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LA GRANDE ILLUSION

mai 24, 2017

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Les urnes ont parlé et, même si l’issue de la grande quinzaine antifasciste ne faisait guère de doute, il est difficile de retenir son admiration devant la performance d’Emmanuel Macron. Qu’un banquier d’affaires, porté sur les fonts baptismaux par un Président dont l’ennemi déclaré était la finance parvienne, en l’espace de 12 mois, au sommet du pouvoir en faisant oublier qu’il est comptable des désastres qui se sont abattus sur notre pauvre pays depuis 5 ans, relève du miracle le plus absolu. C’est précisément la raison pour laquelle, une fois salué l’artiste, il convient de se poser les bonnes questions, plutôt que de se livrer à la flagornerie aussi vile que grotesque dans laquelle plonge, avec délice, la classe parlante depuis le 7 mai au soir. Enfin que dire du gouvernement le plus technocratique qui nous ait été donné depuis les années Giscard ?

La revanche des zélites

FacheO_dessin_finance_mondialisme_oligrachie_systeme_Macron_Attali-8fd81-b23dbPour ceux qui en doutaient encore, avec Emmanuel Macron, c’est toute cette merveilleuse technocratie que le monde entier nous envie qui est portée aux affaires. À une ou deux exceptions près, les ministres sont autant issus de la « société civile » que Ray Charles de l’École Nationale de l’Aviation Civile. Certes, nombre de ministres viennent bien du « monde de l’entreprise »… mais publique. Prendre des énarques et autres polytechniciens blanchis sous les harnais des cabinets ministériels… de gauche et du capitalisme de connivence, ne constitue ni une prouesse, ni une nouveauté. Depuis la fin du gaullisme, les élus ont lentement mais surement fui leurs responsabilités, en s’abritant derrière les « techniciens » et autres « sachant ». Aujourd’hui, nous sommes au bout de ce processus de délitement et les « experts » sont au pouvoir. Devons-nous, à l’unisson de la presse servile, nous en réjouir et nous gargariser des « bénéfices » que nous allons tirer de cette situation pathétique ? Après quatre décennies de démission du politique au profit des « technos », la situation de la France s’est-elle améliorée en quoi que ce soit ? Une chose est certaine, ces « experts » sont les enfants chéris des Attali et autres Minc qui ont, avec une constance peu commune, conduit le pays dans le mur que nous ne connaissons que trop bien. Il y a donc fort peu de chance que leurs héritiers nous surprennent par leur audace.

macron-jeune001Comme l’insuccès de ces dernières années de mondialisation acharnée commençait sérieusement à se voir, le système a turbulé d’un joli ripolinage, sacrifiant ses anciennes idoles pour en promouvoir de nouvelles, toutes aussi formatées que les précédentes. Il fallait, selon l’adage bien connu, que « tout change, pour que rien ne change ». Le Peuple grondait et menaçait, comme au temps de la République romaine finissante, de s’en remettre à ses tribuns pour régler les questions que ses patriciens refusaient obstinément de considérer. Une fois encore Marius a été défait au profit de Sulla. La manipulation a bien fonctionné et nous avons un moralisateur 2.0 à l’Elysée. Le rassemblement « des hommes de bonne volonté » que l’on nous survend est factice. Ses trois prises de guerre ne changent rien à l’affaire. Deux énarques et un aventurier, le tableau est bien mince. La difficulté vient plus du nombre encore trop élevé de leurs semblables qui continuent à hanter les couloirs des LR. La droite n’est plus la droite depuis 1987, l’interchangeabilité des zélites est, hélas, une dure et cruelle réalité.

Le centre véritable trou noir de la politique française

ob_4ec13d_elus-konkEn vérité, depuis l’élection de Giscard et la fin du gaullisme, nous vivons sur un grand mensonge politique. Le centre représente de 15 à 20 % du corps électoral (dans les bonnes années). Il attire pourtant 80 % du personnel politique, d’où l’interchangeabilité susmentionnée. Les élus de gauche s’empressent de ne plus l’être, une fois au pouvoir, tandis que leurs homologues de « l’autre rive » se hâtent de les y rejoindre pour se faire pardonner d’avoir été désigné par des ploucs de droite. Les électeurs sont toujours les dindons de la farce. Ce coup-ci c’est plus clair : comme avec Giscard, ils ont hissé la nouvelle autocratie aux affaires. Et voilà comment un banquier énarque, porté au pouvoir par la presse, peut rassembler autour de lui, tous les « talents » qui ne demandent qu’à s’exprimer (et accessoirement à se goberger).

umps001Les quatre cinquièmes des élus se reconnaissent dans la politique mondialiste, immigrationniste et fort peu démocratique, pensée par les technocrates de Bruxelles et mise en œuvre en France par leurs homologues hexagonaux. Malgré tout le flou qui entourait sa campagne, Emmanuel Macron a toujours été cohérent sur un point. La France est un pays fini qui n’a plus qu’un avenir : celui de se dissoudre dans un grand bain fédéral européen. C’est le sens de l’Histoire, fin du débat ! Et si les contorsions des Républicains en « campagne », infoutus de critiquer clairement des choix qu’ils partagent, pour la plupart, sans réserve ne suffisent pas à vous convaincre que nous sommes foutus, regardez où en sont les idiots utiles du Front National et vous comprendrez. Ils avaient un boulevard devant eux, ils n’ont plus que des ruines. L’UMPS qu’ils ne cessaient de dénoncer se met en place et ils sont incapables d’en tirer le moindre bénéfice. Il faut dire que les « fachos de service » ont rendu un fier service aux Résistants en peau de lapin et autres eurocrates débridés. Ils ont fait étalage de leurs incohérences et de leurs incompétences. Ils ont louvoyé tant et si bien pendant toute la campagne et singulièrement entre les deux tours, que plus personne n’y retrouve ses petits. Ils ont fini par croire que leur « dédiabolisation » leur ouvrait les portes du pouvoir. Ils sont devenus inconsistants, à force de vouloir « paraitre crédibles » aux yeux d’un système dont ils n’avaient rien à espérer, il se sont perdus auprès de leurs électeurs et ont permis la prise de pouvoir des technos. Ils ont fait avec l’Euro ce que Mélenchon a fait avec l’immigration : ils se sont tiré une balle dans les deux pieds (ce qui n’est pas donné à tout le monde)

Une presse aux ordres

france-intox001Bien sûr la presse a joué un rôle partisan. Ce truisme n’a rien de nouveau. Lorsque « l’essentiel est en jeu » les journalistes se comportent toujours en militants de gauche zélés. Souvenez-vous de la première cohabitation ou bien encore de Maastricht et bien sûr du 21 avril 2002. Rien de nouveau sous le soleil ! Seulement la presse ne peut pas tout. Le Peuple a bien refusé d’avaler la bouillie européiste que l’on souhaitait lui infliger en 2005, malgré les injonctions des médias. Depuis, le système fourbissait sa revanche, c’est désormais chose faite. La Presse est la meilleure alliée du système, c’est une évidence. Il faut dire qu’elle en dépend tellement que le contraire serait étonnant. À ce que l’on sache, les moutons ne se tondent pas tout seuls !

45Dans notre beau pays, de grandes consciences veillent à préserver la « pluralité » de la presse. Entendez par là : s’assurer qu’elle reste de gauche. Car en matière de « pluralisme » on peine à distinguer les contours d’un début de différence entre les uns et les autres. Certes, quand la gauche est au pouvoir, il est possible de voir certaines nuances, certains courants apparaitre, mais tout cela reste très… de gauche. Si vous croyez que le Figaro est un journal de droite, c’est qu’il n’y a plus rien à faire pour vous. La Grande-Bretagne et les États unis ont une presse pluraliste. La France, elle, a une presse monolitiquement et désespérément soviétique. Quand on voit le traitement de l’information dans notre beau pays, on se dit que l’on pourrait s’épargner le ridicule de traiter Vladimir Poutine de dictateur.

macron-pr-sident-une-marche-mLes monopoles sont néfastes, qu’ils soient publics ou privés et la médiocrité de la presse française vient de son hyper concentration en un très petit nombre de mains. Seule une poignée de capitaines d’industrie règnent sur l’univers merveilleux des médias : audiovisuel et presse écrite confondue. Ce sont, tous, des progressistes forcenés, des européistes convaincus et des mondialistes enragés. Ils n’ont pas besoin de faire régner la terreur dans les rédactions pour imposer leurs vues, cela fait — comme par hasard — 30 ans que tous les journalistes qui ne sont pas dans cette mouvance ne trouvent plus d’emploi. En plus, nous vivons dans un pays de cocagne. Nos « investisseurs » ne prennent aucun risque avec leur argent. Quand un organe de presse est déficitaire : l’État le subventionne. Plus besoin de se mettre en adéquation avec ce que le public réclame. Un journal sans lecteur, c’est le Graal des journalistes, un peu comme une école sans élèves pour les profs ou un parlement sans élus pour les énarques.

Un parlement de godillots

cpfjptfwyaaxtnfUne assemblée croupion, c’est précisément ce qui nous pend au nez. Comme le flou qui a caractérisé la campagne du Kennedy de Picardie risque, lorsqu’il sortira de son ambiguïté, de se traduire par quelques mouvements sociaux, notre Président tout neuf ne veut pas risquer de s’enliser dans les méandres de « l’action » parlementaire. Le PS s’étant liquidé tout seul, grâce à son mentor à teinture, il lui reste à fusiller la droite. Cela tombe bien, « la droite la plus bête du monde » va l’y aider puissamment. Comme ils sont, dans leur grande majorité, d’accord avec lui, ils sont incapables de lui résister. Comme en plus, ce sont, dans leur grande majorité, là aussi, des hommes, blancs, vieux et souvent là depuis longtemps, ils sont aisément « stigmatisables ». Face à eux, il est donc facile de jouer la carte du « renouveau » (même quand ce n’est pas Bruno). Les marcheurs sont inarrêtables et tant pis si, dans le lot, tous ne sont pas, non plus, de la première fraicheur ou aussi propres que l’on se plait à nous le vendre, l’important c’est l’image générale.

ob_d850be_ob-283aef-imp-c3-b4ts-01Résultat, le 18 juin, nous risquons fort d’avoir une assemblée très renouvelée, par l’effet cumulé du jeunisme macronien et de la loi sur le non-cumul. Des centaines de parlementaires inexpérimentés sont supposés contrôler, pour nous, une administration qui n’a plus de limite, maintenant que les siens sont aux commandes… voilà qui nous promet des lendemains qui chantent. Sans tomber dans le complotisme de bas étage, le retournement de situation est des plus cocasses. En décembre un Républicain austère à gros sourcils promettait du sang et des larmes, mais aussi 500 000 fonctionnaires de moins. Six mois et quelques Pénéloperies plus tard, nous héritons d’une bande d’énarques déchainés qui s’apprêtent à mettre en œuvre ce que leur école leur a appris : faire suer sang et eau au contribuable, au nom d’une égalité qu’ils ne s’appliquent jamais à eux. Tout cela s’effectue bien entendu au nom du « modernisme » et on ne parle pratiquement plus de diminution du nombre des fonctionnaires. Magique !

 

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Le piège de la modernité est un piège grossier que les Républicains devraient aisément pouvoir éviter, s’ils étaient sûrs de leurs valeurs et droits dans leurs bottes (pour ne rien dire de leur virilité). Faire campagne pour obtenir une majorité absolue n’est pas honteux, surtout quand les Présidentielles n’ont tranché aucun débat, tant on a pris soin de n’y parler de rien. Personne ne sait ce que veut Macron, car il s’est bien gardé de nous le dire. Dans ces conditions, il ne devrait pas être compliqué de se présenter devant les électeurs, en expliquant que notre programme consiste à relancer le pays en diminuant les impôts, les déficits et les fonctionnaires. Que notre ambition est de libérer la France de ses lourdeurs administratives et que notre souhait est de redonner à l’Europe, un élan national, comme le concevait le général de Gaulle. Le Président a beau donner certains signes positifs, bien fol cependant qui s’y fie. Pour être sûr de ne pas se faire berner, mieux vaut le forcer à gouverner avec une majorité de droite à l’Assemblée. Seulement, pour tenir ce discours de bon sens de manière crédible, Il faudrait d’abord être de droite, véritablement et authentiquement de droite et ça, ce n’est pas encore gagné. En Marche recycle la gauche en entrainant à lui les gauchistes qui peuplaient les partis de droite. Prenons-en acte et organisons-nous pour faire vivre une droite libre, enfin débarrassée de tout son « surmoi » de gauche. C’est la tâche qui nous incombe, une fois que se sera dissipée la « poudre de perlimpinpin » présidentielle.

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LE PREMIER DES NOUVEAUX GRACQUES ?

novembre 14, 2016

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Depuis le 9 novembre, au matin en Europe et le 8 au soir chez l’Oncle Sam, le petit monde des puissants et des bien pensants est à l’agonie. En dépit de leurs efforts conjugués, de leurs objurgations et de leurs prédications apocalyptiques, leur pire cauchemar s’est réalisé : Donald J Trump sera, dans quelques semaines, le 45e Président des États-Unis d’Amérique. Les commentateurs autorisés qui, jusque là, embouchaient allégrement les oliphants de leurs renomée autoproclamés pour nous convaincre que l’impossible ne pouvait arriver, rivalisent maintenant d’explications foireuses, pour nous expliquer pourquoi leurs oracles ont été pris en défaut. Tout y passe, du vote de ces bouseux de blancs, en allant vers le machisme des 30 % de latinos qui n’ont pas voulu d’une femme à la Maison-Blanche. Seuls les 13 % de noirs qui ont voté Donald n’ont pas encore eu droit à leur anathème. Cependant, à bien y regarder, il est difficile de masquer le fait que si Donald Trump est aujourd’hui le « President elect », c’est d’abord et avant tout parce que dans une démocratie, c’est le Peuple qui décide.

Tout et surtout, de préférence, n’importe quoi

image027-copyLes puits de science qui se relayent pour nous décrypter « l’invraisemblable » ont trouvé une consolation dans ce résultat calamiteux. Hilary, la plus mauvaise candidate possible, n’a perdu qu’en raison d’un système de vote obsolète et non en raison de son niveau de popularité incroyablement bas. Au niveau national, elle devance Donald d’un million de voix, c’est dire ! Intéressante explication qui vient contester une règle du jeu séculaire que tous connaissait, avant le résultat. Je n’ai pas entendu ces bonnes âmes protester quand Delanoë, bien que minoritaire en voix, s’est installé dans le fauteuil de Maire de Paris en 2001.

image004-copy-4L’autre tentative de consolation pathétique consiste à dire que la « serial looseuse » démocrate est en fait ultra majoritaire chez les jeunes et qu’à ce titre, Donald vole l’avenir du pays. Cet argument n’a absolument aucun sens. En premier lieu parce que  comme la jeunesse a très peu voté, cela tendrait plutôt à démontrer que mémère ne l’a pas enthousiasmé le moins du monde. Deuxièmement cette façon de penser revient à hiérarchiser les électeurs. Certains seraient plus légitimes que d’autre pour donner leur opinion au prétexte qu’ils auraient plus de temps à passer sur terre (fascinant point de vue). Dans cette même veine il nous faut d’urgence : instaurer le suffrage censitaire, interdire aux non instruits de s’exprimer et, à tout prendre, établir un permis de voter.

