long.

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5 Réponses to “SOCIALISME ET LIBERTE”

  1. Debaudenance Says:

    Le meilleur, à coup sûr, d’une déjà belle série 😉

  2. Eole Says:

    Toujours un immense plaisir à vous lire. Excellent article!

  3. JC PECQUEUX Says:

    Merci de nous faire respirer!

  4. Pascal Says:

    Très bon article ! Je découvre ce blog à partir du site de l’Institut Turgot (où j’ai posté un commentaire positif et très complémentaire à l’article « Cahuzac de noeud ») : je viendrai désormais ici en plus, et directement !
    Il ne reste plus qu’à espérer voir ce blog toucher de plus en plus d’internautes. Il se pourrait que la conjoncture s’y prête, même s’il faudra encore beaucoup d’efforts pédagogiques pour désintoxiquer les Français de la drogue collectiviste.
    Courage -et humour, l’un nourrissant l’autre…

  5. ?? SOCIALISME ET LIBERTE | EGOTUSUM Press libre "on ne nous dit pas tout" Says:

    […] Timeo Danaos et dona ferentes[1] […]

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