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LE PEN, MELENCHON, MEME COMBAT !

juillet 2, 2010

Depuis la crise financière de l’automne 2008, nous sommes entrés dans un nouveau monde. Un monde où l’argent des autres ne vient plus aussi facilement pallier les ajustements sans cesse repoussés aux calendes … grecques. Cette limite, théorique puisque l’on ne l’atteint jamais, ce sont justement les Grecs qui l’ont dépassée en janvier dernier. La Planète des cigales keynésiennes s’est alors rendue compte avec effroi que tout avait un terme. Fini le temps des promesses qui flattent le populo dans le sens du portefeuille. Terminée l’euphorie des lendemains qui chantent financée à crédit par les petites fourmis asiatiques. Les premières à en souffrir sont les terres traditionnelles, gréco-latines, de l’insouciance socialiste. Elles ont en commun, avec la France ne l’oublions pas, d’être baignées par la Méditerranée. Il faut, d’urgence, revoir de fond en comble notre modèle social sous peine de sentir le monde se dérober sous nos pieds.

La chasse au Gaspi

Il convient donc de faire des économies et, comme aux temps glorieux du choc pétrolier des années 70, l’administration relance chez nous la chasse au Gaspi. Vaste programme aurait dit De Gaulle, tant la responsabilité de cette dernière est grande en la matière. Il n’y a, en effet, pire panier percé qu’une administration qui a fonctionné en roue libre pendant tant d’années. La lâcheté insigne de nos gouvernants depuis trente ans a conduit, au nom de la paix sociale, à tout lâcher aux syndicats. Le montant des sommes engagées est devenu, avec le nombre de fonctionnaires, le seul critère d’efficacité d’une politique publique : dis-moi quel est ton budget et je te dirai si tu es sérieux. Etudier le rendement d’une mesure, l’impact d’une décision ou la pertinence d’une dépense tient du blasphème contre les Saintes Ecritures de la « comptabilité publique » qui, pour la bien-pensance syndicale, se résume en trois mots : un, deux, beaucoup.

Le service public à la française

Il n’est pas étonnant que, dans de telles conditions de glorification permanente de la gabegie, la période de vaches maigres qui s’annonce soit particulièrement redoutée. Nous n’avons jamais vraiment commencé à nous adapter et on nous a fait prendre des mesurettes pour de grandes réformes. Nous nous sommes toujours comportés comme des cigales pour protéger les « avantages-acquis-du-service-public-à-la-française » au prix d’un taux de chômage proprement ahurissant. Quand on aime, pour la gauche, ou quand on risque le blocage, pour la droite, on ne compte pas, et nos politiciens n’ont jamais été avares avec notre argent. Seulement voilà : tout a un terme et, comme on ne peut plus tondre davantage la France exposée, il va bien falloir revenir sur les privilèges de la France protégée. Comment y parvenir sans trop de casse, dans ce pays qui n’a plus les moyens de ses ambitions ?

Depuis des années, nos dirigeants transfèrent leurs pouvoirs à l’Europe dans l’opacité la plus totale. Le peuple étant soigneusement tenu à l’écart de ce bonneteau institutionnel on a refusé, pour ne pas l’alerter, de mettre en œuvre les mesures d’ajustement rendues nécessaires par la convergence que sous-tend l’aventure – le mot est juste – européenne. Tout au plus a-t-on consenti, dans la douleur et en nous pinçant le nez, à plus ou moins modifier, notre organisation économique en démantelant certains de nos monopoles publics. Nous nous sommes bien gardés, jusqu’ici, de toucher au cœur du système et à nos millions de fonctionnaires. Résultat : des déficits abyssaux car nous nous embarquons dans une frégate avec un équipage de porte-avions. Il arrive un moment où nous allons devoir faire un choix : nous adapter ou quitter le navire.

L’Europe : ce choix jamais assumé

Au nom de la construction européenne, nous avons abandonné des pans entiers de nos prérogatives régaliennes à des instances qui, pour être internationales, n’en sont pas moins bureaucratiques. Le fait que ce mouvement, vieux de trente ans, coïncide presque exactement avec le début d’une politique de déficits budgétaires systématiques, n’est pas le fruit du hasard.