L’Histoire à la rescousse

689cc385d0a3ca943c46cc9da7d2ebbcEt les mêmes shamans de convoquer les grands esprits de l’histoire universelle, pour nous expliquer face à quel péril nous nous trouvons. Si l’élection (surprise pour la classe parlante) de Ronald Reagan vient tout de suite à l’esprit, le résultat — plutôt très positif — de cette présidence pour l’hégémonie américaine rend le parallèle peu effrayant. Alors les zheureslesplusombres sont vite convoquées à la rescousse. Foreign Affairs oublie toute retenue et fait de Trump un « Caudillo » du 21e siècle. Les médias « mainstream » emboitent le pas et nous voyons fleurir la mythologie des années 30. Dans notre vieille Europe où la modération a toujours été la règle d’or de la pensée autorisée, on nous refourgue, ad nauseam, l’arrivée d’Hitler au pouvoir et l’on se prend à attendre, avec une gourmandise un peu malsaine, l’incendie du Capitole. Bref, nos intelligences — qui n’ont rien vu venir de la colère du Peuple — continuent à répandre leur morale à longueur d’ondes et de colonnes, en ignorant superbement que c’est, précisément, parce qu’ils ont condamné Trump, au nom de cette morale de caste, qu’il a été élu.

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Pourtant, il est un parallèle que personne ne fait et qui semble tout aussi pertinent que les belles figures convenues de rhétorique de la pensée unique : un parallèle avec Rome.

Rome ou la première mondialisation

À l’issue des guerres puniques, Rome se trouve en position hégémonique. Ces conflits ont coûté cher et leur issue a profondément bouleversé le monde romain. D’un peuple de paysans en armes regroupé sur un territoire limité, l’Urbs est devenue une cité monde, dominant ce qui n’est pas encore un empire.

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Un peu comme l’Amérique d’aujourd’hui, son nouveau statut d’hyperpuissance, lui procure un grand pouvoir et une immense richesse. Acquise grâce au sacrifice du Peuple soldat, cette position dominante concentre, comme aujourd’hui, des sommes colossales dans un très petit nombre de mains. Par un mécanisme trop long à décrire en quelques lignes, mais parfaitement bien décrypté dans le remarquable ouvrage collectif dirigé par François Hinard et intitulé Histoire Romaine (ed Fayard), la protomondialisation de l’époque a enrichi la nobilitas et appauvrit la paysannerie. Dès lors, la question de la redistribution des richesses, acquises au prix du sang, est devenue prégnante… un peu comme aujourd’hui, même si la guerre fut, à notre époque, plus … froide et essentiellement livrée au prix d’impôts.

La démocratie « Gross malheur »

Contrairement à une idée reçue : Rome n’était pas une dictature militaire sud américaine, pas plus à l’époque de la République finissante qu’après. Si l’armée y a tenu un rôle politique central, c’est surtout parce qu’elle était l’institution de base de l’expression démocratique. C’est parce que l’on était un soldat que l’on pouvait voter et c’est en fonction de son apport à l’effort de guerre que l’on exprimait son vote. De ce fait, la question de l’appauvrissement des masses, au bénéfice de la classe dominante a très vite été centrale et le débat de se focaliser sur les conditions d’acquisition des iPhone de l’époque : la terre.

tiberius-et-caius-gracchus-b86ceDans la seconde moitié du deuxième siècle avant notre ère, deux frères tentèrent à dix ans d’intervalle – et avec le même insuccès – de régler la question. Tibérius Sempronius Gracchus, en -133, et Caius Sempronius Gracchus, en -123, tous deux Tribuns de la Plèbe, passèrent une loi agraire prévoyant une limitation des propriétés latifundiaires et une répartition des parcelles récupérées entre les plus pauvres (je sais, c’est un brin plus compliqué, mais je manque de place pour développer). La Rogatio Sempronia (c’est le nom de cette loi) eut de très profondes et durables répercussions tant sur le monde romain que sur l’Histoire.

Le populisme ne date pas d’hier

auguste-imperator-paris-expo-grand-palaisL’initiative des deux Tribuns de la Plèbe ne rencontra pas l’adhésion immédiate des possédants, c’est le moins que l’on puisse dire. La nobilitas ne leur pardonna jamais leur « trahison » (ils venaient de ses rangs). Les patriciens de l’époque – que tout concourt à comparer à notre classe dominante mondialisante et moralisatrice – crurent intelligent de régler ce différend idéologique, en envoyant les deux Gracques ad patres. Ce faisant, ils inaugurèrent un cycle de violence politique qui s’acheva, à leurs dépens, par l’instauration du Principat avec Octave qui en devint Auguste.

En effet, le prestige des Gracques auprès du Peuple fut tel, qu’après leur mort, de nombreux aventuriers ou politiciens sincères reprirent vite le flambeau, dans l’optique de prendre le pouvoir (what else ?). La guerre de Cent Ans entre les possédants qui se proclamèrent à cette occasion Optimates (les meilleurs) et les partisans des réformes agraires qui se dénommèrent Populares (traduction indispensable ?) devrait éveiller quelques échos chez nos contemporains.

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Que nous réserve l’avenir  et de quoi Trump est-il les prémices ?

 

image013-copy-3Le 8 novembre 2016 marque-t-il, pour notre temps, un bouleversement aussi grand que le fût la Rogatio Sempronia pour le monde antique ? Beaucoup dépendra de Donald Trump lui-même. Il ne doit rien aux groupes de pression habituels. Il n’est l’obligé d’aucun grand donateur, ni d’aucun patron de presse. Il est parvenu à ses fins en dépensant moitié moins d’argent que son adversaire démocrate et il a été assez significativement lâché par une part importante de son propre parti durant la campagne. Il a, de ce fait, les mains plus libres qu’aucun de ses prédécesseurs. De ce point de vue, il peut, dans la mesure des moyens d’un Président américain, mettre en œuvre le programme « révolutionnaire » qui a tant séduit l’Amérique oubliée.

repub-16D’un autre côté il peut tout aussi bien être rattrapé par le système. Il ne serait pas le premier fort en gueule qui, une fois élu, oublie les engagements qu’il a pris devant ses électeurs. La nomenklatura de la mondialisation veut voir dans ses premières prises de parole consensuelles post électorales, le signe de son ralliement à la pensée unique. Ce serait évidemment dévastateur et pour Trump et pour l’élite américaine. Pour le comprendre, point n’est besoin de remonter jusqu’à l’Antiquité. L’exemple des conséquences d’un tel abandon s’agite encore sous nos yeux ébahis de Français médusés. Si Trump se comporte comme le cousin d’Amérique de Sarkozy, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Le Peuple abusé se radicalisera et portera vers d’autres tribuns, moins modérés, ses espoirs déçus.

UntitledNicolas Sarkozy peut en témoigner, le système ne pardonne jamais à celui qui lui a fait peur. Même s’il fait amende honorable, même si Donald nous propulse son Kouchner au Secrétariat d’État, il restera aux yeux des néo-Optimates, le néo- Gracque qui les a fait vaciller. Il sera donc la cible de leur hargne, jusqu’à sa mort. Tant qu’à y être, il vaut mieux que le 45e Président des États-Unis déroule son programme, plutôt qu’il en rabatte. Les conséquences seraient moins désastreuses pour lui, dans un pays où les armes et les théories du complot circulent à foison. Et puis, il serait amusant, pour une fois, de voir un homme politique faire ce qu’il dit et les Optimates être mouchés.

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L’Amérique va changer. Elle va très probablement se recentrer sur elle même. Est-ce si dramatique pour nous ? Le moins que l’on puisse dire de ces 20 dernières années, c’est que le gendarme du monde s’est comporté comme un pyromane forcené. Cela a commencé en Yougoslavie où Clinton mâle nous a gentiment érigé, de toute pièce, un califat islamique dans les Balkans. Les conneries se sont industrialisées avec l’intervention en Irak et en Afghanistan, sous Bush, sans parler des succès considérables remportés contre l’État islamique en Libye et en Syrie par ce bon Barack (bien aidé par la clairvoyance franco-britannique, il est vrai). On peut donc raisonnablement penser que si dans un proche avenir, les Américains interviennent un peu moins, nous ne nous en porterons pas plus mal. Saddam Hussein, Kadhafi et Assad étaient, ou sont encore, d’effroyables dictateurs, c’est un fait. Les droits de l’Homme étaient, ou sont, foulés aux pieds dans leurs pays de cocagne, c’est certain. Ceci étant, leur disparition ou leur affaiblissement ont-ils amélioré, en quoi que ce soit, la condition des Libyens, des Irakiens ou des Syriens ? L’État islamique qui s’est substitué aux ennemis de nos droitdel’hommistes massacre, pille, tue et viole, sur une échelle inconnue du temps des potentats tant décriés. Si l’Amérique change son fusil d’épaule et décide de laisser les mains libres aux Russes en Syrie, personne ne s’en plaindra, sauf les illuminés qui sont persuadés d’avoir rencontré des islamistes modérés — comme d’autres avant eux clamaient qu’ils avaient vu le Dahu. Nous sommes à l’aube d’un jour nouveau. Les Peuples secouent leurs chaines et reprennent leurs destins en mains. La France ne coupera pas à cette (r)évolution populaire. À l’heure où les Anglais entament le Brexit, où l’Amérique se donne un nouveau cap, les sondages (qui ne se trompent jamais) nous annoncent un avenir radieux avec… Alain Juppé. Le pire n’est jamais à craindre, mais toujours à redouter.

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LA FIN DES HARICOTS

juillet 6, 2016

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Le cataclysme planétaire tant redouté s’est produit. La comète du populisme est entrée, en mugissant, dans l’atmosphère feutrée des spécialistes en « bien-des-peuples-contre-leur-grés », menaçant jusqu’à la survie même des dinosaures de la pensée européiste. Le plus drôle dans cette affaire, c’est que le malheur vient du loup que les Eurobéats avaient, bien imprudemment, laissé entrer dans la bergerie. Les Godons nous ont, une fois de plus, botté le cul et le moins que l’on puisse dire, c’est que le postérieur de nos gouvernants leur cuit rudement. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quelle mouche a bien pu piquer des Anglais qui avaient tous les avantages de l’Europe, sans aucun inconvénient (ou presque) jusqu’à l’été 2015 et quelles perspectives voyons-nous émerger de ce joyeux bordel, comme seul l’aveuglement de nos zélites est capable d’en produire périodiquement ?

 

Les raisons du Brexit

 

En dehors des explications confondantes de mépris pour le Peuple (fût-il Britannique) et sa souveraineté que nous assènent en cœur depuis le 23 juin les Thénardier de la déconstruction européenne, comment en sommes-nous arrivés là ? Évacuons d’abord les explications ploutocratiques qui personnalisent les causes à outrance. Non, ce n’est pas aux seuls Boris Johnson et Nigel Farage que le camp du Brexit doit sa victoire. Certes, ils ont usé de leurs talents oratoires et ont fait de la politique en présentant les choses à leur avantage, mais l’autre camp aussi. Si les Anglais ont décidé de partir c’est que Big Mother leur foutait une peur bleue et qu’ils ont préféré reprendre leur destin en main, plutôt que de le laisser entre celles de Madame Merkel.

 

france_belgique_europe_tremblent_devant_islamPlus que Nigel ou Boris, c’est bien Angela et sa politique de migration irresponsable qui a achevé le peu de confiance que les Britanniques avaient encore dans le machin de Bruxelles. Depuis de longues années, ils confiaient à nos côtes le soin de parquer les « envahisseurs » que l’Europe n’avait pas été foutue de renvoyer chez eux. Rien d’étonnant, dans ces conditions, que la perspective de se voir imposer des quotas supplémentaires de Muezzins syriaco-mesopothamiens, réfugiés ou pas, les ait convaincus de claquer la porte. Le rêve européen vendu par Madame Merkel, depuis la désormais fameuse « crise des migrants » de l’été 2015, et ses accords douteux avec Erdogan le Magnifique n’est autre que celui d’un grand remplacement. Les Anglais qui ont résisté à Adolf, Napoléon, Philippe et tous les comiques désireux de les conquérir comme le premier Guillaume venu n’ont guère gouté la perspective de devoir prendre leur five o’clock tea, les genoux tournés en direction de La Mecque. L’Angleterre est une ile et entend bien le rester.

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N’en déplaise aux autruches l’immigration a bien été au centre de la campagne référendaire. Dans un pays que des politiques courageux ont guéri du chômage, les migrations intraeuropéennes sont, certes, moins menaçantes en termes d’identité, mais tout aussi dévastatrices. Elles contribuent à rompre le libre jeu du marché. En effet, on ne peut pas se prétendre libéral et ne jouer ce jeu qu’à la baisse. Ce qui est rare est cher. Or, si l’on admet que le marché détermine les prix par la libre rencontre de l’offre et de la demande, il faut accepter en retour — lorsque les conditions du plein emploi sont réunies, par l’effet conjugué des réformes économiques et d’une faible démographie — que les salaires repartent à la hausse, du fait de la raréfaction de la main d’œuvre. Si le rêve européen consiste précisément à s’élargir encore plus à l’est, pour trouver une main-d’œuvre disponible toujours moins chère, il ne faut pas s’étonner que les Peuples de l’ouest ne partagent pas les « ambitions » intéressées de leurs zélites. Le moins-disant social, c’est toujours pour le prolo, jamais pour le cadre sup, l’intellectuel, le financier, l’artiste ou le haut fonctionnaire. Et comme les premiers sont nettement plus nombreux que les seconds, il ne faut pas s’étonner qu’ils votent contre un système qui les biaise (et je reste poli).

 

Le grand retour de la frontière

putin-mildly-amusedC’est indubitablement le grand enseignement de ce scrutin. La frontière est une protection. Les abaisser c’est se rendre vulnérable : vulnérable à l’invasion, vulnérable à la paupérisation. Comme l’a si bien exprimé Bernard Henri Lévy, le géostratège ultime : le Brexit c’est « La victoire du populisme, de la démagogie, de la xénophobie, des casseurs, des fachos, de Poutine ». On ne peut mieux résumer la frustration des zélites devant le lait britannique épandu. Tout le mépris de classe dont sont capables les intellectuels français se trouve rassemblé dans ce jugement lapidaire. Marie-Antoinette et sa brioche sont enfoncées, on ne peut pas faire plus caricatural : le départ des Anglais c’est la victoire de Poutine… magique !

