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EN FINIR AVEC 68, C’EST PAS FACILE !

septembre 22, 2014

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Le tribun catalan de l’Essonne avait ouvert le bal au début de la semaine en assenant à ses députés — qui sont payés pour cela — un discours de confiance d’un chiant, comme on n’en fait plus depuis Castro. Pépère se devait donc de faire mieux. Et… il ne nous a pas déçus ! Pourtant en dehors de la pluie qui s’abat maintenant sur lui en toute occasion, avec une violence qui n’a d’égale que l’insondable profondeur de sa médiocrité, rien de nouveau sous le cumulonimbus. Poncifs et lieux communs se sont succédés à un rythme rarement atteint, au point que les 400 militants à carte de presse, invités à écouter le Dieu du flou, baillaient à s’en décrocher la mâchoire. La seule information à retenir de cette lénifiante logorrhée du 18 septembre 2014, c’est le passage remarqué de la Présidence normale à la Présidence pas facile.

 Monsieur petite blague n’a plus rien à dire

10660374_692887654128935_6963039835043793918_nEn dehors de martyriser les journalistes – qui sont, eux aussi, payés pour ça – à quoi peut donc bien servir pareil exercice imposé (à tous les sens du terme) ? Il faut dire que dans notre démocratie où les politiciens ne décident plus de rien, où la parole a remplacé les actes, quand on ne cause pas, on finit par être oublié. Vous me direz qu’avec 13 % d’opinions favorables, il est peut-être plus que temps, pour François Hollande, de se faire oublier. Seulement voilà les Duhamel de toutes obédiences (:.) vous rétorqueront qu’il ne faut pas ajouter une crise institutionnelle, à la crise économique et sociale (et patati et patata). Et tous d’attendre la parole présidentielle, comme le shaman la pluie (sauf que chez nous les deux tombent simultanément et en quantité).

 ps-tva-225x320Bref je cause donc je suis, ou, plus exactement, je suis donc je cause. La Présidence forte voulue par de Gaulle est réduite à un théâtre d’ombres, où un vieil acteur usé vient soigner ses complexes en public. Tout le pathétique de la situation est résumé dans sa nouvelle anaphore : c’est pas facile. Ben oui mon pépère, c’est pas facile, d’être Président. C’est pas facile, de ne plus avoir de pognon à dilapider parce que les prédécesseurs ont vidés les caisses, avec toutes sortes de mesures à la con. C’est pas facile, de discuter avec des Allemands qui, eux, ont fait les efforts que nous nous refusons à faire. C’est pas facile, après avoir tout pété, de tout remettre en place, sans admettre que l’on s’est un poil, gouré. C’est pas facile, d’aller voir le peuple de gauche que l’on accable de taxes, alors qu’on lui avait expressément promis que seuls ces salauds de droite allaient cracher au bassinet. Oui, c’est pas facile, mais fallait pas y aller ! Personne ne t’a forcé à raconter toutes les âneries que tu as débitées, pour te retrouver à l’Élysée. C’est pas facile, mais c’est bien fait pour toi !

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 La gauche populiste face aux réalités

LogoPSLa seule chose qui rassemble les Tartuffes de gauche et les fait s’aligner comme à la parade, c’est leur aversion sur-affichée du Populisme. Le populiste, c’est l’autre, c’est bien connu. La droite est mauvaise, précisément parce qu’elle n’est jamais loin du populisme. Réguler l’immigration : Populisme ! Contrôler les bénéficiaires des multiples allocations qui assujettissent les individus à l’État, tel le veau à la vache : Populisme ! Vouloir que l’École apprenne à lire à nos enfants et le Français aux nouveaux arrivants : Populisme ! Envisager que l’Histoire de France puisse être autre chose qu’une longue suite de battage de coulpe : Populisme ! Penser que l’islam comme vecteur d’identité pose un problème à la Nation : Populisme ! Exiger la responsabilité des juges : Populisme !

 mon-ennemi-cest-la-finance-4-495x260Cependant, à bien y réfléchir comment doit-on qualifier un candidat qui explique à une masse de pauvres (sans dents), que seuls les riches (nantis de dentiers) paieront  pour remettre le pays à flot ? N’est-ce pas le propre du populisme que de rechercher les votes des petits et des sans-grades, en leur faisant miroiter qu’ils pourront ainsi prendre leur revanche sur ceux que la fortune a favorisés ? N’est-on pas populiste quand on prétend corriger les inégalités (rebaptisées injustices) à coup d’impôts ? Lorsque l’on déclare ne pas aimer les riches et que l’on prétend que la finance est son ennemi, ne se vautre-t-on pas, ainsi, dans le populisme le plus vil ? Cette haine revendiquée des riches ne s’apparente-t-elle pas à la technique éprouvée du bouc émissaire comme aux zheures-les-plus-sombres-de-notre-histoire ? C’est amusant, du reste, chez les socialistes cette fascination pour les années 30. Le discours électoraliste de Pépère sur les riches et la finance y aurait trouvé toute sa place. Il suffit de remplacer « riche » par « juif » et de qualifier la « finance » « d’apatride » pour nous retrouver aux plus belles heures de la collaboration. Si les socialistes dénoncent vigoureusement la paille populiste dans l’œil de la droite, ce n’est que pour mieux s’abstenir de retirer la poutre qui transperce le leur. Ils ont, en politique, des nausées bien sélectives et ne craignent pas de fleureter avec les méthodes réprouvées quand leur intérêt le leur commande. On aurait dû se méfier. C’est au Bourget qu’a atterri Daladier après Munich et il faut bien admettre que Doriot, Déat et Laval étaient plus socialistes que nationaux.