A ce transfert de compétences a correspondu naturellement une démission du pouvoir politique au profit des « experts ». Quoi de plus naturel, pour des élus qui n’ont plus les moyens de mener à bien leurs programmes, que de se décharger de leurs responsabilités sur autrui. Le « c’est-pas-ma-faute-j’aurais-bien-voulu-mais-c’est-Bruxelles-qui-veut-pas », est devenu l’antienne de tout gouvernant pris en flagrant délit de tromperie sur ses promesses électorales. Il faut dire que le peuple a aussi, dans cette affaire, une part de responsabilité. Tant qu’il portera à sa tête celui des candidats qui le fera le plus rêver, il ne faudra pas venir se plaindre d’avoir pour chef un menteur patenté. A la décharge de l’électeur moyen, on doit cependant reconnaître que, lorsqu’il s’oppose à cet inexorable abandon de souveraineté — comme en 2005, on s’assoit sur son vote et on continue comme si de rien n’était.

En guise d’expert, c’est l’administration qui fait la pluie et le beau temps, au nom de l’harmonisation communautaire. Les ministres ne sont plus que des administrateurs provisoires, nommés par un homme – une femme ne changera rien à la chose –  qui tire sa légitimité du bobard qu’il vient de vendre à la nation. Les campagnes présidentielles ne portant jamais sur notre engagement européen, il est vain de prétendre redonner un pouvoir au « politique », dans la mesure où ses marges de manœuvre sont à peu près nulles. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, la construction de l’Europe vide le niveau national de toute responsabilité au profit d’un « machin commun » qui doit le détruire entièrement pour assurer son avenir. On l’a bien vu avec les « non », français et néerlandais, au projet de constitution. Lorsque des Etats regimbent, la machine se grippe. Il devient donc vital, pour la félicité européiste, d’éliminer  cet obstacle.

L’Europe : du rêve à la réalité

Le résultat de tout ce cirque c’est l’apparition d’Etats-Potemkine qui n’ont plus que l’apparence du pouvoir, la réalité de celui-ci étant répartie – très inégalement – entre Bruxelles et les régions. Nous qui croyions un peu naïvement, en troquant Paris pour la capitale belge, faire de l’Europe une construction centralisée à la française, nous nous retrouvons avec une tour de Babel composée de Länder allemands. Tout cela serait peut-être parfait si nous y avions librement consenti : or, il n’en est rien.

Nos politiciens qui poursuivaient, pour les plus intelligents d’entre eux, des rêves de puissance en imaginant une Allemagne perpétuellement à notre botte en raison des « Heures-les-plus-sombres-de-son-histoire », se sont lourdement trompés. L’Europe se fait autour du centre de gravité du continent et celui-ci est allemand. La périphérie française peut modifier l’édifice à due proportion de sa place réelle dans le dispositif : à la marge. C’est cette cruelle réalité dont nos concitoyens sont de plus en plus conscients. Cumulée avec le déficit démocratique manifeste du Barnum, cette dernière risque fort d’être indigeste. L’alternance entre l’UMP et le PS est tellement théorique qu’on les qualifie, dans les milieux autorisés à penser et à le faire savoir, de « partis de gouvernement ». C’est dire les changements que l’on est en droit d’attendre de l’affrontement de titans qui se prépare en 2012 avec le duel Dominique Sarkozy et Nicolas Strauss-Kahn et ce ne sont pas Martine Royale ni Ségolène Bayrou qui viendront changer la donne.

Il va pourtant bien falloir un jour ou l’autre demander au Peuple s’il souhaite ou non suivre ses élites dans leurs entreprises européennes. Nul doute que la nouvelle génération, rejetée par le système aux extrêmes du spectre politique, ne s’empare de cette question lors des prochaines présidentielles. Jean-Luc Mélenchon comme Marine Le Pen y ont tout intérêt, tant elle conforte leur position d’alternative, celle-ci n’étant plus à rechercher entre une UMP et un PS d’accord sur l’essentiel et que seuls des détails distinguent.

Conclusion

Le cortège de restrictions qui accompagne la crise actuelle va rendre audibles les options radicales. Les « partis de gouvernement » ne pourront plus enfumer leurs électeurs avec la « réhabilitation de la volonté en politique » : celle ci, pour eux, n’est plus à rechercher sur un plan national mais européen. Autant dire carrément à leurs électeurs qu’ils sollicitent un mandat de négociateur international, et encore : avec une obligation de moyen et non de résultat. Le problème de cette connivence née de ce constat partagé sur l’Europe, c’est que les extrêmes porteront, à elles seules, les espoirs de changements et que ceux-ci risquent d’être grands.