 

1562114_1466756358_1562078-1466753495-brexit-11_565x509pC’est bien connu : lors d’un referendum, le Peuple ne répond jamais à la question qui lui est posée… par ses maîtres. C’est bien la tare de ce type de scrutin ! On demande aux Anglais s’ils veulent continuer dans le camp du bien avec BHL ou sortir de l’aventure européenne pour se diriger vers les noirs rivages de l’égoïsme insulaire et ils décident, contre toute attente, de planter l’histrion. Une chose est sûre, l’Europe n’est pas rassurante et les Anglais ont majoritairement décidé de s’en défier. Ils nous prouvent ainsi que la Nation reste le cadre indépassable dans lequel se pense la sécurité des individus. Les grands ensembles se montrent toujours moins enclins à protéger les plus humbles que le destin politique de ceux qui les dirigent n’en dépend pas directement. Quel commissaire a-t-il été élu à son poste ? Bref, la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres, comme le disait Sir Winston. Les Anglais, fidèles à leur grand homme viennent de décider de quitter le côté obscur de la farce. Nous allons donc devoir nous réhabituer à subir des contrôles qui n’avaient jamais disparu, puisque nos amis d’outre-Manche avaient toujours refusé de participer aux accords de Schengen.

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CbfuDSGUcAABFIiCe départ des Anglais est en effet très paradoxal. Non seulement ils n’ont jamais été qu’à moitié dans l’Europe, mais en plus ils avaient la perspective d’être encore moins contraints. Alors qu’elle avait tout obtenu des européistes : droit de regard sur la gouvernance de l’Euro, un traité de libre-échange avec les États-Unis, un rabais substantiel sur leur contribution, la perfide Albion s’en est allée. Que nos zélites aient été jusqu’à leur promettre les fesses de la crémière en plus du beurre et de l’argent du beurre en dit long sur ce qu’ils pensent de l’attractivité réelle de leur usine à gaz intégrée. Quand on les entend pérorer sur les avantages de l’Union, on croit écouter de nouveau le Premier secrétaire du PCUS, nous vanter les mérites de la patrie des travailleurs. Les dirigeants anglais avaient presque réussi le hold-up parfait, mais leur peuple en a décidé autrement… pour le plus grand bonheur des autres.

 

Car avec cette sortie précipitée, le Royaume est désormais plus désuni que jamais. Leurs zélites se ruent sur de prétendues racines irlandaises pour obtenir un passeport européen. L’Écosse voit dans l’Europe son viatique pour prendre une indépendance qui lui a toujours été refusé depuis le raccourcissement de Marie Stuart. L’Irlande du Nord, très dépendante des subventions agricoles, songe sérieusement à se réunifier à l’Eire qui, elle, voit tout le bénéfice qu’elle va pouvoir tirer d’être la dernière terre anglophone de l’EU.

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Il n’y a du reste pas que l’Irlande qui doive se réjouir du retour de l’Angleterre vers le grand large. La France en profitera aussi grandement. L’Allemagne n’aura plus de roue de secours vers laquelle se tourner quand le partenaire « historique » se montre un peu trop (ou pas assez, c’est selon) entreprenant. Même amoindri par plus de 40 ans de socialisme, tantôt honteux, tantôt assumé, notre pays voit mécaniquement son poids croître du fait du départ britannique. L’Espagne va même peut-être y gagner son rocher tant convoité de Gibraltar. Il n’y aura guère que l’Italie pour regretter les sujets de Sa Majesté et les Grecs pour pleurer sur le renvoi aux calendes nationales du retour des frises de leur Panthéon. Les Etats-Unis ne s’y trompent, d’ailleurs, pas.

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Le début de la fin de l’Europe passoire

 

20160222-brexit-couleurComme l’ont finement vu les tenants du politiquement correct, ce scrutin peut s’analyser comme un vote de repli identitaire et économique. Il marque, nous l’avons vu, le grand retour du fait national dans un univers de pensée qui s’évertuait jusqu’ici, à tout le moins, à nier son utilité. La Nation c’est la guerre proclamait le chœur bêlant des progressistes. Refuser l’altérité c’est se replier sur un quant-à-soi mortifère, j’en passe et des meilleures. Le toujours modéré Alain MINC a ainsi déclaré : « Ce référendum n’est pas la victoire des peuples sur les élites, mais des gens peu formés sur les gens éduqués ». Rien que ça ! Salauds de pauvres, on leur accorde le droit de vote et ils en profitent pour en abuser. Ah que la dictature de la majorité est tout d’un coup bien lourde à porter pour cette minorité bien née, habituée à diriger par la grâce de ses diplômes.

 

Asterix-en-HispanieIl faut bien reconnaitre que la Nation étant le seul bien des pauvres, comme disait l’autre, il n’est pas très étonnant que ces derniers s’y accrochent. Surtout que malgré tous les efforts déployés par les fédéralistes, c’est encore dans un cadre national que s’effectuent les élections. La plaisanterie qui tient lieu de simulacre démocratique à Strasbourg ne trompe même pas un Zimbabwéen et ne peut, de ce fait, prétendre à une quelconque légitimité. L’Europe telle qu’elle s’est développée est une construction technocratique hors sol qui s’est donné pour mission d’harmoniser le continent, sur le dos des peuples, pour permettre la libre circulation des marchandises. Si le capitalisme est infiniment supérieur au socialisme en termes de progrès humain, il n’en reste pas moins un moyen et non une fin. La mondialisation a d’indéniables vertus émancipatrices en matière de développement. Elle ne peut cependant être acceptée que si elle améliore la condition des uns sans détériorer celle des autres. Au sein de l’Europe, l’alignement des conditions d’existences des ouvriers français sur celles de leurs homologues polonais — même si cette dernière est plus enviable que celle des Vénézuéliens — ne peut être une perspective acceptable politiquement.

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Le paradoxe du Brexit réside dans le fait que c’est la nation la plus largement responsable de cette dérive mercantile de l’aventure européenne qui quitte en premier le navire. De Gaulle avait toujours refusé l’adhésion de la Grande-Bretagne, précisément parce qu’elle ne partageait pas, avec les fondateurs, l’objectif d’une union politique du vieux continent, l’économie n’étant qu’un moyen d’y parvenir. De concessions en compromis, d’élargissements en renoncements, nous n’avons cessé depuis, d’adopter un mode de fonctionnement anglo-saxon qui, combiné à l’arrogance administrative française et à l’entêtement allemand, a produit la catastrophe que nous appelons UE. Cette Union qui débat sans fin du diamètre des concombres, tout en laissant des hordes de migrants venir jusque dans nos bras, prétendre « qu’Allah sauve la Reine », vaut-elle vraiment qu’on la pleure ?

 

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Après tout ce gâchis, il reste donc à nos politiciens à remettre l’ouvrage sur le métier. Une chose est sûre : si elle reste dans cette impasse et continue à se construire contre les peuples, il n’y aura plus d’Europe dans 10 ans. L’Europe doit s’intéresser au bien-être de ses citoyens, unir ses moyens pour les faire progresser et les protéger. Contrairement à ce que croit l’ineffable Harlem Désir, ce n’est pas plus de programmes Erasmus qui fera aimer l’Europe. Elle doit être ce que l’on nous avait vendu avec Maastricht : l’instrument de la préférence communautaire et non celui de seul parangon du libre échange dans un monde dominé par l’intérêt national de nos partenaires et concurrents. Seuls, nous sommes trop petits pour rivaliser avec les États-Unis, la Chine ou les nouveaux émergents. Rassemblés, nous avons la taille critique pour être de nouveaux égoïstes, comme les autres n’ont jamais cessé de l’être à notre endroit.

 

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VA TE FAIRE VOIR CHEZ LES GRECS

juillet 15, 2015

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Pan sur le bec ! Tout à leur Tsiprasomanie galopante, nos journalistes et autres faiseurs d’opinion ne l’ont pas vu venir. Alors que le psychodrame grec battait son plein et que l’inquiétude commencait à poindre sur la meilleure façon de sortir de ce bourbier, un sondage mené conjointement en France et en Allemagne confirmait qu’outre-Rhin, les Allemands faisaient confiance à leur Chancelière pour les sortir de la mouise. Jusque là, rien d’anormal. Le fait que les Français pensent à plus de 44 % que la même Angela détient la solution est nettement plus comique. Seuls 22 % de nos compatriotes estiment que Hollande « l’audacieux » est en mesure de faire le job (les naïfs). Il y a des jours où il n’est pas nécessaire de bouder son plaisir et le 8 juillet dernier compte au nombre de ceux-là. En être arrivé à ce stade de crédibilité, après seulement trois années de pouvoir, est un signe qui ne trompe pas. Le rejet inédit dont « jouit » celui qui ambitionnait d’être « un Président normal » est proprement hallucinant. Sa présidence normale se transforme, chaque jour un peu plus en une présidence d’anormal.

La crise grecque est surtout celle du socialisme

ixene-avion-hollande-crise-grecque_article_largeLa crise grecque met en pleine lumière la duplicité des socialistes (français et grecs) et l’inanité de leur pensée (l’homothétie est telle qu’il est délicat de mettre un pluriel). C’est avec la complicité active de François Mitterrand (et de ses successeurs) que les amis de Papandreou (et de son neveu) ont mis le pays de Socrate en coupe réglée. Appliquant les vieilles lunes de Solférino, les très francophiles animateurs du Pasok ont, durant 30 longues années, précipité la Grèce vers sa faillite actuelle. Avec une minutie de satrapes levantins, les socialistes grecs ont multiplié les postes de fonctionnaires comme autant de prébendes réservées à leurs seuls fidèles, tout en maintenant les oligarques et autres armateurs bien à l’abri de toute contribution. Ajoutez à cela des retraites mirobolantes et vous avez toutes les facettes d’un pays de rentiers artificiels, totalement dépendants du socialisme éclairé (so to speak). Vous me direz que nos socialistes à nous, n’ont pas procédé autrement et vous aurez raison. À cette différence près qu’en France, nous sommes les champions de la ponction fiscale. Notre génie taxatoire sait, en outre, qu’il peut s’appuyer sur une administration, d’autant plus prompte à la mise en œuvre de l’innovation que, contrairement à son homologue grecque, elle n’est que trop consciente de la fragilité de ses privilèges. Le fait que leur pérennité  dépende de sa capacité à faire cracher le contribuable au bassinet est le secret de la « réussite française » face à l’échec grec.

En France comme en Grèce, le riche est très riche, mais son faible nombre combiné à la liberté de circulation, rend le volatile très difficile à plumer. Il faut donc se rabattre sur le menu fretin qui a le double avantage d’être plus nombreux et nettement moins délocalisable. Et c’est ainsi que chez nous, grâce à l’habileté des socialistes (canal historique ou assimilé), le poids de l’impôt et de l’administration repose essentiellement sur la classe moyenne et moyenne supérieure, tandis qu’en Grèce, faute de système de collecte efficace, elle repose sur… le contribuable européen.

auste_rite__syrizaTous les crétins d’extrême gauche qui s’agitent en ce moment pour louer « Saint Tsipras » et prendre la défense du « Peuple grec humilié » veulent en réalité que perdure un système maffieux, consistant à faire prendre en charge par les contribuables de l’UE, en plus de leurs propres administrations, un peu de celle de la Grèce. Une sorte de mutualisation du parasitisme en quelque sorte. Les subprimes ne fonctionnaient pas autrement, avec le résultat final que nous connaissons. Le fait que l’opinion publique de nombreux pays membres (Allemagne en tête) réalise l’ampleur de l’arnaque, explique pourquoi ce « bon » Tsipras se trouve aujourd’hui si acculé que son référendum lui est devenu aussi utile qu’un cautère sur une jambe de bois.

Pour être libre, il ne faut rien devoir à personne

dessin-grece-1Poser à un Peuple la question de savoir s’il consent à faire des efforts pour se sortir de la merde, ou s’il préfère que d’autres payent pour lui, est un exercice au résultat couru d’avance mais qui ne relève absolument pas du populisme. Non, pas le moins du monde ! À ceux qui, habituellement, poussent cris d’orfraie dès que l’on suggère, par exemple, que l’Euro n’est pas forcément un instrument idéal au service de l’indépendance de la France, nous conseillons de réfléchir à ce qu’entraine leur soutien à Syriza. Les actuels défenseurs de la souveraineté grecque n’ont pourtant, en général, pas de mots assez durs pour mépriser le « populisme » de ceux qui, chez nous, désirent un débat sur l’identité française, la peine de mort, la déchéance de la nationalité française pour les terroristes …  Bref, ce qui est bon pour un Grec ne l’est pas pour un Français et vice-versa : la tartuferie de nos élites politico-médiatique est sans limites.


10984296_10153339152691140_1099156321089917529_nCeci étant, tout le monde comprend intuitivement que se pointer devant son banquier en lui disant que : parce qu’il vous a trop prêté, non seulement, vous ne le rembourserez pas, mais qu’en plus vous exigez de lui qu’il vous en prête encore, car vous n’avez toujours pas décidé de vous mettre au boulot, n’est pas le meilleur moyen de parvenir à ses fins. Quand, en plus, vous vous adressez à des États qui savent bien qu’ils ne reverront pas le premier centime de l’argent que vous leur avez préalablement extorqué, vous avez beaucoup de mal à les convaincre de remettre cent sous dans le bastringue, au nom du droit imprescriptible (mais fort discutable) de votre peuple à croire à toutes les fariboles que vous lui avez fait avaler pour parvenir au pouvoir.

Tdessin-grece-4ant que les inventeurs du tonneau des Danaïdes ne se donneront pas les moyens d’être un État moderne et non la survivance d’une province ottomane incapable de se suffire à elle même, la Grèce ne pourra pas compter au nombre des pays membres de l’Euro. Elle ne l’est qu’au prix d’un maquillage de ses comptes publics qui fait passer les bidouillages d’Enron pour une amusante broutille. Depuis des années que nous investissons à fonds perdu dans ce champ de ruines antiques, les gouvernements grecs qui se sont succédés n’ont jamais été foutus d’accoucher d’un cadastre. La fraude fiscale est tellement répandue chez les Hellènes que l’on ne peut plus parler, à ce stade, d’un sport national, mais bien plutôt d’un style de vie. Bref, la Grèce ne sera jamais indépendante tant qu’elle ne s’en donnera pas les moyens. Le referendum qui vient de se tenir, non seulement la condamne à sortir de l’Euro – car il prouve qu’ils ne feront jamais les efforts nécessaires – mais porte en lui, les germes d’une expulsion de l’Europe.