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Le collectivisme en action

 Capture-decran-2013-03-02-a-10.08.08La gauche se sert du populisme comme d’un éteignoir à idée. C’est toujours cette même rengaine qui est utilisée pour esquiver le débat et surtout échapper à l’inventaire que l’on se doit, pourtant, de dresser devant toute faillite. Et Dieu sait que la pensée de gauche a fait banqueroute. Car, toutes ces idées généreuses, dont la gauche nous a rebattu les oreilles et que la droite n’a jamais eu le courage de combattre, nous ont conduit dans l’impasse où nous sommes aujourd’hui. Pépère courage, le vrai mou et le faux dur qui lui ont servi de Premiers ministres successifs sont les derniers avatars de la grande escroquerie qui a pris corps dans les cafés enfumés de Saint Germain des Prés, après la pseudo révolution 68.

 livre-d-histoireIl s’agissait, en ce temps là, d’en finir avec le capitalisme. Pour cela il fallait abattre la Nation, ce rempart ultime contre le progrès social représenté, alors, par l’URSS. Les prolétaires se laissaient trop facilement abuser par le patriotisme. Cet atavisme les ayant amenés, par deux fois, à repousser les alléchantes démonstrations d’amitié de l’Allemagne, il convenait d’en finir avec ce dangereux sentiment d’attachement, pour favoriser l’amitié franco-russe. Une fois le Général et ses Compagnons disparus, les fossoyeurs de la Nation eurent le champ, d’autant plus libre que l’inculture historique de la droite française leur ouvrait le boulevard de l’antiracisme. C’est au nom de cette idéologie destructrice, basée sur la honte de la collaboration, le complexe colonial (grande œuvre de gauche) et la « reductio ad hitlerium » de la moindre contestation que la gôôôôche morale des Mitterrand, Cahuzac, Aquilino Morelle, Taubira et autres Thevenoud s’est installée au pouvoir. Et ce ne sont pas les pseudo alternances qui ont changé cet état de fait.

miege-laicite-amenagements-591x819-customCette gauche, jacobine et donneuse de leçon, s’est répandue dans tous les rouages de l’État, comme un cancer, pour mieux le subjuguer. Droguées à la dépense publique, les administrations ont alors pris un poids démesuré et ont petit à petit étouffé l’activité privée. Elles abandonnaient la défense de l’intérêt général pour ne s’intéresser qu’à leur propre perpétuation. La dépense figurait la volonté politique et le résultat final n’importait plus. Le pays ayant résorbé la pauvreté grâce à l’élan des trente glorieuses, la gauche, aidée en cela par les idiots utiles du libéralisme sans frontières, a achevé son œuvre, en important plus de 10 millions de nouveaux prolétaires des tréfonds des pays du Sud. Les autochtones les plus fragiles étaient priés de leur faire de la place, tandis que les organisateurs de ce trafic étalaient leur tolérance et leur progressisme, tout en se mettant bien à l’abri des nouveaux entrants aux meurs hétéroclites. La troisième mondialisation se mettait en branle et tant pis si entre-temps l’URSS avait sombré corps et âmes. Le but restait inchangé : en finir avec la Nation.

 Pour en finir avec la dictature de la pensée unique de gauche

 PS-is-deadNe nous leurrons pas, la faillite prochaine du pays ne suffira pas, à elle seule, à nous remettre dans le droit chemin. Il n’est qu’à voir la morgue des crétins qui nous gouvernent. Ils sont tous persuadés que leurs mouvements de godille sont de nature à dévier le bateau France de la trajectoire qui le conduit inexorablement vers les hauts fonds de la banqueroute. Et ce n’est pas Bruxelles qui nous sauvera non plus de ces fous. Pour preuve, l’Europe vient de faire de Moscovici, cette quintessence du dirigisme énarchique, son nouveau commissaire aux affaires économiques. Tant qu’à faire pourquoi DSK n’a-t-il pas été nommé aux droits des femmes ?