Dans ces conditions, il y a fort à parier que le prochain président sera celui qui saura s’attacher son extrême. Vieux habitués du mariage de la carpe et du lapin, les socialistes partent avec la longueur d’avance que leur vaut l’héritage de François Mitterrand, maître en la matière. Mélenchon ne coûtera pas bien cher : un plat de lentilles ministérielles bien juteux, pourvu que l’illusion d’un pouvoir réel soit entretenue, lui ira parfaitement.

Sarkozy en revanche, pour avoir cru, sans doute un peu vite, avoir terrassé l’hydre frontiste, devra payer un prix plus élevé. Il est fort probable que Marine ne se contente pas d’un sous-secrétariat d’Etat à la machine à découper le jambon, même si c’est pour succéder à Rama Yade.

Les 23 mois qui nous séparent des présidentielles vont donc être hilarants.

Le mirage de l’impôt rédempteur

avril 15, 2010

En ces temps d’explosion des déficits publics et de croissance en berne, nos oracles médiatiques rivalisent d’ingéniosité pour apporter de supposés remèdes fiscaux aux maux dont souffre la France. Il faut dire que la période est au changement. Tout le monde se rend bien compte que l’on ne peut pas continuer sur cette pente très longtemps et qu’à dépenser outrageusement plus qu’on ne gagne, on finit sur la paille. Il n’est pas besoin, pour le comprendre, de convoquer La Cigale et La Fourmi, ni Jean de La Fontaine, le Luc Ferry de Louis XIV. Si ces deux éminents « philosophes » ont tiré profit, chacun en leur temps, de l’actualisation des sagesses antiques ce n’est pas une raison suffisante pour qu’en matière fiscale on prétende, à l’instar de nos deux compères, faire du neuf avec du vieux.

Le riche paiera

La vieille antienne marxiste du « salaud de riche », remise au goût du jour par Jean-Luc Mélanchon, le Tribun de l’Essonne, ne permettrait, hélas, pas de poursuivre l’aventure des retraites comme si de rien n’était. La recette marxiste, qui consiste à nier la réalité pour permettre à ses théories les plus fumeuses de prendre corps, a conduit à de tels succès au vingtième siècle que l’on devrait se méfier de telles solutions simplistes. Pourtant, les délires gauchistes sur le sujet, largement relayés par la presse, font, de la « traite » du « possédant », la nouvelle panacée.

Le constat qui mène à ces conclusions idiotes n’est pas sans fondement. La France a doublé sa richesse en trente ans, passant grosso modo de 1 000 à 2 000 milliards d’euros par an. Il est, aussi, parfaitement exact de dire que cette richesse est de plus en plus concentrée en des mains toujours moins nombreuses. Oublier au passage que les prélèvements obligatoires ont crû dans des proportions encore plus importantes est malhonnête. On frise l’escroquerie quand on feint de croire que le PNB est à la disposition de l’Etat. Nous ne sommes pas en Union Soviétique. L’appareil de production n’appartient pas « au peuple », pas plus d’ailleurs qu’il n’est la propriété exclusive des nationaux. C’est même là que réside l’inanité du raisonnement des ayatollahs de la taxation. Nous ne sommes plus au temps béni des « grandes familles ». Les fonds de pension, véritables propriétaires de nos entreprises, sont inattaquables fiscalement car il leur suffirait de liquider leurs avoirs en France, avec les conséquences que l’on imagine sans peine, pour se prémunir contre les ponctions des amis de Monsieur Mélanchon. Sous couvert de « faire payer les riches » il s’agit d’expliquer aux électeurs crédules de la France protégée que tout continuera comme avant. Le fait que des « nantis » toujours moins nombreux puissent, en jouant sur la libre circulation des capitaux et des hommes, échapper à un impôt confiscatoire  aussi facilement que les fonds de pension,  ne les effleure même pas.

Ne nous leurrons pas, on est toujours le « riche » de quelqu’un. Faire payer les « plus aisés » c’est le slogan-vaseline avec lequel on introduit une augmentation généralisée des prélèvements. C’est une fois de plus sur des classes moyennes qui déjà n’en peuvent mais, que reposera l’« effort de solidarité » réclamé par le syndic de la fonction publique. Pas un moraliste cathodique pour dénoncer le caractère démagogique de pareilles élucubrations. Ce qualificatif, médiatiquement en vogue, ils le réservent à tout ce qui se trouve à la droite de François Bayrou.

