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UNE JEUNESSE FRANÇAISE

octobre 21, 2010

 

Le mouvement social contre les retraites, que les Cassandres nous prévoyaient immense, s’essouffle. Les professionnels de la désinformation ont beau y mettre toute la force de leurs « convictions » multiples, rien n’y fait, le soufflé retombe. Notre pays se fait une raison, il va bien falloir travailler plus longtemps. Cette perspective, effrayante pour tout « progressiste » qui se respecte, doit être vigoureusement combattue. A l’apathie d’une France résignée doit donc logiquement répondre la flamme de la jeunesse.

Qui donc est foutu quand « la jeunesse est dans la rue » ?

Lorsque tout est perdu, les « forces du bien » font donner l’artillerie : les jeunes. Cette espèce de manifestant est si particulière à la France qu’elle vaut le coup que l’on s’y arrête un instant. Tout d’abord, qu’est-ce qu’un « jeune » ?

Le jeune, c’est ce que l’on sort du chapeau quand on est à court d’arguments, ou lorsque l’on n’arrive plus à convaincre personne. Tout juste sorti de l’œuf, le jeune est vierge de toute expérience et partant, de toute conviction :  il est donc, en cela, aisément manipulable. C’est d’ailleurs à cela que s’emploie,  dès son plus jeune âge, une horde de « pédagogues » obligeamment rémunérés par nos impôts pour lui farcir la tête avec les lubies les plus farfelues en vogue à l’extrême gauche. Une fois formé, le petit « garde rouge » pourra servir dans toutes les tentatives « progressistes » pour imposer de force un monde meilleur… pour ses aînés. Comme il symbolise l’avenir, on peut tout lui faire endosser, bref il est la justification de toute lutte. Dans le cas qui nous occupe, le problème c’est que le jeune crétin qui manifeste aujourd’hui, c’est aussi celui qui payera demain les emprunts faits sur son dos par ses bons à rien de parents ou grands parents, pendant tout Le temps qu’auront duré leurs gabegies. L’avenir de nos retraites, c’est lui : et c’est bien là que le bât blesse.

Ce qui est très remarquable dans l’irruption de la « jeunesse » dans la contestation de ce que le gouvernement prétend, sans rire, être une « réforme des retraites », c’est l’âge des « jeunes » qui se jettent dans la bataille. Il ne s’agit pas d‘étudiants, soutiers traditionnels des délires socialistes, mais de lycéens.

Si la manipulation porte sur les boutonneux c’est que leurs aînés ont, après le Biactol, découvert qu’ils pouvaient se servir de leurs neurones. Pas un étudiant, sérieux, n’achètera le mythe malthusien cher aux socialistes et que reprennent en chœur les décérébrés en attente du bac : que reculer l’âge de départ à la retraite, ce serait faire moins de place aux jeunes sur le marché du travail.  Il faut être à peine tombé du nid pour croire encore à ces fadaises-là. Si cette corrélation existait ailleurs que dans l’esprit brumeux des professeurs  « d’économie » du secondaire fidèles lecteurs de Libération et Télérama, nous n’aurions pas le plus fort taux de chômage des moins de 25 ans de toute l’Europe, tout en ayant l’âge de départ en retraite le plus bas.

En vérité, si l’on trouve tant de lycéens dans les cortèges, c’est qu’ils sont vraiment les seuls à être manipulables à ce point, et cela en dit long sur la réalité de la « mobilisation ».

L’inavouable querelle des chiffres

Selon que les estimations sont fournies par la police ou les syndicats, le nombre des « batteurs de pavés » varie du simple au triple. Si les journalistes ne tiraient pas des conclusions hasardeuses de ces chiffres de participation quant à la « vitalité » du mouvement, cela n’aurait guère d’importance. Or, nos médias conditionnent le succès des revendications  au nombre des manifestants qui les portent. Les chiffres deviennent donc déterminants car c’est  par eux que passe la manipulation de l’opinion. Lors des cortèges du mardi 12 octobre à Paris, les syndicats ont dénombré 300 000 participants, la police 89 000 et Médiapart, dont les amitiés avec le pouvoir sont de notoriété publique depuis l’affaire Bettencourt : 76 000.