Le socialisme arrive toujours très vite à court de l’argent des autres

dessin-cartoon-grece-03Margareth Thatcher avait raison, les socialistes finissent toujours dans le mur. Nous ne devons notre survie qu’au fait que nos Présidents n’étaient socialistes que pour se faire élire. Imaginez un peu que Benoit Hamon, Claude Bartolone ou Gérard Filoche aient eu des responsabilités. C’est précisément ce qui est arrivé aux Grecs. Et maintenant, pour les sortir de la panade, ils comptent sur les fils spirituels de Georges Marchais et de Cohn-Bendit (mâtinés de Garcimore et de Devos). Le problème avec la faillite annoncée d’Athènes — faute d’avoir mis en œuvre les réformes qui ont permis à l’Espagne, au Portugal et à l’Irlande de s’en sortir – c’est que cet échec aura des conséquences sociales dramatiques.

82535534_pÀ force de se laisser bercer par les discours de tous les populistes qui leur promettent la lune, pour finalement les laisser sur le sable, les Grecs risquent de se montrer irritables, voire désespérément violents. Tsipras à beau tout promettre, nous savons déjà qu’il ne tiendra aucun de ses engagements européens car il a promis exactement le contraire à son Peuple. La question est moins de savoir quelle promesse il finira par respecter que de savoir quand les Grecs se rendront compte qu’on les berce d’illusion depuis 30 ans. Ils n’ont pas les moyens de leur train de vie et l’ajustement va être brutal. Dans un pays, en réalité, bien plus oriental qu’européen, la violence politique débouche, le plus souvent, sur une bonne vieille dictature de derrière les fagots. C’est en ce sens que « le berceau de la démocratie » risque de se faire jeter de l’Union Européenne, comme un malpropre. Lorsque nous aurons, à notre porte, un pronunciamiento militaire ou une nouvelle démocratie populaire qui l’une et l’autre ne trouveront leur salut que dans une confrontation avec l’ennemi héréditaire turc, nous serons dans de beaux draps et le populisme socialiste aura atteint, là, un de ses plus remarquables résultats.

Et nous, pendant ce temps là…

content_hollande-gre_ceFace à ces sombres perspectives, Normalito et Manolito bombent leurs torses velus et font … de la politique intérieure. Ils tentent l’impossible synthèse interne, entre leurs souverainistes Tsipraso-fanatiques et les autres qui trouvent que toutes ces conneries ont assez duré. Pépère gère la crise grecque en Premier secrétaire du PS qu’il n’a jamais cessé d’être. Il tente de dégager un consensus de Président de Conseil général autour de « valeurs » que plus personne ne partage. Il fait dans son coin, sa petite soupe, dans sa petite marmite en n’y conviant personne, surtout pas les Allemands. Pas étonnant, dans ces conditions que les Français plébiscitent Angela Merkel. Les journalistes dépendants ont beau clamer, sur tous les tons, que le referendum de Tsipras et le pseudo accord est un échec pour la Chancelière allemande, force est de constater que l’on peine à mesurer le succès de Hollande dans la même affaire.

L’Europe, le FMI et tous les partenaires – réunis au chevet d’une Grèce malade de son incapacité à devenir une nation moderne – ne sont pas le diable incarné. Alexis Tsipras n’est pas Saint Georges terrassant le dragon germanique. Il est, en réalité, le dernier avatar d’un passé révolu qui faisait de la Grèce un territoire archaïque, vivant aux crochets d’un puissant suzerain. Que ce dernier soit l’Empire romain, ottoman ou britannique, la France ou l’Union Européenne importe en réalité assez peu. La Grèce n’a jamais été indépendante. Faire du referendum du 5 juillet dernier, une manifestation de la liberté des Grecs, a autant de sens que de prétendre que le Tibet est une province autonome. La liberté a un coût : celui de la réforme qui passe par une sortie de l’Euro, une autonomie monétaire retrouvée (avec la dévaluation brutale qui l’accompagne), une compétitivité rétablie et un niveau de vie en rapport avec les richesses produites et non plus extorquées à crédit. Enfin il convient d’ajouter à tout cela : la mise en place d’un système fiscal moderne et non plus moyenâgeux.

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La France socialiste peut effectivement, une dernière fois, venir au secours de la Grèce sur un point très particulier. Il est en effet indéniable que le parti de l’intelligence réalise, en matière fiscale, la synthèse parfaite entre le clientélisme antique, la rapacité moderne et l’inquisition moyenâgeuse. Ses conseils seront donc très précieux. En dehors de cela, difficile de donner aux Grecs des leçons de réalisme économique, tant nous en manquons nous même. Si la Grèce est « une passion française » aux dires de Manolito, force est de constater que cet amour est aussi coûteux qu’à sens unique. Car, en dehors de la reconnaissance de la danseuse pour son riche (quoique …) bienfaiteur, qu’en retirons-nous ? Rappelons-nous que cet évergétisme français a un précédent. Bien avant le fiasco des emprunts russes, dans les années 1880, les épargnants de notre beau pays avaient déjà été plantés par la première faillite du pays de Platon. Aujourd’hui ce ne sont plus les épargnants, mais les contribuables qui seront l(b)aisés. Beau progrès ! Si l’histoire ne se répète jamais, en revanche, elle bégaye souvent.

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ISLAMOFOLIE

janvier 9, 2015

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Après le massacre perpétré, au nom d’Allah, avec une sauvagerie peu commune sous nos latitudes, par au moins deux pauvres buses fanatisées par des prédicateurs de haine islamiste, de nombreuses questions se posent. Par charité chrétienne, je ne m’étendrai pas plus qu’il ne le faut sur la vacuité du discours de notre scootériste de Président. En sept longues minutes d’enfilage de perles et d’enfoncement de portes béantes, l’amant de la rue du Cirque n’a pas réussi une seule fois à qualifier les faits de terrorisme, ni même à mentionner la religion dont se réclamaient les nazislamistes qui ont attaqué Charlie Hebdo. Il a agité ses petites mains potelées devant son pupitre, en brassant, cette fois, un peu moins d’air qu’au-dessus de son bureau vide du 31 décembre (c’est toujours ça). Si nous avons, ce coup ci, échappé aux anaphores, il ne nous a hélas pas épargné sa série de poncifs bien pensants, sur la force de la France ainsi qu’un nombre d’appels ahurissants au Rassemblement ce qui m’a fait penser, l’ombre d’un instant, que Sarkozy avait pris possession du corps du meilleur ami de Jacques Chirac.

Allah Akbar… ou pas

aberrations-islam-lacitCommençons par remettre les choses à l’endroit. Amalgame ou pas, ce n’est pas au nom du Bouddha ou de Saint-Denis (le martyre, pas la ville éponyme parce que là il peut y avoir confusion) que ces fanatiques se sont lancés dans l’épuration de caricaturistes, à grands coups de Kalachnikov. Je comprends parfaitement que les musulmans calmes se sentent choqués par un tel dévoiement de leur religion. Je dis aussi qu’au rythme où ces barbares invoquent leur dieu à tue-tête, chaque fois qu’ils veulent s’en prendre à la vie de ceux qui ne pensent pas comme eux : en commando chez Charlie, derrière le volant d’une camionnette à Dijon ou muni d’un couteau dans un commissariat à Joué les Tour, il y a fort à parier que d’ici peu Allah Akbar finisse un peu par sonner comme Heil Hitler dans l’imaginaire collectif.

648x415_france-integristes-extremistes-juifs-chretiens-musulmans-refus-republiqueIl faudrait aussi arrêter de raconter des conneries au bon Peuple. Ces gens ne sont pas fous. Ils répondent probablement à un endoctrinement, mais ils n’ont aucune excuse, dans la France du 21ème siècle, pour s’être laissé embobiner de la sorte. S’ils en sont à ce point, c’est qu’il ne leur déplait pas d’aller se trapper du « Céfran » comme ils disent, et on doit au moins leur reconnaître qu’ils en ont une notion très étendue, comme en témoigne le sort qu’ils ont réservé au malheureux policier lâchement assassiné alors qu’il ne représentait plus une menace pour eux. À ce propos, cet homme, mort au service de ses concitoyens se prénommait Ahmed. Ils l’ont tué parce qu’il portait l’uniforme de la police de la République française. Mettre en avant sa religion supposée (qu’en savons nous à ce stade ?) pour nous servir le refrain connu du pasdamalgame est une insulte à sa mémoire. Que sous-entend en effet ce type de raisonnement idiot ? Que la réaction logique d’un musulman dans ce genre de situation serait de rester en retrait, voire de faire le coup de feu avec ses frères et que s’il n’a pas cédé à ce « penchant naturel » c’est qu’il était bien assimilé ? Ce policier est mort en tentant de faire ce qu’il pouvait, avec les moyens dont il disposait et l’entrainement qu’il avait suivi. Tout comme son confrère chargé de protéger Charb, il n’a rien pu faire compte tenu de la disproportion des moyens et y a laissé sa vie et une famille éplorée. La religion de ces deux serviteurs de l’ordre ne doit rien à l’affaire : ils sont morts en héros.

Pas en mon nom : mon cul !

640x478_8663_vignette_glez-charlie-hebdo-bd-logo-111102Çà et là, depuis que nous n’ignorons plus rien des méthodes de barbares employés par les islamistes pour que le monde — et surtout leurs contemporains — se plie à l’image qu’ils se font de la planète idéale, nous voyons fleurir de jolis petits panonceaux de bisounours musulmans siglés « Not in my name » ou plus rarement « Pas en mon nom » (le français est moins télégénique). Et les caméras de s’attarder sur de gentilles petites femmes voilées et les gentils barbus qui les encadrent en trimbalant le dit écriteau de concert. Mais si les gars, c’est précisément « in your name » que ces crétins prétendent parler. Etre déguisé en Belphégor et brandir ce stupide panneau ne vous met pas à l’abri des amalgames. Participez à un apéro saucisson vin rouge avec du jambon de dinde si vous y tenez absolument et là, vous pourrez brandir vos petites pancartes. Au contraire, ce n’est pas en tentant d’expliquer le geste des meurtriers par les abus supposés de Charlie Hebdo, le racisme des Français ou l’islamophobie des chrétiens que vous allez arranger les choses. Ces assassins sont des salauds, il faut les traiter et les dénoncer comme tels et cesser d’ergoter sur le sexe des vierges auxquelles ils pensent avoir droit pour leurs « glorieux » faits d’armes.

kIg5wOui, les musulmans de bonne foi doivent se lever. Pas nécessairement pour se justifier, car ils n’ont rien fait de mal, mais pour dénoncer le fait qu’ils sont atterrés par de telles actions, comme tout individu et non en tant que collectif. La religion musulmane doit évoluer en épousant les mœurs du pays d’accueil, pas en tentant de les faire coïncider avec des pratiques venues des pays qu’ils ont fuis. La France est une terre de culture latine, profondément pétrie de traditions judéo-chrétiennes. Énoncer cette affirmation ce n’est pas rejeter l’altérité musulmane, juste la ramener à son statut d’arrivée de fraîche date. Il est plus que temps que nos politiques cessent de jouer les mijaurées humanistes et qu’ils s’attèlent à débarrasser l’Islam de France de ses adeptes obscurantistes. C’est de cette inaction pluridécennale que découlent les amalgames « pas beaux ». Ce tabou – abusivement qualifié de républicain – est édicté au nom même des valeurs que ces grandes consciences ont foulées au pied depuis tant d’années, avec leurs lois mémorielles successives. A cet égard, il est savoureux d’entendre tous ces Savonaroles célébrer de la liberté d’expression au pays des lois Gayssot et Taubira…

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Amalgames

10150568_838276506232269_8678068422900219622_nParlons en, justement, de ces fameux amalgames dont nous devons nous défier. L’islamophobie est le prétexte invoqué par les fanatiques pour justifier tous les délires édictés au nom de l’Islam. Leur « droit » supposé « à la différence » n’est que le prétexte à la perpétuation de dogmes et de rites d’un autre âge à la recherche d’une « pureté originelle » qui, comme tout ce qui est « originel », n’a en réalité jamais existé. L’islamophobie est, bien au contraire, un réflexe naturel de défense d’un corps saint, contre une agression extérieure. Elle marque le rejet de l’islamisme : doctrine obscurantiste qui mène au fanatisme et de là, au terrorisme. L’amalgame qu’il convient de combattre est bien plutôt celui qui vise, au nom des accommodements raisonnables, à assimiler ceux qui se dressent contre une pratique dévoyée de l’Islam : l’islamisme, à des anti musulmans. Autant l’islamophobie est à encourager chez nos concitoyens, surtout musulmans, autant la musulmanophobie est à combattre. L’islam, débarrassé de ses sourates guerrières, n’est pas un danger, c’est une philosophie religieuse qui vaut bien les autres. Il est plus que temps de mettre un terme aux prêches de ces radicaux qui défient la République en voilant leurs femmes de la tête aux pieds, en exigeant des menus spéciaux et qui, par fidélité envers un homme qui vivait au 7e siècle dans le désert Saoudien, se sentent obligés de se trimbaler en djellaba par -10 dans la Haute Vienne.

En frappant des journalistes de gauche progressistes, ces fanatiques ont scié la branche de compréhension révolutionnaire sur laquelle ils prospéraient. Espérons qu’il ne faille pas attendre un nouvel « holocauste journalistique» sur le plateau du Petit Journal pour que la presse alignée, cesse de diaboliser systématiquement ceux qui alertent sur les dangers du fondamentalisme musulman et du communautarisme. Nous devons réinvestir et surveiller les lieux de cultes musulmans et expulser les imams vecteurs de haine et leurs zélotes. Il convient pareillement d’enfermer dans des centres de détentions spécifiques, les endoctrinés qui reviennent de leurs séjours de « formation professionnelle » en Syrie, au Mali, en Libye ou en Irak.

31---Gotlib-Gods-Club-2Certains de ces zélotes sont français, me direz vous et bien intéressons-nous donc à cette question. Beaucoup de jeunes issus de l’immigration maghrébine sont nés sous nos cieux, c’est un fait. Tout comme l’est également celui qui veut que nous nous soyons toujours montrés très tolérants en matière de double nationalité. Puisqu’ils haïssent la France au point de porter les armes contre elle, soyons humanistes : soulageons-les du poids de leur assujettissement à notre pays et rendons-les à ceux qui voulaient les garder. Pour ce qui concerne les intégristes « convertis », il n’est pas concevable (au pays des droits de l’homme) de les maintenir de force dans un univers qu’ils rejettent si violemment. Nous devons mettre à profit les excellentes relations que nous entretenons avec les pétromonarchies du golfe, pour les inciter à les laisser s’installer sous des cieux plus propices à leurs attentes spirituelles. Après tout, les pétro monarques n’ont pas été avares de leurs dollars pour en faire des musulmans selon leurs goûts, alors autant qu’ils en profitent un maximum.

