LA GRANDE ILLUSION

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Les urnes ont parlé et, même si l’issue de la grande quinzaine antifasciste ne faisait guère de doute, il est difficile de retenir son admiration devant la performance d’Emmanuel Macron. Qu’un banquier d’affaires, porté sur les fonts baptismaux par un Président dont l’ennemi déclaré était la finance parvienne, en l’espace de 12 mois, au sommet du pouvoir en faisant oublier qu’il est comptable des désastres qui se sont abattus sur notre pauvre pays depuis 5 ans, relève du miracle le plus absolu. C’est précisément la raison pour laquelle, une fois salué l’artiste, il convient de se poser les bonnes questions, plutôt que de se livrer à la flagornerie aussi vile que grotesque dans laquelle plonge, avec délice, la classe parlante depuis le 7 mai au soir. Enfin que dire du gouvernement le plus technocratique qui nous ait été donné depuis les années Giscard ?

La revanche des zélites

FacheO_dessin_finance_mondialisme_oligrachie_systeme_Macron_Attali-8fd81-b23dbPour ceux qui en doutaient encore, avec Emmanuel Macron, c’est toute cette merveilleuse technocratie que le monde entier nous envie qui est portée aux affaires. À une ou deux exceptions près, les ministres sont autant issus de la « société civile » que Ray Charles de l’École Nationale de l’Aviation Civile. Certes, nombre de ministres viennent bien du « monde de l’entreprise »… mais publique. Prendre des énarques et autres polytechniciens blanchis sous les harnais des cabinets ministériels… de gauche et du capitalisme de connivence, ne constitue ni une prouesse, ni une nouveauté. Depuis la fin du gaullisme, les élus ont lentement mais surement fui leurs responsabilités, en s’abritant derrière les « techniciens » et autres « sachant ». Aujourd’hui, nous sommes au bout de ce processus de délitement et les « experts » sont au pouvoir. Devons-nous, à l’unisson de la presse servile, nous en réjouir et nous gargariser des « bénéfices » que nous allons tirer de cette situation pathétique ? Après quatre décennies de démission du politique au profit des « technos », la situation de la France s’est-elle améliorée en quoi que ce soit ? Une chose est certaine, ces « experts » sont les enfants chéris des Attali et autres Minc qui ont, avec une constance peu commune, conduit le pays dans le mur que nous ne connaissons que trop bien. Il y a donc fort peu de chance que leurs héritiers nous surprennent par leur audace.

macron-jeune001Comme l’insuccès de ces dernières années de mondialisation acharnée commençait sérieusement à se voir, le système a turbulé d’un joli ripolinage, sacrifiant ses anciennes idoles pour en promouvoir de nouvelles, toutes aussi formatées que les précédentes. Il fallait, selon l’adage bien connu, que « tout change, pour que rien ne change ». Le Peuple grondait et menaçait, comme au temps de la République romaine finissante, de s’en remettre à ses tribuns pour régler les questions que ses patriciens refusaient obstinément de considérer. Une fois encore Marius a été défait au profit de Sulla. La manipulation a bien fonctionné et nous avons un moralisateur 2.0 à l’Elysée. Le rassemblement « des hommes de bonne volonté » que l’on nous survend est factice. Ses trois prises de guerre ne changent rien à l’affaire. Deux énarques et un aventurier, le tableau est bien mince. La difficulté vient plus du nombre encore trop élevé de leurs semblables qui continuent à hanter les couloirs des LR. La droite n’est plus la droite depuis 1987, l’interchangeabilité des zélites est, hélas, une dure et cruelle réalité.

Le centre véritable trou noir de la politique française

ob_4ec13d_elus-konkEn vérité, depuis l’élection de Giscard et la fin du gaullisme, nous vivons sur un grand mensonge politique. Le centre représente de 15 à 20 % du corps électoral (dans les bonnes années). Il attire pourtant 80 % du personnel politique, d’où l’interchangeabilité susmentionnée. Les élus de gauche s’empressent de ne plus l’être, une fois au pouvoir, tandis que leurs homologues de « l’autre rive » se hâtent de les y rejoindre pour se faire pardonner d’avoir été désigné par des ploucs de droite. Les électeurs sont toujours les dindons de la farce. Ce coup-ci c’est plus clair : comme avec Giscard, ils ont hissé la nouvelle autocratie aux affaires. Et voilà comment un banquier énarque, porté au pouvoir par la presse, peut rassembler autour de lui, tous les « talents » qui ne demandent qu’à s’exprimer (et accessoirement à se goberger).

