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BAYROU LE CHOIX DE LA RAISON

avril 19, 2012

 

Le premier tour de l’élection présidentielle approchant, les positions évoluent et les alliances se dessinent. Contrairement à ce que nous serinent, tous les jours, les moines gras du commentaire politique autorisé, les jeux sont loin d’être faits pour le second tour. En effet, à mesure que se cristallisent les opinions et que se définissent les programmes, les stratégies des protagonistes se précisent mais aussi et surtout évoluent au gré des circonstances. Il en va ainsi de la campagne ratée de François BAYROU. Celui qui en 2007 avait refusé le don de son corps – électoral – à Ségolène pour faire barrage à Nicolas, s’apprête à s’allier au Président sortant pour barrer la route à l’ex compagnon de la Chimène d’alors.

Des signes qui ne trompent que ceux qui veulent encore l’être

Comment peut on déduire des dénégations répétées de François Bayrou, qu’il va, finalement, rejoindre Nicolas Sarkozy ? D’abord parce que ces démentis sont de plus en plus mous. Qu’ensuite, depuis dimanche, le discours du béarnais s’est sensiblement infléchi sur sa droite. C’est ainsi que s’explique  sa dernière et violente (pour le personnage) charge sur l’irréalisme, en période de disette budgétaire, de la proposition Hollandiste de créer 60 000 postes d’enseignants. Notez que cette attaque a au moins eu le mérite de faire sortir le HOLLANDE du flou dont il aime à enrober ses promesses, puisqu’il vient d’expliquer qu’il n’y aura pas de création de poste, juste des redéploiements. On imagine, sans peine, la joie de son aile gauche. Que disait déjà la grand-mère de Martine Aubry à propos du flou et du loup ?

Il y a surtout eu, lundi dernier, cette prise de position inédite pour un centriste eurobéat, mondialiste et bien pensant en diable. Saint François du Béarn a pris soudainement conscience que l’immigration n’est peut-être pas une chance pour la France, du moins si cette dernière entend rester ce qu’elle est depuis Clovis. Notre humaniste a en effet confié sur Europe 1 que les flux migratoires devaient être limités et qu’il n’était plus tenable d’accueillir 200 000 étrangers par an. Pour un aggiornamento, c’en est un de taille ! Rappelons nous qu’il n’y a pas si longtemps, le gentil Bayrou se répandait dans tous les médias pour expliquer ce qu’il y avait de « nauséabond » à parler d’identité nationale.

Enfin on mesure le pas fait vers l’UMP, aux protestations de fidélité de ses proches. J’en veux pour preuve les déclarations de Jean-Luc BENAHMIAS, transfuge des Verts, qui explique que cette campagne « ils la mèneront jusqu’à son terme, ensemble et dans l’unité ». Une fois que l’on laisse de côté le chêne dans lequel il a taillé la langue de bois dont il abuse, cette saillie  se traduit par : « je me suis trompé de camp mais tant qu’à avoir l’air d’un con, autant assumer jusqu’au bout. Au pire, j’aurai droit à un peu de soupe ».

Un positionnement plus tactique qu’affectif

Qu’au final François BAYROU ne soit pas un fan de Nicolas SARKOZY importe peu. On ne fait pas de politique avec des sentiments ou alors c’est que l’on aime se faire du mal. Le ralliement qui s’opérera au soir du premier tour repose sur un schéma tactique mûrement pesé et réfléchi. Après tout, on est pas obligé d’être totalement crétin quand on est centriste. En réalité, les positions Béarnaises sont plus près des options Sarkosistes qu’elles ne le sont des rêves socialistes.

Si François BAYROU a été le premier anti-sarkoziste de France c’est parce qu’il avait refusé de se rallier à Ségolène Royale. Espérant une explosion du PS, il se voulait au Centre, en rassembleur de la gauche réaliste, tétanisée par la prise de pouvoir des neo-bolchévicks sauce  Hamon, rue de Solferino à l’issue de la raclée de 2007. Hélas, le parti de Jaurès, transformé en fédération d’élus locaux, a résisté à l’implosion. C’est qu’il vaut toujours mieux paraitre uni pour conserver ses prébendes que de partir à l’aventure pour défendre ses idées. C’est pour avoir fait cette erreur de prospective que le Modem s’est trouvé isolé et marginalisé pendant cinq longues années.

La campagne qui s’achève devait donner le signe du renouveau. L’incroyable élimination du favori pour cause d’obsession sexuelle, lui ouvrait un boulevard. Cependant, ne disposant pas de la force de frappe colossale de médias vassaux, François BAYROU ne put lutter pour s’imposer comme l’alternative au Président sortant et il fut vite dépossédé de ses attributs de premier anti-sarkoziste primaire du pays, par le gars qui se prétendait normal bien qu’ayant dirigé le PS pendant dix ans. Aussi ne lui restait-il plus que son credo sur la dette. Hélas, là aussi, il ne suffit pas d’avoir été le premier pour convaincre que l’on a des solutions. Pour avoir, comme les autres, refusé de dire dans quels budgets il couperait pour faire reculer les dépenses, il a perdu et sa singularité et sa crédibilité.

Un seul but : survivre

Dans ces conditions et alors que son « magot » électoral fond comme neige au soleil, il ne lui reste plus qu’à vendre sa peau au plus offrant. A ce petit jeu, force est de constater que l’UMP a mis les bouchées doubles. Cet exercice de séduction est plus naturel à des ex gaulliste – la force de l’habitude sans doute – qu’à des socialistes aiguillonnés par l’intransigeant Mélanchon. Il est quand même notable, dans cette Union pour Ma Personne, que toutes les ambitions se soient tues pour proposer Matignon à Bayrou. Faut-il qu’ils se croient à la rue ! En réalité, la stratégie de premier tour du Président prend tout son sens, à l’aune de ce que l’on pressent du second. Il ne va pas avoir à concilier l’inconciliable  entre des centristes humanistes et une droite extrême nationaliste. L’arrivée de François Bayrou et sa conversion au « ravages » d’une immigration incontrôlée, tout en lui ralliant les centristes, crédibilisera sa danse de séduction autours de l’électorat frontiste sur l’air du « regardez, cette foi je suis sérieux, j’ai même convaincu Bayrou ».

Pour le Béarnais le calcul est tout autre. Soit le 6 mai Sarkozy est battu et il ne doit pas apparaître comme celui par qui le désastre est arrivé, au risque de ne plus être audible dans la reconstruction qui s’en suivra à droite (Chevenementisation). Soit, face à la crise économique, il rejoint le « candidat de la raison » pour éviter l’aventure socialiste et il aura sauvé les meubles. Là encore deux scénarii se dessinent. Soit son renfort n’a pas suffi et il peut alors espérer capitaliser sur son « abnégation » pour recueillir tous les « humanistes » orphelins d’une UMP en ruine. Soit Sarkozy l’emporte et il aura, en tant que faiseur de roi les clefs de Matignon … du moins jusqu’aux législatives.

La politique est un éternel recommencement, surtout quand on est au Centre. Cette fois ci, c’est sur l’implosion de l’UMP et ses conséquences que mise le leader du Modem. Nous notons cependant que les conséquences pratiques de cette stratégie, ne sont pas du tout les mêmes qu’en 2007. A cette époque elle avait conduit au refus d’une consigne de vote, aujourd’hui elle impose un ralliement. Nous en déduisons donc aisément que malgré tout le baratin  que l’on nous sert depuis 10 ans, BAYROU reste de droite et que sa seule ambition est de parvenir à recréer, à son profit, l’UDF giscardienne face à la résurgence d’un pôle gaulisto-lepeno-souverainiste. En politique, on échappe parfois à son destin, jamais à ses racines.

PEUR SUR LA FRANCE

mars 29, 2012

Dix ans après les Etats-Unis, huit ans après L’Espagne et six ans après l’Angleterre, c’est au tour de la France d’être frappée par la barbarie nazislamiste. Après avoir, nié l’existence du problème posé par la montée du radicalisme islamiste dans la société française, puis ensuite,  avec la même énergie, prôné des « accommodements raisonnables » au nom de l’irréversibilité du phénomène, les élites aveugles qui nous gouvernent ont dû se rendre à l’évidence : la France est aussi une cible. Le problème c’est qu’ à l’exception peut-être du Royaume Uni, l’importance de la communauté musulmane dans notre pays, donne à ce phénomène une toute autre résonnance que chez nos compagnons d’infortune. C’est qu’après avoir abandonnés les Harkis pour éviter que Colombey les Deux Eglises ne devienne Colombey les Deux Mosquées, nous avons ouvert les vannes à l’installation d’une immigration économique qui considérait la France comme une ressource et non comme un espoir. Bref, nous avons tourné le dos à ceux qui nous faisaient confiance pour ouvrir les bras à ceux qui se défiaient de nous. Bien que l’on nous explique le contraire à longueurs d’ondes, cette tragédie sanglante va peser de tout son poids sur la fin de la campagne et par delà, sur le prochain quinquennat.  Revue de détail de ces conséquences en chaîne.

Un boulevard à droite

Bien sûr tout le monde pense que Marine Le Pen tirera le meilleur parti de ce drame national. Il faut dire que la petite entreprise familiale n’a eu de cesse d’annoncer la venue de ce type de tragédie, sous les quolibets des bien pensants. Maintenant que le « fantasme » s’est réalisé, difficile de ne pas se rappeler des prédictions apocalyptiques du menhir breton qui, sans note, haranguait les foules inquiètes, sur la montée de « l’anti France ». La chance relative des professionnels de l’enfumage, c’est que ce n’est précisément plus Jean-Marie Le Pen qui tient l’article, c’est sa fille. Si la filiation ne peut être niée – et pour cause – la fille souffre, à un degré moindre certes, du même problème que Sarkozy : la copie est toujours moins bonne que l’original. Le paradoxe est moins relatif qu’il y paraît. Depuis le début de la campagne, sure de sa prééminence sur le credo de l’immigration, Marine a délaissé ce fond de commerce qu’elle pensait acquis, pour faire dans la surenchère Etatiste avec Mélanchon. On ne l’attendait pas à pareille fête et il faut bien reconnaître qu’elle n’y excelle pas. Cette course à l’échalote marxiste avec le Hugo Chavez de l’Essonne a dérouté nombre de ses partisans et a surtout permis à Nicolas Sarkozy de redevenir audible, sur les questions identitaires, qu’il avait pourtant largement délaissées depuis 2007.

Seulement voilà, cette folle semaine toulousaine, a permis au Président de glisser de l’audible au crédible, sur une thématique revenue sur le devant de la scène, avec la violence d’un boomerang dont on avait pourtant mis beaucoup d’énergie à se débarrasser. Servi par les circonstances, il est apparu comme le père protecteur de la nation, rallumant instantanément les images subliminales qui font sa geste depuis 20 ans. La légende de « Super Sarko » est née un jour de mai 1993 à la maternelle de Neuilly et n’a cessée, depuis, de s’enrichir au gré des évènements et des postes occupés par son bénéficiaire. En dépit des efforts de ses adversaires pour imposer la contre image du Fouquet’s et autre « casse toi pauv’con », la statue du commandeur n’est jamais partie bien loin dans l’inconscient collectif. Le Président s’est arrêté de faire campagne, il a décrété l’état d’urgence et l’appareil d’état a répondu à la perfection. En quarante huit heures, le meurtrier était identifié, cerné et au final neutralisé. Veni, vidi, vici … Difficile de faire mieux.

Un magnifique piège à cons

S’il faut être à la masse comme Eva Joli pour voir dans ces évènements une mise en scène présidentielle, force est de constater que les équipes du Président ne sont pas restées inactives. Le tour de force ne vient pas tant de l’épilogue que des fuites sur les débuts de l’enquête.