Si maintenant les « camarades » journalistes sabotent le mouvement en « donnant » encore moins de manifestants que la police, il y a de quoi « désespérer Billancourt ». Il convient donc de réagir et de faire descendre les pubères dans la rue. La boucle est bouclée.

La France pays des Droits de l’Homme … pré-pubère :

Vu de l’étranger, l’irruption dans le débat des retraites de nos chers lycéens a de quoi surprendre. Des gamins à peine sortis des jupes de leurs mères auraient une idée suffisamment précise de leur avenir pour prétendre avoir voix au chapitre. Alors que ces braillards n’ont aucune idée du métier qu’ils vont exercer, ils savent déjà à quelle retraite ils vont pouvoir prétendre. Penser à la fin de sa vie avant de l’avoir commencée voilà qui s’appelle être prévoyant. Si l’on continue sur cette pente-là, d’ici peu les conventions-obsèques vont se multiplier dans le Primaire…

Il faut dire que, depuis le temps que l’on place nos gamins au centre du monde, ils ont fini par se prendre au jeu. On nous abreuve en permanence de leurs droits, tandis que les seuls devoirs qu’ils connaissent, encore que très imparfaitement chez certains, sont ceux qu’on leur demande parfois de faire à la maison en rentrant de l’école. Il ne faut surtout pas traumatiser les petits chéris de peur qu’ils ne deviennent psychopathes (ou libéraux !). Il est amusant de voir, alors que l’on n’a jamais pris autant de précautions pour les protéger de tout, que les militants d’ultra-gauche, qui en ont théoriquement la garde lorsqu’ils franchissent les portes de l’école « laïque, obligatoire et républicaine », les précipitent aussi allègrement dans les rues.

Pax socialista

En réalité, les plus déterminés des syndicalistes et les plus cyniques de nos politiciens se rejoignent pour faire de ces petits moutons de la chair à canon. C’est en toute connaissance de cause qu’ils les poussent à l’action, avec le secret espoir que l’un d’entre eux sera la victime d’une bavure policière qui contraindra le gouvernement à abandonner son texte. Avec ses complices du parti socialiste et les morts-vivants de l’ultra gauche, la FSU ne demanderait vraiment pas mieux qu’un nouveau Malik Oussekine.

A l’aune de ces calculs, on comprend mieux les délires mystico-religieux de Sainte Ségolène de Poitiers ou les appels compulsifs de la mère Martine sur le thème de la paix sociale et des risques d’affrontements. Nos deux commères prennent date. Qu’un acnéique vienne à périr sous les coups d’un CRS qui en aura plein le dos de recevoir sa cinquième poubelle enflammée, et nous verrons les deux harpies rivaliser de jactance sur le thème du « je vous l’avais bien dit ».

Malheureusement pour ces charognards, si une chose fonctionne encore bien en France, c’est la police. Contrairement aux élucubrations des gauchistes, nos forces de l’ordre sont douées d’une solide maîtrise de leurs nerfs et les accidents sont extrêmement rares rapportés à la violence dont usent quotidiennement à leur endroit les plus extrémistes des manifestants qui n’ont, eux, rien de pacifique.

Alors que même les forçats du rail lâchent la rampe, que les privilégiés de chez Total tentent de nous rejouer Germinal, le mouvement s’essouffle.  Les sondages bidonnés ne parviennent plus à mobiliser une opinion qui si, elle ne se réjouit pas d’avoir à travailler plus longtemps, n’en voit pas moins l’inéluctabilité de cette mesure. En désespoir de cause, on s’en remet aux plus jeunes pour tenter de faire reculer le gouvernement. Il est d’ailleurs très paradoxal de voir ceux qui vont se faire plumer défiler main dans la main avec les responsables du hold-up dont ils vont devoir payer les conséquences leur vie durant. Ces choses là ne se voient qu’en France : c’est sans doute cela l’exception culturelle.

