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SORTIE DE CRISE

juin 15, 2010

Alors que l’été approche et que la Coupe du Monde, le Tour de France et les marronniers du mois d’août sur la sexualité des Français s’apprêtent à nous faire oublier les difficultés qui nous encerclent, nos économies patinent et les perspectives ne sont guère encourageantes, du moins sous nos latitudes. Si la crise de la dette privée s’est propagée à celle des Etats, le phénomène semble se concentrer surtout sur l’Europe, où elle se conjugue à une croissance structurellement atone pour nous entraîner vers une sévère dépression. Nous allons devoir, dans l’urgence, procéder aux ajustements, sans cesse repoussés, afin de redonner du tonus à notre production et renouer avec une croissance qui repart dans le reste du monde.

Libérer le travail pour retrouver la croissance

Pour retrouver notre dynamisme économique, nous allons devoir réviser complètement notre modèle de société. Dans la « vieille Europe », le travail est une aliénation qu’il convient de rendre supportable par une foule de mécanismes destinés à en faire toujours moins. Avoir inventé le marxisme est un péché que nous n’avons pas fini d’expier. Ce qui, au départ, était conçu comme un filet de sécurité destiné à protéger les plus fragiles est devenu, au fil des ans, une usine à entretenir la précarité. Pourquoi travailler dès lors que l’on gagne presque autant en ne faisant rien … de déclaré ?

Si « rendre sa valeur au travail » apparaît aujourd’hui comme un slogan un peu rouillé c’est qu’il a été galvaudé par une surutilisation politicienne et non par l’application politique, toujours refusée, des principes qu’il sous-tend. Notre Président a dressé un bon constat pour se faire élire ; il a juste omis, comme nombre de ses prédécesseurs, d’y apporter la réponse correspondante. On s’est contenté de demi-mesures qui, pour aller dans le bon sens, n’en sont pas moins insuffisantes au regard des enjeux. L’auto-entrepreneuriat c’est une bonne idée, essentiellement fiscale. Elle a permis, comme les mesures de 1994 pour les emplois familiaux, de fiscaliser une grande partie des activités autrefois non déclarées. « Travailler plus pour gagner plus », c’est un bon slogan qui contient cependant une part trop importante de conditionnel. Ce que les Français attendent c’est de « gagner plus en travaillant plus », ce qui n’est pas exactement la même chose.

Le travailleur vu par ... le Syndicat Général de l'Education Nationale

Jusqu’à présent, ça a même été le contraire. Une bonne part de l’échec de la gauche, avec ses trente-cinq heures, vient du surcroît de travail que cette mesure a imposé. Cette affirmation n’est paradoxale qu’en apparence : faire en trente-cinq heures ce que l’on faisait auparavant en trente-neuf, intensifie le rythme de travail. Comme les salaires ont été gelés pour faire passer cette « conquête sociale », les salariés ont donc eu le sentiment, justifié, de travailler plus pour gagner moins.

Il convient donc de repenser le rapport au travail et de cesser de subventionner les moyens d’en faire le moins possible, pour a contrario revaloriser les possibilités d’en faire plus. Le problème, c’est que notre système de « redistribution » sociale est attaché aux salaires. Il faut donc alléger les charges qui pèsent sur ceux-ci sans creuser les déficits, d’où la nécessité de remettre à plat nos dispositifs sociaux.

Repenser notre modèle social

Notre système de « redistribution » sociale nous menant, grâce à ses déficits abyssaux, tout droit dans le mur dressé sur notre chemin par des marchés financiers aussi « dérégulés qu’apatrides », il est urgent de profiter de l’occasion pour revenir aux fondamentaux.

Il serait utile, dans un premier temps, de redéfinir les conditions dans lesquelles sont accordées ces aides généreuses. Le principe de toute assurance étant d’y avoir contribué avant d’en tirer bénéfice, il conviendrait de cesser de donner des droits de tirage à toute la misère du monde qui vient s’échouer ou que l’on échoue sur nos côtes. Dans le même élan, il faut avoir le courage de mettre un terme au regroupement familial qui fait supporter à la collectivité des dépenses sans commune mesure avec les gains enregistrés comme le démontre excellemment Michèle Tribalat dans son dernier ouvrage[1]. La natalité n’est pas une fin en soi. Si l’on ne parvient pas à faire suffisamment d’enfants pour payer nos retraites, il n’est pas sûr qu’importer de futurs chômeurs soit la solution à ce problème. Surtout si avant de le devenir, ils ont absorbé, pour un résultat nul, toutes les ressources dévolues par la société, à l’éducation d’une jeunesse de moins en moins nationale.

