CAHUZAC DE NOEUDS

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On pensait, bien naïvement, que le quinquennat de Normal premier allait être à l’image du personnage principal : pâle et sans saveur. Et bien nous avions tort ! Depuis dix mois, sans doute dans le louable effort de distraire les Français de la crise qui s’aggrave, c’est à l’édification d’un véritable festival du rire que François zéro occupe son temps… et sa communication. Pensez, après nous avoir, avec Cahuzac, refait le coup du « meilleur d’entre nous », le grand Barnum est obligé, en catastrophe, de lâcher celui qui est aujourd’hui coupable, ni plus ni moins, que d’un « outrage à la République ».

La République une valeur refuge

Comme à chaque fois qu’ils sont pris la main dans le pot de confiture, les socialistes, grands donneurs de leçon devant l’Eternel, convoquent les mânes de la République. La « brave fille » est présente dans la moindre de leurs déclarations, comme si l’invoquer en boucle venait laver le front des pénitents. Ce n’est pas la peine de dauber à longueur de temps sur l’Église de France et la bonne conscience des « culs bénis » qui se rendent à confesse pour pouvoir continuer à mieux tromper leurs femmes, si c’est pour invoquer la République comme les autres la Vierge Marie. La stigmatisation des fautes confessées par Cahuzac comme étant « indignes d’un élu républicain » enlève-t-elle quoi que ce soit à la faute elle même ? Doit-on en déduire que l’ancien Maire de Villeneuve-sur-Lot se serait comporté comme un vulgaire royaliste voire – nous n’osons le penser – comme un séide de madame Le Pen ? Vont-ils bien finir un jour par nous donner la définition de ce qu’est « un élu républicain » ? Est-ce un être étrange venu d’ailleurs touché par le Saint Chrème de Louise Michel ? A contrario doit-on déduire, de cette invocation totémique, que des élus « non républicains » se dissimulent parmi les membres du Parlement ?

blog -Hollande-j ai tant aime CahuzacUn proverbe nautique fleuri et évocateur prétend que : « quand on a de la merde au cul, on évite de grimper au grand mât ». Que n’avons-nous entendu ces derniers jours, venant de nos grandes consciences républicaines, avant leur viol par le méchant Cahuzac, au sujet de Nicolas Sarkozy ? Avec un respect de la présomption d’innocence qui fait chaud au cœur, toute la socialie s’est précipitée pour faire de l’ancien Président : un détrousseur de vieille dame sénile dans le besoin (ces Hongrois décidément : tous des voleurs de poule). C’est sans aucun doute le même « esprit républicain » qui permettait à Flamby de nous promettre « les yeux dans les yeux » une République (encore elle) irréprochable, sous-entendant ainsi lourdement (et sans preuve sinon ce ne serait pas drôle) que celle de son adversaire, elle, ne l’était pas. Moins de quinze jours après cette mémorable saillie, « Moi Président » chargeait Cahuzac de lutter contre la fraude fiscale…

Une communication impossible

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On l’a vu (et surtout entendu) la vertu outragée est l’unique ligne de défense présidentielle. Cette stratégie est aussi efficace pour faire face à la crise que le fut la ligne Maginot pour faire face à la Wermarch. La gauche morale, murée dans ses certitudes, assène à un peuple ébahi ses jugements définitifs. « Comment pouvez vous croire que si le Président avait su… » et autre « nous n’avions pas de raison de douter » et « il me l’a dit les yeux dans les yeux » se succèdent à un rythme effarant, avec pour seul espoir, celui de noyer dans l’œuf les interrogations légitimes.

De deux choses l’une : soit le Président savait depuis décembre que l’enregistrement était authentique (ce que semblent corroborer des informations policières) et le Chef de l’État a donc couvert le « violeur de la République », soit il n’en savait rien et c’est benoîtement qu’il a pris pour argent comptant (façon de parler), les dénégations de son ministre félon. Dans les deux cas, il n’est pas à la hauteur de sa mission. Dans le premier : c’est un parfait cynique byzantin digne de François Mitterrand (quand je vous dis que l’on ne va pas s’embêter), dans l’autre c’est un parfait crétin. Quelle que soit la vérité, il est perdant et n’a de toute façon pas mesuré, une seule seconde, les dégâts que cette affaire pourrait causer dans l’opinion. Comment expliquer sinon cette totale improvisation dans la communication gouvernementale. Comme si couper une branche pourrie pouvait exonérer le jardinier de s’expliquer sur le temps qu’il lui a fallu pour s’en apercevoir.

Autre temps autre mœurs

211507417Une chose est sûre c’est que chez les socialistes, nous avons changé d’époque. Sous le règne de feu Tonton, il est vraisemblable que Jérôme Cahuzac  n’aurait déjà plus été de ce monde. Qu’il ait eu un accident vasculaire ou qu’il se soit opportunément suicidé au bord d’un canal, avec l’arme de service de son garde du corps (qui comme chacun le sait se range toujours dans la boîte à gant des voitures de fonction) et nous n’entendrions plus parler, en cet instant, que des mérites exceptionnels d’un professionnel de la réimplantation capillaire, injustement livré à la férocité d’une meute de journalistes envieux, de ne pouvoir s’être offert ses services. Bref on nous servirait à foison, la potion du self-made-man besogneux persécuté en raison de ses origines forcément modestes et patati et patata.