ump-logo-2008C’est sur ces entrefaites que Nicolas Sarkozy sort du bois. Il brigue, oh surprise, la succession du Président tout mou. Son plus gros problème sera de nous expliquer comment il fera entre 2017 et 2022, ce qu’il n’a pas fait entre 2007 et 2012. Mais l’homme est habile et je gage qu’il y parviendra. Il n’a cependant pas encore ouvert la bouche qu’une partie ce qui pense chez les libéraux lui tape dessus avec une énergie toute socialiste. Chers amis adeptes de la liberté, vous avez raison, son premier mandat a été marqué du sceau de l’étatisme et du dirigisme le plus pur. Votre légitime courroux vous a produit Hollande. Croyez-vous que vous agiter comme vous le faites en sautillant sur place, pour lui jeter son passif à la figure sera de nature à faire progresser nos idées ? Pensez-vous qu’Alain Juppé soit une alternative libéralo-compatible ? Lui le grand commis de l’État – l’homme de droite préféré de la gauche – celui qui depuis son exil sur les bords du St Laurent, du meilleur d’entre nous est devenu le meilleur d’entre eux. Alain Juppé, le Jean-Claude Duss de la politique française serait celui qui ferait passer la France de l’ombre de l’Étatisme à la lumière libérale ? Soyons sérieux !

 violonwc3J’entends bien, ici où là, certains caresser le fol espoir que François Fillon soit à même de faire cette synthèse tant attendue entre la droite sociale et la droite libérale. Il en affiche, en tout cas, la volonté et c’est suffisamment rare pour être souligné. L’air serait séduisant si ce brave homme n’avait pas mis en musique, les mesures étatistes que vous reprochez, à juste titre, à Nicolas Sarkozy. Qui s’est accroché à son poste, malgré la souffrance qu’il ressentait jusque dans ses nerfs sciatiques ? Je veux bien croire que les hommes peuvent changer. Pourquoi présumer que l’un a vu la lumière, à l’issue de la défaite de 2012 et pas l’autre ? Au final, il faut bien reconnaître que l’un a plus d’énergie et de persévérance que l’autre. Si Fillon était aussi crédible que vous semblez le penser, il ne laisserait pas un tel boulevard à Sarko. Le retour de ce dernier est d’autant plus facile que son « retrait » de deux ans n’a pas permis de faire émerger une alternative sérieuse dans son camp. Il vaut mieux, dans ces conditions, accompagner le mouvement et peser dans les choix à venir que de crier au loup avec des socialistes qui, du haut de leurs réussites présentes, prétendent, sans rire, que son bilan sera le boulet de Sarkozy.

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Nous sommes à la fin d’une époque. Les 30 mois qui nous restent avant la prochaine présidentielle, n’en doutons pas, seront gaspillés par la gauche, comme elle a perdu les 30 premiers. Les socialistes n’avaient qu’un objectif prendre le pouvoir. Ne commettons pas la même erreur et préparons-nous à l’exercer. Nous ne parviendrons à gouverner que si nous avons, au préalable, prévenu les Français des sacrifices qu’ils vont devoir réaliser, pour remettre le pays à flot. Il faudra revoir tous nos logiciels et envoyer promener les vieilles lunes de 68. Tout candidat qui prétendra sauver le modèle social français doit être suspecté de duperie. Ce modèle qui n’en a jamais été un, doit du reste être réinventé (le « ré » peut légitimement sembler superflu). Il faudra nous recentrer sur nos problèmes et arrêter de donner des leçons au monde. Il conviendra de résorber la pauvreté sur notre sol, avant d’en importer de nouvelles. Terminé les accommodements raisonnables ! Donnons-nous le temps d’assimiler (et non d’intégrer), comme nous l’avons toujours fait dans notre histoire, les 10 millions de nouveaux habitants que nous avons reçu en héritage de la gauche étatiste. Réduisons le périmètre de l’Etat. Redonnons aux individus le goût de la réussite et la possibilité de jouir en toute quiétude de ses fruits. Finissons-en avec une fiscalité punitive et confiscatoire qui pousse à l’exil et plongeons-nous, avec enthousiasme, dans la compétition fiscale européenne. Nous avons le choix. Le déclassement n’est encore qu’une possibilité, il ne tient qu’à nous de renverser le cours des choses. Personne ne le fera à notre place et les lendemains ne seront pas roses. Le rose qui est, du reste, la couleur de nos illusions perdues. Nous ne devons plus vendre du rêve et du vent, mais promettre qu’en échange de la sueur et des larmes de ses citoyens, notre pays redeviendra la terre de tous les possibles, comme il l’était avant 1968.

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BAYROU LE CHOIX DE LA RAISON

avril 19, 2012

 

Le premier tour de l’élection présidentielle approchant, les positions évoluent et les alliances se dessinent. Contrairement à ce que nous serinent, tous les jours, les moines gras du commentaire politique autorisé, les jeux sont loin d’être faits pour le second tour. En effet, à mesure que se cristallisent les opinions et que se définissent les programmes, les stratégies des protagonistes se précisent mais aussi et surtout évoluent au gré des circonstances. Il en va ainsi de la campagne ratée de François BAYROU. Celui qui en 2007 avait refusé le don de son corps – électoral – à Ségolène pour faire barrage à Nicolas, s’apprête à s’allier au Président sortant pour barrer la route à l’ex compagnon de la Chimène d’alors.