Le gang des donneurs de leçon

Alors que le Président et son Ministre de l’Intérieur répétaient, contrits, au soir de la tuerie de l’école juive, que les enquêteurs ne privilégiaient aucune piste, manière de laisser croire qu’ils n’en avaient guère, d’aucuns laissaient filtrer des informations concernant certains suspects au profil bien particulier. Alors qu’en réalité l’on commençait à cibler Merah, les parachutistes chassés de l’armée pour sympathies néonazies supposées, étaient jetés en pâture à tout ce que la bien-pensance compte de chiens de Pavlov. Le contre feu était parfait tant il soulageait les consciences immigrationnistes. Ce qui s’est passé après est très révélateur des conditionnements politiques de ce pays. Alors que tout le monde, dans le contexte actuel, penche spontanément, après la tuerie de l’école, vers la piste islamiste, la simple évocation de la « peste brune » permet au déconomètre de se remettre en marche. Ainsi, à des degrés divers, trois poids lourds de la présidentielle se sont-ils laissés abusés par cette fiction, au point de jouer les Cassandre, fort mal à propos et de perdre ainsi en crédibilité ce qu’ils espéraient gagner en bonne conscience. Face à la connerie à ne pas faire, il n’y a pas que le journaliste qui dégaine sans réfléchir, le politicien à la ramasse, aussi !

Le plus touché par cette précipitation est sans conteste François Bayrou. Tel un joueur compulsif devant un tapis vert, il a tout misé sur le noir. Les prières pour les morts n’étaient pas encore dites que Saint François de Pau pourfendait déjà les pensées impures et stigmatisait les intentions malignes sur sa droite :

Oupss

“On lance des sujets dans le débat, on prononce des mots qui roulent comme une avalanche et parfois tombent sur des fous. Nous ne savons rien sur celui qui a perpétré cette tuerie, mais nous sentons bien que cela n’est pas sans lien avec une certaine évolution de la France”  (sic !)

Au lendemain de cette saillie toute en nuance et très « Union nationale », Mélanchon et Hollande ne craignaient pas d’en rajouter une louche, sur le vilain populiste du Faubourg Saint-Honoré, qui flatte les plus vils instincts de l’électorat. Les mots qui font mal, la viande hallal, la vulgarité, bla bla bla,  on connaît la suite … Quelques heures plus tard, le facho étaient en fait un islamiste et la belle construction sur « le ventre encore fécond de la bête immonde », pouvait rejoindre la poubelle du prêt à penser dont elle n’aurait jamais dû sortir. Si tout ce petit monde avait été aussi dépourvu de préjugés qu’ils aiment à nous le faire croire, ils eussent ainsi évité de passer pour des cons.

Un avant goût du Hollandisme en action

Il faut dire que les images de la semaine écoulée sont très cruelles pour François Hollande. Celui que les sondages ont installé depuis des mois à l’Elysée le 7 mai prochain, est apparu comme le premier de la classe qui voit un concurrent lui ravir le cœur de la Maitresse. Il a passé son temps à courir après le Président de la République, en s’obstinant à ne pas comprendre qu’il ne l’était précisément pas encore, lui même, Président. Cela a donné des scènes surréalistes comme ce « twitt » envoyé par Manuel Valls en plein office religieux à Notre Dame de Nazareth, pour rassurer le Peuple de gauche sur la participation effective de son champion aux « réjouissances ». Le puéril le dispute à l’abject. Dire qu’au jeu des postes répartis avant que les Français aient votés, ce cuistre est supposé devenir le successeur de Claude Guéant à l’Intérieur… A défaut d’un grand flic, au moins aurons nous avec lui, un nouveau Léon Zitrone au poste de ministre des cultes.

Les images sont cruelles donc. En France la publicité comparative est interdite. Pourtant, cette semaine nous avons vu, durant les cérémonies d’hommages, ce que pourrait être une présidence Flamby. Le contraste entre le vrai Président et celui qui joue à l’être, avant d’avoir été élu, était saisissant. Si une présidence « normale » consiste à avoir l’air emprunté et constipé face à des gamins au garde à vous dans le préau d’une école du Pré-Saint-Gervais, l’anormalité va connaître un regain de sympathie inattendu.

Ce qui doit changer

En vérité, la rage meurtrière de Mohamed Merah, la nature ignoble de ses actes et la froide cruauté avec lesquels, cet illuminé a commis ses crimes, ont profondément frappé l’imagination des Français. Abattre « courageusement » des militaires dans le dos, tirer sur un père et ses enfants à l’entrée d’une école, poursuivre une fillette de 7 ans, la tirer par les cheveux pour lui loger une balle dans la tête, témoigne du degré de haine et de folie auquel en était parvenu cet individu. Au delà de ce cas particulier, c’est l’ensemble de ces naturalisés par hasard que la Nation regarde pour la première fois dans les yeux. Et le spectacle n’est pas reluisant. La culture de l’excuse qui a constamment expliqué à ces gamins paumés, que la France leur devait quelque chose, a enfanté ce type de monstre fanatisé. La haine de la France déversée à satiété, sur cette même jeunesse, par une élite tiermondiste a produit l’impensable.

Mohammed Merah illustre mieux que tous les discours, la « chance » que peut représenter pour la France, une immigration aussi mal maitrisée. Déduire de son parcours que tout musulman (immigré ou pas) est un terroriste en puissance est une imbécillité, au moins aussi énorme que d’expliquer que c’est un cas isolé. Ne nous voilons pas la face – façon de parler – si l’immense majorité des musulmans de France est révulsée par ses crimes, il est aussi le héros de nombre de petits caïds. Portés par le discours victimaire dominant, combien sont-ils, à croire que c’est la société et non leur incapacité pathologique à s’y insérer qui est responsable de leur exclusion ? Combien de ces « déracinés », devenus Français à contrecœur nourrissent-ils à l’endroit du pays qui les accueille, des sentiments de haine, les poussant à devenir des tueurs d’enfants ? Nous avons vu fleurir ces derniers jours des tags à la gloire de Merah dans nos « quartiers sensibles ». On en parle peu car il ne faut pas « stigmatiser ». De combien de ces djihadistes, partis se former au maniement de la terreur de masse sous couvert d’apprentissage de l’arabe littéraire devrons nous nous débarrasser pour retrouver une certaine sérénité ?

Car voilà bien le nœud du problème. L’angélisme avec lequel, les gouvernements français successifs ont traités ces « fous de dieu » partis à l’étranger se faire lobotomiser ce qui leur restait de cerveau, fait froid dans le dos. A première vue, Merah se serait rendu à la frontière Pakistano-Afghane. Il fut l’élève des Talibans avec lesquels il a peut-être fait le coup de feu contre une coalition à laquelle participe pourtant l’Armée française. Prendre les armes contre sa patrie est constitutif d’une trahison dans tous les pays du Monde. Chez nous, on se contente de faire  suivre les intéressés par la DCRI,  comme s’il s’agissait de paisibles « touristes salafistes » revenus chez eux après une escapade aux sources de leur culture. L’exception culturelle appliquée aux djihadistes !  Au pays des Droits de l’Homme, tant qu’ils n’ont tué personne ils sont libres ! Prôner le contraire, ce serait porter une inadmissible atteinte à leur droit imprescriptible à nuire, un jour, à leur prochain. Bref ce serait « discriminant».

Le vrai scandale, ce n’est pas qu’il ait fallu 15 jours à la Police pour le mettre hors d’état de nuire.  C’est plutôt qu’il ait fallu attendre des mois, qu’il passe à l’acte pour lui mettre – au sens premier du terme – du plomb dans la tête. Nous sommes « civilisés », c’est un fait que ces brutes refusent. Dès lors que faire de tous ces apprentis terroristes qui reviennent en France après leur « formation théorique » ? Nous avons le droit, et même le devoir, de nous protéger de ces prédateurs. Les Etats-Unis ont Guantanamo qui en dépit des promesses du candidat Obama, continue de fonctionner à plein régime. Il nous faut d’urgence nous doter d’un semblable lieu de regroupement. Les DOM-TOM sont exsangues parait-il, il devient donc vital de diversifier les sources de revenus de … la Guyane, par exemple. A  coté de Kourou, nous devons relancer ce qui fit la fortune des lieux pendant des siècles. Rouvrons l’Ile du Diable et faisons casser des cailloux à tous ces fanatiques, dans de jolis uniformes rayés.

2012 : LE PS OU LA PRESIDENTIELLE FLORENTINE

janvier 19, 2012

 

Après avoir passé en revue, il y a quelques jours, la stratégie à droite, intéressons nous aux « forces de progrès ». Chez elles, rien n’est simple. Les hommes et les femmes qui guident le peuple de gauche (le peuple est forcément de gauche, vous l’aurez remarqué, sinon ce n’est pas le peuple) sont animés des meilleurs sentiments du monde (c’est connu depuis Robespierre). Contrairement à ces salauds de droite, les leaders roses, rouges ou verts ne veulent jamais le pouvoir pour eux même. Ils veulent des places pour faire triompher leurs idées (différence fondamentale avec une droite qui, elle, a aussi des idées mais qui s’empresse de ne jamais les mettre en application, une fois parvenue au pouvoir). Nos bons pâtres prétendent donc toujours faire le bonheur du Peuple, même s’ils le font souvent contre lui. Dans les cas les plus désespérés, ils changent le peuple, c’est ce qu’ils appellent : « le droit de vote des étrangers aux élections locales ».

Brouilles et embrouilles au pays des Bisounours

Le problème, dans le camp du bien, c’est que, s’ils sont collectivistes dans la forme, ils sont individualistes dans le fond. Conclusion : là où se réunissent 5 socialistes, vous trouvez au moins 6 chapelles différentes. Pour y voir clair et prendre le pouvoir (pour le bien du Peuple, voir supra) il faut faire comme avec la Vittel : il faut E-LI-MI-NER ! Le meurtre entre amis est ainsi devenu au socialisme, ce que la partouze est au Strauskhanisme : une philosophie de l’existence. On ne comprend donc rien à l’incessant déballage de tous les scandales possibles à gauche, si l’on ne prend pas en compte ce facteur déterminant. En effet, comment se fait-il, qu’avec une presse aussi ouvertement favorable, ces imbéciles se prennent à ce point les pieds dans le tapis ? A en croire les sondages et les commentaires, l’avenir semble pourtant s’écrire en rose.

La difficulté, c’est que du rose, précisément, il en existe une infinie variété. Chacune d’elles a son champion qui tend à considérer son voisin comme un ennemi qu’il convient donc d’occire plutôt que de s’en faire un allié sur lequel il pourrait utilement s’appuyer. C’est ainsi qu’après les frères GUERINI à Marseille, nous avons découvert le frère KUCHEIDA à Liévin. Contrairement aux apparences, toujours trompeuses dans le Parti de l’Education Nationale, le fait que ces deux abuseurs aient été dénoncés publiquement par le même homme est un pur hasard. Si Arnaud MONTEBOURG a fait des Bouches du Rhône, son tremplin vers un destin national, il n’avait absolument pas l’intention d’embarrasser son nouvel ami François, avec les frasques et les mœurs de dictateur sud américain du plus fidèle de ses lieutenants du 6-2. Exposer les turpitudes des dirigeants de la fédé du Pas-de-Calais, chauds partisans du « tout mou », c’est lever un lièvre qui ne profite qu’à la femelle dominante du parti, reconvertie en lieutenant de louveterie depuis sa saillie des primaires sur « le flou et le loup ».

Au secours, Martine revient !