Enfin, la retraite par répartition doit évoluer vers un système incluant une part variable de capitalisation. Le mythe de l’égalité sous-tendu par notre organisation actuelle n’existe que dans l’esprit étriqué des démagogues socialistes. Les pensions versées à un artisan, un professionnel libéral, un OS de chez Renault ou un paysan sont-elles proches de celles d’un professeur, d’un cheminot, d’un électricien ou d’un gazier ? Bien sûr que non et ce sont les cotisations versées par les premiers, presque à fonds perdus à voir ce qu’ils en retirent, qui financent celles généreusement versées aux seconds. Pas étonnant dans ces conditions que rue de Solférino, le PEN (Parti de l’Education Nationale) s’accroche mordicus à cette fiction de la répartition.

Les replâtrages actuels ne sont qu’une mise en bouche, le pire est à venir. Il est grand temps  de prévoir une poire pour la soif. Nous sommes, avec le départ des « baby-boomers », aux portes du désert démographique, préoccupons-nous de réunir les chameaux qui nous mèneront  vers la prochaine oasis. Encore faut-il, pour ce faire, que l’Etat n’obère pas nos possibilités d’épargne à grands coups d’impôts destinées à colmater les brèches dans la coque d’un rafiot qui tient plus du bathyscaphe que de la frégate. « Fluctuat Nec Mergitur », c’est déjà douteux pour le Paris de Delanoë ; alors, appliqué à la France soviétiforme de la Sécurité Sociale…

Une meilleure répartition de la richesse

Nous devons, dans le même temps, repenser le moyen de répartir la richesse nationale. Depuis trente ans, la statistique note invariablement une progression du pouvoir d’achat des Français. Pourtant, dans le même temps il est de plus en plus difficile à la grande masse d’entre eux d’être propriétaires de leur logement, de partir en vacances comme le faisaient leurs parents et ainsi de suite. La richesse augmente puisque l’INSEE l’affirme, mais ce que nos statisticiens ne disent pas c’est qu’elle se concentre. Toujours plus de revenus, répartis entre toujours moins de ménages, telle est la réalité de la France d’aujourd’hui. Contrairement aux théories qui veulent que l’enrichissement des uns, profite à l’ensemble, la mondialisation, en rétrécissant à l’excès le nombre de ses bénéficiaires, paupérise le reste de la nation.

Délocalisation

Depuis vingt ans nous vivons dans le culte du toujours moins cher. C’est parce que la ménagère est supposée préférer acheter ses chaussettes « au meilleur prix » que l’on ferme les usines textiles à tour de bras pour aller se fournir en Chine. Le « made in France » n’est plus un critère de choix. C’est vrai qu’à force de cracher sur le drapeau, il est difficile d’en appeler au patriotisme économique. On oublie au passage que l’ouvrière des filatures du Nord au chômage ne consommera plus comme avant. A force de négliger le fait que ses salariés sont aussi ses consommateurs, le capitalisme s’égare dans les mirages d’un monde qui n’a rien du village global chanté par les sirènes de la mondialisation.

Tout n’est pas pour autant perdu pour tout le monde dans cette affaire. Contrairement à ce que l’on nous a seriné sur tous les tons depuis vingt ans, la mondialisation c’est la crise et non la prospérité, mais elle a son utilité pour certains. C’est en prenant appuis sur elle, et en jouant sur l’immigration illégale pour générer une pression constante à la baisse sur les salaires,  que le patronat a pulvérisé le socle de consommation intérieure sur lequel il était assis. Aveuglés par les alléchantes promesses d’un monde idéal car sans frontières où leurs gains allaient être démultipliés, les « petits patrons » sont tombés dans le panneau tendu par les grosses multinationales qui n’avaient rien à redouter de la concurrence des pays à bas coût de main-d’œuvre, bien au contraire. L’ouverture de nos marchés aux marchandises du tiers-monde s’est faite pour le bénéfice de nos « champions nationaux » de l’export en solvabilisant les marchés émergents, au détriment de nos industries de main-d’œuvre. C’est qu’il faut en acheter, des pantalons chinois, pour payer un A380. Quand on constate les ravages de cette politique imbécile on se demande s’il n’aurait pas été plus rentable de les leur offrir, ces foutus avions. Ces opérations qui visent à substituer aux productions nationales des marchandises importées, produites à bas coût, génèrent une masse considérable de profits. Outre les grandes entreprises exportatrices sus-mentionnées, ceux-ci sont répartis dans très peu de mains : celles des importateurs et des distributeurs. La concentration excessive des richesses que nous dénonçons s’explique par ce petit nombre de bénéficiaires.