Le retour en force de la Realpolitik

miege-alsace-nouvelle-716x1024Nous constatons aujourd’hui le triste résultat de nos futiles tentatives d’exportation de la démocratie. Nous avons déboulonné de vieux dictateurs laïcs formés par les Soviétiques au profit de fanatiques sunnites financés par les Saoudiens (et autres mécènes de la péninsule arabique). À l’instar des grand-mères face à Mamie Nova, les populations locales ne nous disent pas merci. Leurs souffrances sont bien pires qu’avant et leurs libertés tout aussi chimériques. Elles ont, en prime, la joie : qui de mourir de faim ou de froid, qui d’être persécuté pour ses opinions (vieille habitude) ou pour sa religion (belle innovation). À l’exception provisoire de la Tunisie, toutes nos interventions de ces 20 dernières années ont été des fiascos retentissants. Rendons-nous service, rendons leur service : bâillonnons BHL et foutons la paix au monde arabo-musulman. Tapons-leur dessus quand ils nous menacent, mais cessons de vouloir les éduquer au bonheur de notre démocratie. Ils sont comme les Chinois : ils n’en veulent pas. Le temps du« droit d’ingérence » a vécu, il faut que l’on s’y fasse. Vladimir Poutine a encore un temps d’avance sur nous, n’oublions pas la passion des Russes pour le jeu d’échecs (et les montagnes) et arrêtons de jouer aux Dames (et aux cons) dans le désert.

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Le 7 janvier 2015, nous avons été frappés pour ce que nous sommes : une Nation libre qui ne reconnait aucun Dieu et qui, parce qu’elle a déjà bien du mal à supporter un Président élu, ne peut absolument pas envisager de se voir imposer un maître par la force. Les Français sont un peuple libre et beaucoup des musulmans qui ont choisi de rejoindre la France l’ont fait pour cette raison. Il n’est pas question de laisser des criminels qui détestent notre pays et ses valeurs, les intimider et nous pousser à les rejeter au nom d’une religion dont ils n’ont que le nom en partage.

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LE FAIT DU PRINCE

septembre 3, 2013

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S’il est un élément aussi sûr que l’existence de Dieu à Djeddah, c’est que la France est une Monarchie républicaine… absolue. Je m’explique. Là où d’autres dirigeants vivent sous la férule, d’ électeurs uniquement préoccupés par leurs intérêts égoïstes, nos élites aussi éclairées qu’altruistes vivent entre elles et décident, pour nous, de ce qui est bon et de ce qui ne l’est pas. Cette « démocratie » populaire apaisée permet ainsi à notre beau pays d’être à la pointe du combat contre le mal. Là où tant d’autres sont à la traine, le petit coq peut ainsi, les deux pieds bien calés dans le fumier, donner des leçons de chant à la planète entière.

À Parlement inexistant : déséquilibre des pouvoirs assuré

1801389_12736683-nono0908-20120809-t103aLe système institutionnel français est hémiplégique. Selon la pensée himalayenne d’Alain Duhamel il n’est plus qu’une seule élection qui vaille : la Présidentielle. C’est lors de cet exercice, désormais quinquennal, que notre bon Peuple croit, à tort, se doter librement d’un souverain pour les cinq années suivantes. Or, rien n’est plus faux ! En vérité, les électeurs n’ont qu’un choix apparent entre les deux faces d’une même politique. Leur vote ne sert qu’à désigner ceux qui auront le plaisir de jouir des privilèges du pouvoir (et de vivre grassement de la bête, mais ça, c’est une autre histoire). L’affrontement idéologique n’existe plus que chez les éditorialistes et n’est qu’une façade destinée à faire croire qu’il y a débat. Toutes les questions qui se posent ayant été préalablement évacuées au titre de la « morale républicaine », le « combat des chefs » se déroule en toute quiétude, entre des gens « bien élevés ». On ne discute plus que de l’accessoire et la presse se focalise sur le superflu, tant est si bien que l’on vote contre plutôt que pour. Si, dans ces conditions, les Français pensent de plus en plus que la présidentielle leur a été volée, c’est que hélas, il s’agit de la triste vérité. Nous nous retrouvons avec un Président que nous n’avons pas souhaité, tout simplement parce qu’une majorité relative d’entre nous s’est laissée convaincre qu’elle ne voulait plus du sortant.

Cette affaire ne serait pas grave si nous vivions dans un système de pouvoir équilibré. Or en matière institutionnelle la France souffre d’un déséquilibre certain. Tout converge vers le sommet de la pyramide. En dehors du Président, il n’y a plus d’autres pouvoirs qui vaillent. Les juges sont noyautés par le bolchévisme au point d’ériger « en toute indépendance » un « mur des cons » sans qu’il ne se passe rien. La presse d’opinion (pléonasme) est à 90% de gauche et les parlementaires ne sont plus qu’une bande de godillots, inféodés à une écurie dans le but de recevoir quelques prébendes. En cela ils ne remplissent absolument pas le rôle qu’ils sont supposés tenir. Pour que l’équilibre des pouvoirs fonctionne, l’exécutif doit répondre de ses actes a minima devant le législatif. De par le vaste monde, en dehors de la Corée du Nord, aucun gouvernement n’est moins contrôlé que le nôtre. L’opposition n’a pas de moyens et passe quatre des cinq années de la législature à se bouffer la gueule, pour trouver son champion pour le coup d’après. La majorité, quant à elle, est composée de béni-oui-oui. Les plus actifs d’entre eux n’ont qu’une obsession : celle de satisfaire les différents lobbys pour se voir décerner la palme du plus politiquement correct. Ce sésame leur permettra de quitter le Marais parlementaire pour s’élever dans la lumière gouvernementale. Les autres se contentent de grenouiller afin d’assurer leur investiture pour le prochain coup.

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Les électeurs sont les premiers responsables de cet état de fait. Eux qui ont été élevés dans le culte de l’État omnipotent, se comportent face à l’offre politique, comme des consommateurs avachis. Ils savent que les produits sont de plus en plus frelatés, mais il ne leur viendrait pas pour autant à l’idée de tenter l’aventure avec un producteur indépendant. Non ! Ils veulent des marques et votent pour des labels qui ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils étaient lors de leurs lancements respectifs. Puisque seule l’apparence compte pour eux, ils ont des élus qui ne les représentent pas. Nos parlementaires ont une haute opinion d’eux-mêmes, au point d’imposer au Peuple des idées qui ne lui seraient jamais venues. Ils appellent ça : « le progressisme ». Vous trouvez ça aberrant ? N’oubliez jamais que les électeurs ont les élus qu’ils méritent !

Le roi c’est bien, mais tout dépend du souverain

969995_647459745283912_360260272_nVoici donc comment on finit par concentrer tous les pouvoirs entre les mains d’un seul individu. Je ne suis pas de ceux qui sont, par principe, hostiles à l’Homme providentiel. Cela a magnifiquement réussi au moins trois fois dans notre histoire : avec les deux Bonaparte et avec De Gaulle. L’alternative, mise en place par les « Républicains » après Sedan était absolument désastreuse. Elle revenait à sélectionner à coup sûr le plus idiot (et dieu sait qu’à l’Assemblée la compétition pour ce titre est féroce). De combien de Clémenceau nous sommes nous donc passés, durant cette maudite troisième république, au profit d’un nombre incommensurable de Deschanel ? Le problème ne vient pas tant du Roi que de la méthode pour le sélectionner. Du temps où l’on se passait de l’avis des gueux, la naissance pourvoyait à la question. Certes, quelques puissants, les aléas du sexe et la mortalité infantile pouvaient venir, de temps à autre, remettre un peu en cause ce bel arrangement, mais la plupart du temps, il fonctionnait … jusqu’à produire Louis XVI.

C’est justement par le sobriquet de François XVI que le désastre qui nous tient lieu de Président est souvent désigné par les plus réalistes de ses camarades. En vérité si le problème de la personnalité de notre prince se pose avec autant d’acuité, c’est que l’actuel titulaire (comme Louis XVI en son temps) n’aurait jamais dû accéder au trône. Non que celui qui y était destiné fût exemplaire, mais il avait un lustre de compétence dont le Président du Conseil général de la Corrèze ne s’était jamais donné la peine de se parer. Que ce lustre ait été fabriqué de toutes pièces par une armée de troubadours surpayés, roulant en Porsche Panamera est une autre histoire. Toujours est-il qu’avant son coup de queue fatal, DSK était nimbé d’une présomption de compétence, là où Normalito n’était que flou et loup aux dires de la grand-mère de l’autre. Les fesses de Nafissatou eussent-elles été moins girondes que le sort du monde en eut été changé … on a les tragédies et les Marc Antoine que l’on peut rue de Solférino.

Si la France pouvait s’accommoder du dernier Bourbon absolu (eut-il eu le cran de faire donner les Suisses en juillet 89), car elle était les États-Unis du moment, notre pays peut, aujourd’hui plus difficilement faire avec François II, dans la mesure où sa puissance actuelle est au mieux comparable à celle de la Saxe du XVIIIe siècle. Les Français ne sont pas contre le principe de la concentration des pouvoirs, à condition qu’ils reposent entre des mains qu’ils estiment expertes. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’en la matière, François Hollande est un parfait manchot.

L’aventure syrienne du cocu magnifique

Barak et son Flamby

Barak et son Flamby

L’Orient est compliqué, c’est un fait. Dans le même ordre d’idée, il n’y a pas plus atlantiste qu’un socialiste, toujours prompt à se fourvoyer dans la dernière connerie à la mode, pourvu qu’elle ait été planifiée à la Maison Blanche. Si vous ajoutez dans l’équation le fait que cette même bicoque est occupée depuis 2008 par un Saint et que ce Prix Nobel de la Paix s’entendait comme larron en foire avec Sarkozy… Vous comprenez pourquoi notre Président a cru bon de foncer tête baissée.

1175290-gfLa géopolitique a beau faire l’objet d’un manuel d’enseignement à destination des nuls, force est de constater que toutes ses évidences n’ont pas été encore assimilées par les « stratèges » de la rue du Faubourg Saint-Honoré. En premier lieu, dans un système politique cohérent, la politique étrangère n’est pas gouvernée par l’émotion, ni par les élucubrations d’un histrion en chemise blanche. Les indignations de Monsieur Bernard Henri Levy (qui partage avec DSK le gout des triples initiales) sont probablement estimables, quoique répétitives et toujours à sens unique, mais elles ne peuvent tenir lieu de stratégie. Dans un second temps il convient de s’interroger sur l’équilibre des forces et sur ce qu’il advient des pays « libérés ». Force est de constater, à ce propos, que le « printemps » arabe est en réalité un sale hiver islamiste et qu’à la notable exception de l’Égypte, les perspectives sont on ne peut plus sombres, dans ces pays, pour nos intérêts et notre sécurité.

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Bien sûr il y a eu le précédent Libyen. Bien sûr nous savons tous que François est un mec normal qui veut faire de la politique autrement. Il n’empêche qu’après avoir manqué son coup avec le Mali, le père des enfants de la mère de la « bravitude » s’en est senti pousser une nouvelle paire avec l’affaire syrienne. Il a pris la posture facile, du meilleur allié de l’Amérique (ce qui est savoureux concernant le personnage, mais pas inhabituel à la SFIO). Il a décrété tel Jupiter sur l’Olympe qu’il fallait punir le méchant, que la France y était prête (quia nominor leo) et a fait, sur ce, appareiller une frégate (rhoooo le grand Homme très puissant!). Ce faisant il n’a pas fait de politique, il a prêché. La morale lui tient lieu de réflexion stratégique et le contrat d’armement de plusieurs milliards, en cour de négociation avec l’Arabie Saoudite – principal demandeur de frappes anti Assad – est certainement d’une moralité à toute épreuve.

François II et Abdalla, le fils de son Emir

François II et Abdalla, le fils de son Emir

La Syrie aux Syriens

h-20-1821558-1259789974Si l’utilisation de gaz ne semble faire aucun doute, bien malin celui qui, en l’état actuel des choses, peut nous dire avec certitude qui est coupable de les avoir utilisés. Ce que vit ce malheureux pays à l’heure actuelle, n’est pas une guerre civile, mais une guerre de religion. Les Sunnites tentent de reprendre la main sur les Alaouites qui s’étaient saisis des commandes à l’occasion de l’effondrement de l’Empire ottoman (et du mandat français, mais bon, l’Histoire n’est plus enseignée, elle est dangereusement subversive). De là les soutiens de l’Arabie Saoudite et de la Turquie aux rebelles et de l’Iran et du Hezbolla à Assad. En dehors d’être l’allié historique du pays (et de la famille), les Russes partagent avec Assad la même aversion pour le wahhabisme et toute autre forme de « revival » islamique. Quant aux Chinois ils sont payés pour savoir ce que produit l’interventionnisme occidental et ne sont pas non plus contre le fait de pouvoir continuer de traiter le Ouïghour comme le premier Tibétain venu.

On peut toujours le déplorer, mais au siècle de BHL, plus de 200 ans après Voltaire et Diderot, dans les terres baignées depuis des siècles par la prodigieuse tolérance de l’islam, le plus sûr moyen de tuer son prochain consiste toujours à vouloir sauver son âme en lui révélant la vraie foi. Dans ces conditions chacun des deux camps est bien capable d’avoir eu recours à l’arme chimique. Le camp Assad pour montrer qu’il fait ce qu’il veut chez lui et qu’il détient la toute-puissance (une posture jupitérienne en quelque sorte). Les rebelles eux, toujours prompts au martyr – qui est des plus télégénique en période estivale – y avait également tout intérêt dans la mesure où l’on ne manquerait pas de mettre ça sur le dos de leur adversaire (et par un hasard comique ça n’a précisément pas manqué).