Des signes qui ne trompent que ceux qui veulent encore l’être

Comment peut on déduire des dénégations répétées de François Bayrou, qu’il va, finalement, rejoindre Nicolas Sarkozy ? D’abord parce que ces démentis sont de plus en plus mous. Qu’ensuite, depuis dimanche, le discours du béarnais s’est sensiblement infléchi sur sa droite. C’est ainsi que s’explique  sa dernière et violente (pour le personnage) charge sur l’irréalisme, en période de disette budgétaire, de la proposition Hollandiste de créer 60 000 postes d’enseignants. Notez que cette attaque a au moins eu le mérite de faire sortir le HOLLANDE du flou dont il aime à enrober ses promesses, puisqu’il vient d’expliquer qu’il n’y aura pas de création de poste, juste des redéploiements. On imagine, sans peine, la joie de son aile gauche. Que disait déjà la grand-mère de Martine Aubry à propos du flou et du loup ?

Il y a surtout eu, lundi dernier, cette prise de position inédite pour un centriste eurobéat, mondialiste et bien pensant en diable. Saint François du Béarn a pris soudainement conscience que l’immigration n’est peut-être pas une chance pour la France, du moins si cette dernière entend rester ce qu’elle est depuis Clovis. Notre humaniste a en effet confié sur Europe 1 que les flux migratoires devaient être limités et qu’il n’était plus tenable d’accueillir 200 000 étrangers par an. Pour un aggiornamento, c’en est un de taille ! Rappelons nous qu’il n’y a pas si longtemps, le gentil Bayrou se répandait dans tous les médias pour expliquer ce qu’il y avait de « nauséabond » à parler d’identité nationale.

Enfin on mesure le pas fait vers l’UMP, aux protestations de fidélité de ses proches. J’en veux pour preuve les déclarations de Jean-Luc BENAHMIAS, transfuge des Verts, qui explique que cette campagne « ils la mèneront jusqu’à son terme, ensemble et dans l’unité ». Une fois que l’on laisse de côté le chêne dans lequel il a taillé la langue de bois dont il abuse, cette saillie  se traduit par : « je me suis trompé de camp mais tant qu’à avoir l’air d’un con, autant assumer jusqu’au bout. Au pire, j’aurai droit à un peu de soupe ».

Un positionnement plus tactique qu’affectif

Qu’au final François BAYROU ne soit pas un fan de Nicolas SARKOZY importe peu. On ne fait pas de politique avec des sentiments ou alors c’est que l’on aime se faire du mal. Le ralliement qui s’opérera au soir du premier tour repose sur un schéma tactique mûrement pesé et réfléchi. Après tout, on est pas obligé d’être totalement crétin quand on est centriste. En réalité, les positions Béarnaises sont plus près des options Sarkosistes qu’elles ne le sont des rêves socialistes.

Si François BAYROU a été le premier anti-sarkoziste de France c’est parce qu’il avait refusé de se rallier à Ségolène Royale. Espérant une explosion du PS, il se voulait au Centre, en rassembleur de la gauche réaliste, tétanisée par la prise de pouvoir des neo-bolchévicks sauce  Hamon, rue de Solferino à l’issue de la raclée de 2007. Hélas, le parti de Jaurès, transformé en fédération d’élus locaux, a résisté à l’implosion. C’est qu’il vaut toujours mieux paraitre uni pour conserver ses prébendes que de partir à l’aventure pour défendre ses idées. C’est pour avoir fait cette erreur de prospective que le Modem s’est trouvé isolé et marginalisé pendant cinq longues années.

La campagne qui s’achève devait donner le signe du renouveau. L’incroyable élimination du favori pour cause d’obsession sexuelle, lui ouvrait un boulevard. Cependant, ne disposant pas de la force de frappe colossale de médias vassaux, François BAYROU ne put lutter pour s’imposer comme l’alternative au Président sortant et il fut vite dépossédé de ses attributs de premier anti-sarkoziste primaire du pays, par le gars qui se prétendait normal bien qu’ayant dirigé le PS pendant dix ans. Aussi ne lui restait-il plus que son credo sur la dette. Hélas, là aussi, il ne suffit pas d’avoir été le premier pour convaincre que l’on a des solutions. Pour avoir, comme les autres, refusé de dire dans quels budgets il couperait pour faire reculer les dépenses, il a perdu et sa singularité et sa crédibilité.

Un seul but : survivre

Dans ces conditions et alors que son « magot » électoral fond comme neige au soleil, il ne lui reste plus qu’à vendre sa peau au plus offrant. A ce petit jeu, force est de constater que l’UMP a mis les bouchées doubles. Cet exercice de séduction est plus naturel à des ex gaulliste – la force de l’habitude sans doute – qu’à des socialistes aiguillonnés par l’intransigeant Mélanchon. Il est quand même notable, dans cette Union pour Ma Personne, que toutes les ambitions se soient tues pour proposer Matignon à Bayrou. Faut-il qu’ils se croient à la rue ! En réalité, la stratégie de premier tour du Président prend tout son sens, à l’aune de ce que l’on pressent du second. Il ne va pas avoir à concilier l’inconciliable  entre des centristes humanistes et une droite extrême nationaliste. L’arrivée de François Bayrou et sa conversion au « ravages » d’une immigration incontrôlée, tout en lui ralliant les centristes, crédibilisera sa danse de séduction autours de l’électorat frontiste sur l’air du « regardez, cette foi je suis sérieux, j’ai même convaincu Bayrou ».