 

 

SORTIE DE CRISE

juin 15, 2010

Alors que l’été approche et que la Coupe du Monde, le Tour de France et les marronniers du mois d’août sur la sexualité des Français s’apprêtent à nous faire oublier les difficultés qui nous encerclent, nos économies patinent et les perspectives ne sont guère encourageantes, du moins sous nos latitudes. Si la crise de la dette privée s’est propagée à celle des Etats, le phénomène semble se concentrer surtout sur l’Europe, où elle se conjugue à une croissance structurellement atone pour nous entraîner vers une sévère dépression. Nous allons devoir, dans l’urgence, procéder aux ajustements, sans cesse repoussés, afin de redonner du tonus à notre production et renouer avec une croissance qui repart dans le reste du monde.

Libérer le travail pour retrouver la croissance

Pour retrouver notre dynamisme économique, nous allons devoir réviser complètement notre modèle de société. Dans la « vieille Europe », le travail est une aliénation qu’il convient de rendre supportable par une foule de mécanismes destinés à en faire toujours moins. Avoir inventé le marxisme est un péché que nous n’avons pas fini d’expier. Ce qui, au départ, était conçu comme un filet de sécurité destiné à protéger les plus fragiles est devenu, au fil des ans, une usine à entretenir la précarité. Pourquoi travailler dès lors que l’on gagne presque autant en ne faisant rien … de déclaré ?

Si « rendre sa valeur au travail » apparaît aujourd’hui comme un slogan un peu rouillé c’est qu’il a été galvaudé par une surutilisation politicienne et non par l’application politique, toujours refusée, des principes qu’il sous-tend. Notre Président a dressé un bon constat pour se faire élire ; il a juste omis, comme nombre de ses prédécesseurs, d’y apporter la réponse correspondante. On s’est contenté de demi-mesures qui, pour aller dans le bon sens, n’en sont pas moins insuffisantes au regard des enjeux. L’auto-entrepreneuriat c’est une bonne idée, essentiellement fiscale. Elle a permis, comme les mesures de 1994 pour les emplois familiaux, de fiscaliser une grande partie des activités autrefois non déclarées. « Travailler plus pour gagner plus », c’est un bon slogan qui contient cependant une part trop importante de conditionnel. Ce que les Français attendent c’est de « gagner plus en travaillant plus », ce qui n’est pas exactement la même chose.

Le travailleur vu par ... le Syndicat Général de l'Education Nationale

Jusqu’à présent, ça a même été le contraire. Une bonne part de l’échec de la gauche, avec ses trente-cinq heures, vient du surcroît de travail que cette mesure a imposé. Cette affirmation n’est paradoxale qu’en apparence : faire en trente-cinq heures ce que l’on faisait auparavant en trente-neuf, intensifie le rythme de travail. Comme les salaires ont été gelés pour faire passer cette « conquête sociale », les salariés ont donc eu le sentiment, justifié, de travailler plus pour gagner moins.

Il convient donc de repenser le rapport au travail et de cesser de subventionner les moyens d’en faire le moins possible, pour a contrario revaloriser les possibilités d’en faire plus. Le problème, c’est que notre système de « redistribution » sociale est attaché aux salaires. Il faut donc alléger les charges qui pèsent sur ceux-ci sans creuser les déficits, d’où la nécessité de remettre à plat nos dispositifs sociaux.

Repenser notre modèle social

Notre système de « redistribution » sociale nous menant, grâce à ses déficits abyssaux, tout droit dans le mur dressé sur notre chemin par des marchés financiers aussi « dérégulés qu’apatrides », il est urgent de profiter de l’occasion pour revenir aux fondamentaux.

Il serait utile, dans un premier temps, de redéfinir les conditions dans lesquelles sont accordées ces aides généreuses. Le principe de toute assurance étant d’y avoir contribué avant d’en tirer bénéfice, il conviendrait de cesser de donner des droits de tirage à toute la misère du monde qui vient s’échouer ou que l’on échoue sur nos côtes. Dans le même élan, il faut avoir le courage de mettre un terme au regroupement familial qui fait supporter à la collectivité des dépenses sans commune mesure avec les gains enregistrés comme le démontre excellemment Michèle Tribalat dans son dernier ouvrage[1]. La natalité n’est pas une fin en soi. Si l’on ne parvient pas à faire suffisamment d’enfants pour payer nos retraites, il n’est pas sûr qu’importer de futurs chômeurs soit la solution à ce problème. Surtout si avant de le devenir, ils ont absorbé, pour un résultat nul, toutes les ressources dévolues par la société, à l’éducation d’une jeunesse de moins en moins nationale.