Une preuve supplémentaire que nous marchons sur la tête vient de nous être donnée ce week-end par Louis Gallois. Interrogé sur Europe 1, le PDG d’EADS a précisé que l’ambition de son groupe était de délocaliser ses productions à venir en Inde, en Chine et au Brésil. Si ce qui nous sert d’Etat laisse faire le « brave » homme qu’il subventionne à tours de bras avec notre argent, il n’est plus besoin de se préoccuper de l’avenir de nos industries : nous n’en aurons plus !

Depuis les années Mitterrand, les gains de productivité se sont faits au détriment des salariés et au bénéfice des actionnaires. Le pouvoir d’achat de ceux qui n’ont que leurs salaires pour unique source de revenu n’a cessé de se dégrader, notamment – mais pas seulement – en raison de la fin de l’inflation. Il valait mieux avoir un capital foncier ou boursier pour s’en sortir ces dernières années car, dans nos pays, une économie de rente s’est substituée à une économie de production. Si nous voulons avoir un avenir, il faut recommencer à produire. Nous devons garder jalousement nos savoir-faire tout en valorisant le travail de tous les maillons de la chaîne. La demande intérieure doit être soutenue et les entreprises incitées à augmenter les salaires.  Pour y parvenir, il faut relancer la participation, baisser les charges qui pèsent sur le travail tout en en réorientant une partie sur le capital et réorganiser en profondeur les conditions dans lesquelles les aides sociales sont allouées. Nous devons parallèlement nous prémunir contre les distorsions de concurrence dues à de trop fortes disparités sociales en instaurant des droits spécifiques à l’importation. Si nous n’avons pas stupidement exporté notre savoir-faire, il y a peu de chance que nos « amis » émergents cessent, par mesure de rétorsion, de nous acheter les avions, les centrales nucléaires et autres TGV qu’ils ne savent pas fabriquer : « si vis pacem para bellum »[2]

Conclusion

Le premier rôle d’un Etat c’est de protéger ses citoyens, pas d’organiser le développement du commerce de ses lointains voisins. Les Chinois comme les Brésiliens se foutent pas mal de nos déficits tant que nous continuons à leur acheter la camelote que nous sommes désormais incapables de produire chez nous. Ils nous prêtaient même l’argent pour le faire. Comme il semble qu’ils deviennent, maintenant, réticents à cette idée, à en juger par les difficultés que nous traversons, pourquoi hésiterions-nous à taxer leurs produits ? L’inflation galope chez eux, poussant leurs ouvriers à exiger des hausses de salaires. Aidons le prolétariat « émergent » dans son juste combat, en alourdissant un peu plus, par des droits de douane appropriés, leurs coûts de production. Ainsi, l’écart se réduira et qui sait si notre vertueuse politique n’incitera pas, au final, leurs gouvernements, à prendre en considération les conditions de vie exécrables que leur modèle de développement impose à leurs populations ?

L’Europe, que l’on dit distante et peu concrète, y gagnerait, auprès de ses citoyens, en visibilité et en affectivité ce qu’elle perdrait en naïveté aux yeux du reste du monde. On ne respecte que les forts. Etre les seuls à défendre les principes d’un libre échange sur lequel tout le monde s’assoit, ne nous amène guère de considération et ne nous protège de rien du tout, comme la crise grecque le démontre amplement.

Le rêve européen n’est pas mort avec les subprimes. Les grandes crises appellent les grandes résolutions et l’Europe peut même y trouver, enfin, les moyens de son éclosion. Encore faut-il pour ce faire, que ses dirigeants la sortent de l’apathie dans laquelle leur attentisme l’a plongée.


[1] Michèle Tribalat, Les Yeux grands fermés, éditions Denoël

[2] « Si tu veux la paix, prépare la guerre »  proverbe romain

Les retraites, l’Iran, la Burqa … les mécomptes du PS

mai 25, 2010

Les socialistes viennent enfin, après bien des atermoiements, d’accoucher de leurs « propositions »sur la « réforme des retraites ». Plus habituée, depuis les trente-cinq heures, à la confrontation qu’à la concertation, Martine Aubry avait dans un premier temps raillé le gouvernement pour avoir ouvert le « débat » sans  avoir dans sa manche, comme elle en son temps, un projet tout ficelé à fourguer aux masses ébahies. Sans craindre la contradiction, elle s’est ensuite offusquée du manque d’écoute, lorsque les services du Premier ministre ont publiés en fin de semaine dernière leur Document d’orientation sur la réforme des retraites.

Le problème, c’est qu’à force d’attendre que tout soit sur la table, de ne rien divulguer de ses « géniales » intentions de peur que le Méchant Sarkozy ne les reprenne à son compte, on finit par endosser le rôle, peu enviable en politique, de la Grosse Buse de service.