umps001Les quatre cinquièmes des élus se reconnaissent dans la politique mondialiste, immigrationniste et fort peu démocratique, pensée par les technocrates de Bruxelles et mise en œuvre en France par leurs homologues hexagonaux. Malgré tout le flou qui entourait sa campagne, Emmanuel Macron a toujours été cohérent sur un point. La France est un pays fini qui n’a plus qu’un avenir : celui de se dissoudre dans un grand bain fédéral européen. C’est le sens de l’Histoire, fin du débat ! Et si les contorsions des Républicains en « campagne », infoutus de critiquer clairement des choix qu’ils partagent, pour la plupart, sans réserve ne suffisent pas à vous convaincre que nous sommes foutus, regardez où en sont les idiots utiles du Front National et vous comprendrez. Ils avaient un boulevard devant eux, ils n’ont plus que des ruines. L’UMPS qu’ils ne cessaient de dénoncer se met en place et ils sont incapables d’en tirer le moindre bénéfice. Il faut dire que les « fachos de service » ont rendu un fier service aux Résistants en peau de lapin et autres eurocrates débridés. Ils ont fait étalage de leurs incohérences et de leurs incompétences. Ils ont louvoyé tant et si bien pendant toute la campagne et singulièrement entre les deux tours, que plus personne n’y retrouve ses petits. Ils ont fini par croire que leur « dédiabolisation » leur ouvrait les portes du pouvoir. Ils sont devenus inconsistants, à force de vouloir « paraitre crédibles » aux yeux d’un système dont ils n’avaient rien à espérer, il se sont perdus auprès de leurs électeurs et ont permis la prise de pouvoir des technos. Ils ont fait avec l’Euro ce que Mélenchon a fait avec l’immigration : ils se sont tiré une balle dans les deux pieds (ce qui n’est pas donné à tout le monde)

Une presse aux ordres

france-intox001Bien sûr la presse a joué un rôle partisan. Ce truisme n’a rien de nouveau. Lorsque « l’essentiel est en jeu » les journalistes se comportent toujours en militants de gauche zélés. Souvenez-vous de la première cohabitation ou bien encore de Maastricht et bien sûr du 21 avril 2002. Rien de nouveau sous le soleil ! Seulement la presse ne peut pas tout. Le Peuple a bien refusé d’avaler la bouillie européiste que l’on souhaitait lui infliger en 2005, malgré les injonctions des médias. Depuis, le système fourbissait sa revanche, c’est désormais chose faite. La Presse est la meilleure alliée du système, c’est une évidence. Il faut dire qu’elle en dépend tellement que le contraire serait étonnant. À ce que l’on sache, les moutons ne se tondent pas tout seuls !

45Dans notre beau pays, de grandes consciences veillent à préserver la « pluralité » de la presse. Entendez par là : s’assurer qu’elle reste de gauche. Car en matière de « pluralisme » on peine à distinguer les contours d’un début de différence entre les uns et les autres. Certes, quand la gauche est au pouvoir, il est possible de voir certaines nuances, certains courants apparaitre, mais tout cela reste très… de gauche. Si vous croyez que le Figaro est un journal de droite, c’est qu’il n’y a plus rien à faire pour vous. La Grande-Bretagne et les États unis ont une presse pluraliste. La France, elle, a une presse monolitiquement et désespérément soviétique. Quand on voit le traitement de l’information dans notre beau pays, on se dit que l’on pourrait s’épargner le ridicule de traiter Vladimir Poutine de dictateur.

macron-pr-sident-une-marche-mLes monopoles sont néfastes, qu’ils soient publics ou privés et la médiocrité de la presse française vient de son hyper concentration en un très petit nombre de mains. Seule une poignée de capitaines d’industrie règnent sur l’univers merveilleux des médias : audiovisuel et presse écrite confondue. Ce sont, tous, des progressistes forcenés, des européistes convaincus et des mondialistes enragés. Ils n’ont pas besoin de faire régner la terreur dans les rédactions pour imposer leurs vues, cela fait — comme par hasard — 30 ans que tous les journalistes qui ne sont pas dans cette mouvance ne trouvent plus d’emploi. En plus, nous vivons dans un pays de cocagne. Nos « investisseurs » ne prennent aucun risque avec leur argent. Quand un organe de presse est déficitaire : l’État le subventionne. Plus besoin de se mettre en adéquation avec ce que le public réclame. Un journal sans lecteur, c’est le Graal des journalistes, un peu comme une école sans élèves pour les profs ou un parlement sans élus pour les énarques.