Enfin, la retraite par répartition doit évoluer vers un système incluant une part variable de capitalisation. Le mythe de l’égalité sous-tendu par notre organisation actuelle n’existe que dans l’esprit étriqué des démagogues socialistes. Les pensions versées à un artisan, un professionnel libéral, un OS de chez Renault ou un paysan sont-elles proches de celles d’un professeur, d’un cheminot, d’un électricien ou d’un gazier ? Bien sûr que non et ce sont les cotisations versées par les premiers, presque à fonds perdus à voir ce qu’ils en retirent, qui financent celles généreusement versées aux seconds. Pas étonnant dans ces conditions que rue de Solférino, le PEN (Parti de l’Education Nationale) s’accroche mordicus à cette fiction de la répartition.

Les replâtrages actuels ne sont qu’une mise en bouche, le pire est à venir. Il est grand temps  de prévoir une poire pour la soif. Nous sommes, avec le départ des « baby-boomers », aux portes du désert démographique, préoccupons-nous de réunir les chameaux qui nous mèneront  vers la prochaine oasis. Encore faut-il, pour ce faire, que l’Etat n’obère pas nos possibilités d’épargne à grands coups d’impôts destinées à colmater les brèches dans la coque d’un rafiot qui tient plus du bathyscaphe que de la frégate. « Fluctuat Nec Mergitur », c’est déjà douteux pour le Paris de Delanoë ; alors, appliqué à la France soviétiforme de la Sécurité Sociale…

Une meilleure répartition de la richesse

Nous devons, dans le même temps, repenser le moyen de répartir la richesse nationale. Depuis trente ans, la statistique note invariablement une progression du pouvoir d’achat des Français. Pourtant, dans le même temps il est de plus en plus difficile à la grande masse d’entre eux d’être propriétaires de leur logement, de partir en vacances comme le faisaient leurs parents et ainsi de suite. La richesse augmente puisque l’INSEE l’affirme, mais ce que nos statisticiens ne disent pas c’est qu’elle se concentre. Toujours plus de revenus, répartis entre toujours moins de ménages, telle est la réalité de la France d’aujourd’hui. Contrairement aux théories qui veulent que l’enrichissement des uns, profite à l’ensemble, la mondialisation, en rétrécissant à l’excès le nombre de ses bénéficiaires, paupérise le reste de la nation.

Délocalisation

Depuis vingt ans nous vivons dans le culte du toujours moins cher. C’est parce que la ménagère est supposée préférer acheter ses chaussettes « au meilleur prix » que l’on ferme les usines textiles à tour de bras pour aller se fournir en Chine. Le « made in France » n’est plus un critère de choix. C’est vrai qu’à force de cracher sur le drapeau, il est difficile d’en appeler au patriotisme économique. On oublie au passage que l’ouvrière des filatures du Nord au chômage ne consommera plus comme avant. A force de négliger le fait que ses salariés sont aussi ses consommateurs, le capitalisme s’égare dans les mirages d’un monde qui n’a rien du village global chanté par les sirènes de la mondialisation.