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Alors l’Amérique du Prix Nobel de la Paix nous dit avoir des preuves « irréfutables » de l’implication du clan Assad. Ces preuves ne viendraient pas après celles, toutes aussi massives que les armes de destruction de Saddam Hussein, il y a de cela à peine dix ans, que nous pourrions y croire. Après un tel précédent, il peut être légitime de douter. Notre Président lui n’a aucun doute. Les preuves, son nouvel ami Barack les lui a sans doute montrées, comme W avait dû tenter de le faire avec Jacques Chirac pour l’affaire irakienne. Notre « leader charismatique » a même rendu publique une note de nos services que l’on s’échine à qualifier de « renseignement » là où les Anglo-saxons parlent « d’intelligence » (allez donc savoir pourquoi). Ce document n’est pas une preuve, mais une série d’affirmations que l’on est prié de croire étayées. Un peu court jeune homme ! Nous voyons bien , dans le cas présent que, sauf à finir anosognosique, François Hollande n’est pas Jacques Chirac, tout comme Laurent Fabius n’est pas Dominique de Villepin (ça doit venir des cheveux). Certes, ce coup ci, les « frenchs fries » ne seront pas débaptisées et nous voilà parés du titre de « plus vieil alliés de l’Amérique » (ce qui est historiquement exact). Pour autant François semble le seul à ne pas vouloir consulter son Parlement sur une chose aussi insignifiante que la guerre ou la paix. Et dans le cas, pas improbable, où le Congrès Américain décide, à l’instar de la Chambre de Communes, de doucher les velléités guerrières de son « leader maximo », le bon François se retrouvera seul comme un con, à poil avec sa frégate au large des côtes syriennes…

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La France socialiste n’a pas plus la mesure des choses en politique étrangère qu’elle ne l’a en matière de politique pénale, de lutte contre l’insécurité, de relance économique ou de liberté publique. Les socialistes ne font plus de politique ils font de la morale, ils ne gouvernent plus, ils éduquent, ils ne prévoient plus, ils prêchent. Dans ces conditions il ne faut pas s’étonner du ridicule qui secoue une fois de plus notre vieux pays. Si d’aventure nous devions frapper la Syrie à la remorque des Américains, ou pire, à leur place, nous le ferions pour les plus mauvaises raisons du monde : l’orgueil démesuré d’un homme de plus en plus seul qui tente, désespérément, de prouver au monde entier que la place qu’il occupe par le hasard d’une étreinte furtive est bien la sienne. Pauvre France !

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NORMAL 1ER EN NORD MALI

janvier 24, 2013

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Bien qu’il dépense des trésors d’imagination pour amuser la galerie avec le mariage pour tous, sauf pour lui, notre Président normal ne va guère pouvoir éviter longtemps la question à un milliard d’euros par an (minimum) : un Président socialiste peut-il être normal, sans sa guerre du désert ? Sans vouloir paraître briser l’Union sacrée de façade, force est de constater que la France n’entre jamais autant en conflit que quand elle est gouvernée par des socialistes (ou assimilés). Certes, le dictateur austro-hongrois était bien allé guerroyer en Libye, dans l’espoir insensé de se faire apprécier de BHL et de ses copains. N’oublions cependant pas que Mitterrand, le maître à penser de Normalito, s’était ensablé par deux fois : au Tchad puis au Koweït durant ses mandats, sans mentionner l’envoi du contingent en Algérie en 1956. En politique, c’est décidément plus le socialo que le Légionnaire qui sent bon le sable chaud.

Flamby rat du désert

130123-drone-maliDevions nous stopper les islamistes qui s’apprêtaient, nous dit-on, à marcher sur Bamako ? Cela ne fait guère de doutes et du reste nous n’avions pas le choix. Ceci dit vous aurez sûrement constaté, avec amusement, que depuis que nous les bombardons, les barbus ne sont précisément plus islamistes, mais terroristes. Si le Rafale a pour effet de dé islamisé ceux qui l’approchent, il n’est pas étonnant que nous ayions autant de mal à les vendre dans les pays du Golfe. Pourquoi avons-nous dû agir aussi vite ? C’est qu’à force d’expliquer aux fanatiques enturbannés que nous ne mettrions pas les pieds dans ce gourbi, avant que les forces autochtones ne soient prêtes à le faire (cf. conférence de presse de François Hollande du 12 novembre 2012), ils ont fini par nous prendre au mot. Voyant qu’en dépit de l’inertie propre à toute opération « Européenne », la mise à niveau opérationnelle des armées africaines finirait bien par se faire, AQMI a essayé de prendre les devants. C’est bien humain à défaut d’être hallal…

TOM-Mali-EuropeEn conséquence, nous voici lancés dans une opération comme seule la France-Afrique en a le secret. Compte tenu de l’état de l’armée malienne qui n’a d’armée que le nom et dont l’utilité consiste à assurer la tradition localement bien ancrée du coup d’État permanent, il était bien normal (encore une fois) que nos troupes comblent le vide pour faire échec aux fous de Dieu. D’autant plus que nous sommes liés à ce pays par un accord de défense. Seulement comme nous avons annoncé urbi et orbi nos objectifs et que ces mauvais joueurs de Touaregs islamisés (ou pas c’est selon) n’ont pas eu la décence d’attendre que tout se mette en place, nous avons dû nous précipiter dans des sables que, même le Paris-Dakar ne fréquente plus. Et c’est là que les choses se compliquent.

Pourquoi la France se retrouve-t-elle seule ?

2013-01-18-europeIl ne faut pas être grand clerc pour répondre à cette lancinante question, même si pas un journaliste ne se la pose dans les termes qui conviennent. Nos Rouletabilles se lamentent depuis les débuts de l’opération Serval sur le manque de soutien de nos alliés. Et c’est vrai que ce lâchage en plein désert a de quoi choquer au premier abord. Comment doit-on qualifier un allié qui vous pleure ses moyens, vous adresse mollement ses encouragements et ne vous laisse aucun espoir de renfort ? Ces larmes seraient émouvantes si notre gouvernement « normal » ne venait pas de se conduire exactement de la même façon, en se retirant unilatéralement d’Afghanistan sans se soucier, le moins du monde, de l’opinion de ceux aux côtés desquels nous nous étions engagés à combattre. « Moi Président » avait été élu et nos Alliés devaient s’y faire, comme de vulgaires opposants au mariage gay, puisque cette décision était dans son programme. Na !

guerre-au-Mali-Rien n’est pour autant perdu, car François Hollande peut compter sur l’indéfectible et surprenant renfort du plus Allemand de nos révolutionnaires.  L’ineffable Cohn-Bendit, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient de prendre des accents hugoliens au Parlement Européen pour dénoncer l’abandon de la France « seule à payer le prix du sang ». Une guerre soutenue par Dani le rouge, ça vous a un petit côté surréaliste qui cadre plus avec Dali au centre Pompidou qu’avec une lame de fond soulevant l’enthousiasme des peuples, mais bon, on a les Gambetta du moment. C’est bien parce que le Mitterrand de Tulle a trouvé « normal » de partir de la Kapisa avant l’heure, que nos camarades trouvent « normal » de nous compter leurs soutiens. Si on ajoute à cela le fait que nos militaires comme nos diplomates ont toujours trouvé que l’Afrique était une chasse gardée, il ne faut pas s’étonner des conséquences.

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Le bourbier malien

num_risation0014Comme nous ne devons pas compter sur des renforts structurés, pouvons-nous nous en remettre, corps et âme, aux fameux contingents « Africains » ? Qu’il me soit ici permis d’en douter, surtout dans la seule perspective stratégique qui compte vraiment dans nos sociétés médiatiques occidentales post-modernes : celle de ne pas s’enliser. En effet, les contingents qui finiront par nous parvenir de la CEDEAO[1] ne seront, au mieux, qu’une relève ponctuelle, en aucun cas une force de reconquête. En premier lieu, parce que, à la notable exception des troupes tchadiennes près, aucune de ces unités n’est formée à la guerre du désert. Qu’ensuite elles ne parlent pas la même langue (les Nigérians parlent anglais et les autres le français), qu’elles n’ont aucune expérience d’interopérabilités entre elles et très peu avec l’armée française. Enfin, et ce n’est pas le moindre des risques, il s’agit d’armées noires au contact de territoires arabes.

 

Les renforts sont en chemin

Les renforts sont en chemin

Nous touchons là au fond du problème que notre doxa politiquement correcte s’efforce d’occulter. En Afrique, et particulièrement au Sahel, l’oppresseur n’est pas le « blanc européen », mais le « blanc arabe ». L’esclavage, crime contre l’humanité commis par les européens (c’est bien connu) a de tout temps et jusqu’à une époque très récente, été pratiqué, à grande échelle, par les nomades arabes par le biais de razzias sur les villages noirs de la bande sahélienne. En conséquence de quoi, les populations arabes du désert ne se sentent absolument pas Maliennes. Les Touaregs ne sont pas en lutte pour une indépendance de principe. Ils veulent un État indépendant de la Bamako noire. Certes les colonisateurs européens en traçant des limites nord-sud, là où les Peuples se répartissaient selon une logique est-ouest n’ont rien arrangé, pas plus que l’ONU, par la suite, avec son dogme de l’intangibilité des frontières. Il n’en demeure pas moins vrai qu’ethniquement, le Nord Mali se distingue, très sensiblement, du Sud.

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Dans ces conditions, il semble très hasardeux de laisser des armées africaines « pacifier » la zone. C’est un peu comme confier la garde d’un camp de réfugiés Tutsis désarmés à des Hutus chargés comme des porte-avions ou vice versa. Un peu plus à l’Est, les habitants noirs du Darfour savent bien tout ce qu’ils doivent à l’humanité sans borne des tribus arabes, venues s’assurer de leur bonne santé, à l’invitation du gouvernement islamiste de Khartoum. Ceci étant posé, il semble donc bien que l’opération de « reconquête du Nord Mali » entamée par Normal dernier, alors que personne ne le lui demandait, nous entraîne dans de longues et coûteuses opérations militaires.

La France otage de l’Algérie

64_dilem_130120110920L’attaque du complexe gazier d’In Amenas a certes internationalisé le conflit, mais elle a surtout prouvé que la France est devenue l’otage du « quarteron de généraux » au pouvoir à Alger depuis 50 ans. En témoigne : la touchante unanimité avec laquelle, la classe politique française a qualifié « d’appropriée » la boucherie sanglante qui a tenu lieu de réponse des autorités algériennes au raid islamiste sur les installations de BP. Trente-sept otages tués, en regard des centaines d’autres libérés, on peut en effet considérer cela comme un succès… si l’on est Russe. Il ne faut d’ailleurs pas s’étonner du résultat puisque ce sont justement ces derniers qui ont formé les forces spéciales algériennes. Simplement, il faut arrêter de s’offusquer des méthodes de Poutine quand on loue celles, en tout point semblables, de Bouteflika.

La France est donc malheureusement, dans une situation de dépendance renforcée vis-à-vis de l’Algérie. Au complexe colonial et à son corollaire de repentance, vient maintenant s’ajouter la nécessité de pouvoir survoler le territoire algérien pour ravitailler nos troupes engagées au Mali. De même est-il nécessaire de s’assurer de la coopération de l’armée algérienne pour sceller ses milliers de kilomètres de frontière commune avec le nord Mali. Nous nous trouvons donc exactement dans la situation des Américains en Afghanistan, vis-à-vis du Pakistan. Un allié peu fiable, qui pratique le double jeu et qui a tout intérêt à vous voir vous embourber dans une situation inextricable, ne serait-ce que pour vous soutirer un maximum d’avantages indus.

gay-guerreQue la France gagne sa guerre au Mali et tous les barbus fanatiques qui campent dans le no man’s land qu’est aujourd’hui le Sahara risquent de revenir dans leur pays d’origine : l’Algérie. De surcroît ce pays, pas plus que l’oncle Sam, n’a intérêt à ce que la France réussisse là où l’Amérique a échoué. On peut donc compter sur la collusion des deux pour ne pas nous faciliter les choses. Enfin, un Mali pacifié pourrait être à même d’exploiter ses richesses potentielles. Il serait en effet bien étonnant que ce pauvre pays soit le seul État du coin, à ne pas avoir de ressources dans un désert qui ne l’est pas tant que cela pour tous ses autres voisins. Dans ce cas, il serait bien naturel que les entreprises françaises en tirent bénéfice. Voilà encore une bonne raison qui pousse à l’enlisement.

 

Conclusion

On le voit, l’opération déclenchée, à la hâte, par le chef normal des armées est loin d’être une promenade de santé où une mission classique de gendarmerie en France-Afrique. Nos soldats vont être opposés à des fanatiques aguerris et lourdement armés qui, pour n’être pas directement contrôlés par un État, n’en entretiennent pas moins des relations ambigües avec une bande de vieilles barbes qui ne portent pas spécialement la France dans leur cœur. Dans ces conditions, il est plus que normal de s’interroger sur la pertinence de la petite guerre du Président tout mou. Qu’il veuille jouer à « couillu le caribou » pour corriger une image d’attentiste timoré, peut se comprendre. Qu’il le fasse avec la vie de nos militaires mérite au moins d’être discuté. Enfin la grande hypocrisie qui consiste pour nos partenaires européens à réduire leurs déficits, en déléguant le métier des armes et les dépenses y afférant aux seuls Français demande, pour le moins, une renégociation de notre participation au budget communautaire. Mais quand il s’agit de défendre les intérêts de la France et de monter au front dans les sommets européens, notre Président normal tient, hélas, plus de l’eunuque que du caribou…

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[1] Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest

LE BOURBIER SYRIEN

juin 3, 2012

Depuis que François la Mouise est à l’Elysée, la presse parisienne se répand en louanges. On nous vente à grands tours de rotatives, cette désormais fameuse « Présidence normale ». Une fois posé ce principe intangible , sommes nous plus avancés quant à sa signification ? Eh bien non ! Pour les Hollandolâtres, la normalité s’entend par opposition à l’anormalité de l’usurpateur Hongrois. Pour l’esprit partisan, cela peut s’entendre mais pour le commun des mortels quel sens donner à cette apparente simplicité ? Nous en sommes donc réduit à l’analyse des faits, pour tenter comprendre ce qu’est un « Président normal » et, curieusement, c’est par le biais de la politique étrangère que nous avons enfin la réponse à cette lancinante question.

Mou du genou s’en vat en guerre

La République de l’émotion

Grâce au dossier Syrien, nous savons désormais qu’un Président normal c’est un Président suiviste. Les mêmes qui dénonçaient les gesticulations de Sarkozy en fonction du 20h00 du jour, se complaisent maintenant à tenir des discours de matamores, en s’invitant – en toute simplicité – dans la dite lucarne enchantée. Prenant appui sur les analyses géostratégiques des spécialistes du raccourci orienté (les journalistes de télévision), le pouvoir Hollandiste  nous déclare pratiquement en direct, la guerre à la Syrie. Qu’allons nous donc bien pouvoir aller foutre dans ce merdier proche oriental à nul autre pareil et pour quelles raisons irions-nous ? Mystère et boule de gomme, le plan de com Hollande c’est de s’émouvoir comme la ménagère de moins de cinquante ans, pas de donner des explications.