Pour Martine AUBRY, en effet, la stratégie d’avenir ne consiste pas à porter Flamby à l’Elysée. Comme ce dernier en 2007, lorsqu’il occupait son fauteuil de premier sectaire, elle sait parfaitement que si son tombeur des primaires triomphe en mai, ce sera la fin de sa carrière. Le parti repasserait alors chez les Hollandistes au plus prochain congrès et les Aubristes finiraient retirés sur leurs terres (pour celles et ceux qui en ont). Il faut d’ailleurs être socialiste pour s’acharner, après les résultats de Mme Royal, à ne pas comprendre que celui qui contrôle l’appareil a vocation naturelle à représenter le parti à la Présidentielle. Lorsque ce n’est pas le cas, c’est le bordel assuré puisque les ambitions du taulier deviennent antagonistes avec celles du candidat. Puisque Martine a été mise à la porte de la Présidentielle, elle s’efforce de revenir par la fenêtre des Législatives.

C’est que Madame Aubry fait du billard à trois bandes, là où d’autres, moins ambitieuses, feraient tapisserie. Ne pouvant être Présidente, l’amère de Lille se rabat sur le poste de Premier ministre. Vous m’objecterez, avec juste raison, que compte tenu de ce qui précède, il y a peu de chance pour que, le mou du genou fasse tandem avec elle. Et vous aurez raison ! La fille de son père n’entend nullement être le Fillon de Hollande, elle veut être le Jospin de Sarkozy. Vous l’aurez compris, mémère compte sur une bonne vieille cohabitation pour se redonner un destin national. Le calcul est moins farfelu qu’il n’en a l’air, et se superpose parfaitement aux objectifs présidentiels Sarkozystes.

Hollande Vs Aubry, la nouvelle bataille des Flandres

Si le 21 avril a lieu à l’endroit, Martine part du principe que le parti sera toujours en mesure de présenter des candidats aux législatives. On purgera juste les sociaux traitres qui auront trop léchés les charentaises du corrézien. Compte tenu du fait qu’ils ont déjà l’expérience d’un pareil plantage, rien n’est impossible avec les socialistes. En revanche, contrairement à 2002, elle espère un score plus haut du Front National et surtout, une dynamique frontiste aux législatives. Faire d’un 21 avril à l’endroit, une nouvelle dissolution de 1997, voilà le calcul osé de Martine née Delors. Des triangulaires généralisées empêcheraient l’UMP d’obtenir la majorité à l’Assemblée, obligeant le Président réélu à subir les affres d’une nouvelle cohabitation avec, en plus, suprême raffinement, l’impossibilité de se représenter à l’issue du calvaire, limitation à deux mandats présidentiels consécutifs oblige.

Attentifs comme vous l’êtes, chers lecteurs, et nantis de cette clef, vous comprenez mieux le « mystère » de la divulgation de la lettre « confidentielle » de MONTEBOURG sur la fédé du Pas-de-Calais et l’accord calamiteux avec les Verts sur le nucléaire. Le but de ces manœuvres, c’est de plomber le « cher François » tout en renforçant, au passage, le « tous pourris » qui nourrit utilement la « peste brune ». Il ne faut pas non plus prendre pour ce qu’elle n’est pas, la première loi prise par le « Sénat libéré ». Donner le droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections locales ce n’est pas favoriser l’intégration. C’est tout faire pour favoriser le Front National… et faire imploser la droite.

Hollande : le Plombé zingueur

Martine a peut être un penchant pour la bière, mais elle n’a pas oublié de lire Machiavel le soir au coin du zinc. Le seul qui, finalement, n’a aucun intérêt à jouer sur le 21 avril c’est bien Hollande. Il a déjà fort à faire avec ses éléphants et ses verts. Si l’avenir lui semble promis, les alliances hasardeuses qu’on lui impose avec des sectaires de la pire espèce, risquent de peser fort lourd au final. Il faut bien reconnaître que des pachydermes non vermifugés feraient peser de trop gros risques sur l’avenir d’un pays qui, même s’il a pour emblème une bestiole qui gueule les pieds dans un tas de fumier, n’a pas pour autant spécialement envie, de se retrouver dans la merde.

Alors avec un programme socialiste totalement irréaliste et des « alliés » hystériques la marge de manœuvre est réduite pour l’énarque qui se prétend normal. Il lui faut conserver ses sondages au plus haut s’il veut tenter d’imposer un peu de réalisme à l’attelage hétéroclite que lui a imposé Martine. Qu’il vienne à descendre de son piédestal IFOP et la curée pourra commencer. Hollande n’a donc qu’une option: ne pas faire de vague. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons à ses multiples cafouillages et revirements de début de campagne. Une idée lancée le matin a fort peu de chance d’être toujours d’actualité le soir ? Nous venons d’en faire l’expérience avec le quotient familial. En dehors du fait que vous allez casquer encore un peu plus, vous en retenez quoi des propositions de Hollande sur cette question pourtant fondamentale ? Conclusion il ne va rien faire du tout, ne rien proposer de trop clivant, il va se contenter de paraître. C’est la tactique de tous les favoris des sondages avant le début des hostilités. Le dernier à s’être trouvé dans cette « confortable » position s’appelait Edouard Balladur…

Bayrou l’embuscade sauce Béarnaise

On ne peut évoquer les turpitudes de la gauche sans parler de François Bayrou. Non qu’il soit plus à gauche que François Hollande mais comme il surfe sur le même thème de l’antisarkozisme primaire, qu’il est européiste extatique, chaud partisan du commerce international sans entrave tout en appelant à acheter français, il faut bien le mettre quelque part à la gauche d’Alain Madelin. L’Euro Béarnais est lui aussi dans une position particulièrement inconfortable pour cette présidentielle (c’est la malédiction du François). Il est installé dans le fauteuil de celui qui sait qu’il sera élu … s’il arrive à franchir le premier tour. Son problème c’est précisément d’y parvenir à ce second tour. Si, à cette occasion, tout le monde voterait pour lui pour éliminer son rival, presque personne de veut de lui, au premier tour, quand on a encore le choix. C’est le paradoxe de l’extrême centrisme. A force de n’être d’aucun camp et de taper sur tout le monde, on finit par n’intéresser personne.

Le fondateur du Modem n’a donc d’autre choix que de donner une épaisseur à un programme qui n’en n’a pas et surtout de paraître avoir une personnalité et non pas seulement une ambition. En résumé, plus François Hollande s’efforcera de rester consensuel, insipide et sans saveur, plus Bayrou tentera de passer pour le type sérieux qui sait ce qu’il dit, et qui dit ce qu’il fera. Cela vous rappelle quelqu’un ? A force de n’être d’aucune tendance, notre normalien va tenter de se payer la peau du « mec normal », en nous refaisant le coup du candidat de la rupture. Bayrou va chasser sur les terres socialistes, ces électeurs de droite qui ne veulent plus de Sarkozy et qui se seraient bien laissés tenter, faute de mieux, par le rose mou. Contrairement à ce que l’on nous serine, la candidature de l’ex plume de Giscard, n’est pas tant un problème pour le Président sortant, qu’un drame pour l’ex de Ségo. Si sa stratégie marche, vous verrez que Martine lui donnera même un coup de main autour du mois de février. A tout prendre, quitte à être Premier ministre de cohabitation, autant l’être avec un neuneu sans troupe qu’avec un petit nerveux en embuscade permanente.

 

On le voit, les coups bas et tordus rempliront notre quotidien durant les quatre mois qui nous séparent de la Présidentielle. Plus les protagonistes prétendront être animés des meilleures intentions du monde, plus les poignards seront aiguisés. Le 21 avril ne sert pas juste de repoussoir. Il est aussi l’espoir de tous ceux qui, sachant qu’ils n’ont aucune chance de parvenir au pouvoir (ou de s’y maintenir), espèrent inverser le cours des choses pour faire mentir les prédictions. Quand de Gaulle disait qu’après sa mort, il fallait redouter le trop plein et non le vide, il était une fois de plus visionnaire.

STRATEGIES POUR 2012 : LA DROITE DANS TOUS SES ETATS

janvier 5, 2012

Alors que nous nous apprêtons à entrer dans la dernière ligne droite de la Présidentielle, au fur et à mesure que la campagne avance, les candidats se dévoilent, les masques tombent et les stratégies se dessinent. Si l’on n’a de cesse de mettre le 21 avril à l’endroit ou à l’envers, selon les mœurs de chacun, c’est que, malgré tout le baratin déployé pour nous faire croire le contraire, nos politiciens ont intégré ce facteur comme un élément clé de leurs tactiques de conquête du pouvoir. A droite, si les candidatures de témoignage se multiplient, seuls deux méritent que l’on s’y arrête. C’est très cruel pour celle (Boutin) et pour ceux (Morin, Dupont-Aignant et Villepin) qui sont persuadés d’avoir un destin. Il faut pourtant bien reconnaître qu’en dehors de leur concierge, avant les étrennes, personne d’autre qu’eux, n’y croit. Nous ne nous intéresserons donc qu’à Marine et Nicolas.

Sarkozy, droite toute !

A tout seigneur tout honneur, commençons par le Président sortant qui pour éviter d’être sorti, se souvient qu’il fut, un jour de 2007, élu sur un programme clairement de droite.  Bien qu’il se soit empressé, une fois sorti du Fouquet’s, de faire le contraire de ce qu’il avait promis, notamment sur l’épineuse question de l’identité nationale, force est de constater qu’en la matière, les électeurs d’alors n’avaient pas pris un chat en poche. Voilà d’ailleurs bien tout le problème du Président. Sauf à être abonné à Libération et Télérama, il faut bien reconnaitre qu’il n’a pas fait le tiers du commencement de la moitié de ce qu’il projetait de faire en matière d’immigration et de lutte contre l’insécurité.

La prise de conscience touchante de Claude GUEANT, ces derniers mois, sur cet oubli fâcheux, ne change rien à l’affaire. Ceux qui avaient assuré la victoire de Nicolas SARKOZY en 2007 n’ont, comme sœur Anne, absolument rien vu venir. Avec un tel bilan, il va être difficile de faire croire au père Noël, sauf à assumer son aveuglement et sa récente illumination. Après tout, les Français sont probablement plus indulgents qu’on ne le croit généralement dans les élites. Ils sont tout prêts  à entendre une contrition présidentielle sur le thème du : « on m’a trompé, la technostructure est gangrénée par la bien-pensance, je suis venu, j’ai vu, je me suis fais eu … et j’ai décidé que l’on ne m’y attrapera plus ». C’est un pari risqué mais pas si fou. C’est aussi, probablement, la seule explication logique aux saillies de son Ministre de l’Intérieur qui scandalisent tant les pères la vertu de la classe parlante. « L’homme du Président » est bien trop intelligent pour ne pas voir qu’il enfonce des portes ouvertes. Il sait, au demeurant, fort bien, comme tous ceux qui pensent qu’Alain DUHAMEL n’aurait jamais dû être autorisé à sortir des années 70, que ses prétendues « découvertes » sur la réalité du « mal français », n’en sont pas.

Un bilan économiquement faible

Bien sûr, le Président et son si charismatique Premier ministre ont levé un certain nombre de tabous économiques qui entravaient la France, en matière de retraites notamment, mais on est encore pourtant bien loin du compte et des promesses. C’est qu’en 2007, le « candidat de la rupture » comptait réconcilier les Français avec l’argent. Les mauvaises langues (et il n’en manque pas) diront qu’il y est manifestement parvenu pour ses proches. Quoi qu’il en soit, on a bien du mal à distinguer un progrès au niveau du Peuple. Je veux bien croire que la terrible crise que nous traversons et l’exploitation insupportable qu’en font les marxistes de tout poil qui règnent sur nos consciences, n’ont pas arrangé les choses. Ceci étant posé, nous souffrons toujours d’un soviétisme bureaucratique qui nous conduit à engloutir 54 % de notre  richesse nationale dans des monopoles d’Etat. Nous détenons toujours le record d’Europe du nombre de communes et par tant, du nombre de strates administratives, gage d’économies budgétaires, comme chacun le devine aisément. Nous attendons là aussi, toujours, l’effet Sarkozy.