Tout n’est pas pour autant perdu pour tout le monde dans cette affaire. Contrairement à ce que l’on nous a seriné sur tous les tons depuis vingt ans, la mondialisation c’est la crise et non la prospérité, mais elle a son utilité pour certains. C’est en prenant appuis sur elle, et en jouant sur l’immigration illégale pour générer une pression constante à la baisse sur les salaires,  que le patronat a pulvérisé le socle de consommation intérieure sur lequel il était assis. Aveuglés par les alléchantes promesses d’un monde idéal car sans frontières où leurs gains allaient être démultipliés, les « petits patrons » sont tombés dans le panneau tendu par les grosses multinationales qui n’avaient rien à redouter de la concurrence des pays à bas coût de main-d’œuvre, bien au contraire. L’ouverture de nos marchés aux marchandises du tiers-monde s’est faite pour le bénéfice de nos « champions nationaux » de l’export en solvabilisant les marchés émergents, au détriment de nos industries de main-d’œuvre. C’est qu’il faut en acheter, des pantalons chinois, pour payer un A380. Quand on constate les ravages de cette politique imbécile on se demande s’il n’aurait pas été plus rentable de les leur offrir, ces foutus avions. Ces opérations qui visent à substituer aux productions nationales des marchandises importées, produites à bas coût, génèrent une masse considérable de profits. Outre les grandes entreprises exportatrices sus-mentionnées, ceux-ci sont répartis dans très peu de mains : celles des importateurs et des distributeurs. La concentration excessive des richesses que nous dénonçons s’explique par ce petit nombre de bénéficiaires.

Une preuve supplémentaire que nous marchons sur la tête vient de nous être donnée ce week-end par Louis Gallois. Interrogé sur Europe 1, le PDG d’EADS a précisé que l’ambition de son groupe était de délocaliser ses productions à venir en Inde, en Chine et au Brésil. Si ce qui nous sert d’Etat laisse faire le « brave » homme qu’il subventionne à tours de bras avec notre argent, il n’est plus besoin de se préoccuper de l’avenir de nos industries : nous n’en aurons plus !

Depuis les années Mitterrand, les gains de productivité se sont faits au détriment des salariés et au bénéfice des actionnaires. Le pouvoir d’achat de ceux qui n’ont que leurs salaires pour unique source de revenu n’a cessé de se dégrader, notamment – mais pas seulement – en raison de la fin de l’inflation. Il valait mieux avoir un capital foncier ou boursier pour s’en sortir ces dernières années car, dans nos pays, une économie de rente s’est substituée à une économie de production. Si nous voulons avoir un avenir, il faut recommencer à produire. Nous devons garder jalousement nos savoir-faire tout en valorisant le travail de tous les maillons de la chaîne. La demande intérieure doit être soutenue et les entreprises incitées à augmenter les salaires.  Pour y parvenir, il faut relancer la participation, baisser les charges qui pèsent sur le travail tout en en réorientant une partie sur le capital et réorganiser en profondeur les conditions dans lesquelles les aides sociales sont allouées. Nous devons parallèlement nous prémunir contre les distorsions de concurrence dues à de trop fortes disparités sociales en instaurant des droits spécifiques à l’importation. Si nous n’avons pas stupidement exporté notre savoir-faire, il y a peu de chance que nos « amis » émergents cessent, par mesure de rétorsion, de nous acheter les avions, les centrales nucléaires et autres TGV qu’ils ne savent pas fabriquer : « si vis pacem para bellum »[2]

Conclusion

Le premier rôle d’un Etat c’est de protéger ses citoyens, pas d’organiser le développement du commerce de ses lointains voisins. Les Chinois comme les Brésiliens se foutent pas mal de nos déficits tant que nous continuons à leur acheter la camelote que nous sommes désormais incapables de produire chez nous. Ils nous prêtaient même l’argent pour le faire. Comme il semble qu’ils deviennent, maintenant, réticents à cette idée, à en juger par les difficultés que nous traversons, pourquoi hésiterions-nous à taxer leurs produits ? L’inflation galope chez eux, poussant leurs ouvriers à exiger des hausses de salaires. Aidons le prolétariat « émergent » dans son juste combat, en alourdissant un peu plus, par des droits de douane appropriés, leurs coûts de production. Ainsi, l’écart se réduira et qui sait si notre vertueuse politique n’incitera pas, au final, leurs gouvernements, à prendre en considération les conditions de vie exécrables que leur modèle de développement impose à leurs populations ?

L’Europe, que l’on dit distante et peu concrète, y gagnerait, auprès de ses citoyens, en visibilité et en affectivité ce qu’elle perdrait en naïveté aux yeux du reste du monde. On ne respecte que les forts. Etre les seuls à défendre les principes d’un libre échange sur lequel tout le monde s’assoit, ne nous amène guère de considération et ne nous protège de rien du tout, comme la crise grecque le démontre amplement.