Il faut dire que l’exercice est compliqué pour un parti dont les multiples têtes, plus ou moins pensantes, ne sont d’accord sur rien. Pour résoudre l’équation impossible on a donc décidé … de ne rien décider.

Bien sûr, la femme de l’un des avocats les plus en vue dans le monde des islamistes sait y faire en matière d’écran de fumée. Aussi la rue de Solferino accouche-t-elle d’un texte fourre-tout, comme à son habitude, dont la principale qualité n’est pas le réalisme mais l’art de ménager la Chèvre et le Chou. On  notera au passage que si personne ne s’est opposé à cet « attrape-tout » électoral, les plus pragmatiques, ou les moins démagogues, des socialistes – c’est selon – Manuel Valls, Malek Boutih et Gérard Collomb, ne l’ont pas approuvé pour autant.

Les Bonnes Recettes de Mamie Martine

Sans surprise, la Fille de son Père, nous propose … de ne rien changer à nos habitudes. Le dogme, un temps par elle écorné, du départ à 60 ans est, désormais, érigé en tabou absolu. Logiquement, donc, le projet s’articule autour de ce totem. Comme on n’allonge pas la durée de cotisation, on taxera à tout va !

Le Capital étant, comme chacun sait, l’ennemi du Travail, c’est là que se trouvent, sans aucune Méditations Poétiques pour la Martine, les gisements d’« inépuisables » ressources fiscales. Il conviendrait donc d’augmenter les « prélèvements » sur les bonus et les stock-options. Voilà une mesure qui ne mange pas le pain du bon peuple, tant le nombre des bénéficiaires est réduit. Le revers de cette médaille là c’est que, par ce fait même, cette ponction « indolore » ne résoudra pas plus le problème des retraites que « l’entaille » UMP dans le bouclier fiscal. Autant y aller franco, donc, en portant la ponction de 5 à 38 %.

La CSG sur les revenus du capital, elle, serait portée de 4 à 20 %. Présenté comme ça, tout le monde peut être pour : on s’imagine que les méchants spéculateurs et ces profiteurs de rentiers vont être mis à contribution. Erreur ! Le capital dans l’esprit des collectivistes : c’est l’épargne. Cette dernière est précisément ce qui vous reste de vos revenus quand vous avez payé vos impôts et vos factures. La double peine disparaît pour les délinquants étrangers, mais pas pour les salariés assujettis à l’IRPP. Citoyens, préparez vos assurances-vies, les féroces soldats socialistes mugissent déjà dans nos campagnes.

Comme le compte n’y est pas, on augmenterait au passage, sans avoir en avoir l’air,  de 0,5% cet impôt extrêmement populaire et social qu’est la TVA. Pour faire bonne mesure et ne pas être en reste, on augmenterait aussi les « cotisations salariales et patronales ». Le but de cette purge est de permettre le départ à 60 ans des « baby-boomers » et le maintien des privilèges exorbitants des salariés du « service public ». La « solidarité nationale entre les générations » c’est le terme socialiste pour tondre encore plus à ras ces moutons de contribuables.

La Démocratie participative rue de Solferino

Comme il faut faire mode, on nous sert une dose de « Care ». On propose une retraite à la carte avec bonus de pension pour ceux qui partent après l’âge légal « totémisé », sans préciser pour autant avec quel argent on paierait pareil dispositif. Les fonctionnaires ne sont évidemment pas les perdants de cette escroquerie : en-dehors de ceux qui bénéficient d’un emploi à vie, qui pourra avoir le nombre de trimestres suffisant pour bénéficier de ces surcotes ? On pense, pareillement, favoriser l’emploi des seniors en taxant les entreprises qui ne joueraient pas le jeu. On escompte, même, tirer 6 milliards d’euros de cette mesure. Voilà une bien curieuse conception de la pérennité des ressources fiscales. De deux choses l’une : soit cette imposition a l’effet attendu et les rentrées fiscales se tarissent, soit elle ne marche pas et on peut légitimement se poser la question de son utilité sur le long terme.

Comme toujours, on trouvera des « commentateurs » dans notre médiacratie pour louer pareilles mesures marquées du sceau de la « justice sociale ». A ce niveau de cécité, il est urgent de s’interroger sur l’orthographe qu’il convient de donner au mot « sceau » …

A force de s’opposer à tout on en devient stupide

Jusqu’à ces derniers jours, les héritiers de Jaurès nous avaient relativement épargnés en matière de politique étrangère. Ils avaient bien essayé, de ci, de là, de nous enfumer sur quelques « droits-de-l’hommeries » et autres complexes venus des « heures les plus sombres de notre histoire » mais les excès de l’Illuminée du Poitou en matière d’excuses et de contritions à destination de la planète entière les avaient, jusqu’ici, un peu refroidis dans leurs ardeurs.