Notre gouvernement a bien tenté de simplifier la création d’entreprise et le succès de l’auto-entrepreneuriat démontre, si besoin en est, que pour peu qu’on leur en donne les moyens, les Français savent se lancer dans l’aventure. Pourtant cet indéniable progrès ne doit pas masquer l’insondable méfiance que notre administration conserve, envers et contre toute logique économique, à l’endroit de l’entrepreneur. C’est qu’il convient, comme toujours dans ce beau pays, de taxer ces salauds de riches qui gagnent parfois en un mois ce qu’un « honnête » fonctionnaire engrange en six. Cet axiome décliné à foison oublie sciemment que le soutier du « service public » n’a jamais été guidé dans son orientation professionnelle que par le souci de la sécurité. Rien d’honteux dans cette attitude mais il est logique quand on ne court pas de risque de gagner moins que celui qui ose en prendre. Pourtant dans notre pays cette évidence est une grossièreté et cela explique en grande partie notre stagnation. Tant que l’on trouvera anormal de rémunérer le risque, il est illusoire de vouloir relancer la machine et retrouver les chemins de la croissance.

Là encore, malheureusement, aucune rupture avec « le monde d’avant ». C’est toujours la même rengaine égalitariste qui conduit à l’accaparement de la richesse produite. Cette politique imbécile de nivellement par le bas, creuse les déficits et conduit à l’accroissement des inégalités qu’elle est sensée combattre. Rien n’y fait ! Si, à chaque aide que l’Etat consent aux entreprises, il faut en dépenser le double pour contrôler que d’hypothétiques patrons indélicats n’abusent pas d’un « effet d’aubaine », autant ne rien faire, on évitera au moins d’aggraver nos dettes. J’aimerais voir la tête de nos grandes consciences qui prétendent, sans rire, que la délinquance en « col blanc » n’est jamais inquiétée, si les allocataires et autres bénéficiaires des « minimas sociaux » étaient à moitié aussi fliqués que les gérants de société. Nous ferions, pour le coup, de sacrées économies.  Là encore, beaucoup de discours sur la fraude et très peu d’actes. Bref en matière de dé-marxisation de l’économie française, il reste un long chemin à parcourir.

Stratégie présidentielle

Avec de tels succès à son actif, la tache du Président n’est pas des plus simples, sans compter le nombre de ses « amis » qui n’attendent que de le voir se planter pour espérer avoir une chance en 2017. Qu’à cela ne tienne, la cohorte des spécialistes autoproclamés  vous assure que, la clef de la victoire en 2012 pour Nicolas SARKOZY repose sur une nouvelle captation des voix du Front National. D’où la fascisation du discours que dénoncent les mêmes à longueur d’ondes. Cet oxymore déchaine la rage du politiquement correct (et celle de la famille Le Pen mais là, c’est plus normal). Pourtant, pour comprendre la stratégie Sarkoziste, il faut dépasser ce cliché. S’il veut être réélu, il sait qu’il doit se trouver dans la même position que Jacques CHIRAC en 2002. Il doit impérativement provoquer un « 21 avril à l’endroit ». En effet, sauf à se retrouver au second tour face à Jean-Luc MELANCHON, l’ex maire de Neuilly n’a absolument aucune chance de gagner face à un centriste, qu’il soit mou comme Hollande ou dur comme François Bayrou, tant est immense le rejet de sa personne. C’est probablement assez injuste aux vues des deux dernières années. Elles ne suffisent, hélas, pas à faire oublier les deux premières où, tel le Dicaprio moyen à la proue du Titanic, notre Président s’est cru autorisé à faire tout et surtout n’importe quoi, au seul prétexte que la France venait de se donner à lui. Pour être encore à l’Elysée le 7 mai prochain, il convient donc pour lui, d’affaiblir François Hollande (il se débrouille très bien tout seul mais il va quand même falloir l’aider un peu) et faire monter Marine Le Pen. D’où les « Guéanteries » qui déplaisent tant à « l’establishment ». Le pari est risqué car il repose sur le maintien d’un socle incompressible d’inconditionnels du Sarkozysme autours de 25% du corps électoral au premier tour.  Et ça, ce n’est pas gagné !

Marine est là

Pour celle dont il rêve d’être l’adversaire au second tour, en revanche, l’objectif est inverse. Si elle veut assurer sa légitimité d’héritière, elle doit égaler la performance de son géniteur et se qualifier pour le second tour. Cependant, elle, a tout intérêt à ce que ce soit face à la gauche. Un 21 avril « à l’envers » lui serait autrement plus profitable en termes d’avenir politique. Eliminée dès le premier tour, malgré un Président sortant, l’UMP ne s’en relèverait pas et de son implosion jaillirait  d’intéressantes perspectives pour le FN lors des législatives de juin. Une réédition de 2002 n’apportera au FN qu’un nouveau succès d’estime. Il est peu probable, malgré son récent repositionnement autours d’un « socialisme national  » au pays des corons, que le Front bénéficie fortement de l’explosion possible du PS consécutif à un second 21 avril. En ce qui concerne le parti de l’intelligence les conséquences d’une nouvelle élimination au premier tour ne sont pas aussi automatiques que pour l’UMP. Le PS est depuis des années une coquille vide qui sert de réceptacle à toutes les ambitions des notables de province. L’intérêt des exosquelettes c’est qu’ils donnent encore l’illusion de la vie alors que toute chair a depuis longtemps déserté le crustacé.

Le Front National n’a pas pour ambition d’entrer à l’Elysée … tout au moins en 2012. Marine LE PEN a en effet besoin de temps pour réformer son parti, le dé-diaboliser complètement et le rendre crédible en matière d’alternative gouvernementale. Elle doit attirer à elle des individualités posées, capables d’affronter les sarcasmes et de porter des diagnostics sûrs aux problèmes que rencontre le pays. Elle doit stabiliser sa pensée économique et passer d’un vote de protestation à un vote d’adhésion. Elle doit, enfin, faire d’un agglomérat de causes disparates, un parti de gouvernement. Pour y parvenir elle a besoin de temps et d’un groupe parlementaire. Le temps travaille pour elle, tant que la crise continue à sévir. Et si les socialistes et leurs alliés khmers (verts et rouges) arrivent aux affaires, les effets immédiats de leurs libéralités budgétaires ne manqueront pas de lui faciliter la tâche. Les 5 années d’efforts et de rigueur à la grecque qui s’en suivront, prépareront efficacement le terrain au débarquement des troupes de Marine en 2017. L’intérêt bien compris de Madame LE PEN, comme du Front National est donc bien une victoire de la gauche et une implosion de l’UMP … et non le contraire, mais comme tout le monde se fout de ses motivations, elle n’a même pas besoin de les cacher. On commence à le sentir à l’UMP mais ânonner que voter FN c’est faire le jeu de la gauche c’est prendre les électeurs pour ce qu’ils ne sont plus … Un peu de pédagogie ne nuit pas au débat politique même si cela déplait aux journalistes.

Patience et longueur de temps

On le voit, la stratégie du Président sortant est très risquée. Il faut dire qu’il est extrêmement difficile d’être le sortant en temps de crise, surtout quand on a été élu pour faire du neuf et que l’on n’a proposé que du vieux pendant cinq ans. Marine Le Pen pour sa part arrive trop tôt. Elle n’est pas en mesure de conquérir le pouvoir. Son objectif consiste donc à s’imposer comme la seule force d’alternance possible au socialisme triomphant. Pour ce faire elle doit absolument voir l’UMP se disloquer pour que l’opposition de droite se recompose autours d’elle. Pour elle aussi le chemin est étroit car il reste encore loin de la coupe aux lèvres. Sa récente doctrine protectionniste peine à donner une cohérence économique à un parti qui à ses origines était plutôt libéral poujadiste. Or pour être le point de convergence de la droite, il faut éviter de donner dans le « care » fut il national. Le flou artistique qui fait d’elle, à la foi la championne de la nation et le nouveau Jaurès des terrils, masque mal le fossé qui sépare des positions très à gauche sur l’économie et très à droite sur la sécurité. On a beau expliquer que le monde bipolaire est derrière nous, les français restent très manichéens en ce qui concerne la conduite des affaires publiques. Enfin, la fusion entre les préoccupations sociales et les idées nationales n’est plus parée des mêmes vertus magiques, depuis les expériences calamiteuses conduites en Allemagne durant les années 30 du siècle précédent.

Conclusion

Contrairement à ce que l’on vous annone à longueur de temps, Le Pen et Sarkozy sont sur des logiques antagonistes et la « Lepénisation » des esprits est un fantasme. Les discours sécuritaires du Président ne visent pas à un rapprochement ou une captation, ils tendent à décrédibiliser son adversaire de gauche en centrant le débat sur des thèmes où il est incapable de venir le chercher. La stratégie du pouvoir sortant est donc de faire de Marine le Pen, sans en avoir l’air, la seule adversaire du Président. Si en allant sur ses terres, Nicolas Sarkozy peut en plus glaner les voix de quelques naïfs, c’est tout bénéfice mais tel n’est pas son but. Le Mari de Carla Bruni a bien des défauts mais il n’est pas stupide. C’est un animal politique particulièrement efficace en campagne. Il est loin derrière, il peut donc lâcher ses coups. Il a beaucoup appris au contact d’Edouard Balladur, le favori des sondages en 1995 qui à force de ne rien faire pour ne pas compromettre cette magnifique position a fini par se faire doubler. Si cette stratégie vous semble être celle d’un de ses concurrents, c’est normal, c’est celle du mec « normal » qui a pourtant fait 4 gosses à Ségolène Royal. Nous détaillerons les difficultés de son positionnement et celle de ses amis dans notre prochain papier.

LA FETE AU SLIP

juin 16, 2011

Après les frasques ancillaires du mari d’Anne Sinclair, nous pensions avoir tout vu en matière de ridicule. Et bien non, le meilleur est, encore, devant nous ! Dans un monde où les politiques refusent aussi énergiquement le réel, tout n’est qu’affichage et illusion. Ce qu’ils sont vraiment importe beaucoup moins que ce qu’ils nous donnent à penser qu’ils sont. Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce que l’image revête une importance aussi cruciale. Puisque nos dirigeants ont renoncé à peser sur les affaires du monde, il leur est capital de nous faire croire qu’ils conservent une influence sur le cours des choses. Pour ce faire, ils posent, ils font mine de, pour tout dire ils jouent à « l’homme qu’a vu l’homme qu’a vu l’ours et qu’a pas eu peur ». Le Sauveur de la Nation n’est plus qu’un lointain fantasme dans l’inconscient collectif, à la place nous avons, dans le monde réel, hérité d’une bande de nains qui se chicanent pour pouvoir endosser des habits de géant. Tout est dans l’impression, l’espéré et dans l’attente forcement déçue. De là, cette avalanche de postures toutes plus ridicules les unes que les autres, dont nous abreuvent, à un rythme effréné, nos aspirants au « mandat suprême ».