Le rêve européen n’est pas mort avec les subprimes. Les grandes crises appellent les grandes résolutions et l’Europe peut même y trouver, enfin, les moyens de son éclosion. Encore faut-il pour ce faire, que ses dirigeants la sortent de l’apathie dans laquelle leur attentisme l’a plongée.


[1] Michèle Tribalat, Les Yeux grands fermés, éditions Denoël

[2] « Si tu veux la paix, prépare la guerre »  proverbe romain

Les retraites, l’Iran, la Burqa … les mécomptes du PS

mai 25, 2010

Les socialistes viennent enfin, après bien des atermoiements, d’accoucher de leurs « propositions »sur la « réforme des retraites ». Plus habituée, depuis les trente-cinq heures, à la confrontation qu’à la concertation, Martine Aubry avait dans un premier temps raillé le gouvernement pour avoir ouvert le « débat » sans  avoir dans sa manche, comme elle en son temps, un projet tout ficelé à fourguer aux masses ébahies. Sans craindre la contradiction, elle s’est ensuite offusquée du manque d’écoute, lorsque les services du Premier ministre ont publiés en fin de semaine dernière leur Document d’orientation sur la réforme des retraites.

Le problème, c’est qu’à force d’attendre que tout soit sur la table, de ne rien divulguer de ses « géniales » intentions de peur que le Méchant Sarkozy ne les reprenne à son compte, on finit par endosser le rôle, peu enviable en politique, de la Grosse Buse de service.

Il faut dire que l’exercice est compliqué pour un parti dont les multiples têtes, plus ou moins pensantes, ne sont d’accord sur rien. Pour résoudre l’équation impossible on a donc décidé … de ne rien décider.

Bien sûr, la femme de l’un des avocats les plus en vue dans le monde des islamistes sait y faire en matière d’écran de fumée. Aussi la rue de Solferino accouche-t-elle d’un texte fourre-tout, comme à son habitude, dont la principale qualité n’est pas le réalisme mais l’art de ménager la Chèvre et le Chou. On  notera au passage que si personne ne s’est opposé à cet « attrape-tout » électoral, les plus pragmatiques, ou les moins démagogues, des socialistes – c’est selon – Manuel Valls, Malek Boutih et Gérard Collomb, ne l’ont pas approuvé pour autant.

Les Bonnes Recettes de Mamie Martine

Sans surprise, la Fille de son Père, nous propose … de ne rien changer à nos habitudes. Le dogme, un temps par elle écorné, du départ à 60 ans est, désormais, érigé en tabou absolu. Logiquement, donc, le projet s’articule autour de ce totem. Comme on n’allonge pas la durée de cotisation, on taxera à tout va !

Le Capital étant, comme chacun sait, l’ennemi du Travail, c’est là que se trouvent, sans aucune Méditations Poétiques pour la Martine, les gisements d’« inépuisables » ressources fiscales. Il conviendrait donc d’augmenter les « prélèvements » sur les bonus et les stock-options. Voilà une mesure qui ne mange pas le pain du bon peuple, tant le nombre des bénéficiaires est réduit. Le revers de cette médaille là c’est que, par ce fait même, cette ponction « indolore » ne résoudra pas plus le problème des retraites que « l’entaille » UMP dans le bouclier fiscal. Autant y aller franco, donc, en portant la ponction de 5 à 38 %.

La CSG sur les revenus du capital, elle, serait portée de 4 à 20 %. Présenté comme ça, tout le monde peut être pour : on s’imagine que les méchants spéculateurs et ces profiteurs de rentiers vont être mis à contribution. Erreur ! Le capital dans l’esprit des collectivistes : c’est l’épargne. Cette dernière est précisément ce qui vous reste de vos revenus quand vous avez payé vos impôts et vos factures. La double peine disparaît pour les délinquants étrangers, mais pas pour les salariés assujettis à l’IRPP. Citoyens, préparez vos assurances-vies, les féroces soldats socialistes mugissent déjà dans nos campagnes.