Clotilde Reiss libre

C’était sans compter sur leur passion toute récente pour la transparence. Le retour de Clotilde Reiss retenue en otage par les Barbus de Téhéran leur a fournit une belle occasion de se ridiculiser. Réclamant à cor et à cris, une épée et une bassine, ils ont donné un puissant coup d’épée dans l’eau par l’intermédiaire de leur sémillant porte-parole, le toujours avenant Benoît Hamon. L’aspirant à redevenir parlementaire, en charge de la propagande, a exigé que toute la lumière soit faite sur les conditions, à ses yeux scandaleuses, auxquelles le gouvernement avait obtenu le retour de l’otage des mollahs.

Malgré les dénégations de circonstances, force est de constater que nous avons bel et bien échangé notre ressortissante contre un VRP du nucléaire et un odieux assassin. C’est regrettable mais c’est ainsi. Il semble que ce troc soit plus à mettre au discrédit de l’Iran qu’à celui de la France tant il met en lumière les méthodes de voyous des successeurs de Khomeiny. Il faut être sans vergogne pour polémiquer car, enfin, qu’elle était l’alternative ? La pureté socialiste exigeait-elle que Clothilde Reiss croupisse des années dans les geôles iraniennes pour que le meurtrier de Chapour Bakhtiar puisse continuer de purger une peine de perpétuité dont la période de sûreté était terminée et que l’on puisse extrader l’ingénieur nucléaire iranien vers Guantanamo ? Il me semblait pourtant avoir entendu les Humanistes de Solferino nous expliquer que l’Amérique était un enfer judicaire et que la perpétuité était une peine inhumaine. Ce sont ces mêmes Consciences qui poussaient des cris d’orfraie quand le Président a voulu rallonger la peine incompressible. Il est certain que ce genre de cas de conscience ne se posait pas du temps où l’invention du bon docteur Guillotin était en fonction, mais c’était avant qu’en 1981  nous ne passions « de l’ombre à la lumière ».

Voile intégral … vide sidéral

Cette gauche morale qui donne des leçons à tout le monde, n’en finit plus de se déconsidérer devant le péril islamiste. Les vieux réflexes tiers-mondistes hérités de sa jeunesse soixante-huitarde refont surface. Pour eux, l’islam ne saurait être extrémiste puisqu’elle est la religion des Opprimés, celle des victimes du Racisme Ordinaire. C’est oublier un peu vite les tendances hégémoniques de cette religion qui ne se cantonne pas à la sphère privée, comme on nous le serine à l’envie, mais qui entend, bien au contraire, gouverner les affaires du temps et les rapports entre les hommes selon ses critères exclusifs. C’est cet absolu du spirituel qui rend problématique l’assimilation des nouveaux arrivants. Le fait qu’ils aient le plus grand mal à se départir de ces mœurs moyenâgeuses rend les sociétés hôtes méfiantes à leur endroit. Nous ne nous sommes pas libérés de la tutelle des églises pour nous voir imposer celle de l’Imam du coin au nom du Respect du droit à la Différence. Prétendre que les difficultés auxquelles nous sommes confrontés seraient dues au seul « racisme » des natifs est une contre vérité autant qu’une systématisation abusive dont le principe s’inspire en tout point des tares que l’on prétend combattre.

En s’obstinant à refuser cette vérité, les socialistes se déconsidèrent, en votant une simple résolution parlementaire condamnant le port du voile intégral en France, tout en refusant de condamner, par la loi, la pratique de cette coutume sectaire. Comme dans bien d’autres cas, là encore, il s’agit de s’opposer à Nicolas Sarkozy, pour le principe. Aucune alternative n’est proposée. S’en remettre à l’avis du Conseil d’Etat revient à donner du temps aux « fascislamistes » et à désespérer les assimilationnistes. Sous prétexte que nos gouvernements signent n’importe quelle convention sans en mesurer les conséquences dès qu’il s’agit de faire le paon devant trois douzaines d’apparatchiks des droits de l’homme, il conviendrait de respecter des pratiques obscurantistes ouvertement liberticides. Ce que ces « grands libéraux» de Saoudiens ne tolèrent pas à La Mecque, nos soi- disant « sages » qui conseillent si mal l’Etat en la matière l’encourageraient presque sur les bords de la Seine. Si l’on avait suivi les recommandations de cet aréopage de grands courageux, nos lycées seraient pleins de jeunes filles voilées au nom de la préservation de leur pudeur « offensée par le regard des non musulmans ».