Le retour des moulins à vent

Ces derniers temps, pour cause de DSKonneries, ce phénomène est très visible au Parti Socialiste. Il faut dire qu’en matière de projets imbéciles, le Parti de l’Education Nationale ne manque pas de mètres étalons (n’y voir aucune connotation sexuelle). La Primus inter pares en ce domaine, se terre dans le Poitou. La Royale n’a en effet pas son pareil pour tomber comme le cheveu sur la soupe. Elle n’a pas encore compris que son aura de 2006-2007 venait de ce que la pythie sondagière en avait fait le rempart des bien pensants contre le (déjà) démoniaque Sarkozy. Son échec l’a définitivement condamnée aux yeux des faiseurs d’opinion correcte. Elle aura beau se démener, rien n’y fera. Elle a perdu la bataille imperdable du bien contre le mal et les petits marquis ne sont pas près de le lui pardonner.

Loin de se laisser décourager par ce constat, la folle du Poitou multiplie les saillies (n’y voir toujours aucune connotation sexuelle) destinées à faire parler d’elle. A l’occasion de la dernière filouterie en date de nos « cousins » germains  qui prétendent, demain, nous acheter le nucléaire qu’ils ne produiront plus tout en nous traitant de polueurs, Ségo a trouvé la solution miracle destinée à attirer vers elle, le bobo perdu. Chacun le sait, surtout dans les Charentes, la France, comme le Japon, est à la merci d’un tsunami. Dans ces conditions, rien n’est plus urgent que de remplacer notre parc nucléaire par des éoliennes. Se livrant à de savants calculs, dont la pertinence importe peu, celle qui aurait pu être notre Président (comme quoi la providence existe) en est arrivée à décréter que 80 000 moulins à vents seraient de nature à remplacer nos si dangereuses centrales.

 Admettons que, sur le papier, l’exercice de conversion soit valable. Il n’en reste pas moins que les éoliennes ont besoin de vent pour produire du courant et que, contrairement à l’atome, il est rare qu’Eole souffle, en même temps et de façon continue sur l’ensemble de l’hexagone. C’est un principe simple, même pour elle, comme on ne sait pas la stocker, suivant son hypothèse, pas de vent veut dire : pas de courant. Quant on investit autant pour que nos bagnoles soient propulsées à l’électricité, c’est ballot … Las ! Rien, pas même cette évidence, n’arrête un baudet lancé à pleine allure, surtout s’il est poitevin. Madame Royal n’a cure de ces triviaux axiomes. Une absence de souffle ne saurait contrarier ses ambitieux projets et dieu sait que lorsque l’on se place à ce niveau de conscience écologique on n’en manque pas (de souffle). Elle entend probablement remédier à cette difficulté, en plaçant un élu socialiste en face de chaque pylône. Ces « braves » gens sont tellement habitués à brasser de l’air qu’ils devraient pouvoir utilement pallier au manque de vent. Partant de ce principe, nous gagnerions certainement du temps et de l’argent, en raccordant directement chaque militant du « parti de l’intelligence » au réseau d’ERDF. C’est bien connu en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées, hé bien en République Populaire  Autonome et Royale du Poitou aussi !

Papy Daniel

Pendant ce temps là, l’ex compagnon de la fée électricité, bat la campagne en répétant qu’il sera « un Président normal ». L’enthousiasmante perspective que voilà ! Après tant d’anormaux, si nous prenions un peu de repos avec LE mec « normal »… qui a fait quatre gosses à Ségo. Les Français qui cherchent désespérément le Sauveur lors de chaque scrutin présidentiel, vont, d’après ses communicants, se jeter dans les bras d’un type comme eux, du moins ambitionnent-ils de le lui faire croire. Hollande devrait se méfier de ces conseils, il n’y a rien que le peuple abhorre plus pour ses dirigeants que la normalité. Le seul de nos rois qui fût « normal » a fini sur l’échafaud. Quant à nos Présidents, on peine à trouver le gars « normal », sauf à considérer Paul Deschanel ou Albert Lebrun comme des modèles idéaux. Non, décidemment, il est temps que l’ex Premier Sectaire du PS s’étoffe sinon, même les socialistes risquent de le trouver fade.

Pour ce qui est de s’épaissir, il peut compter sur un renfort de poids. Celui que, tous les socialistes, Hollande en tête, traitaient, il y a encore 6 ans de cela, de « super-menteur » vient de lui apporter un soutien fracassant. Cela fait des mois que tout ce qui se veut informé dans le microcosme de la classe parlante parisienne, nous serine à demi mot, que Jacques Chirac est gâteux. Le moins que l’on puisse dire des images qui tournent en boucle depuis ce week-end, c’est qu’il n’a pas l’air des plus frais. C’est un drame pour un homme de sa trempe mais c’est un fait, il a considérablement diminué. Est-ce l’inactivité qui lui pèse ? Ou plus prosaïquement l’incertitude résultant des tensions sur le marché du logement individuel à Paris qui le mine ? Quoi qu’il en soit, nous avions l’impression de voir le fils prodigue venir sortir papy pour la Pentecôte. Cet attachement, touchant, de Hollande pour la journée de solidarité avec les personnes âgées, mesure phare du second mandat de son désormais mentor, explique sans doute le geste chiraquien.  Quand on pense que cet ingrat de Sarko s’est empressé d’annuler (la suppression du lundi de Pentecôte travaillé, pas du prélèvement) en 2008, on comprend mieux la flèche du Parthe. On peut appeler ça de l’humour corrézien. Il ne faut, peut être aussi, n’y voir rien d’autre que la vengeance d’un ancêtre négligé par ses héritiers. Une transposition à la politique de la saga des Bettencourt en quelque sorte. On attend avec impatience la mise sous curatelle…

La route tue … la connerie aussi !

La gauche n’a pas le monopole de l’agitation, loin de là.  A droite, aussi, on se bouge, on se pousse du col, bref, là encore, on souffle sur les éoliennes. Le nombre des tués sur les routes a brusquement augmenté, il devenait donc impératif de réagir. Comme toujours, et selon l’axiome posé en préambule de cet article, il convenait de prendre la pose. La raison à cet accroissement est complexe, qu’à cela ne tienne, les ligues de vertu routière ayant crié que tout venait de la vitesse, il s’est agit de ne pas mollir. Et ce qui nous sert de gouvernement de jouer les Matamoros en tombant à bras raccourcis sur l’automobiliste. Seulement voilà, la vache à lait qui derrière son volant remplit déjà plus qu’à son tour les caisses d’un Etat toujours plus dispendieux se rebiffe, rechigne et pour tout dire gueule un grand coup en expliquant à ses parlementaires UMP que, s’ils veulent laisser leur place à moins cons qu’eux en 2012, ils n’ont qu’a continuer comme ça.

Ce qui devait arriver, arriva. Branle-bas de combat dans l’hémicycle, les caves se rebiffent et décrivent avec force détails, l’endroit où les ministres sont priés d’enterrer fissa leur réforme. Comme tout est toujours simple dans ce pays, le Gouvernement commence par dire qu’il sera héroïque et qu’il ne cédera pas aux sirènes populistes (forcement !)de ceux qui veulent, petitement, sauver leurs places tandis que lui, veut sauver des vies. Après quoi,  les ministres réalisant, mais un peu tard, que sans parlementaires pour les soutenir, leurs maroquins, aussi, sont compromis, il devint urgent de bouger (une nouvelle fois). Alors on se réunit et on prit, dare-dare, des décisions qui n’en furent pas, ou qui étant, à tout le moins, totalement incompréhensibles seront inapplicables.  Sur ce, on se quitta bons amis en n’ayant absolument rien résolu. Le problème, c’est que cette politique de gribouille n’est pas seulement appliquée à la sécurité routière. C’est une manière récurrente de gouverner. Cette fois ci, pas de bol, comme ça parle à tout le monde, ça se voit et le populo réalise avec effarement que l’on se fout ouvertement de sa gueule…

Exister à l’UMP

Devant tant d’ardeurs étalées à ne rien faire, on comprend mieux dans ces conditions qu’à droite comme à gauche il convienne de faire croire que l’on s’active. Si, chez les socialistes, se différencier est une seconde nature, dans le parti majoritaire aussi, il convient de se distinguer pour exister (comprendre avoir un poste). A tout saigneur, tout honneur, Borloo a ouvert le feu. En bon centriste, celui qui aurait été le premier des sarkozytes si le Président avait eu le bon goût de faire de lui son Premier ministre, fait feu de tout bois. En 2007 déjà, les extrêmes centristes avaient combattu radicalement la « bête » … avant de pactiser avec elle, entre les deux tours de la présidentielle, au plus grand dam du poseur de l’époque : François Bayrou. Le grand jeu de dupe vient de reprendre, il s’agit d’exister en dehors de son groupuscule d’origine pour faire monter les enchères et obtenir un beau poste, si, d’aventure, Sarko restait à l’Elysée. Ceci dit, dans l’hypothèse inverse, sa veste claquant au vent, le centriste n’est pas non plus fermé aux propositions de l’autre rive… Les lentilles c’est toujours appétissant.

Dans ces conditions, les autres courants de l’UMP sont eux aussi bien décidés à faire parler d’eux. Comment leur en vouloir, dans la mesure où, pour les remercier d’être restés bien sages en 2007, leur champion s’est empressé de faire la part belle aux beuglants centristes et autres opportunistes socialistes. On assiste donc à une surenchère de propositions qui n’ont d’autre but que de prendre date et de faire parler de soi. Non que les sujets soient, pour ce faire, sans importance. L’assistanat décrit comme un cancer par Laurent Wauquier, le chantre de la « droite sociale » est un vrai sujet. Seulement comme toujours : on déclare, on s’offusque, on s’excuse, on proclame et on passe à autre chose sans avoir décidé ou proposé quoi que ce soit de concret. La politique du Canada Dry ça va un temps mais c’est totalement irresponsable, surtout pour un parti qui est au pouvoir et prétend y rester.

Libéral brandissant sa patente

Preuve que le malaise est grand dans la majorité, le vague à l’âme touche jusqu’aux libéraux. Il faut dire que les pauvres en ont avalé des couleuvres depuis 4 ans. Ce n’est pas parce que la classe parlante annone que nous sommes dirigés par des « ultra-libéraux » que cette énormité est exacte. Au contraire, nous sommes toujours sous le règne du socialisme d’Etat. Nous continuons à nous endetter à un rythme effarant, faute d’avoir le courage de faire les réformes nécessaires. Pas étonnant, dans de telles conditions que Monsieur Novelli peine à faire entendre sa musique libérale au sein du Gosplan que par commodité de langage on appelle un gouvernement. On nous annonce pourtant des prises de positions fracassantes, inédites (sans blagues) voire héroïques… Dont acte ! Mais, comme dans le même temps on nous explique aussi que Bruno Le Maire, l’arbitre des élégances bien pensées, trouve que les propositions de l’aile libérale de l’UMP sont « tout à fait intéressantes » on peine à croire dans l’audace des amis de Monsieur Novelli.

Conclusion :

On le voit, la campagne a bel et bien commencé. Rien ne serait pire pour la droite (ou ce qu’il en reste) de croire qu’il suffit de regarder les socialistes faire assaut  de propositions irréalistes, pour l’emporter en 2012. Répéter comme des perroquets que l’on gouvernera jusqu’au bout du mandat pour partir au combat le plus tard possible est une connerie majuscule. Les Français n’attendent plus rien de ce gouvernement qu’ils savent usé et composé d’ambitieux qui n’ont rien de plus urgent à faire que de préparer le coup d’après (voire l’autre). Il est temps pour les sarkozistes de reparler au pays et de faire des propositions novatrices. Il leur faut d’abord, pour être audibles, expliquer pourquoi ils ne sont pas parvenus à les mettre en œuvre au cours du premier quinquennat et en quoi un nouveau mandat leur permettrait de tenir leurs promesses. Ce n’est pas un exercice des plus agréable ni des plus aisés mais il est indispensable car le Peuple commence à être très à cheval sur les bobards de campagne. Compter sur le seul effet repoussoir du « ya qu’a faut qu’on » socialiste est une dangereuse illusion. Cela supposerait, pour être efficace, que les Français soient raisonnablement informés des réalités économiques. Or ce n’est pas après les avoir enfumés sur ces sujets pendant plus de 30 ans que l’on peut espérer un sursaut salvateur. A défaut de prendre le taureau par les cornes en se lançant dans la mêlée, les amis du Président risquent fort de prendre une veste dès le premier tour.