Comme le compte n’y est pas, on augmenterait au passage, sans avoir en avoir l’air,  de 0,5% cet impôt extrêmement populaire et social qu’est la TVA. Pour faire bonne mesure et ne pas être en reste, on augmenterait aussi les « cotisations salariales et patronales ». Le but de cette purge est de permettre le départ à 60 ans des « baby-boomers » et le maintien des privilèges exorbitants des salariés du « service public ». La « solidarité nationale entre les générations » c’est le terme socialiste pour tondre encore plus à ras ces moutons de contribuables.

La Démocratie participative rue de Solferino

Comme il faut faire mode, on nous sert une dose de « Care ». On propose une retraite à la carte avec bonus de pension pour ceux qui partent après l’âge légal « totémisé », sans préciser pour autant avec quel argent on paierait pareil dispositif. Les fonctionnaires ne sont évidemment pas les perdants de cette escroquerie : en-dehors de ceux qui bénéficient d’un emploi à vie, qui pourra avoir le nombre de trimestres suffisant pour bénéficier de ces surcotes ? On pense, pareillement, favoriser l’emploi des seniors en taxant les entreprises qui ne joueraient pas le jeu. On escompte, même, tirer 6 milliards d’euros de cette mesure. Voilà une bien curieuse conception de la pérennité des ressources fiscales. De deux choses l’une : soit cette imposition a l’effet attendu et les rentrées fiscales se tarissent, soit elle ne marche pas et on peut légitimement se poser la question de son utilité sur le long terme.

Comme toujours, on trouvera des « commentateurs » dans notre médiacratie pour louer pareilles mesures marquées du sceau de la « justice sociale ». A ce niveau de cécité, il est urgent de s’interroger sur l’orthographe qu’il convient de donner au mot « sceau » …

A force de s’opposer à tout on en devient stupide

Jusqu’à ces derniers jours, les héritiers de Jaurès nous avaient relativement épargnés en matière de politique étrangère. Ils avaient bien essayé, de ci, de là, de nous enfumer sur quelques « droits-de-l’hommeries » et autres complexes venus des « heures les plus sombres de notre histoire » mais les excès de l’Illuminée du Poitou en matière d’excuses et de contritions à destination de la planète entière les avaient, jusqu’ici, un peu refroidis dans leurs ardeurs.

Clotilde Reiss libre

C’était sans compter sur leur passion toute récente pour la transparence. Le retour de Clotilde Reiss retenue en otage par les Barbus de Téhéran leur a fournit une belle occasion de se ridiculiser. Réclamant à cor et à cris, une épée et une bassine, ils ont donné un puissant coup d’épée dans l’eau par l’intermédiaire de leur sémillant porte-parole, le toujours avenant Benoît Hamon. L’aspirant à redevenir parlementaire, en charge de la propagande, a exigé que toute la lumière soit faite sur les conditions, à ses yeux scandaleuses, auxquelles le gouvernement avait obtenu le retour de l’otage des mollahs.

Malgré les dénégations de circonstances, force est de constater que nous avons bel et bien échangé notre ressortissante contre un VRP du nucléaire et un odieux assassin. C’est regrettable mais c’est ainsi. Il semble que ce troc soit plus à mettre au discrédit de l’Iran qu’à celui de la France tant il met en lumière les méthodes de voyous des successeurs de Khomeiny. Il faut être sans vergogne pour polémiquer car, enfin, qu’elle était l’alternative ? La pureté socialiste exigeait-elle que Clothilde Reiss croupisse des années dans les geôles iraniennes pour que le meurtrier de Chapour Bakhtiar puisse continuer de purger une peine de perpétuité dont la période de sûreté était terminée et que l’on puisse extrader l’ingénieur nucléaire iranien vers Guantanamo ? Il me semblait pourtant avoir entendu les Humanistes de Solferino nous expliquer que l’Amérique était un enfer judicaire et que la perpétuité était une peine inhumaine. Ce sont ces mêmes Consciences qui poussaient des cris d’orfraie quand le Président a voulu rallonger la peine incompressible. Il est certain que ce genre de cas de conscience ne se posait pas du temps où l’invention du bon docteur Guillotin était en fonction, mais c’était avant qu’en 1981  nous ne passions « de l’ombre à la lumière ».