Pour le Béarnais le calcul est tout autre. Soit le 6 mai Sarkozy est battu et il ne doit pas apparaître comme celui par qui le désastre est arrivé, au risque de ne plus être audible dans la reconstruction qui s’en suivra à droite (Chevenementisation). Soit, face à la crise économique, il rejoint le « candidat de la raison » pour éviter l’aventure socialiste et il aura sauvé les meubles. Là encore deux scénarii se dessinent. Soit son renfort n’a pas suffi et il peut alors espérer capitaliser sur son « abnégation » pour recueillir tous les « humanistes » orphelins d’une UMP en ruine. Soit Sarkozy l’emporte et il aura, en tant que faiseur de roi les clefs de Matignon … du moins jusqu’aux législatives.

La politique est un éternel recommencement, surtout quand on est au Centre. Cette fois ci, c’est sur l’implosion de l’UMP et ses conséquences que mise le leader du Modem. Nous notons cependant que les conséquences pratiques de cette stratégie, ne sont pas du tout les mêmes qu’en 2007. A cette époque elle avait conduit au refus d’une consigne de vote, aujourd’hui elle impose un ralliement. Nous en déduisons donc aisément que malgré tout le baratin  que l’on nous sert depuis 10 ans, BAYROU reste de droite et que sa seule ambition est de parvenir à recréer, à son profit, l’UDF giscardienne face à la résurgence d’un pôle gaulisto-lepeno-souverainiste. En politique, on échappe parfois à son destin, jamais à ses racines.

FAITES CE QUE JE DIS, PAS CE QUE JE FAIS

avril 7, 2011

Depuis le temps que ça dure, nous devrions être habitué à cette antienne. Pourtant, plus la politique se pique de morale plus la distance s’accroit entre ce que préconisent nos politiciens et la façon dont ils se dispensent de s’appliquer  les principes qu’ils veulent pourtant imposer à leurs concitoyens. Voilà, probablement, avec le « deux poids, deux mesures » vigoureusement dénoncé par les mêmes tartufes, les raisons majeures de la défiance des français vis à vis de ceux qui les gouvernent … ou les informent.

Les vautours verts

Eva dans l'mur et tous ses "amis" dans : En attendant Hulot

Commençons par la plus belle illustration du bal des faux culs : le tsunami nucléaire japonais. La poussière du tremblement de terre n’était pas encore retombée que nos sauveurs de planète professionnels entonnaient tous en cœur le refrain bien connu de la terreur nucléaire. Certes, on est en droit de se demander pourquoi les japonais sont allés planter une centrale atomique au bord de la mer, dans un coin connu pour ses inondations post sismiques. Certes l’enchainement des cataclysmes qui a conduit au drame nucléaire que nous vivons est d’un niveau exceptionnel. On est même en droit de se dire, aux vues des particularités tectoniques locales, qu’il n’était pas aberrant de penser qu’il puisse un jour survenir. A ce titre, l’humanité en général et les japonais en particulier sont parfaitement fondés à demander des comptes à la technocratie du pays du soleil levant.

Faut-il pour autant, en France, jeter le nucléaire avec l’eau sensée refroidir les réacteurs, au seul prétexte que leur nombre est sensiblement équivalent dans l’hexagone et dans l’archipel japonais ? Certainement pas ! En premier lieu parce que nous ne sommes pas égaux face au risque sismique et qu’ensuite nous n’avons pas d’alternative. Ce ne sont pas les moulins à vent et autres fours solaires qui vont nous assurer le train de vie énergétique auquel nous sommes parvenus. Je veux bien sauver la planète – et encore, je doute qu’elle ait besoin de moi – mais je n’ai absolument aucune intention de m’éclairer à la bougie et de me déplacer en carriole pour se faire. En réalité, nos « naturopathes » sont d’une schizophrénie rare. Qu’ils commencent donc à s’appliquer leurs théories malthusiennes avant de venir nous empêcher de consommer en rond. La passionaria verte de l’Ile de France, madame Cécile Duflot, celle qui situe la Polynésie française dans l’hémisphère nord, ne se rend pas en voyage de noces aux Maldives en pédalo que je sache, elle prend l’avion comme tout le monde. Ce n’est pas parce que l’égérie rouquemoutte de mai 68 porte toujours la même chemise qu’il s’éclaire pour autant à la dynamo. Je veux bien que la voiture électrique soit l’avenir de l’humanité souffrante mais comment va-t-on la fabriquer cette électricité ? Si c’est pour bruler du charbon ou du pétrole pour produire de quoi charger les batteries sensées propulser nos bagnoles de demain, je ne vois pas bien le gain « pour la planète ».

