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DE LA TAXATION A LA SPOLIATION L’INEXORABLE SOVIÉTISATION DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE

novembre 28, 2013

 

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Chaque jour que Dieu fait, nous nous enfonçons un peu plus sûrement dans la crise, par la grâce d’une Présidence normale autoproclamée. Pourtant, pareil aveuglement, pareille persistance dans l’erreur, pareil acharnement à nier les évidences, ne relève pas de la normalité, mais de la pathologie. « Le socialisme arrive très rapidement à court de l’argent des autres » disait Margareth Thatcher en s’inspirant librement de Winston Churchill. Malheureusement pour nous, il semble que nos socialistes aient décidé d’appliquer ce principe jusqu’à l’absurde.

Taxes : du concours Lépine au ras le bol fiscal

waeCwQS9YQHIqr-tsFCq2DS5zLg@530x681Normalito a, nous assure-t-on du côté des médias subventionnés, pris la mesure de ce que son inénarrable ministre de l’économie a qualifié de ras-le-bol fiscal du peuple français. Il faut dire que depuis le retour des vacances, nous peinons à voir les effets pratiques de ce juste constat présidentiel, tant nous ne cessons de mesurer le sens aigu de la « justice » et de la « mesure » fiscale qui anime notre gouvernement. Pas une semaine sans qu’une nouvelle ponction ne vienne réjouir notre moral de consommateur et illustrer la désormais célèbre « pause fiscale » prévue pour 2014, 2015 les calendes grecques. Cette frénésie taxatoire n’épargne personne. Certes le mouvement avait été initié par le duo de comiques troupiers Sarkozy/Fillon, derniers héritiers en date du collectivisme de droite. Est-ce au prétexte que leurs prédécesseurs étaient d’irresponsables gaspilleurs que nos champions d’une France « apaisée » (jusqu’à la limite de l’émeute) doivent perpétuer une politique qui produit d’aussi navrants résultats ?

re_voltefiscaleÀ force de rejeter la faute sur Sarkozy — qui ne faisait qu’appliquer les mêmes recettes collectivo-keynesiennes que lui — Hollande prend le risque de se faire traiter d’autiste (au mieux). Toute sa campagne n’a été qu’une vaste fumisterie, toutes ses promesses des attrape-nigauds (il aurait eu tort de se priver, tant leur nombre semble inépuisable). Sa candidature a été tournée vers la satisfaction immédiate des intérêts de toute une ribambelle de minorités toutes plus égocentrées les unes que les autres. Une union électorale d’intérêts passablement divergents ne produit pas le ciment de solides fondations politiques. Une fois satisfaite dans ses espérances du moment, une minorité reprend le large et ne voue pas un culte permanent au grand sauveur. A contrario, si vous ne tenez pas vos promesses, vous créez un mécontentement tenace. C’est ce qui est arrivé au petit copain de Valérie Trierweiler. Les homosexuels ont eu leur mariage et pestent à présent, comme les autres, contre les taxes tandis que les immigrés qui n’ont toujours pas le droit de vote — qui ne servait qu’à faire monter le FN — en veulent diablement au meilleur ami de Jacques Chirac. Vous multipliez cela par des Bretons écotaxés, des automobilistes harcelés, des travailleurs surfiscalisés, des policiers ridiculisés, des victimes violées dans leurs droits et des voyous sacralisés et vous arrivez aux 15 % d’opinions favorables dévolus actuellement au bidibulle de l’Élysée.

Perpétuer un modèle à bout de souffle

2935620La seule justification à la persistance du socialisme comme méthode de gouvernement réside dans le fait que les politiciens qui le mettent en œuvre sont persuadés que c’est par l’assistanat qu’ils assurent leur pouvoir. Cette assertion est fausse, car leur légitimité est de plus en plus contestée et (car ?) ils n’ont plus que l’apparence du pouvoir. Toutes les décisions échappent assez largement à notre (nos) piteux gouvernement (s). Il n’est qu’à voir le ridicule des dernières propositions à destination des clubs hippiques pour s’en rendre compte. Bruxelles (comprendre les méchants) force la France à appliquer un taux de TVA à 20 % sur une activité qui se voyait taxée à 7 %. On comprend l’émotion d’une filière qui s’en remet, pour les conséquences de la mesure, à l’étude d’impact que le même gouvernement a obligeamment fournie à la Commission pour essayer de l’attendrir : – 6000 emplois… une paille pour un secteur qui, jusqu’ici, ne demandait rien à personne ! De là l’idée, forcément géniale complètement idiote, de Bercy, de compenser la ponction à coup de subventions… Kafka n’est pas mort, il a juste fusionné avec Courteline.