Il n’est pas interdit d’être intelligent quand on est socialiste. Manuel Valls qui pratique le « multiculturalisme » au quotidien en est un exemple. Lui qui vient, le 18 mai dernier, à Montreuil, d’être confronté à l’expression violente de la « tolérance » des islamistes lors d’un débat organisé par l’association Ni putes Ni soumises sur le sujet, a déclaré qu’il la voterait, cette loi. Il restera une exception dans un parti qui a préféré, de tout temps, si l’on peut dire, se voiler la face. Cela étant, rien ne prouve qu’il ne fera pas école : il doit encore rester au pays des éléphants roses quelques dinosaures voltairiens qui ne doivent pas précisément porter les fanatiques du Prophètes dans leur cœur laïc.

Les socialistes ne deviendront crédibles, que lorsqu’ils auront été rattrapés par la réalité,  tant sur la fiscalité, l’économie, les relations internationales et les mœurs que sur la politique migratoire. On leur prêtera attention quand ils cesseront de vouloir mêler politique et bon sentiments, conduite des affaires publiques et moralisme à sens unique. Alors leurs programmes offriront une vraie alternative et non une succession de promesses intenables car gagées sur le vent dont on ne gonfle ses voiles que lorsque l’on est dans l’opposition. Le réalisme n’a jamais nui. Prendre les électeurs pour autre chose que des imbéciles dotés d’une mémoire de poisson rouge, non plus.

Le mirage de l’impôt rédempteur

avril 15, 2010

En ces temps d’explosion des déficits publics et de croissance en berne, nos oracles médiatiques rivalisent d’ingéniosité pour apporter de supposés remèdes fiscaux aux maux dont souffre la France. Il faut dire que la période est au changement. Tout le monde se rend bien compte que l’on ne peut pas continuer sur cette pente très longtemps et qu’à dépenser outrageusement plus qu’on ne gagne, on finit sur la paille. Il n’est pas besoin, pour le comprendre, de convoquer La Cigale et La Fourmi, ni Jean de La Fontaine, le Luc Ferry de Louis XIV. Si ces deux éminents « philosophes » ont tiré profit, chacun en leur temps, de l’actualisation des sagesses antiques ce n’est pas une raison suffisante pour qu’en matière fiscale on prétende, à l’instar de nos deux compères, faire du neuf avec du vieux.

Le riche paiera

La vieille antienne marxiste du « salaud de riche », remise au goût du jour par Jean-Luc Mélanchon, le Tribun de l’Essonne, ne permettrait, hélas, pas de poursuivre l’aventure des retraites comme si de rien n’était. La recette marxiste, qui consiste à nier la réalité pour permettre à ses théories les plus fumeuses de prendre corps, a conduit à de tels succès au vingtième siècle que l’on devrait se méfier de telles solutions simplistes. Pourtant, les délires gauchistes sur le sujet, largement relayés par la presse, font, de la « traite » du « possédant », la nouvelle panacée.

Le constat qui mène à ces conclusions idiotes n’est pas sans fondement. La France a doublé sa richesse en trente ans, passant grosso modo de 1 000 à 2 000 milliards d’euros par an. Il est, aussi, parfaitement exact de dire que cette richesse est de plus en plus concentrée en des mains toujours moins nombreuses. Oublier au passage que les prélèvements obligatoires ont crû dans des proportions encore plus importantes est malhonnête. On frise l’escroquerie quand on feint de croire que le PNB est à la disposition de l’Etat. Nous ne sommes pas en Union Soviétique. L’appareil de production n’appartient pas « au peuple », pas plus d’ailleurs qu’il n’est la propriété exclusive des nationaux. C’est même là que réside l’inanité du raisonnement des ayatollahs de la taxation. Nous ne sommes plus au temps béni des « grandes familles ». Les fonds de pension, véritables propriétaires de nos entreprises, sont inattaquables fiscalement car il leur suffirait de liquider leurs avoirs en France, avec les conséquences que l’on imagine sans peine, pour se prémunir contre les ponctions des amis de Monsieur Mélanchon. Sous couvert de « faire payer les riches » il s’agit d’expliquer aux électeurs crédules de la France protégée que tout continuera comme avant. Le fait que des « nantis » toujours moins nombreux puissent, en jouant sur la libre circulation des capitaux et des hommes, échapper à un impôt confiscatoire  aussi facilement que les fonds de pension,  ne les effleure même pas.

Ne nous leurrons pas, on est toujours le « riche » de quelqu’un. Faire payer les « plus aisés » c’est le slogan-vaseline avec lequel on introduit une augmentation généralisée des prélèvements. C’est une fois de plus sur des classes moyennes qui déjà n’en peuvent mais, que reposera l’« effort de solidarité » réclamé par le syndic de la fonction publique. Pas un moraliste cathodique pour dénoncer le caractère démagogique de pareilles élucubrations. Ce qualificatif, médiatiquement en vogue, ils le réservent à tout ce qui se trouve à la droite de François Bayrou.