LIBERTE SUR ORDONNANCE

mars 6, 2011

Alors que la liberté tonne au sud de la Méditerranée, chez nous, deux évènements sont venus, la même semaine, baliser avec une bien étrange concomitance les limites de plus en plus étroites dans lesquelles il nous est permis d’en profiter.

Toutes les évidences ne sont plus bonnes à dire

Eric Zemmour vient d’être condamné par un tribunal, pour avoir expliqué que si les noirs et les arabes étaient plus contrôlés que les autres par la police, c’est parce qu’ils constituaient, et de loin, la grande majorité de la population carcérale. Les juges, emboitant le pas à tout ce que la bien-pensance compte d’inquisiteurs, ont estimé que la liberté de constatation, n’est pas admissible au pays des droits de l’Homme. Le tort du chroniqueur en cette affaire c’est précisément de l’être … chroniqueur. Par un raisonnement des plus tendancieux, la Cour (des miracles judiciaires en l’occurrence) a condamné Zemmour, non pas en raison du caractère mensonger de ces propos (c’eût été un peu gros), mais en raison de sa nature. Curieuse parabole en effet, qui fait de la qualité de l’émetteur du message, une circonstance non seulement aggravante mais « condamnante ». Puisque Monsieur Zemmour est un journaliste connu et écouté (par une bande de pétainistes invétérés, cela va de soi), il est forcement coupable car il ne peut ignorer la portée de ses propos et les dommages qu’ils sont à même de causer, du fait de leur large diffusion, fermez le ban.

On peut donc lire cet arrêt de la manière suivante : puisqu’il est établi que l’accusé est en contradiction assumée avec les tabous de sa profession, puisqu’il en tire un bénéfice éhonté, puisque sa parole porte et que de ce fait il rassemble et déculpabilise tout ceux que ses « confrères » s’efforcent d’éparpiller et de culpabiliser, puisqu’il ne saurait être question de contrevenir sans dommages et de façon aussi flagrante aux principes de la pensée autorisée, par ces motifs et en raison de sa notoriété, condamnons le prévenu à l’indignité etc. etc …

En dehors du témoignage, remarqué, de l’inusable empêcheur de tuer la République en rond qu’est Jean Pierre Chevènement et de l’indignation publique du tout nouveau Secrétaire d’Etat aux Transports Thierry Mariani (espérons qu’il le reste), le silence de la classe politique en dit long sur son courage. Pas besoin d’aller faire le paon à la tribune de l’ONU ou de trainer sa chevelure d’argent devant la première caméra venue en s’autoproclamant défenseur des Libertés au niveau de la planète toute entière, si c’est pour garder un  profil aussi bas en pareille circonstance. Que la gauche mondialisée se félicite de cette iniquité, tout le monde s’y attendait. Heureusement pour elle, le Lion de Belfort rugit encore, cela prouve au moins que tous les patriotes qu’elle comptait naguère, ne sont pas encore passés au Front National. Qu’à droite, en revanche, personne ne vienne contester cette décision liberticide, à une notable exception près, voilà qui en dit long sur la réalité du terrorisme intellectuel. Il est amusant de constater combien la peur de l’excommunication médiatique conduit le politicien à la prudence. Il est ainsi des jugements que l’on respecte au nom de la séparation des pouvoirs et de l’autorité de la justice … et d’autres pas.

Est-il bien convenable  de s’opposer à  Dominique Strauss Khan ?

La récente visite en France du « Jésus du FMI » et la polémique suscitée par les propos, à son endroit, du Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, permettent d’en douter.

Orchestrée par la cocue la plus célèbre de Washington après Hillary Clinton, la tempête médiatique qui a accompagné le dernier passage en France de « DSK » (prononcez « DS Kay ») a de quoi inquiéter sur la santé mentale de la presse hexagonale. Précédé de l’oracle sibyllin : « je ne souhaite pas que Dominique sollicite un second mandat », distillé par le mohair le plus marquant des années 80, faisant en la circonstance plus fonction de Pythie que d’épouse, voilà le barnum lancé. Tout ce que la presse compte de gauchistes (imaginez !) se met alors en boucle sur le thème du retour du Messie. Tout ce qui s’autorise à penser et en fait profession dissèque la moindre grimace pour y voir LE message que la France entière attend (paraît-il).

Nous avons aussi pu assister, incrédules, à une surenchère de duhaméliades DSKomaniaques destinées à faire comprendre au bon peuple  que le Sauveur était un être « authentiquement de gauche ». Moins c’est évident, plus il faut l’affirmer bruyamment et péremptoirement de préférence, c’est un principe de base en communication publique. Si le saint homme avait été de droite (je parle de l’étiquette, pas du comportement, l’apparence est toujours privilégiée au fond) nous aurions eu droit à quelques reportages bien sentis sur les effets de sa politique en Grèce ou en Irlande. Là, non ! C’est à croire que ces deux pays ont été rayés de la carte du monde. Des manifestations monstres ne secouent-elles pas Athènes ? Circulez braves gens, il n’y a rien à voir où plutôt si, regardez donc comme mon libyen se rebelle bien ! L’Afrique du Nord au secours des ambitions présidentielles de la quintessence de la finance internationale, voilà qui vaut son pesant de Riad sans doute…

Notons au passage, la tête de ravi de la crèche, faite par ses camarades socialistes, Ségolène en tête, qui pour l’occasion se trouve sur la même longueur d’onde que son ex. Les couteaux qui n’avaient pas eu le temps de sécher depuis 2007 vont resservir sous peu et gageons que lorsque l’arlésienne du FMI aura enfin condescendu à nous faire savoir si, oui ou merde il est candidat à la candidature, se sera « étripons nous folle ville » rue de Solférino. En attendant, ils sont priés, par la classe parlante, de la mettre en sourdine et de faire preuve d’unité derrière le champion, venu d’outre-Atlantique sauver la France qui pense, du péril sarkozien. Il reste à toutes ces belles âmes à trouver le moyen d’enterrer les primaires l’air de rien et le tour sera joué. Au passage on pourrait aussi se dispenser de voter. C’est tellement vulgaire un bureau de vote. La désignation par acclamation orchestrée par Le Monde, Télérama et le Nouvel Obs, c’est tellement « fashion ».

Délit de pétainisme aggravé

C’est dans ce contexte qu’il faut situer l’hystérie qui a accueilli les piques, sommes toutes bien bénignes, quand on voit les campagnes des jeunes socialistes, envoyées par les chevau-légers de la majorité à l’adresse du patron du FMI. Heureusement que Christian Jacob a fait sa sortie sur le terroir, sinon les professionnels de l’indignation à sens unique s’apprêtaient, comble du ridicule, à dresser le bûcher en antisémitisme pour  Copé et Lellouche (Pierre le ministre, pas Claude l’inventeur de la parité homme femme). Une fois assurée des origines du patronyme de l’ex leader des jeunes agriculteurs, la France qui se gausse a pu instruire en toute quiétude, le procès bien connu en pétainisme aggravé.

Campagne sobre selon les jeunes socialistes

Ce qu’il y a de fascinant dans cette grosse, très grosse ficelle c’est qu’elle soit tellement usée qu’elle ne parvienne même plus à faire illusion. Au contraire ces foudres médiatico-politiques n’ont réussi qu’à donner une portée nationale à des propos tenus, qui plus est, sur une radio communautaire israélite des plus confidentielle. Ce tamtam a permis à nombre de nos concitoyens de se demander quel intérêt pouvait bien pousser le mari d’une femme tronc à vouloir succéder à celui d’un mannequin au timbre rare. Intérêt, en voilà un bien vilain mot pour décrire les motivations de celui qui ne va pas tarder à nous dire qu’il fait à la France, le don de sa personne. En réalité, il n’est pas correct d’utiliser à l’encontre de Saint Strauss, ce que la pensée unique ne cesse de reprocher à Sarkozy, à savoir : son mondialisme, son goût pour l’argent et les femmes (des autres), sa proximité avec les puissants … et son contrôle des médias.

Ceux qui hurlent au retour des heures les plus sombres de notre histoire daubent aussi, à longueur d’ondes, sur les valeurs du monde rural, causes à les entendre d’un repli sur soi préjudiciable à notre entrée dans le village monde. Les mêmes, atteints d’une schizophrénie subite, se précipitent une fois l’an, porte de Versailles, au cul des vaches pour célébrer les mérites de la France des terroirs. Le problème c’est que cette France éternelle à laquelle sont très justement attachés nos compatriotes, cette France célébrée pour ses vertus pendant la durée du salon, cette France là, est sérieusement menacée et en piteux état. Le peuple le sent et il faudra plus que quelques beaux discours creux et hypocrites sur le coté social et enraciné du patron du FMI pour le convaincre du contraire.

Après un taxi pour Tobrouk : un passeur pour Lampedusa

En Afrique du Nord, pendant ce temps là, la chute des dictateurs rime avec bonnes affaires pour les passeurs. Loin de donner à ses bénéficiaires l’envie d’améliorer leur quotidien national, la liberté toute fraiche que la révolte arabe vient de donner aux peuples du sud de la Méditerranée, leur permet, au contraire, de mettre les voiles vers nos allocations. C’est donc au nom de leur liberté retrouvée, que des milliers de maghrébins mettent le cap sur nos rivages, pour revendiquer le statut de réfugiés. Contre quoi pouvons nous bien protéger les tunisiens et autres égyptiens qui n’ont sensément plus de tyrans à fuir, du moins si l’on en croit la presse française ? Nous devons les protéger contre la misère, cette bonne blague, et reprendre, en conséquence, une bonne louche de réfugiés des droits sociaux.

Nous devons leur ouvrir notre portefeuille en même temps que nos bras (l’un n’est jamais très loin des autres remarquez, surtout quand ils sont levés). Le plus terrible dans toute cette affaire, c’est que cette nouvelle vague d’émigration touche les forces vives de ces pays. Une jeunesse formée, se jette sur nos côtes en tournant délibérément le dos à cette patrie que ceux qui les ont précédés sur notre sol, n’ont de cesse de magnifier au détriment de leur terre d’accueil. Si nous restons les bras ballant à ne rien faire face à cette hémorragie (et nous sommes bien partis pour), faute d’élites, ces pays vont s’enfoncer dans la misère pour le plus grand profit des barbus. Il est urgent de reconduire tout ce petit monde à la frontière, de les mettre au boulot chez eux en révisant, pour ce faire, les règles  par lesquelles ils entrent si facilement chez nous.