« Si ça bouge : taxez-le ! Si ça continue à bouger : régulez-le !

Si ça s’arrête de bouger : subventionnez-le ! »

Ronald Reagan quarantième Président des États-Unis (1911-2004)

mouton-bonnet-rougeBien sûr, le réflexe premier est de se demander ce que l’Europe peut bien avoir à foutre du taux de TVA applicable aux activités équestres. Cette bande de barges surpayés ferait mieux de se préoccuper des conséquences de la directive organisant le « détachement des travailleurs ». Cette usine à chômage fait que l’on peut importer en toute légalité du peintre, plombier, équarrisseur (rayer la mention inutile) Polonais, Moldave ou Roumain (idem) rémunéré comme s’il œuvrait dans son pays de cocagne, tandis que les nôtres qui coûtent trop cher, se morfondent à Pôle Emploi. Hélas, il y a fort à parier que l’Europe se soucie comme d’une guigne des canassons français. Il est plus que probable que cette activité n’ait simplement pas été, à temps, intégrée dans le champ des activités relevant du taux réduit. Nos « décideurs » allient, en la matière, l’incompétence la plus crasse à la fourberie la plus éhontée. Et ce sont les mêmes qui vont venir nous enfumer avec le populisme qui fait haïr l’Europe, tout en nous rappelant les « zheures-les-plus-sombres-de-notre-histoire ». La gôôche n’a plus d’idée depuis le Front Populaire, elle n’a plus que le monopole de la morale. Elle en est pourtant singulièrement dépourvue.

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 Gribouille fait de l’économie

marianeAvant de se lamenter à longueur d’ondes et de colonnes subventionnées par le contribuable, sur la fin du « consentement à l’impôt » et autre révolte fiscale, il conviendrait de s’interroger sur les causes de ce « désenchantement du rêve français ». Comment se fait il que la Bretagne, terre socialiste depuis 20 ans, sombre ainsi en seulement 18 mois, dans le « populisme » le plus vil, avant que l’on ne dénonce son « nationalisme exacerbé » prélude au couplet sur le ventre fécond de la bête immonde (selon la dernière Vallserie à la mode). À dénombrer, ces derniers temps, les mécontents que génère l’exécutif normal, on en vient à se demander si la matrice de dite bête n’est pas une fabrique de chewing-gums (selon l’excellente expression de mon très estimé confrère H16). Hollande, le Président des 40 voleurs, s’est pris les babouches dans son tapis volant. Ignorant des mécanismes de l’économie de marché, comme seul peut l’être un énarque membre de la Cour des Comptes, il a probablement cru que Robin des Bois était un prix Nobel d’économie. Il a donc décidé d’appliquer ses généreuses théories, pour sauver le pays et sauter « belle Marianne » en prime. Hélas, une fois renversés le Prince Nicolas, son fils Jean et le Shérif de Sablé-sur-Sarthe, la méthode qui consiste à prendre aux riches pour donner aux pauvres a fait long feu. Le riche fout le camp à l’étranger, le pauvre tire tout sauf la croissance et la classe moyenne qui, jusqu’ici, assurait la bonne tenue de la consommation, se recroqueville, comme un boxeur sonné sous les coups bas d’un fisc déchaîné. La conséquence de tout ce gâchis c’est une croissance négative (novlangue pour récession) et une France qui plombe lourdement le timide redémarrage de la zone Euro. Toute ressemblance avec au choix : la Grèce, l’Italie, l’Espagne ou le Portugal n’a rien de fortuit.

bonnets-rouges-taxes-exiles-L-R_d1CxDésargentée, affolée à l’idée de devoir assumer ses erreurs et ses errements populistes, notre élite politique est arrivée au bout de sa logique spoliatrice. Après le travail, elle s’en prend à l’épargne avec un raisonnement confondant d’imbécillité économique : « la justice commande de taxer le capital autant que le travail ». Ne tentez surtout pas d’apprendre à un collectiviste que sans capital il n’y a pas de travail, c’est au-delà de ses capacités cognitives. Le mal français est plus profond. Le fait que, pas un de ces beaux esprits ne se soit demandé si la solution ne consistait pas à réduire le périmètre de l’État afin de pouvoir abaisser la fiscalité du travail au niveau de celle du capital, est très préoccupant. Il est vrai que les moutons ne se tondent pas tout seuls.