Préserver les privilèges de la fonction publique

La réalité est plus simple : des socialistes aux néo-communistes en passant par les bobos écolos, la Gauche française n’est plus que le syndicat de défense des « avantages acquis » de la fonction publique. L’effondrement du système de retraites par répartition est tant prévisible qu’inexorable. Il est fondé sur des données démographiques que l’on connaît depuis vingt cinq ans et que l’on s’obstine à oublier, depuis lors, avec une touchante et œcuménique constance. Cela, cumulé à l’état général de nos finances publiques dopées à la dette depuis 35 ans, oblige à des révisions drastiques. Tous nos partenaires de l’Union Européenne prennent des mesures en ce sens. Le parasitisme social pratiqué par des « services publics » toujours plus nombreux, au détriment des populations qu’ils sont censés servir n’est plus tenable. Il va falloir tailler dans le vif.

Le fond de pension, un privilège de fonctionnaire

On se passionne pour le « bouclier fiscal » qui ne concerne qu’une petite dizaine de milliers de contribuables, pour un montant estimé à 500 millions d’euros par an. On oublie ainsi de s’intéresser à l’ahurissante distorsion à laquelle personne ne s’est jamais attaquée, qui consiste pour les fonctionnaires à voir leur retraite calculée sur les 6 derniers mois d’activité là où, dans le privé, on se réfère aux 25 meilleures années. Le comble, c’est que l’on nous explique maintenant qu’il ne seraitpas possible de revenir là-dessus au prétexte que rien n’est prévu pour effectuer ces calculs au delà de ces 6 mois fatidiques. Tout le système est bâti sur l’immuabilité de ce privilège. Encore une fois, notons que le principe selon lequel les moutons ne se tondent pas eux-mêmes, s’applique dans toute sa force.

Les ravages des grèves SNCF

Les plus bruyantes des sangsues qui nous exposent cela doctement, ne se rendent plus compte à quel point leur suffisance indispose leurs contemporains. Le « service public » a bon dos, tout comme il a du plomb dans l’aile. Il n’est que de se rendre dans une gare pour juger du type de soutien que ledit public réserve aux « forçats du rail » en lutte pour la « préservation » du service, par le biais de son interruption. Il faut aussi éviter de prendre les Français pour ce qu’ils ne sont pas. La prescription fiscale est de trois ans, en outre le salaire des fonctionnaires ne sort pas du néant mais des comptes publics, et les fiches de paye sont informatisées. Il est donc parfaitement loisible à un gouvernement déterminé d’aligner les régimes de retraite au nom de la simple équité. Evidemment, il faudrait compter sur des fonctionnaires pour mettre en œuvre ces mesures. On retombe sur le paradigme de la tonte.

La réforme qu’il ne faut pas rater

Nicolas Sarkozy est au pied du mur. Il doit réussir la réforme des retraites s’il veut encore avoir un avenir. La réalité d’une rupture tant revendiquée va se jouer là-dessus. Ce qui a été entrepris depuis 2007 tarde à porter ses fruits. Rien ne vient vraiment trancher avec ce qui a été entrepris avant, si ce n’est le style du Président et nous avons, en ce domaine, atteint les limites de l’exercice depuis bien longtemps.

Si la réforme des retraites se limite à augmenter la durée de cotisation et à reculer l’âge de départ pour toucher une pension à taux plein alors qu’il est déjà bien difficile de travailler jusqu’à 60 ans sans se retrouver au chômage quand on n’appartient pas à la France protégée, le Président aura échoué. Il sera abandonné et passera aux yeux de ses électeurs pour un velléitaire incapable d’entreprendre ce qu’il s’était engagé à mener. Le « je dis ce que fais et je fais ce que je dis » deviendra pour celles et ceux qui l’ont porté au pouvoir en 2007  un « je ne fais rien de ce que je dis car je ne crois à rien de ce que je fais».

Il est impératif de rapprocher le statut des fonctionnaires de celui de la population qui les paye. Il ne suffit pas d’en diminuer le nombre pour prétendre gouverner autrement. Le candidat de 2007 a réussi à persuader le pays de l’urgence de la réforme. La crise, contrairement à ce que prétendent les bien-pensants, ne remet rien en question, elle rend au contraire plus pressante cette ardente obligation. Si nous ne voulons pas d’une situation à la grecque, nous devons prendre le Minotaure de la fonction publique par les cornes.