Devons-nous regretter ces temps anciens ? Bien sûr que non, car l’époque présente, où le pénitent va à contrition médiatique par la grâce de l’entraide judiciaire entre la France et la Suisse, nous réserve encore bien des rebondissements joyeux. En premier lieu, il y a fort à parier que les 600 000 € ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Le meilleur reste sûrement à venir. Il faut bien reconnaître que s’il ne s’était s’agit que, pour un chirurgien méritant (bien que socialiste), de mettre de côté une somme gagnée à la sueur de son front, afin de la soustraire à la voracité de tous ces parasites égalitaires qui peuplent notre pays de cocagne (surtout pour eux), notre large esprit libéral aurait bien volontiers donné l’absolution au bon Docteur Cahuzac.

La race des saigneurs

Malheureusement pour l’exercice de notre charité, il semble bien que ces fonds aient une provenance beaucoup moins noble que le seul fruit du travail de l’intéressé. On l’oublie trop souvent, mais avant d’être « Monsieur 3 % » dans le gouvernement Ayrault, Jérôme Cahuzac avait été « Monsieur médicament » au cabinet de Claude Evin (pas le marchand de chocolat, l’autre : l’ayatollah anti alcool et anti tabac) alors ministre de la Santé de Michel Rocard. À cette époque, avant que Mitterrand (toujours lui) ne l’assassine une bonne fois pour toutes, en lui envoyant Bernard Tapie dans les gencives aux Européennes de 1994, Rocky avait pour ambition de se présenter aux présidentielles de 1995 (le fou !). Qui dit ambition présidentielle, dit besoin d’argent et qui précise contre la volonté de Mitterrand, implique besoins de financement alternatif. D’où les questions qui se posent, aujourd’hui, sur le rôle du « Monsieur médicament »de l’époque.

6164_10151335687946977_1688439953_nPour faire simple, il se pourrait bien que le « contrit de Bercy » ait été en charge de faire cracher les labos pharmaceutiques au bassinet du chantre de la nouvelle gauche, en échange de quelques juteux passe-droits, payés par la Sécu. La Sécu, vous savez, le machin obligatoire qui se finance comme Bernard Madoff avec le même résultat. Le truc qui est gratuit pour les nouveaux arrivants (merci l’AME), mais qui coûte les yeux de la tête aux cotisants historiques qui voient leurs droits rognés au fur et à mesure que se creusent les trous. Ces mêmes déficits, de la résorption  desquels sont précisément chargés, ceux qui s’entendent si bien avec les laboratoires pharmaceutiques. Comme c’est étrange ! Pourquoi croyez-vous donc que c’est aux seuls cotisants qu’est laissé le soin des mesures d’économies à prendre, pour « redresser » des régimes « structurellement déficitaires » ?

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Cette affaire Cahuzac illustre à merveille la duplicité socialiste. Tout à leurs cours de morale et à leurs fantasmes d’accaparement de la République, les héritiers de Jaurès s’enferrent dans un autisme abyssal qui les coupent du pays réel. Prompts à voir la paille dans l’œil du voisin, ils sont incapables de voir les poutres qui leur transpercent le crâne. D’où les jérémiades pathétiques des députés et autres militants « de base » sur l’air du « pas ça, pas chez nous ». À les entendre, on les plaindrait presque. Il faudrait pour cela qu’avant ils n’aient pas détournés à leur profit : l’argent destiné au développement de l’Afrique (Carrefour du Développement) ou raquettés les grandes surfaces (Urba et compagnie). Avant Cahuzac, nos socialistes vivaient tranquillement confits dans leurs certitudes. Ils étaient l’incarnation du Bien et luttaient courageusement contre le Mal. Les pourris, c’est bien connu, c’est la droite et ces salauds de Sarko, Copé et Hortefeux. Avec un talent de contorsionniste consommé, Harlem, le si désirable Premier Sectaire de la boutique, est déjà en train de nous expliquer que Jérôme Cahuzac s’est mis « de lui-même en dehors du parti ». Comme Lance Amstrong, les socialistes nous démontrent que si l’un des leurs se dopait à la fraude fiscale c’était à « l’insu de leur plein gré » et que c’est très mal, mais que c’est « l’affaire d’un homme ». Une brebis égarée, une victime expiatoire, l’exception qui confirme la règle ou l’arbre qui cache la foret ? Quoi qu’il en soit et à ce train là,  gageons que d’ici une semaine, « l’innocent aux mains pleines » sera devenu un affreux mec de droite… titulaire d’une carte PS depuis 1977. « Un piège sans doute, un complot nous verrons » … comme disait l’autre.

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