Taxer l’épargne : une faute morale

 Taxer l’épargne après avoir alourdi, comme jamais, tous les autres prélèvements qui viennent priver les salariés du droit de jouir des fruits de leur travail est le plus sûr moyen de précipiter un pays vers sa ruine. Ce n’est pas quand la consommation se contracte, faute de liquidités disponibles dans les poches des consommateurs qu’il est judicieux de venir s’attaquer à leurs bas de laine. Contrairement à l’idée que s’en faisait Mitterrand (le grand économiste polygame de Vichy), l’épargnant ne s’enrichit pas en dormant. L’épargne ne tombe pas du ciel. Elle est le résultat d’un comportement économique rationnel qui fait qu’un individu décide, en toute conscience, de ne pas consommer l’intégralité de son revenu disponible. Ce faisant il met une partie de ses ressources de côté « au cas où ». L’épargne, spécialement en France, c’est une sécurité à laquelle on est d’autant plus attaché que les temps sont incertains. S’y attaquer en ce moment, c’est provoquer immédiatement un sentiment de panique, aussi utile à la reprise économique qu’un camp d’entraînement d’Al Qaida  l’est au développement du tourisme de masse.

BONNETS-ROUGES-EN-HOMAGE-A-COUSTEAUL’autre point tout aussi fondamental qui milite pour une non-imposition de l’épargne est justement que cet argent a déjà fait l’objet de prélèvements de toutes sortes. Que les sommes en question aient été héritées (droits de succession) ou retranchées du revenu disponible (après IRPP, TVA, TIPP et autres joyeusetés), l’épargne a déjà subi l’impôt. En remettre une couche au nom de la nécessaire solidarité avec : les nécessiteux, les services publics et tout autre parasite social est une escroquerie drapée dans le compassionnel. La vraie solidarité consiste à permettre aux acteurs privés (associations, fondations, œuvres caritatives) de collecter des fonds pour les répartir entre les personnes qui en ont besoin. Ces institutions le font beaucoup mieux que l’État et – bien qu’un effort en ce sens ne serait pas inutile – gaspillent au passage beaucoup moins que lui en frais généraux (comprendre les salaires des chargés de collecte et redistribution).

atelier-crise-greceVous m’objecterez que ce qui est taxé dans l’épargne, ce sont les plus-values, pas le capital. Demandez donc au Chypriotes grecs ce qu’ils pensent de cette brillante analyse servie par tout ce que la classe jactante compte de mous du neurone dans les journaux vus, parlés et écrits. Certes ils sont grecs et chypriotes de surcroît. Comme chacun le sait : au pays de l’ouzo, le pâtre se dore la pilule au bord d’une mer turquoise en attendant que les grands blonds du nord viennent lui apporter ses subsides. La France est la seconde puissance économique de l’Union Européenne que diable, une vieille démocratie, un pays bien administré et qui jamais ne sombrera dans les travers hellènes. C’est à voir ! La Grèce a été plombée par un secteur public hypertrophié, allié à un clientélisme électoral débridé : nous aussi ! La Grèce a perdu la confiance de ses partenaires par son incapacité à se réformer : nous n’en sommes plus très loin ! La Grèce a affolé les marchés et failli mettre l’Euro par terre, à cause de son incapacité à lever l’impôt : nous y sommes !

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 La procédure parlementaire pour les socialistesNe vous y trompez pas, la fiscalisation de l’épargne (capital et plus value) c’est le dernier pas avant l’abîme. Le Moloch ne tombera pas avant d’avoir tout sucé. Après un choc de simplification qui n’a secoué personne faute d’avoir eu lieu, les socialistes passent la surmultiplié dans l’enfumage en parlant de réforme fiscale. Voir un socialiste réformer l’impôt c’est comme voir un cycliste renoncer à ses « fortifiants », un syndicaliste travailler, un sandwich SNCF appétissant, un percepteur compréhensif, un ministre de la justice répressif ou un député UDI de droite : c’est une vue de l’esprit. Le fait que le lavabo qui sert de Premier ministre débute ses consultations par les syndicats qui, comme chacun le sait, ne représentent que les intérêts du secteur public est très révélateur. La raison d’être des parlementaires est précisément de représenter leurs mandants pour déterminer le budget de la nation et partant, le niveau des prélèvements à opérer sur les revenus des Français. Le fait que l’on noie le Parlement sous une avalanche de textes législatifs inapplicables qui n’ont pour seul objectif que de faire sortir l’infra ministre, auteur du texte en question, de l’obscurité qui le recouvre sitôt passé le « passionnant » débat, n’enlève rien à ce principe. C’est pour obtenir des impôts que les rois ont cédé leurs pouvoirs aux Parlements (plus où moins volontairement et certains ont même perdu la tête dans l’opération). Il n’empêche, terminer ces « consultations » par les politiques, en dit plus long sur la volonté d’aboutir des héritiers de Robespierre que toutes les belles intentions qui ne sont plus écoutées que par ceux qui aiment encore à être dupés.