Un parlement de godillots

cpfjptfwyaaxtnfUne assemblée croupion, c’est précisément ce qui nous pend au nez. Comme le flou qui a caractérisé la campagne du Kennedy de Picardie risque, lorsqu’il sortira de son ambiguïté, de se traduire par quelques mouvements sociaux, notre Président tout neuf ne veut pas risquer de s’enliser dans les méandres de « l’action » parlementaire. Le PS s’étant liquidé tout seul, grâce à son mentor à teinture, il lui reste à fusiller la droite. Cela tombe bien, « la droite la plus bête du monde » va l’y aider puissamment. Comme ils sont, dans leur grande majorité, d’accord avec lui, ils sont incapables de lui résister. Comme en plus, ce sont, dans leur grande majorité, là aussi, des hommes, blancs, vieux et souvent là depuis longtemps, ils sont aisément « stigmatisables ». Face à eux, il est donc facile de jouer la carte du « renouveau » (même quand ce n’est pas Bruno). Les marcheurs sont inarrêtables et tant pis si, dans le lot, tous ne sont pas, non plus, de la première fraicheur ou aussi propres que l’on se plait à nous le vendre, l’important c’est l’image générale.

ob_d850be_ob-283aef-imp-c3-b4ts-01Résultat, le 18 juin, nous risquons fort d’avoir une assemblée très renouvelée, par l’effet cumulé du jeunisme macronien et de la loi sur le non-cumul. Des centaines de parlementaires inexpérimentés sont supposés contrôler, pour nous, une administration qui n’a plus de limite, maintenant que les siens sont aux commandes… voilà qui nous promet des lendemains qui chantent. Sans tomber dans le complotisme de bas étage, le retournement de situation est des plus cocasses. En décembre un Républicain austère à gros sourcils promettait du sang et des larmes, mais aussi 500 000 fonctionnaires de moins. Six mois et quelques Pénéloperies plus tard, nous héritons d’une bande d’énarques déchainés qui s’apprêtent à mettre en œuvre ce que leur école leur a appris : faire suer sang et eau au contribuable, au nom d’une égalité qu’ils ne s’appliquent jamais à eux. Tout cela s’effectue bien entendu au nom du « modernisme » et on ne parle pratiquement plus de diminution du nombre des fonctionnaires. Magique !

 

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Le piège de la modernité est un piège grossier que les Républicains devraient aisément pouvoir éviter, s’ils étaient sûrs de leurs valeurs et droits dans leurs bottes (pour ne rien dire de leur virilité). Faire campagne pour obtenir une majorité absolue n’est pas honteux, surtout quand les Présidentielles n’ont tranché aucun débat, tant on a pris soin de n’y parler de rien. Personne ne sait ce que veut Macron, car il s’est bien gardé de nous le dire. Dans ces conditions, il ne devrait pas être compliqué de se présenter devant les électeurs, en expliquant que notre programme consiste à relancer le pays en diminuant les impôts, les déficits et les fonctionnaires. Que notre ambition est de libérer la France de ses lourdeurs administratives et que notre souhait est de redonner à l’Europe, un élan national, comme le concevait le général de Gaulle. Le Président a beau donner certains signes positifs, bien fol cependant qui s’y fie. Pour être sûr de ne pas se faire berner, mieux vaut le forcer à gouverner avec une majorité de droite à l’Assemblée. Seulement, pour tenir ce discours de bon sens de manière crédible, Il faudrait d’abord être de droite, véritablement et authentiquement de droite et ça, ce n’est pas encore gagné. En Marche recycle la gauche en entrainant à lui les gauchistes qui peuplaient les partis de droite. Prenons-en acte et organisons-nous pour faire vivre une droite libre, enfin débarrassée de tout son « surmoi » de gauche. C’est la tâche qui nous incombe, une fois que se sera dissipée la « poudre de perlimpinpin » présidentielle.

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