Comme toujours, nous allons nous mêler de ce qui ne nous regarde plus- depuis bientôt 70 ans[1] – au nom du droit-de-l’hommisme d’indignation. Nous ne mourrons pas pour les enfants d’Alep ni de Houla mais pour la conscience des BHL et autres habitués du Flore, que les derniers massacres en date perpétrés par la famille Assad empêchent de dormir. Gageons que si l’on suggérait d’envoyer en première ligne les rejetons de ces beaux esprits, le pacifisme ferrait un retour en force, mais passons … Il faut bien reconnaître que les Assad n’en sont pas à leur coup d’essai. Avec 13 000 morts, le fils est même bien loin des 25 000 du père qui en 1982 procéda à une sévère – quoi qu’efficace –répression. Il faut dire qu’à l’époque les Soviets soutenaient la Syrie et que les indignés sur commande Germanopratins, ne savaient rien refuser à la patrie des travailleurs. D’un autre coté, ils étaient tellement occupés à commenter le « crime contre l’humanité » commit par Sharon et Israël à Sabra et Chatila …

La Syrie n’est pas la Lybie

Alors à quoi bon nous pousser, à toute force, à retirer nos troupes d’Afghanistan, au risque de passer pour des alliés bien inconsistants si c’est pour nous précipiter aussitôt en Syrie ? Au nom de quel principe imbécile, ce qu’il ne faut plus faire chez les Talibans – à savoir se mêler de la manière dont s’administrent les hommes au moyen d’une religion « intrinsèquement pacifiste et humaniste » – deviendrait-il une « ardente obligation morale » chez les Alaouites ?

Le droit d’ingérence humanitaire, cher au bon Docteur Kouchner, est encore à l’œuvre malgré toutes les preuves accumulées de sa notoire inefficacité. De la Somalie au Darfour en passant par l’Irak, l’Afghanistan et bien sûr la Lybie, la liste est longue des dictatures renversées pour le plus grand bénéfice … d’une autre. Ne nous y trompons pas, partout où l’Occident croit sauver le monde, les barbus en profitent pour reprendre la main et substituer une oligarchie religieuse à une junte ou à un clan. Nous pourchassons des laïcs, certes corrompus et sanguinaires, pour les remplacer par des Imams dont la concussion n’est qu’une question de temps et l’épandage du sang d’autrui, un rite purificateur.

Dans le cas de la Syrie, la substitution ne sera pas sans répercussion, tant les enjeux géopolitiques sont immenses. Par la grâce d’un ennemi commun – Israël – Damas est, aujourd’hui, devenue l’alliée inconditionnelle de Téhéran. Ce qui, il nous faut bien l’admettre,  n’avais rien d’acquis en 1980. Ce faisant, pour la première foi depuis l’Imam Ali, l’Iran voit sa sphère d’influence élargie au monde Arabe, en s’assurant au passage, un débouché sur la Méditerranée. Dans le même temps, la liaison est assurée avec le Hezbollah Libanais, figure de proue du Chiisme dans la région. Autant dire que les Mollahs ne voient pas d’un très bon œil toutes les gesticulations en cours autour de leur ami Bachar. En réalité, nos dirigeants s’appuient sur l’émotion populaire (qui ne résistera pas à notre premier militaire mort) pour faire le jeu des puissances du Golfe, notoirement incommodées par la puissance Iranienne.

Un conflit qui remonte à la nuit des temps

Dans la guerre séculaire que se livrent les deux principales tendances de l’Islam, le conflit Chiites Sunnites vient en réalité épouser un antagonisme bien plus ancien : celui de l’antique rivalité entre les Perses et les Arabes. La religion est un moyen, puissant, mais rien de plus, pour prolonger cette vieille querelle qui est aussi celle du nomadisme face au monde sédentaire. Le foyer ininterrompu de civilisation la Région – comprendre la Perse – se trouve de nouveau remis en question par des Bédouins qui sont d’autant plus forts que leurs terres gorgées de pétrole, leur a donné des richesses qu’ils ne pouvaient espérer, au vue de l’aridité de leurs territoires de divagation naturelle.

Dans ces conditions, une intervention Occidentale, qui plus est entreprise au nom de principes droits-de-l’hommistes universellement rejetés par les deux parties en présence, à toute les chances de produire des ravages, dont nous n’avons pas fini de payer les conséquences. S’ils se trouvent coupés de Téhéran par de biais de nos frappes « chirurgicales », il y a fort à parier que les « fous de Dieu » Libanais ne renouent avec leurs vieilles habitudes des années 70 et 80. Après avoir dévasté leur pays, ils viendront nous faire sauter des bombes, au nom de la légitime lutte contre le grand Satan. Si dans le même temps, Israël a l’idée géniale de profiter de l’occasion pour bombarder l’Iran, nous en prenons au moins pour vingt ans. Surtout depuis que nos socialistes n’ont rien de plus pressé à faire que de démanteler le commandement des forces anti-terroristes en France, au nom de la nécessaire et juste lutte contre le Sarkozisme …

Tout ça pour quoi ?

Etre une femme libérée tu sais c’est pas si facile …

Tout ce merdier donc,  pour qu’au final nous établissions le « doux règne » de la majorité Sunnite à Damas. Outre le fait que présenter le conflit Syrien en des termes aussi réducteurs qu’une lutte entre deux conceptions de l’Islam est inepte – les Alaouites ne sont pas des Chiites mais des Ismaéliens- c’est faire bien peu de cas de la réalité complexe du régime syrien. Comme toute dictature autocratique qui se respecte, la Syrie des Assad compte des soutiens bien au delà de la seule minorité religieuse qui lui sert de socle. D’abord parce que des Chrétiens aux Druzes en passant par les Kurdes et les Turkmènes, ce pays compte une multitude de minorités. Qu’ensuite, sans même revenir sur les origines françaises de la domination des Alaouites sur l’armée, force est de constater que le régime s’est appuyé, comme toutes les dictatures arabes de la même époque, sur un  parti unique (le Baas en l’occurrence). Que celui-ci, comme ses homologues, était laïc et transcendait donc nettement les obédiences religieuses. Dans ces conditions, il est aussi illusoire que réducteur, de présenter cette affaire comme celle de la domination d’une minorité religieuse sur une majorité oppressée. Et quand bien même, est-ce une raison suffisante pour aller risquer la vie de nos soldats ?

Au final si malgré, l’opposition réaliste de la Russie et de la Chine, nos Tartarins parviennent à renverser le fils de son père, qu’adviendra-t-il ensuite ? Nous aurons à la place, de gentils Salafistes sponsorisés par nos « amis » du Golfe. Est-il nécessaire de rappeler, ici, tout ce que l’Occident doit à cette mouvance fondamentaliste de l’Islam ? En effet, le 11 septembre, les terroristes qui précipitèrent leurs avions contre les tours jumelles et le Pentagone n’étaient pas Chiites. Ce n’est pas l’Iran, pourtant frontalière, qui fit du pays des Talibans, un joyeux camp d’entrainement géant pour malades désireux de se faire sauter en public. Le Hezbollah Libanais n’a pas entrainé Mohamed Merra, ni structuré les réseaux Kelkal. En vérité, en nous précipitant comme des moutons à l’assaut du régime Syrien, nous faisons le jeu de nos plus intraitables ennemis.

Conclusion

Il n’est pas question pour autant de rester les bras croisés à regarder ailleurs, pendant que le pouvoir Syrien massacre à tour de bras. Nous devons isoler le régime et prendre le temps de susciter l’émergence d’une force d’opposition crédible, formée à notre mode de vie et prête à prendre le relais. A ce moment là, nous pourrons agir pour les installer au pouvoir. Bref, il nous faut faire ce que les pétro-monarchies font avec les fondamentalistes et non leur servir de bras armé. Si les Quatarii ou les Saoudiens veulent mourir pour Homs, grand bien leur fasse, nous pouvons même leur vendre les armes pour ce faire. Nos soldats, eux, ne doivent risquer leur vie que pour défendre nos valeurs et placer ceux qui s’en revendiquent en position d’éclairer leurs compatriotes. Pour y parvenir nous devons commencer par être fier de ce que nous sommes. Osons enfin définir ce qui nous caractérise par rapport aux autres. Abandonnons ce fantasme imbécile de village mondial où tout se côtoie et tout se vaut. Affirmons haut et fort, qu’au contraire,  toutes les cultures ne se valent pas et que la nôtre, quoi qu’imparfaite,  est sans doute mieux à même d’assurer l’épanouissement des individus. Si nous ne le faisons pas, si nous nous cachons derrière notre petit doigt et le complexe de l’Homme Blanc, alors il ne sert alors à rien de sauter comme des cabris derrière notre poste de télévision. Le monde n’a que faire de l’indignation Occidentale.


[1] Depuis 1946 très précisément et la fin du mandat Français

PUISSANTE IMPUISSANCE

mars 27, 2011

Les mois se suivent mais ne se ressemblent pas. Alors que notre beau pays était, il y a  à peine un mois de cela, relégué dans les poubelles de l’histoire pour son incapacité à accompagner le fameux « printemps des peuples arabes », le voici aujourd’hui loué pour sa clairvoyance dans le dossier libyen. Les mêmes brillants analystes qui nous enterraient et raillaient les gesticulations présidentielles louent avec le même absolutisme, le génie du petit caporal de Neuilly. Ce rétablissement des plus spectaculaires en moins d’une semaine – songeons que lorsqu’il reçu et reconnu, seul contre tous,  les insurgés de Benghazi, tous nos stratèges hurlaient à la faute majeure –  devrait amener certains à réfléchir sur l’insondable relativité de ce qui semble inéluctable. En politique rien n’est jamais écrit avant d’avoir été joué, pas plus la victoire de l’arlésienne du FMI que la fin de la nation française.

Des affaires si étrangères

Ne trouvant point de salut possible sur le plan intérieur pour se refaire une santé sondagiére, notre  Président se jette à corps perdu dans l’aventure militaire. Si ses initiatives n’avaient pas connu le succès, il y fort a parier que telle serait d’ailleurs l’analyse qui prévaudrait dans les « rédactions ». Il faut dire qu’à défaut d’avoir de la chance en matière économique et sociale, Nicolas Sarkozy a la Baraka dès qu’il est amené  à présider quoi que ce soit sur le plan international. Songeons-y,  il n’était pas plutôt Président du Conseil Européen que les Russes envahissaient la Géorgie et que Wall Street s’effondrait. Maintenant qu’il préside le G20, le Japon tremble et la Libye bout.

Ce n’est pas le tout que d’être servi par les évènements, encore faut-il s’en saisir habilement pour pouvoir utilement s’en servir. De nombreux leaders de par le vaste monde ont été confrontés à des crises et pourtant rares sont ceux qui ont su en tirer profit. Notre Président a beaucoup de défauts mais au moins a-t-il ce talent, cette vista qui lui permet d’apporter une solution là ou d’autres ne voient que des problèmes. Il aurait pu telle Angéla, observer de Konrad un silence prudent. En bon gaulliste, pour une fois, il s’empare de la crise et fait de ses faiblesses, une force. Contre vents et marées, particulièrement celles du Quai d’Orsay, ce conservatoire d’eunuques tétanisés à l’idée qu’il puisse y avoir un changement dans la marche des affaires qui, depuis Talleyrand, leur ont toujours été étrangères, Nicolas Sarkozy a embarqué notre pays vers de nouveaux horizons. En trois mois, nous avons enterré la « politique arabe de la France » (comprendre les petits arrangements avec les autocrates) pour aller vers … à vrai dire personne ne sait encore très bien encore où.

C’est là que le bât blesse. Nous sommes tous ravi à la perspective d’en coller une au vieux campeur de Tripoli, histoire de lui apprendre à planter sa tente en plein Paris, mais après ça que ferrons nous ? On ne peut pas dire que le militaire égyptien semble décidé à laisser à d’autres la possibilité de se remplir les poches sur le dos de ses burnous et le moins que l’on puisse constater, c’est que l’après Ben Ali n’est pas le lit de roses démocratiques annoncé. Enfin, comment allons nous pouvoir continuer à justifier nos relations incestueuses avec la mafia FLN qui suce, sans interruption depuis 1962,  le sang d’un peuple qu’elle prétend –sans rire- avoir libéré du joug de l’infâme colon ? Sans compter que nous allons devoir régler le cas des Bongo et autres Sassou Nguesso, pour ne parler que des francophones pétrolifères.

On le voit, la canonnière droit-de-l’hommiste c’est parfait mais il va nous en falloir beaucoup d’autres si nous voulons rester cohérents avec nous même.

Un vrai sac de nœud

Nous voilà donc en guerre contre la Libye, ou plutôt contre le vilain despote qui massacre son peuple. La réalité est pourtant bien moins nette. La Libye n’existe pas plus que le peuple libyen. En réalité « Kadhafi duck » est le chef d’une tribu qui massacre allègrement celles qui ont eu l’outrecuidance de ne plus accepter sa domination. Contrairement à l’Egypte ou à la Tunisie, nous ne sommes pas dans une révolution civile d’un peuple face à ses gouvernants mais dans une révolte servile. Un peu comme au Bahreïn, du reste, à ceci près qu’il n’y a pas là de prétexte religieux entre Sunnites et Chiites. La Cyrénaïque n’est pas la Tripolitaine mais la Libye appartient à son « guide » et toute rébellion est perçue par lui comme un accident patrimonial. De là, la grande incompréhension du Bédouin sous LSD devant les cris d’orfraie de la communauté internationale. En Libye il n’y a pas d’armée qui refuse ou accepte de tirer sur le peuple, il y a les intérêts bien compris de chacun. En vérité, nous intervenons pour empêcher une tribu d’en anéantir d’autres. Avons-nous la certitude que nos nouveaux protégés n’agiront pas de même, une fois que nous leur aurons permis de prendre le dessus ?

Ce pays est très représentatif de son continent. La nation est une entité tant de façade que d’importation récente. Les rapports humains et les sentiments d’appartenance s’expriment au niveau du clan, comme ce brave Gbagbo nous en administre la preuve un peu plus chaque jour. Notre intervention en Libye risque fort de nous amener à prendre d’autres dispositions similaires dans les conflits de même nature qui ne vont pas tarder à fleurir de toute part en Afrique. Est-ce pour autant une raison suffisante pour faire l’autruche comme la première chancelière allemande venue ?

Le fait qu’Angéla n’ait pas voulu prendre place à nos cotés dans le taxi que nous nous apprêtons à prendre pour Tobrouk est un problème. Reconnaissons le, nos voisins d’outre-Rhin gardent, depuis Rommel, un assez mauvais souvenir des expéditions en Afrique du Nord. Il faut dire qu’à l’époque nous ne les y avions guère accueillis avec enthousiasme. Ceci se passait en des temps très anciens et maintenant nous sommes tous frères. Seulement il y a des fraternités d’armes et d’autres plus commerciales. Si nous renouons avec les puissances maritimes en tournant le dos à notre alliance continentale russo-germanique c’est que cette dernière ne nous apporte plus grand chose. La France se veut puissante et respectée, l’Allemagne ne se préoccupe que de ses exportations. Une chose est certaine à la lumière de ce qui vient de se jouer au Conseil de Sécurité, l’Allemagne de Merkel n’est pas un partenaire militaire et la Russie ne l’est plus depuis Nicolas II. Si nous voulons continuer à compter dans un monde instable, c’est du coté des anglo-saxons qu’il faut nous tourner. Voilà bien la leçon de ces derniers mois. Elle est cruelle pour les eurobéats, mais réaliste. Le couple franco-allemand est essentiel pour l’Europe mais pour une Europe économique germanisée, pas une l’Europe puissance dont rêve la France. Nous avons des intérêts économiques communs mais pas de projets politiques, c’est bien là que réside la faiblesse de l’axe Paris-Berlin.