Cependant, réjouissons-nous, car, dans cette actualité morose et terne, nous avons une lueur d’espoir, une raison d’espérer. Valérie Trierweiler — dont la parole nous manquait — nous a assuré qu’elle était déterminée à ne plus se taire (chouette !). Désormais c’est en s’inspirant de son modèle : Danielle Mitterrand (re chouette !) qu’elle entend participer  au fiasco de son concubin (Danielle, elle, préférait son Cubain moins con qu’hirsute, mais chacun ses goûts). À notre époque le ridicule ne tue plus, il désole tout simplement. Décidément, comme le faisait dire Michel Audiard à Lino Ventura : les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît… alors vous pensez si les connes sont détectables !

Trierweiler

LE PS OU LA GRANDE ILLUSION FISCALE

février 9, 2012

En ce début février, mois de « cristallisation électorale » selon les experts, on ne peut ouvrir un journal, écouter une radio ou regarder une chaine de télévision sans que nous soient chantées les louanges de François Hollande. Le dernier avatar en date de Mitterrand se trouve paré, par ses contempteurs médiatiques, de toutes les vertus qui manquent à l’usurpateur d’origine hongroise. Il est humain, simple, porté sur l’autodérision (quand on se rase tous les matins en face de cette tête là, ça se comprend), pas autoritaire pour deux ronds, bref le mec normal que la France espérait. Le fait que les mêmes louanges aient été chantées à l’obsédé de la braguette, avant son troussage ancillaire, n’émeut personne. Il est vrai que les français sont supposés avoir la mémoire courte. Toute cette flagornerie se limiterait au bonhomme que ce ne serait qu’un moindre mal. Le problème c’est que cette touchante unanimité médiatique, s’étend au programme du rigolo, et là ce n’est plus amusant du tout.

Hollande ou le complexe de Gérard Majax

Modeste et sa si discrète compagne

Depuis sa « naissance », « sa révélation au peuple de gauche », « son envol » du Bourget fin janvier, le « mec normal » et sa journaliste de compagne, se répandent dans toute la presse pour nous expliquer la psyché du « Conducator » de Tulle. Sans doute pour mieux illustrer la pudeur dont il se prétend dépositaire, il nous étale complaisamment le rôle joué par son « facho » de père dans la construction de son humanisme. Pour faire pendant à cette brute, il y avait, heureusement pour la France, la douce figure de gauche d’une mère nimbée de toutes les vertus. Le bon petit n’a pas de mots assez forts pour crier – en toute discrétion – son amour à la réincarnation de Cybèle. On comprend mieux, avec de tels totems psychanalytiques, que l’on ait tendance à considérer les socialistes comme des « sans couilles »[1], à la notable exception de DSK. Bref, plus François Hollande nous répand sa normalité, plus il nous apparaît comme un produit marketing, fabriqué pour coller à l’air du temps médiatique.

Ce que nous taisent, en revanche, soigneusement, les spécialistes du « story telling » qui nous content cette fable doucereuse sur l’enfance du chef, c’est la passion de François pour la magie. C’est sans doute ce tropisme qui dirigea le jeune énarque (promotion Voltaire) vers la Cour des Comptes. Heureusement pour le sérieux de cette institution bicentenaire, le virus de la politique frappa vite et François Mitterrand – qui s’y connaissait en illusionnisme – fit appel à ses talents pour mener, à ses côtés, la politique de nationalisation. Ayant appris le métier avec un Maître, pas étonnant dans ces conditions que ses propositions fiscales ressemblent d’avantage à un tour de bonneteau qu’à une réforme.