Lorsque l’on vient d’un pays « libéré » on ne devrait pas pouvoir se prétendre réfugié. C’est un peu comme ces Afghans qui s’agglutinent aux abords de la gare du Nord et sur lesquels s’apitoient régulièrement les bonnes âmes. Nos soldats meurent pour faire de leur pays autre chose qu’un repaire de fanatiques moyenâgeux et nous, nous devons leur assurer le gîte et le couvert au prétexte qu’ils fuient une guerre qu’ils devraient mener ! C’est exactement la même chose en Afrique du Nord. Le devoir de ces « braves gens » c’est de se retrousser leurs manches et développer leurs pays. Ils n’ont plus rien à fuir mais tout à reconstruire. En vertu de ce saint principe, ils ne devraient plus être susceptibles de demander l’asile politique. Il y a suffisamment de dictatures pour remplir nos quotas de nécessiteux à protéger, pas besoin d’en rajouter avec les nouveaux convertis à la démocratie. Sinon, c’est à désespérer des fulgurances de Monsieur Plénel qui prétend voir au sud de la Méditerranée une marche inéluctable vers la liberté à la façon d’un de ses prédécesseurs dans le rôle du prophète de la 25ème heure qui avait titré en 1975 à la Une du Monde, lors de la prise de la Capitale Cambodgienne par les Khmer Rouge : « Phnom Penh Libéré ».

Le problème c’est que dans les salons parisiens, là où se fait la politique, là où une classe de privilégiés se penche sur les affaires d’un monde qui échappe chaque jour davantage aux peuples, on ne l’entend pas de cette oreille. Ce réflexe qui fait préférer la fuite au combat, on le comprend d’autant mieux dans ce cénacle, que les « grands ancêtres » l’ont pratiqué plus que de raison de 40 à 45. La fête continuait à Manhattan, Hollywood, Rio ou Bueno-Aires pendant que les GI et les FFI tombaient sous les balles allemandes. L’élite mondialisée déclenche les guerres, elle ne les conduit ou ne les subit que très rarement. De là sa haine pour la Nation, mais c’est une toute autre histoire … quoi que.

 

CE QUE LE QUADRA … GENERE

janvier 24, 2011

En ce début de dernière année avant les présidentielle, deux têtes semblent émerger du maelström politique. Elles ne sont pas spécialement nouvelles tant les deux corps qui les supportent hantent depuis des années les antichambres du pouvoir. Jean-François Copé a pris les rênes de l’UMP, tandis que Manuel Valls profitait de la trêve des confiseurs pour déclarer sa passion pour l’économie. Ces deux quadras qui passent, à tort ou à raison, pour les iconoclastes de leurs camps respectifs, poursuivent en réalité des stratégies d’une touchante similitude. Aux déclarations tonitruantes de l’un sur les 36 ou 38 heures, ont répondu les aveux de l’autre sur les conséquences du retour aux 39 heures. Nous assistons au début d’une course à l’échalote qui va rythmer, si Dieu prête vie à nos deux larrons, la prochaine décade politique : décryptage.

Le travail, Manuel, y a que ça de vrai !

A tout seigneur tout honneur, commençons par l’empêcheur de « contempter » les 35 heures en rond. Alors que la rue de Solférino communie depuis plus d’une décennie, dans le culte de la réforme emblématique du gaspillage des années Jospin, l’encore jeune député-maire d’Evry a récemment fait voler en éclat le mythe du consensus des « progressistes » sur ce thème. En déclarant que la situation budgétaire dans laquelle nous pataugeons ne nous permettait plus de jeter par les fenêtres les 22 milliards d’aides d’Etat indispensable à leur mise en œuvre, il lève le voile sur la grande arnaque.

Les réactions outrées de ses camarades ont certainement dû amuser ce spécialiste de la communication tant elles étaient attendues, puériles et pour tout dire, pathétiques. A friser l’excommunication lorsque plus personne dans le monde réel, où presque, n’écoute les prêcheurs, vous pouvez revêtir, à bon compte, les habits du réalisme. Comme cette vertu est rare chez des « camarades » qui, à défaut d’avoir des idées ont surtout des candidats, cela permet au moins connu d’entre eux, de faire parler de lui. Il passe utilement, ce faisant, pour le borgne au milieu des aveugles et prend date.

Les critiques le servent et lui permettent, un temps, de faire oublier qu’il est socialiste. Ainsi, selon une méthode éprouvée, le « camp du bien », pensant pouvoir l’achever, se livre en vain à une exégèse sémantique de sa critique du totem Aubryo-Strausskhanien. Tout en étant persuadés du contraire, ses adversaires renforcent, ce faisant, sa crédibilité. Ce que les marchands du temple ont reproché à Manuel Valls c’est sa manière d’introduire le débat en parlant de la « chance d’avoir un travail » alors que tout bon socialiste sait depuis le biberon, grâce à sa proximité naturelle avec la fonction publique, que le travail est avant tout une aliénation… Encore un petit effort et nos grandes consciences vont lui intenter un procès en Bessonisation.

Les objectifs du Manuel

Cette critique restée tue, jusqu’ici, par ses adversaires, ne serait d’ailleurs pas si stupide, tant on est en droit de se demander si cet « outing » réaliste n’est pas chez Manuel Valls, une offre de service à destination de l’Elysée, en vue d’un poste de ministre d’ouverture dans le gouvernement du dernier mandat Sarkozy. Si rien ne marche comme prévu dans la stratégie de rupture avec les tabous d’une gauche sclérosée à force de s’empêcher de réfléchir, il n’est pas exclu que cette solution  permette à l’intéressé de prétendre au destin national que son étiquette socialiste l’empêche, jusqu’ici, d’avoir. Si les « progressistes » perdent encore une fois la présidentielle, il est probable qu’ils n’y résisteront pas. Le parti de Jaurès n’est plus grâce à Mitterrand qu’une coalition électorale. Cette construction ne peut pas durablement subsister si ses blocages idéologiques l’empêchent d’accéder au pouvoir suprême. Dans ces conditions, le plus court chemin vers ce portefeuille ministériel tant convoité, passe par les sirènes de l’ouverture. Pour avoir plus qu’un strapontin il faut être une grosse prise et pour l’être, il faut transgresser.

Il faut dire qu’en la matière, Manuel Valls est un bon client. Il a débuté son chemin de Damas en se faisant voler, par les micros de la bien-pensance, quelques paroles définitives sur l’absence de « gaulois » sur le marché de sa ville. Ce qui ne tue pas rend plus fort et l’opération de délation médiatique lui ayant valu la reconnaissance de ses électeurs, le Maire d’Evry persévéra dans le renversement des totems. Il fut l’un des seuls socialistes à voter la loi anti Burka, glissant ainsi progressivement vers le statut de réaliste auquel il vient de donner définitivement corps avec sa sortie sur les 35 heures.

En réalité ce n’est pas 2012 que vise Manuel Valls mais 2017. Dans cette perspective, il a tout intérêt à voir le candidat socialiste balayé une fois de plus, pour que son horizon se dégage. S’il ne cède pas à la facilité de l’ouverture, il disposera de cinq années pour expliquer à une gauche exsangue, que les raisons de ce nouvel échec sont à trouver dans son incapacité à se mettre en phase avec une société qui n’est plus du tout celle de 1981. S’il parvient à entrainer les moins idiots ou les plus ambitieux de ses camarades dans la manœuvre, il peut même espérer voir s’agréger autour de lui, et à son profit, cette fameuse nébuleuse centriste, véritable Saint Graal de tous les « politologues humanistes » que compte ce pays. Il lui suffira de pousser les marxistes enragés vers les poubelles de l’histoire complaisamment tenues ouvertes par Jean-Luc Mélenchon. Il sera ainsi en position de force pour accéder à la Présidence, lorsque Nicolas Sarkozy cédera la place au terme de ses deux mandats.

Si par malheur Martine, Dominique, François ou Ségolène devaient présider dès 2012 au destin de la France, les choses se compliqueraient nettement. D’abord parce que le programme imbécile que ces autistes sont en train de nous concocter entrainerait la faillite de la France dans les 6 mois de sa mise en œuvre. Ensuite parce qu’éloigné de ce catalogue de bonnes intentions de par son réalisme, il serait rejeté et marginalisé par les vainqueurs comme hérétique. L’intérêt bien compris de Manuel Valls c’est donc la défaite de son camp.

Copé l’homme pressé

Le nouveau Secrétaire Général de l’UMP se trouve dans la même perspective même s’il n’est pas, loin s’en faut, dans la même position.

Après des années où pour faire carrière à droite il fallait passer pour un homme de gauche, le vent vient de tourner. Rien d’étonnant à cela, dans la mesure où nous vivons avec celle de l’Etat providence, la faillite de ces idées. Jean-François Copé, nanti du flair propre aux grands fauves politiques, a parfaitement capté ce changement. Le bon petit soldat de l’ENA qui avait perdu son mandat de député de Meaux en 1997 pour avoir trop donné dans le radical-chiraquisme, a compris, avec ou à cause de Sarkozy, que l’avenir se dessinait à droite. Cette prise de conscience commune, loin de les rapprocher, les a, en réalité, éloignés l’un de l’autre, tant ils ont voulu avoir l’exclusivité de ce créneau. L’actuel Président qui avait une longueur d’avance, a remporté la course. La leçon a été retenue et Copé s’est donné les moyens de persévérer. Il s’est appuyé, pour y parvenir, sur ses anciennes fidélités chiraquiennes pour prendre les rênes du groupe des députés UMP. Une fois parvenu à ce poste, il a pu jouer sa partition en solo, loin des standards de l’ancien Président, convertissant même, au passage, nombre des partisans  de ce dernier, à la réalpolitique.

Celui qui s’est ainsi affirmé, comme le garant des valeurs de droite, jetées aux orties de l’ouverture par un Sarkozy soucieux de se refaire aimer par le parti de l’intelligence germano-pratin, est devenu incontournable. Il a ainsi pu se payer le luxe de refuser la prison ministérielle offerte par un Président conscient, mais un peu tard, de ses erreurs stratégiques, pour exiger la tête du parti majoritaire. Sa puissance est telle qu’il peut impunément, comme Sarkozy en 2005, en déloger les « hommes du Président » pour les remplacer par les siens, bref façonner le mouvement à sa main. Avec de tels amis, pas besoin, pour le Président, d’avoir des ennemis.

Le billard à trois bandes

Comme Manuel Valls, Jean-François Copé puise sa force dans la transgression et Dieu sait s’il ne s’en prive pas depuis qu’il est à la tête de l’UMP. Tous les débats qui fâchent, le « tôlier de la Boétie » les enfourchent avec un gourmandise directement proportionnelle à l’embarras qu’ils provoquent dans un gouvernement où, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne compte pas que des amis.

Servi par Valls, il s’est donc lui aussi attaqué aux 35 heures, à tel point que l’on est en droit de se demander si ces deux là ne jouent pas régulièrement au tennis. Reprenant le débat là où le député de l’Essonne n’avais pu, su ou voulu, l’amener, il a décrit avec une froide logique, les conséquences ultimes de l’abandon des 35 heures. « Travailler 39 heures payées 35 » voilà qui entre violemment en dissonance avec le « travailler plus pour gagner plus » sarkoziste. Cet assaut de réalisme le place dans une position idéale. Il n’est pas aux affaires et ne prend donc pas le risque de voir son analyse se fracasser sur l’écueil du « dialogue » social. Il se contente de prendre date.

Quel que soit le vainqueur de 2012, celui-ci n’aura d’autre choix que de mettre cette méthode en œuvre. La seule différence, c’est que Sarkozy mettra fin aux 35 heures pour tout le monde, là où les socialistes maintiendront ce privilège pour les seuls fonctionnaires sur le dos de « la France qui se lève tôt ». Dans le deux cas le Député-Maire de Meaux pourra passer pour celui qui a dit la vérité aux Français, bien avant l’épreuve de la mise en œuvre. « Je dis ce que je fais et je prédis ce que qui se fera», ça ne vous rappelle pas quelqu’un ?