Voile intégral … vide sidéral

Cette gauche morale qui donne des leçons à tout le monde, n’en finit plus de se déconsidérer devant le péril islamiste. Les vieux réflexes tiers-mondistes hérités de sa jeunesse soixante-huitarde refont surface. Pour eux, l’islam ne saurait être extrémiste puisqu’elle est la religion des Opprimés, celle des victimes du Racisme Ordinaire. C’est oublier un peu vite les tendances hégémoniques de cette religion qui ne se cantonne pas à la sphère privée, comme on nous le serine à l’envie, mais qui entend, bien au contraire, gouverner les affaires du temps et les rapports entre les hommes selon ses critères exclusifs. C’est cet absolu du spirituel qui rend problématique l’assimilation des nouveaux arrivants. Le fait qu’ils aient le plus grand mal à se départir de ces mœurs moyenâgeuses rend les sociétés hôtes méfiantes à leur endroit. Nous ne nous sommes pas libérés de la tutelle des églises pour nous voir imposer celle de l’Imam du coin au nom du Respect du droit à la Différence. Prétendre que les difficultés auxquelles nous sommes confrontés seraient dues au seul « racisme » des natifs est une contre vérité autant qu’une systématisation abusive dont le principe s’inspire en tout point des tares que l’on prétend combattre.

En s’obstinant à refuser cette vérité, les socialistes se déconsidèrent, en votant une simple résolution parlementaire condamnant le port du voile intégral en France, tout en refusant de condamner, par la loi, la pratique de cette coutume sectaire. Comme dans bien d’autres cas, là encore, il s’agit de s’opposer à Nicolas Sarkozy, pour le principe. Aucune alternative n’est proposée. S’en remettre à l’avis du Conseil d’Etat revient à donner du temps aux « fascislamistes » et à désespérer les assimilationnistes. Sous prétexte que nos gouvernements signent n’importe quelle convention sans en mesurer les conséquences dès qu’il s’agit de faire le paon devant trois douzaines d’apparatchiks des droits de l’homme, il conviendrait de respecter des pratiques obscurantistes ouvertement liberticides. Ce que ces « grands libéraux» de Saoudiens ne tolèrent pas à La Mecque, nos soi- disant « sages » qui conseillent si mal l’Etat en la matière l’encourageraient presque sur les bords de la Seine. Si l’on avait suivi les recommandations de cet aréopage de grands courageux, nos lycées seraient pleins de jeunes filles voilées au nom de la préservation de leur pudeur « offensée par le regard des non musulmans ».

Il n’est pas interdit d’être intelligent quand on est socialiste. Manuel Valls qui pratique le « multiculturalisme » au quotidien en est un exemple. Lui qui vient, le 18 mai dernier, à Montreuil, d’être confronté à l’expression violente de la « tolérance » des islamistes lors d’un débat organisé par l’association Ni putes Ni soumises sur le sujet, a déclaré qu’il la voterait, cette loi. Il restera une exception dans un parti qui a préféré, de tout temps, si l’on peut dire, se voiler la face. Cela étant, rien ne prouve qu’il ne fera pas école : il doit encore rester au pays des éléphants roses quelques dinosaures voltairiens qui ne doivent pas précisément porter les fanatiques du Prophètes dans leur cœur laïc.

Les socialistes ne deviendront crédibles, que lorsqu’ils auront été rattrapés par la réalité,  tant sur la fiscalité, l’économie, les relations internationales et les mœurs que sur la politique migratoire. On leur prêtera attention quand ils cesseront de vouloir mêler politique et bon sentiments, conduite des affaires publiques et moralisme à sens unique. Alors leurs programmes offriront une vraie alternative et non une succession de promesses intenables car gagées sur le vent dont on ne gonfle ses voiles que lorsque l’on est dans l’opposition. Le réalisme n’a jamais nui. Prendre les électeurs pour autre chose que des imbéciles dotés d’une mémoire de poisson rouge, non plus.