Le riche paiera

Pour qu’un tour de magie soit réussi, il convient pour le praticien, d’attirer l’attention de ses spectateurs vers un point extérieur à la scène où se déroule le tour. C’est exactement le coup que nous fait Flamby avec sa réforme. Il fixe l’intérêt de son auditoire sur sa nouvelle tranche à 45% pour les nantis qui gagnent plus de 150 000€ par part. Pour être sûr de son fait, il en rajoute une couche sur « l’égalité valeur fondatrice de la Révolution française » et il déclare la guerre à la finance. Le fait que tout ce salmigondis gauche caviar soit une connerie historique aussi noire que sa teinture ne fait rien à l’affaire. Il y a belle lurette que de nos jours, on n’enseigne plus l’histoire et encore moins celle du droit alors il aurait bien tort de se priver. Un bon magicien est aussi et avant tout un excellent bonimenteur. Pour faire bonne mesure, il jure la main sur le cœur que ses projets  « n’impacteront » (oh le joli mot !) pas les Français, seuls les riches (particuliers et « grosses » entreprises) paieront et le tour est joué. Attentifs à la sémantique comme vous l’êtes, chers lecteurs, vous aurez noté au passage, que selon Saint François des pauvres, ceux qui vont passer à la caisse ne sont pas Français, ils sont juste riches, comme d’autres étaient juifs.

L’illusion semble parfaite, tout du moins auprès des croyants que sont, entre autres, les journalistes (à quelques exceptions près, stipendiées comme il se doit par la corporation). Pour le reste de la population, notamment les classes moyennes en phase de paupérisation avancée, rien n’est moins sûr. Prétendre ponctionner 45 milliards aux seuls « riches » c’est prendre les autres pour des cons. D’abord et avant tout parce que depuis le temps, on devrait savoir où mènent ces belles promesses, puisque à chaque fois qu’un socialiste a promis de faire payer les nantis, ce sont toujours les impôts de ceux, trop riches pour être exemptés mais trop pauvres pour fuir le pays, qui se sont alourdis.

En admettant que les cibles de la furie fiscale Hollandiste aient le potentiel dont le « parti de l’intelligence » les crédite, ces super riches vont surtout super foutre le camp et les illusions semées par les socialistes avec. Qui peut croire, en effet, que les entreprises et les individus concernés vont se laisser plumer au nom d’une solidarité nationale qu’ils alimentent déjà pas mal comme ça, merci pour eux ! Ils ne sont, pas plus que les autres, responsables de la crise actuelle. Ce ne sont pas eux qui creusent depuis 35 ans les déficits et qui n’envisagent même pas que l’Etat puisse un jour adapter ses interventions à ses moyens. La crise de la dette, ce n’est pas la crise du capitalisme mais celui de l’Etat providence qui n’a plus les moyens de prodiguer ses faux droits, à tous les parasites qui lui assurent le pouvoir sur une société exsangue.

Droit dans le mur

Les projets fiscaux de François Hollande sont aussi néfastes en 2012 que les projets économiques de son mentor en 1981. Comme à l’époque, il s’agit pour le premier parti de fonctionnaire de France, d’assurer la survie de ses corporations. Seulement les stratèges de Solférino ne veulent pas voir que nous avons changé d’époque. La mondialisation qu’ils ont portée sur les fonts baptismaux, au nom de leur idéal Européen, rend leurs rêves de grand soir fiscal illusoire. Les hommes et les capitaux sont libres. Les fortunes changent de pays en un clic et les individus en un billet d’avion (ou de Thalys).

Lorsque l’illusion se dissipera, le magicien sera nu sous sa cape et notre pays sera dans la situation de la Grèce. Les gros contribuables auront disparu et le manque à gagner sera réparti sur ceux qui resteront. Ce faisant nous allons vers une grave crise institutionnelle. Si la démocratie suppose de respecter le choix de la majorité quand elle s’exprime, comment qualifier les décisions que celle-ci impose à une minorité. En ces temps de développement durable triomphant, il serait bien que l’on s’applique un saint principe de précaution fiscale. Il conviendrait que l’on répartisse la charge de l’impôt sur l’ensemble de la population, en élargissant l’assiette, plutôt que de la concentrer toujours plus, sur ceux qui ne peuvent s’évader. Il existe bien deux alternatives à cet élargissement honnis, qui presente pourtant l’avantage de rendre aux pauvres leur dignité, en en faisant des contribuables. Je doute simplement que celui qui n’a « jamais rien fait en trente ans de vie politique » – selon la mère de ses enfants – soit l’homme qui porte la révolution fiscale en supprimant les impôts directs en transférant les recettes sur la TVA ou qu’il décide de rétablir le suffrage censitaire.