En vérité, derrière ses protestation de fidélité, Jean-François Copé a tout intérêt à voir le Président trébucher en 2012 et il va l’y aider aussi surement que Chirac a soutenu Giscard en 1981. Certes il n’ira pas jusqu’à se présenter face au Président sortant, mais durant les quinze mois qui nous séparent de mai 2012, nous pouvons compter sur le Secrétaire général de l’UMP pour soulever tous les débats que le gouvernement s’efforce d’enterrer. Pour gagner en 2017, mieux vaut être le patron de l’opposition que le chef du parti majoritaire sortant, Copé l’a bien compris. Chirac avait fait le même calcul en son temps. Les 110 propositions devaient amener le chaos économique, ce fut le cas. Les socialistes devaient prendre une raclée, ce fut le cas en 1986 mais la cohabitation réduisit cette brillante stratégie à néant et Mitterrand resta 14 ans à l’Elysée.

Le quinquennat change la donne, la cohabitation n’est plus un risque, un boulevard semble donc ouvert à nos deux duettistes qui, visant 2017 se rejoignent sur la nécessité de faire perdre leur camp en 2012. Par un croisement stratégique des plus comiques, Copé devient le meilleur atout de la gauche, là où Valls est le plus ferme soutien du Président sortant. Pourtant, rien n’est jamais écrit en politique et un grain de sable peut toujours venir gripper les mécaniques si bien huilée qu’on les croiraient construites par Alain Duhamel dans les romans prédictifs qu’il nous impose, tel Madame Soleil, avant chaque présidentielle. Un gros grain se lève pourtant sur cette droite que vise nos deux compères et les calculs les plus fins risquent d’être remis en cause par Marine. Pour l’un comme pour l’autre, le danger viendra du Front national. Pour l’un parce que la recomposition de la droite suite à sa défaite, peut se faire en partie autour d’elle. Pour l’autre parce que la montée de l’héritière de Jean Marie Le Pen viendra crisper les réflexes de déni de la réalité de son camp. Tout réaliste sera alors poursuivi et brûlé comme apostat par la meute des caniches de garde. Dommage pour nos deux amis que le père n’ait pas dix ans de moins et que la fille soit aussi subtile qu’ils sont calculateurs.

LE PEN, MELENCHON, MEME COMBAT !

juillet 2, 2010

Depuis la crise financière de l’automne 2008, nous sommes entrés dans un nouveau monde. Un monde où l’argent des autres ne vient plus aussi facilement pallier les ajustements sans cesse repoussés aux calendes … grecques. Cette limite, théorique puisque l’on ne l’atteint jamais, ce sont justement les Grecs qui l’ont dépassée en janvier dernier. La Planète des cigales keynésiennes s’est alors rendue compte avec effroi que tout avait un terme. Fini le temps des promesses qui flattent le populo dans le sens du portefeuille. Terminée l’euphorie des lendemains qui chantent financée à crédit par les petites fourmis asiatiques. Les premières à en souffrir sont les terres traditionnelles, gréco-latines, de l’insouciance socialiste. Elles ont en commun, avec la France ne l’oublions pas, d’être baignées par la Méditerranée. Il faut, d’urgence, revoir de fond en comble notre modèle social sous peine de sentir le monde se dérober sous nos pieds.

La chasse au Gaspi

Il convient donc de faire des économies et, comme aux temps glorieux du choc pétrolier des années 70, l’administration relance chez nous la chasse au Gaspi. Vaste programme aurait dit De Gaulle, tant la responsabilité de cette dernière est grande en la matière. Il n’y a, en effet, pire panier percé qu’une administration qui a fonctionné en roue libre pendant tant d’années. La lâcheté insigne de nos gouvernants depuis trente ans a conduit, au nom de la paix sociale, à tout lâcher aux syndicats. Le montant des sommes engagées est devenu, avec le nombre de fonctionnaires, le seul critère d’efficacité d’une politique publique : dis-moi quel est ton budget et je te dirai si tu es sérieux. Etudier le rendement d’une mesure, l’impact d’une décision ou la pertinence d’une dépense tient du blasphème contre les Saintes Ecritures de la « comptabilité publique » qui, pour la bien-pensance syndicale, se résume en trois mots : un, deux, beaucoup.

Le service public à la française

Il n’est pas étonnant que, dans de telles conditions de glorification permanente de la gabegie, la période de vaches maigres qui s’annonce soit particulièrement redoutée. Nous n’avons jamais vraiment commencé à nous adapter et on nous a fait prendre des mesurettes pour de grandes réformes. Nous nous sommes toujours comportés comme des cigales pour protéger les « avantages-acquis-du-service-public-à-la-française » au prix d’un taux de chômage proprement ahurissant. Quand on aime, pour la gauche, ou quand on risque le blocage, pour la droite, on ne compte pas, et nos politiciens n’ont jamais été avares avec notre argent. Seulement voilà : tout a un terme et, comme on ne peut plus tondre davantage la France exposée, il va bien falloir revenir sur les privilèges de la France protégée. Comment y parvenir sans trop de casse, dans ce pays qui n’a plus les moyens de ses ambitions ?

Depuis des années, nos dirigeants transfèrent leurs pouvoirs à l’Europe dans l’opacité la plus totale. Le peuple étant soigneusement tenu à l’écart de ce bonneteau institutionnel on a refusé, pour ne pas l’alerter, de mettre en œuvre les mesures d’ajustement rendues nécessaires par la convergence que sous-tend l’aventure – le mot est juste – européenne. Tout au plus a-t-on consenti, dans la douleur et en nous pinçant le nez, à plus ou moins modifier, notre organisation économique en démantelant certains de nos monopoles publics. Nous nous sommes bien gardés, jusqu’ici, de toucher au cœur du système et à nos millions de fonctionnaires. Résultat : des déficits abyssaux car nous nous embarquons dans une frégate avec un équipage de porte-avions. Il arrive un moment où nous allons devoir faire un choix : nous adapter ou quitter le navire.

L’Europe : ce choix jamais assumé

Au nom de la construction européenne, nous avons abandonné des pans entiers de nos prérogatives régaliennes à des instances qui, pour être internationales, n’en sont pas moins bureaucratiques. Le fait que ce mouvement, vieux de trente ans, coïncide presque exactement avec le début d’une politique de déficits budgétaires systématiques, n’est pas le fruit du hasard.

A ce transfert de compétences a correspondu naturellement une démission du pouvoir politique au profit des « experts ». Quoi de plus naturel, pour des élus qui n’ont plus les moyens de mener à bien leurs programmes, que de se décharger de leurs responsabilités sur autrui. Le « c’est-pas-ma-faute-j’aurais-bien-voulu-mais-c’est-Bruxelles-qui-veut-pas », est devenu l’antienne de tout gouvernant pris en flagrant délit de tromperie sur ses promesses électorales. Il faut dire que le peuple a aussi, dans cette affaire, une part de responsabilité. Tant qu’il portera à sa tête celui des candidats qui le fera le plus rêver, il ne faudra pas venir se plaindre d’avoir pour chef un menteur patenté. A la décharge de l’électeur moyen, on doit cependant reconnaître que, lorsqu’il s’oppose à cet inexorable abandon de souveraineté — comme en 2005, on s’assoit sur son vote et on continue comme si de rien n’était.

En guise d’expert, c’est l’administration qui fait la pluie et le beau temps, au nom de l’harmonisation communautaire. Les ministres ne sont plus que des administrateurs provisoires, nommés par un homme – une femme ne changera rien à la chose –  qui tire sa légitimité du bobard qu’il vient de vendre à la nation. Les campagnes présidentielles ne portant jamais sur notre engagement européen, il est vain de prétendre redonner un pouvoir au « politique », dans la mesure où ses marges de manœuvre sont à peu près nulles. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, la construction de l’Europe vide le niveau national de toute responsabilité au profit d’un « machin commun » qui doit le détruire entièrement pour assurer son avenir. On l’a bien vu avec les « non », français et néerlandais, au projet de constitution. Lorsque des Etats regimbent, la machine se grippe. Il devient donc vital, pour la félicité européiste, d’éliminer  cet obstacle.

L’Europe : du rêve à la réalité

Le résultat de tout ce cirque c’est l’apparition d’Etats-Potemkine qui n’ont plus que l’apparence du pouvoir, la réalité de celui-ci étant répartie – très inégalement – entre Bruxelles et les régions. Nous qui croyions un peu naïvement, en troquant Paris pour la capitale belge, faire de l’Europe une construction centralisée à la française, nous nous retrouvons avec une tour de Babel composée de Länder allemands. Tout cela serait peut-être parfait si nous y avions librement consenti : or, il n’en est rien.

Nos politiciens qui poursuivaient, pour les plus intelligents d’entre eux, des rêves de puissance en imaginant une Allemagne perpétuellement à notre botte en raison des « Heures-les-plus-sombres-de-son-histoire », se sont lourdement trompés. L’Europe se fait autour du centre de gravité du continent et celui-ci est allemand. La périphérie française peut modifier l’édifice à due proportion de sa place réelle dans le dispositif : à la marge. C’est cette cruelle réalité dont nos concitoyens sont de plus en plus conscients. Cumulée avec le déficit démocratique manifeste du Barnum, cette dernière risque fort d’être indigeste. L’alternance entre l’UMP et le PS est tellement théorique qu’on les qualifie, dans les milieux autorisés à penser et à le faire savoir, de « partis de gouvernement ». C’est dire les changements que l’on est en droit d’attendre de l’affrontement de titans qui se prépare en 2012 avec le duel Dominique Sarkozy et Nicolas Strauss-Kahn et ce ne sont pas Martine Royale ni Ségolène Bayrou qui viendront changer la donne.

Il va pourtant bien falloir un jour ou l’autre demander au Peuple s’il souhaite ou non suivre ses élites dans leurs entreprises européennes. Nul doute que la nouvelle génération, rejetée par le système aux extrêmes du spectre politique, ne s’empare de cette question lors des prochaines présidentielles. Jean-Luc Mélenchon comme Marine Le Pen y ont tout intérêt, tant elle conforte leur position d’alternative, celle-ci n’étant plus à rechercher entre une UMP et un PS d’accord sur l’essentiel et que seuls des détails distinguent.

Conclusion

Le cortège de restrictions qui accompagne la crise actuelle va rendre audibles les options radicales. Les « partis de gouvernement » ne pourront plus enfumer leurs électeurs avec la « réhabilitation de la volonté en politique » : celle ci, pour eux, n’est plus à rechercher sur un plan national mais européen. Autant dire carrément à leurs électeurs qu’ils sollicitent un mandat de négociateur international, et encore : avec une obligation de moyen et non de résultat. Le problème de cette connivence née de ce constat partagé sur l’Europe, c’est que les extrêmes porteront, à elles seules, les espoirs de changements et que ceux-ci risquent d’être grands.

Dans ces conditions, il y a fort à parier que le prochain président sera celui qui saura s’attacher son extrême. Vieux habitués du mariage de la carpe et du lapin, les socialistes partent avec la longueur d’avance que leur vaut l’héritage de François Mitterrand, maître en la matière. Mélenchon ne coûtera pas bien cher : un plat de lentilles ministérielles bien juteux, pourvu que l’illusion d’un pouvoir réel soit entretenue, lui ira parfaitement.

Sarkozy en revanche, pour avoir cru, sans doute un peu vite, avoir terrassé l’hydre frontiste, devra payer un prix plus élevé. Il est fort probable que Marine ne se contente pas d’un sous-secrétariat d’Etat à la machine à découper le jambon, même si c’est pour succéder à Rama Yade.

Les 23 mois qui nous séparent des présidentielles vont donc être hilarants.