Que les Khmers verts se jettent sur le Japon comme les morpions sur les fesses du pénitent m’apparaît surtout d’un opportunisme politicien rare. Ne sont-ce donc pas ces mêmes humanistes qui nous bassinent à longueur d’ondes et de colonnes sur le côté nauséabond des lois circonstancielles prises par ce « facho de Sarko », dès qu’une victime multirécidiviste de la société se venge d’elle, en violant et en dépeçant la première gamine qui vient à croiser son sordide chemin ? Ces braves gens veulent un grand débat suivit d’un référendum sur le nucléaire. Chiche ! Tant qu’à faire, il convient du reste de ne pas se limiter dans cet exercice. Quitte à consulter le peuple, autant l’interroger sur ce qui fait débat. Profitons de l’occasion pour lui poser toutes les questions que l’on a toujours sciemment escamotées. Organisons un référendum sur la peine de mort et un autre sur la place de l’Islam en France pour rigoler un peu.

Un trou Guéant

Carricature politiquement correcte

En parlant d’immigration, voilà qu’à peine mise en pleine lumière, l’éminence grise de Nicolas, voit son étoile médiatique pâlir. Qu’a donc bien pu faire notre nouveau Ministre de l’Intérieur pour se voir ainsi décerner son brevet d’indignité nationale. Il a osé dire que « l’immigration incontrôlée amenait certains français à ne plus se sentir chez eux ». Ouvrez-moi une porte que je l’enfonce ! Evidemment que « certains français ne se sentent plus chez eux » puisqu’ils sont chez les autres. Allez donc voir rue Myrha si vous êtes en France, vous ne serez pas déçu du voyage. Il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat multiculturel avec cette partie de la saillie ministérielle. C’est plutôt en ce qui concerne « l’immigration incontrôlée » qu’il y aurait à redire. Par qui n’a-t-elle donc pas été contrôlée, ces dix dernières années,  cette immigration ? Que le « bras et la jambe » droite du Président en soit amené à proférer ce genre d’énormité en dit bien plus long que tous les sondages d’opinion sur ce qui va arriver à l’UMP dans 14 mois, si rien ne change.

Pas besoin de courir après la vague bleu Marine, quand on tient ce genre de propos, c’est qu’on a déjà intégré les raisons du désamour dont on souffre. En 2007 le Peuple a cru trouver en Nicolas Sarkozy la solution aux problèmes posés par l’immobilisme bien pensant de Jacques Chirac, pour ne pas dire son laxisme, en matière d’immigration. C’est là que ses électeurs attendaient une rupture. Ils lui faisaient crédit de ne pas avoir eu précedemment les coudées franches avec tous les « humanistes » de l’entourage chiraquien. Les raisons de son succès sur Jean-Marie Le Pen et de son écrasante victoire sur la folle du Poitou ne sont pas à chercher au centre. Les centristes ont voté Royal et Bayrou parce qu’ils avaient peur du « facho ». Si Marine est aussi haute dans les sondages, qu’elle en menace le Président sortant d’une défaite au premier tour, c’est bien parce que ce dernier a tourné le dos à ses engagements et aux espoirs qu’ils avaient suscités dès qu’il est sorti du Fouquet’s. Dans ce cas de figure, ce qui est reproché au Président c’est plus de n’avoir pas fait ce qu’il avait dit en ce qui concerne l’immigration, que fait le contraire de ce qu’il avait promis en matière économique.

Tu l’as dans le débat

Pour essayer de circonscrire l’incendie, l’UMP, avec les précautions d’usage, tente d’entrer timidement dans la réalité des français. Voici venu le temps de débattre de la laïcité, comprendre: de la place de l’Islam, car je ne vois pas les chrétiens ou les juifs s’en prendre au totem de la loi de 1905. Aussitôt, le cœur des vierges effarouchées et « humanistes » nous rebat les oreilles avec la stigmatisation des musulmans.

Arrêtons nous sur la situation qui est la leur dans notre beau pays et imaginons un instant qu’une horde de catholiques fanatisés se presse chaque dimanche dans une rue de Riyad pour dire la Messe en plein air. Que les mêmes intégristes chrétiens exigent que leurs enfants soient exclusivement nourris de saucisson et de cassoulet dans les cantines scolaires et qu’enfin des Eglises soient dressées, dans leurs zones d’influence, pour permettre à leur foi de sortir des caves. Outre la réaction du Saoudien moyen qui dégainerait son cimeterre histoire de communier sereinement dans le multiculturalisme qui l’habite depuis l’Hégire, je ne doute pas de la réaction outrée des agnostiques militants, des athées congénitaux et autres cathos mous du genou qui n’auraient pas de mots assez durs pour condamner ces déviances, coupables de donner de leur religion une image dégradée. Il n’est qu’à voir les réactions des mêmes, aux moindres prises de positions du Pape sur des questions essentielles à l’identité nationale comme la procréation, le célibat des prêtres ou la contraception, pour s’en convaincre.