Le tabou de l’immigration clandestine

Il est un autre domaine dans lequel l’ardeur réformatrice du Président doit s’exercer pour que la France se remette sur les rails. Avant de faire payer les riches, il faut lutter contre l’enrichissement indu, contre la combine.  Nous devons nous attaquer au dogme qui veut que l’immigration supplée une main-d’œuvre non disponible sur le territoire national. Plus exactement, il convient de remettre les choses à l’endroit.

Tous les secteurs ne sont pas soumis à la course à la compétitivité induite par la mondialisation. Beaucoup n’ont d’autre choix que d’exercer leur activité en France. Il s’agit bien souvent de domaines d’activité à fort besoin de main-d’œuvre. Les services à la personne, l’hôtellerie-restauration mais aussi le bâtiment, les services d’assainissement et les travaux publics. On nous explique à grand renfort de chiffres que personne ne souhaite exercer ces métiers. Quatre cent mille offres d’emplois seraient annuellement non pourvues. Les Français rechigneraient à accepter les contraintes induites par ces activités. Dans un pays où 60% des jeunes rêvent d’être fonctionnaire, quoi d’anormal ?

Ces fadaises nous sont servies en toute occasion par nos politiques et complaisamment relayées par des journalistes, étonnamment peu curieux en la matière. Si ces offres d’emploi restent vacantes, c’est surtout parce que personne n’accepte d’y répondre en raison des salaires proposés. C’est par défaut d’intérêt que l’offre ne rencontre pas la demande, non par paresse ou dégoût. Le recours à la main-d’œuvre clandestine n’a d’autre but que de faire subir une pression à la baisse aux salaires des travailleurs nationaux. On ne peut pas se prétendre libéral et tolérer une telle distorsion des lois du marché.

Que les aveugles congénitaux d’une Gauche dite « de progrès » soient incapables de percevoir que le travailleur clandestin dont ils réclament la régularisation est l’instrument qui permet à des patrons sans scrupules de contribuer à la paupérisation et à la précarisation des salariés français est une chose. Que de prétendus libéraux se rendent complice de ces abus et des conséquences sociales qui en découlent, en pinçant le nez, est une trahison.

Tout est bon pour détourner la loi et exploiter à son seul profit la misère humaine. Le mois dernier, un restaurateur de Neuilly qui ne gagnait sans doute pas assez avec la baisse de la TVA, a été pris la main dans le sac : Il employait des clandestins pour faire la plonge et les rémunérait en tant qu’auto-entrepreneurs. Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites !

Au lieu de bêler pour la suppression du bouclier fiscal ou de réclamer une hausse des impôts, ceux qui, au Parlement, se prétendent de Droite, devraient s’intéresser au ressort qui pousse une partie du patronat à réclamer la régularisation des travailleurs clandestins, main dans la main avec la CGT. Leur donner ce qu’ils réclament ce n’est que relancer la roue de plus belle. Les régularisés exigeront des augmentations qui leur seront refusées au prétexte que d’autres clandestins se contenteront de ce qu’on leur offre.

Alors que nous croulons sous une masse de travailleurs peu qualifiés, nous préférons les laisser tout juste subsister à coups de minima sociaux, aux frais du contribuable et en importer d’autres, plutôt que de laisser jouer les lois de l’offre et de la demande. Ce qui peut se comprendre dans des secteurs soumis au risque de la délocalisation est insupportable là où n’existe aucun danger. Il ne faut pas chercher plus loin les causes de la « fracture sociale ». Nous pouvons constater chaque jour les ravages de cette politique aberrante. Les derniers régularisés ou les plus récents des immigrés légaux en sont les premières victimes. Ils se retrouvent massivement au chômage, leurs emplois étant accaparés par plus misérables qu’eux. Tout le monde n’est pas perdant dans cette affaire et l’argent économisé par les employeurs de clandestins ne s’évapore pas. Il s’accumule.

C’est aussi par ce biais que l’augmentation indéniable des richesses nationales se trouve concentrée dans un nombre toujours plus restreint de mains. L’impôt ne changera rien à la course inexorable vers la concentration des profits. Si l’on veut réorganiser la répartition des richesses dans notre pays, il faut attaquer le mal à la racine. Il convient de redonner son équilibre au marché de l’emploi en dissuadant, par de lourdes amendes, les employeurs d’avoir recours aux travailleurs clandestins. Une augmentation des salaires s’ensuivra. Elle ne sera pas due à une décision gouvernementale unilatérale comme on en a connue en période d’euphorie budgétaire. Elle procédera de l’action régalienne de l’Etat qui jouera, enfin, son rôle de régulateur des marchés et de protecteur de l’intérêt de tous ses citoyens. Voilà qui serait une vraie rupture !