Nous voici donc à l’aube d’un jour nouveau. L’Occident, gendarme du monde s’apprête à châtier le dictateur qui sommeille en chaque gradé africain, qui pointe sous la moindre barbiche islamiste ou qui perce sous le moindre garde rouge. Bref, nous n’avons pas fini de faire joujou avec nos avions. Dix ans après avoir dénoncé avec fracas le messianisme des néoconservateurs américains, voici que nous reprenons leur credo à notre compte. C’est amusant comme les journalistes ont la mémoire courte, le dernier a avoir tenté la greffe musclée de la démocratie en milieu hostile s’appelait Georges : Georges Walker Bush. En français, « W » s’écrit « BHL » mais le message est étrangement similaire. En réalité, nous allons finir par nous apercevoir que le problème de « W » c’est probablement d’avoir eu raison trop tôt… et de ne pas avoir fait Normal Sup’.

CORPORATISME ET PRINTEMPS ARABE

février 19, 2011

 

L’actualité de ces derniers jours ne bruisse que de la colère des juges et de la révolte de la fameuse « rue arabe ». Pas un journal, pas une radio qui n’écrive ou n’émette des jugements définitifs sur l’état du monde ou de la France, à l’aune de ces deux évènements qui pour l’un d’entre eux en tout cas ne passionne guère que nous.

Une caste d’intouchables

Contrairement aux Indes, chez nous, les intouchables tiennent le haut du pavé. Il faut dire que dans l’hexagone, ce n’est pas leur contact qui souille. C’est lorsque par mégarde on en vient à émettre à leur endroit la moindre critique que l’on se trouve immédiatement conduit au ban de la société médiatique. La tragicomédie qui vient de saisir le monde judiciaire à la suite des propos, pour une fois bien anodins, de Nicolas Sarkozy prouve, si besoin en est, que la robe n’induit pas automatiquement la sérénité que l’on attend généralement de ceux qui disent le droit.

Qu’est-ce que la cohorte immense des pleureuses sur commande, reproche donc au chef de l’Etat ? Rien de moins que d’avoir jeté l’opprobre de manière « honteusement démagogique »  sur toute une profession de « justes » qui dédient leur vie à rendre honneur et dignité … aux coupables. Ce sacerdoce mérite d’être loué et non vilipendé par un Président qui « flatte, ce faisant, vilement la frange la plus extrême de son électorat » (je caricature à peine). En effet, en vertu d’une idéologie perverse, qui sévit dans notre petit monde judiciaire depuis 40 ans, le criminel est une victime de la société qu’il convient par compassion et aménagements de peine, d’amener à rédemption. Cette culture de l’excuse sociale pousse à privilégier le bourreau à ses victimes et à faire de la prison, héritage maoïste oblige, un camp de rééducation.

C’est si vrai que nous en sommes rendu, à lire la presse, à considérer qu’un séjour en prison équivaut à « payer sa dette à la société ». Foutaises et billevesées que tout cela ! A de très rares exceptions près, l’incarcération ne ramène aucune brebis égarée dans le droit chemin. La case prison ne provoque pratiquement jamais l’électrochoc salutaire que les grands prêtres du culte de l’excuse attendent comme la pluie dans le désert.

Une société enferme ses loups, avant tout pour se protéger de leurs prédations et non pour en faire des agneaux. D’ailleurs, compte tenu des sommes investies pour les mettre à l’écart, il ne devrait même pas être question de considérer que quiconque ait « payé sa dette à la société » avant d’être sorti de taule. C’est seulement après, en se comportant avec rigueur et honnêteté que le criminel peut envisager de « payer » ce qu’il doit. L’idéologie de l’incarcération-rédemption, très en vogue chez les droits-de-l’hommistes, produit l’effet inverse à celui recherché. La prison devient un purgatoire dont on ressort blanc comme neige (si l’on peut dire). Elle équivaut à un solde de tout compte, un retour à la virginité. Voilà pourquoi nos grandes consciences s’attaquent désormais au casier judiciaire. Cet instrument moyenâgeux attache, selon eux, le criminel à son passé et empêche son évolution vers la lumière.  Il convient donc de supprimer cette abomination, au nom des grands principes communs à tous les « frères » qui n’ont jamais été victimes de rien. C’est vrai qu’après tout, pour en finir avec la récidive, il suffit de supprimer le livre de compte.

Les juges sont avant tout des fonctionnaires

En réalité ce qui se cache sous la révolte des juges, c’est une fois encore le conservatisme viscéral de la France protégée. La fonction publique a une sainte horreur de la nouveauté, car elle est synonyme de changement, donc de travail. Ce réflexe conditionné tient avant tout au statut. L’emploi à vie, supposé garantir l’indépendance de la fonction publique, a finit par accoucher d’un vaste corps qui au lieu de servir le public, se sert de lui. D’où la sempiternelle rengaine sur les moyens dès qu’il s’agit d’expliquer les raisons de ce qu’il faut bien appeler un échec.

J’ai déjà eu l’occasion de développer cette aberration dans un autre papier. Dans notre beau pays de France, le seul critère syndicalo-médiatique qui permette de juger du bien fondé d’une politique, est celui de l’enveloppe budgétaire que l’on y consacre. Ceux qui dénoncent à grands cris « l’approche comptable de ces  salauds de libéraux » ne s’en affranchissent pas pour autant. Seul compte l’argent mis sur la table (des cons, une table, de l’argent = principe comptable). Peu importe dans cette optique le résultat final. Peu importe qu’au bout du compte, plus on dépense d’argent moins les résultats suivent. Non mon fils, tu ne seras jugé que sur ce que tu auras jeté par la fenêtre.

Nous sommes très habitués à cette rhétorique, grâce à nos chers (très chers) enseignants. Ce qu’il y a de bien avec les profs c’est que la pédagogie les poussant à rabâcher, leurs revendications les confinent au comique de répétition. Rien n’est jamais de leur faute, tout est une question de moyens. Grâce à ces « braves » gens, on voit bien que ces fameux moyens n’ont jamais rien résolus puisqu’ils n’y arrivent toujours pas. Le nombre croissant d’illettrés est à l’éducation nationale ce que la récidive est à la justice : un révélateur.  Pourtant, loin de les amener à une juste remise en question, évoquer  la question revient à leur déclarer la guerre.

C’est pas moi, c’est l’autre !

Signe des temps, on invoque dans ces professions la vocation comme les Sénateurs Romains invoquaient la vertu civique au temps de César. Il y a belle lurette que l’on embrasse plus ces carrières par passion. On entre dans l’administration pour mener une carrière « plan plan », pas par amour du service. Bien sûr on se pare des attributs de la grandeur d’âme et du sacrifice pour mieux dissimuler son envie d’en faire le moins possible, pour un maximum de gains. A bien y réfléchir, la principale cause de la guerre entre l’institution judiciaire et la police, c’est que cette dernière est la source du travail de la première. Plus la Police est performante, plus les tribunaux se chargent et plus les magistrats doivent travailler. Une école sans élèves et des tribunaux sans justiciables voilà qui serait assurément de nature à satisfaire les « légitimes revendications des forçats du service public ».

Comme on ne vit pas dans un monde parfait, on s’accommode, on bâcle. On voudrait bien s’intéresser un peu plus à nos dossiers mais, vu le nombre de nos collègues qui sont en arrêt maladie, on n’a pas les moyens de bosser. Alors on râle, on pleurniche et on apitoie le journaliste sur les moyens dérisoires dont dispose la justice.  C’est la faute du système, quand la gauche est au pouvoir, ou à l’ultralibéralisme, quand les « progressistes » sont dans l’opposition. La routine administrative en quelque sorte, seulement de temps en temps, avec cet état d’esprit, il arrive qu’on classe le suivi judiciaire d’un dangereux criminel au seul motif qu’on ne va quand même pas s’emmerder avec un clampin qui n’est recherché QUE pour outrage. C’est d’un banal cette incrimination, il n’y a pas à s’en faire ! Oui mais voilà, quand on ne va pas au fond des choses, quand on ne s’intéresse pas au pédigrée du délinquant, on laisse dans la nature une brute épaisse qui finit par violer et démembrer une pauvre gamine de dix huit ans.

Rien n’est jamais écrit d’avance évidemment ! Mais il y est des réflexes conditionnés qui sont bien utiles pour arriver à ses fins en politique. Le Président Sarkozy voulait faire entrer des  jurés populaires dans les audiences correctionnelles contre l’avis de la corporation des magistrats. Il lui aura suffit d’évoquer des sanctions après la catastrophe judiciaire de Pornic pour que ces derniers se déconsidèrent aux yeux de leurs concitoyens en rejetant d’emblée toute idée de responsabilité.

Hosni pas si mou pour Barack

Passons maintenant à l’autre affaire du moment : « le printemps des peuples arabes ». Notons en premier lieu qu’en Orient, tout est décidément bien compliqué puisque le printemps à lieu en hiver, preuve s’il en est, que ces gens là ne sont décidément pas comme nous. Plus sérieusement, le dernier épisode en date de « balance ton tyran avec l’eau de tes ablutions » nous a réservé de savoureux moments (en attendant les prochains).

Dans la course à l’échalote du Président bien informé à qui on ne la fait pas, Saint Barack  vient de marquer un point décisif. Pressé qu’il était de devancer ses petits camarades de jeux en prononçant quelques paroles forcément définitives sur le devenir de l’Egypte, le Président Américain s’est pris les babouches dans le tapis volant. Il a cru bon, en effet, de précipiter les choses en annonçant avant le principal intéressé, le départ de son encore, à l’époque, homologue Egyptien. Vexé, on le serait à moins, Moubarak lui a alors fait le tour de cochon pendable (façon de parler) de se maintenir en fonction une journée de plus, histoire de le faire passer pour un con.

S’il ne s’était agit que de ça, l’histoire aurait pu en rester là, sans autre forme de conséquences. Malheureusement, il n’en est rien et si tout le monde, surtout en France où l’Obamania bat son plein, est passé à autre chose, il serait pourtant bien utile de se pencher sur les conséquences de cette énorme bourde. Le plan initial élaboré avec difficulté par l’oncle Sam prévoyait le départ du Raïs et la transmission de ses pouvoirs à son Vice-Président, le très israélo-compatible Omar Souleiman. En passant prématurément Moubarak par profits et pertes, le digne successeur de Jimmy Carter a réussit à tout flanquer par terre. Le pouvoir est désormais aux mains du ministre de la Défense, Mohamed Hussein Tantaoui qui préside le Conseil suprême des forces armées, lui même constitué de tout plein de gentils militaires désintéressés.

Quand les journalistes de gauche acclament l’armée

Que va-t-il advenir du plus peuplé des pays arabes ?  Bien malin qui le sait ! Notre société du spectacle ne manque pourtant pas de bateleurs professionnels (on les appelle aussi des journalistes) pour nous abreuver d’analyses toutes plus enthousiastes les unes que les autres. Confondant leurs rêves avec la réalité, tous ces prophètes de la mondialisation heureuse et de l’amour entre les peuples, entonnent en cœur le refrain de la marche inéluctable vers la démocratie. L’arabophilie naturelle de la presse française tourne ces jours ci à l’hystérie.

Ils ne veulent retenir des évènements qui ont emportés Ben Ali et Moubarak que le joyeux soulèvement d’un peuple arabe qui, tel les européens de l’est en 1989, secoue le joug de la dictature pour retrouver les champs dorés de la liberté. Le fait que les tenants de cette gentille fable soient les mêmes que ceux qui n’avaient rien voulu voir d’autre dans la chute du mur de Berlin qu’un tas de gravats, ne choque absolument personne. Entendre Edwy Plenel[1] nous seriner que les islamistes ne viendront pas perturber la fête, au seul motif qu’en 1990, l’Eglise Catholique n’a pas instauré une théocratie en Pologne, devrait normalement conduire les moins sots de ses confrères à l’enduire de goudron avant de le recouvrir de plumes.

Bien au contraire, toute la presse bêle à l’unisson que l’armée égyptienne est l’instrument de la libération de son peuple. Savoureux retournement de situation pour qui s’intéresse un tout petit peu à ces choses. On a connu la presse plus méfiante avec les galonnés. Dès lors que les étoiles sont arabes, les généraux sont démocrates. Dommage que Pinochet n’ait pas été mahométan. Hosni Moubarak n’était pas Président de droit divin. Il gouvernait le pays avec l’assentiment de l’armée dont il était issu. Il était le garant de ses prébendes, aussi surement que la momie d’Alger préserve les intérêts de ses généraux. Croire que le coup d’Etat militaire qui vient de se produire grâce à la bêtise insigne du Président américain va apporter la félicité démocratique c’est aller bien vite en besogne. Il en va du pouvoir comme de la richesse qui l’accompagne, on ne l’abandonne pas sans se battre et dans ce domaine comme dans bien d’autres, les moutons se tondent rarement seuls.

En Orient, les Bisounours sont barbus

Il se peut qu’en fin de compte l’armée organise des élections libres. Après tout il arrive bien aussi, parfois, qu’une chanteuse épouse un président. Il se peut également que les barbus, qui sont la seule force d’opposition constituée, ne soient pas portés au pouvoir par un peuple d’analphabètes à qui on va demander son avis pour la première fois depuis qu’un Pharaon s’est baigné dans le Nil. Qui sait, en quelques mois ils auront peut être tous lu Plenel et, ainsi, pénétrés par tant d’humanisme, les masses égyptiennes auront été convaincus qu’il n’y a pas de fatalité arabe.

Il se peut, aussi, qu’entre temps, les militaires aient organisé leur survie en se trouvant un péril à combattre, une cause à défendre, un ennemi de l’extérieur propre a soulever les passions nationalistes toujours affleurantes en dépit des loukoums journalistiques sur la placidité légendaire des riverains du Nil. Dans cette région du monde d’ordinaire si calme et si paisible, contre qui peut bien se retourner une armée arabe désireuse de faire oublier le mirage démocratique occidental ?

En Egypte, des frères musulmans attendent patiemment leur heure en sachant pertinemment que si les militaires attaquent Israël, la déculottée qui s’en suivra, leur ouvrira les portes du pouvoir, bien plus largement que des élections organisées sous l’égide d’une armée à la puissance et au prestige intact. Quand le barbu s’assoupli le poil, c’est rarement pour porter la Burka (proverbe Afghan).


[1] Sur Europe 1 le samedi 12 février 2011