Carricature pas politiquement correcte

On cherche encore vainement ce type de réponses chez les musulmans. Pour un Salman Rushdie ou un imam de Drancy, combien de Savonarole ? En réalité tant que les musulmans n’auront pas intégré le fait que leur religion n’est qu’une affaire privée et qu’elle n’a pas à s’afficher dans les rues, par le biais de voiles, de tapis de prière ou de tout autre signe « ostentatoire », le problème de la compatibilité de l’Islam avec l’Occident restera posé. Ce n’est pas parce que les représentants des religions signent un manifeste contre le débat interne au parti du Président qu’il faut se taire. Les écouter ce serait, un peu, comme prendre pour argent comptant, l’avis du syndicat des brasseurs de France sur la dernière réunion des alcooliques anonymes…

Nous connaissons tous des musulmans raisonnables. Le seul problème c’est qu’ils vivent dans la crainte des fondamentalistes. Il faut les défendre contre les fanatiques avec la dernière des énergies. Quant aux autres, s’ils se sentent stigmatisés, ce n’est qu’en vertu de la pratique obscurantiste de leurs coreligionnaires et de rien d’autre. La France n’est pas un pays de racistes parce qu’elle ne veut pas se laisser marcher dessus par des babouches bénies. Nous n’avons pas renvoyé nos corbeaux devant leur prie-dieu pour nous laisser emmerder par des barbus qui n’ont que faire de nos libertés. S’ils s’estiment opprimés dans notre pays, qu’ils usent du premier de nos droits : celui de s’en aller. Le vaste monde est encore rempli suffisamment de contrées bienveillante à leur égard : le printemps arabe n’a pas encore touché La Mecque.

PUISSANTE IMPUISSANCE

mars 27, 2011

Les mois se suivent mais ne se ressemblent pas. Alors que notre beau pays était, il y a  à peine un mois de cela, relégué dans les poubelles de l’histoire pour son incapacité à accompagner le fameux « printemps des peuples arabes », le voici aujourd’hui loué pour sa clairvoyance dans le dossier libyen. Les mêmes brillants analystes qui nous enterraient et raillaient les gesticulations présidentielles louent avec le même absolutisme, le génie du petit caporal de Neuilly. Ce rétablissement des plus spectaculaires en moins d’une semaine – songeons que lorsqu’il reçu et reconnu, seul contre tous,  les insurgés de Benghazi, tous nos stratèges hurlaient à la faute majeure –  devrait amener certains à réfléchir sur l’insondable relativité de ce qui semble inéluctable. En politique rien n’est jamais écrit avant d’avoir été joué, pas plus la victoire de l’arlésienne du FMI que la fin de la nation française.

Des affaires si étrangères

Ne trouvant point de salut possible sur le plan intérieur pour se refaire une santé sondagiére, notre  Président se jette à corps perdu dans l’aventure militaire. Si ses initiatives n’avaient pas connu le succès, il y fort a parier que telle serait d’ailleurs l’analyse qui prévaudrait dans les « rédactions ». Il faut dire qu’à défaut d’avoir de la chance en matière économique et sociale, Nicolas Sarkozy a la Baraka dès qu’il est amené  à présider quoi que ce soit sur le plan international. Songeons-y,  il n’était pas plutôt Président du Conseil Européen que les Russes envahissaient la Géorgie et que Wall Street s’effondrait. Maintenant qu’il préside le G20, le Japon tremble et la Libye bout.

Ce n’est pas le tout que d’être servi par les évènements, encore faut-il s’en saisir habilement pour pouvoir utilement s’en servir. De nombreux leaders de par le vaste monde ont été confrontés à des crises et pourtant rares sont ceux qui ont su en tirer profit. Notre Président a beaucoup de défauts mais au moins a-t-il ce talent, cette vista qui lui permet d’apporter une solution là ou d’autres ne voient que des problèmes. Il aurait pu telle Angéla, observer de Konrad un silence prudent. En bon gaulliste, pour une fois, il s’empare de la crise et fait de ses faiblesses, une force. Contre vents et marées, particulièrement celles du Quai d’Orsay, ce conservatoire d’eunuques tétanisés à l’idée qu’il puisse y avoir un changement dans la marche des affaires qui, depuis Talleyrand, leur ont toujours été étrangères, Nicolas Sarkozy a embarqué notre pays vers de nouveaux horizons. En trois mois, nous avons enterré la « politique arabe de la France » (comprendre les petits arrangements avec les autocrates) pour aller vers … à vrai dire personne ne sait encore très bien encore où.