L’Union Sacrée

Pour idiots et funestes (par les temps qui courent) que soient les projets socialistes, il y a pourtant de fortes chances qu’ils puissent être mis en œuvre dans un proche avenir, compte tenu du rejet dont fait l’objet le « Président sortant ». C’est d’ailleurs bien le paradoxe de cette affaire. L’ineptie des mesures proposées par le syndic de la fonction publique saute aux yeux. Non seulement on ne s’attaque pas au déficit structurel mais on en rajoute une louche dans des dépenses que nous n’avons plus les moyens d’engager. Seulement voilà, comme face à ces sornettes, se présente le type le plus populaire depuis Néron et Caligula réunis, la première absurdité venue passe pour un trait de génie.

Face à ce déchaînement de haine, quelles options s’offrent encore au Président ? Nous l’avons vu dans un précédent papier, il ne peut guère espérer l’emporter que face à Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélanchon. Comme ce n’est pas le scénario de second tour le plus probable, pour le moment, on ne voit pas très bien ce qui pourrait inverser la route vers la défaite annoncée. Les socialistes ne s’y trompent d’ailleurs pas qui, sous couvert de ne pas vendre la peau de l’ours, se répartissent déjà ouvertement les postes. Il faut dire que si vous aviez un jour cru au mythe de l’Etat UMP, vous allez rire avec l’Etat PS. Ils auront tout loisir de mettre le pays à sac pendant deux ans. Jamais la droite, au fait de sa gloire, n’avait eu le Parlement, les Régions, les grandes villes et les départements à sa botte. Il ne restera guère que le Conseil Constitutionnel pour faire contrepoids. C’est bien peu ! Dans ces conditions, tout semble réunit pour tenter un dernier coup de poker.

Vous avez sûrement noté, avec l’attention qui vous caractérise, que depuis que Hollande a levé le voile sur son programme de retour à la croissance façon Papandréou, François Bayrou n’a pas de mots assez durs pour critiquer ce programme. L’ensemble des serials loosers du commentaire politique vous explique que c’est le lot de tout favori que d’être l’objet des critiques des autres. L’explication peine à convaincre, tant elle est courte. Le dieu du Stade de Tulle fait la course en tête depuis la chute du priapique du FMI. Le Béarnais ne l’accable que depuis deux à trois semaines.

En vérité, le « gros coup » promis à ses troupes pour son entrée en campagne, par un Sarkozy plus combatif qu’il ne le devrait –aux vues des sondages – pourrait bien concerner le MODEM. Un ticket Sarko-Bayrou pour sortir le pays de l’ornière et faire front commun face aux projets insensés du PS, voilà qui rebattrait sérieusement les cartes. Finie l’hégémonie UMP, bienvenue au retour de la dualité RPR-UDF à droite. Bien sûr quelques parlementaires grinceront des dents et quelques victimes seront à déplorer dans les rangs du parti majoritaire pour faire place aux nouveaux (r)alliés. Cela dit l’alternative d’un Sarko éliminé dès le premier tour en laissera encore plus sur le carreau. Dans ces conditions, tout est jouable, surtout le plus inattendu.

Ainsi, le mariage de raison entre l’intransigeant Béarnais et le fantasque Altoséquanais pourrait être l’acte fondateur de la nouvelle alliance visant à sauver la France d’un nouveau désastre socialiste. Aucune campagne ne s’écrit d’avance et rien ne se déroule jamais comme prévu, pour ceux qui se voient couronnés avant d’avoir affronté le verdict des urnes. Sarkozy présidant à l’international avec un Bayrou Premier ministre en charge de la réduction des dépenses publiques, face à Gérad Majax et à ses promesses vide de tout sens commun, voilà qui ne manquerait pas de panache. La France n’est pas un pays comme les autres, elle se gouverne mal et les Français aiment à ne pas être prévisibles. Avec les Gaulois, tout est possible même quand on s’acharne à leur faire croire que tout est joué. Rien n’est plus sensible au sable qu’une mécanique bien huilée. Les socialistes devraient le savoir, depuis le temps que leurs projets se grippent.


[1] Dans la mythologie grecque, Attis fut le jeune époux de la déesse phrygienne Cybèle. Cette dernière, née à la fois mâle et femelle, avait été castrée par les dieux. Quand Attis souhaita se marier, Cybèle, qui l’aimait et en était jalouse, le rendit fou si bien qu’il se castra lui-même et se tua. Cette légende offre de nombreuses variantes qui visent à expliquer notamment que les prêtres de Cybèle, les Galles, soient des eunuques. Attis n’apparaît que rarement en Grèce mais, associé à Cybèle, il est une divinité acceptée à Rome et constitua l’un des plus importants cultes à mystères de l’Empire romain.