C’est là que le bât blesse. Nous sommes tous ravi à la perspective d’en coller une au vieux campeur de Tripoli, histoire de lui apprendre à planter sa tente en plein Paris, mais après ça que ferrons nous ? On ne peut pas dire que le militaire égyptien semble décidé à laisser à d’autres la possibilité de se remplir les poches sur le dos de ses burnous et le moins que l’on puisse constater, c’est que l’après Ben Ali n’est pas le lit de roses démocratiques annoncé. Enfin, comment allons nous pouvoir continuer à justifier nos relations incestueuses avec la mafia FLN qui suce, sans interruption depuis 1962,  le sang d’un peuple qu’elle prétend –sans rire- avoir libéré du joug de l’infâme colon ? Sans compter que nous allons devoir régler le cas des Bongo et autres Sassou Nguesso, pour ne parler que des francophones pétrolifères.

On le voit, la canonnière droit-de-l’hommiste c’est parfait mais il va nous en falloir beaucoup d’autres si nous voulons rester cohérents avec nous même.

Un vrai sac de nœud

Nous voilà donc en guerre contre la Libye, ou plutôt contre le vilain despote qui massacre son peuple. La réalité est pourtant bien moins nette. La Libye n’existe pas plus que le peuple libyen. En réalité « Kadhafi duck » est le chef d’une tribu qui massacre allègrement celles qui ont eu l’outrecuidance de ne plus accepter sa domination. Contrairement à l’Egypte ou à la Tunisie, nous ne sommes pas dans une révolution civile d’un peuple face à ses gouvernants mais dans une révolte servile. Un peu comme au Bahreïn, du reste, à ceci près qu’il n’y a pas là de prétexte religieux entre Sunnites et Chiites. La Cyrénaïque n’est pas la Tripolitaine mais la Libye appartient à son « guide » et toute rébellion est perçue par lui comme un accident patrimonial. De là, la grande incompréhension du Bédouin sous LSD devant les cris d’orfraie de la communauté internationale. En Libye il n’y a pas d’armée qui refuse ou accepte de tirer sur le peuple, il y a les intérêts bien compris de chacun. En vérité, nous intervenons pour empêcher une tribu d’en anéantir d’autres. Avons-nous la certitude que nos nouveaux protégés n’agiront pas de même, une fois que nous leur aurons permis de prendre le dessus ?

Ce pays est très représentatif de son continent. La nation est une entité tant de façade que d’importation récente. Les rapports humains et les sentiments d’appartenance s’expriment au niveau du clan, comme ce brave Gbagbo nous en administre la preuve un peu plus chaque jour. Notre intervention en Libye risque fort de nous amener à prendre d’autres dispositions similaires dans les conflits de même nature qui ne vont pas tarder à fleurir de toute part en Afrique. Est-ce pour autant une raison suffisante pour faire l’autruche comme la première chancelière allemande venue ?

Le fait qu’Angéla n’ait pas voulu prendre place à nos cotés dans le taxi que nous nous apprêtons à prendre pour Tobrouk est un problème. Reconnaissons le, nos voisins d’outre-Rhin gardent, depuis Rommel, un assez mauvais souvenir des expéditions en Afrique du Nord. Il faut dire qu’à l’époque nous ne les y avions guère accueillis avec enthousiasme. Ceci se passait en des temps très anciens et maintenant nous sommes tous frères. Seulement il y a des fraternités d’armes et d’autres plus commerciales. Si nous renouons avec les puissances maritimes en tournant le dos à notre alliance continentale russo-germanique c’est que cette dernière ne nous apporte plus grand chose. La France se veut puissante et respectée, l’Allemagne ne se préoccupe que de ses exportations. Une chose est certaine à la lumière de ce qui vient de se jouer au Conseil de Sécurité, l’Allemagne de Merkel n’est pas un partenaire militaire et la Russie ne l’est plus depuis Nicolas II. Si nous voulons continuer à compter dans un monde instable, c’est du coté des anglo-saxons qu’il faut nous tourner. Voilà bien la leçon de ces derniers mois. Elle est cruelle pour les eurobéats, mais réaliste. Le couple franco-allemand est essentiel pour l’Europe mais pour une Europe économique germanisée, pas une l’Europe puissance dont rêve la France. Nous avons des intérêts économiques communs mais pas de projets politiques, c’est bien là que réside la faiblesse de l’axe Paris-Berlin.

Nous voici donc à l’aube d’un jour nouveau. L’Occident, gendarme du monde s’apprête à châtier le dictateur qui sommeille en chaque gradé africain, qui pointe sous la moindre barbiche islamiste ou qui perce sous le moindre garde rouge. Bref, nous n’avons pas fini de faire joujou avec nos avions. Dix ans après avoir dénoncé avec fracas le messianisme des néoconservateurs américains, voici que nous reprenons leur credo à notre compte. C’est amusant comme les journalistes ont la mémoire courte, le dernier a avoir tenté la greffe musclée de la démocratie en milieu hostile s’appelait Georges : Georges Walker Bush. En français, « W » s’écrit « BHL » mais le message est étrangement similaire. En réalité, nous allons finir par nous apercevoir que le problème de « W » c’est probablement d’avoir eu raison trop tôt… et de ne pas avoir fait Normal Sup’.