Préserver les privilèges de la fonction publique

La réalité est plus simple : des socialistes aux néo-communistes en passant par les bobos écolos, la Gauche française n’est plus que le syndicat de défense des « avantages acquis » de la fonction publique. L’effondrement du système de retraites par répartition est tant prévisible qu’inexorable. Il est fondé sur des données démographiques que l’on connaît depuis vingt cinq ans et que l’on s’obstine à oublier, depuis lors, avec une touchante et œcuménique constance. Cela, cumulé à l’état général de nos finances publiques dopées à la dette depuis 35 ans, oblige à des révisions drastiques. Tous nos partenaires de l’Union Européenne prennent des mesures en ce sens. Le parasitisme social pratiqué par des « services publics » toujours plus nombreux, au détriment des populations qu’ils sont censés servir n’est plus tenable. Il va falloir tailler dans le vif.

Le fond de pension, un privilège de fonctionnaire

On se passionne pour le « bouclier fiscal » qui ne concerne qu’une petite dizaine de milliers de contribuables, pour un montant estimé à 500 millions d’euros par an. On oublie ainsi de s’intéresser à l’ahurissante distorsion à laquelle personne ne s’est jamais attaquée, qui consiste pour les fonctionnaires à voir leur retraite calculée sur les 6 derniers mois d’activité là où, dans le privé, on se réfère aux 25 meilleures années. Le comble, c’est que l’on nous explique maintenant qu’il ne seraitpas possible de revenir là-dessus au prétexte que rien n’est prévu pour effectuer ces calculs au delà de ces 6 mois fatidiques. Tout le système est bâti sur l’immuabilité de ce privilège. Encore une fois, notons que le principe selon lequel les moutons ne se tondent pas eux-mêmes, s’applique dans toute sa force.

Les ravages des grèves SNCF

Les plus bruyantes des sangsues qui nous exposent cela doctement, ne se rendent plus compte à quel point leur suffisance indispose leurs contemporains. Le « service public » a bon dos, tout comme il a du plomb dans l’aile. Il n’est que de se rendre dans une gare pour juger du type de soutien que ledit public réserve aux « forçats du rail » en lutte pour la « préservation » du service, par le biais de son interruption. Il faut aussi éviter de prendre les Français pour ce qu’ils ne sont pas. La prescription fiscale est de trois ans, en outre le salaire des fonctionnaires ne sort pas du néant mais des comptes publics, et les fiches de paye sont informatisées. Il est donc parfaitement loisible à un gouvernement déterminé d’aligner les régimes de retraite au nom de la simple équité. Evidemment, il faudrait compter sur des fonctionnaires pour mettre en œuvre ces mesures. On retombe sur le paradigme de la tonte.

La réforme qu’il ne faut pas rater

Nicolas Sarkozy est au pied du mur. Il doit réussir la réforme des retraites s’il veut encore avoir un avenir. La réalité d’une rupture tant revendiquée va se jouer là-dessus. Ce qui a été entrepris depuis 2007 tarde à porter ses fruits. Rien ne vient vraiment trancher avec ce qui a été entrepris avant, si ce n’est le style du Président et nous avons, en ce domaine, atteint les limites de l’exercice depuis bien longtemps.

Si la réforme des retraites se limite à augmenter la durée de cotisation et à reculer l’âge de départ pour toucher une pension à taux plein alors qu’il est déjà bien difficile de travailler jusqu’à 60 ans sans se retrouver au chômage quand on n’appartient pas à la France protégée, le Président aura échoué. Il sera abandonné et passera aux yeux de ses électeurs pour un velléitaire incapable d’entreprendre ce qu’il s’était engagé à mener. Le « je dis ce que fais et je fais ce que je dis » deviendra pour celles et ceux qui l’ont porté au pouvoir en 2007  un « je ne fais rien de ce que je dis car je ne crois à rien de ce que je fais».

Il est impératif de rapprocher le statut des fonctionnaires de celui de la population qui les paye. Il ne suffit pas d’en diminuer le nombre pour prétendre gouverner autrement. Le candidat de 2007 a réussi à persuader le pays de l’urgence de la réforme. La crise, contrairement à ce que prétendent les bien-pensants, ne remet rien en question, elle rend au contraire plus pressante cette ardente obligation. Si nous ne voulons pas d’une situation à la grecque, nous devons prendre le Minotaure de la fonction publique par les cornes.

Le tabou de l’immigration clandestine

Il est un autre domaine dans lequel l’ardeur réformatrice du Président doit s’exercer pour que la France se remette sur les rails. Avant de faire payer les riches, il faut lutter contre l’enrichissement indu, contre la combine.  Nous devons nous attaquer au dogme qui veut que l’immigration supplée une main-d’œuvre non disponible sur le territoire national. Plus exactement, il convient de remettre les choses à l’endroit.

Tous les secteurs ne sont pas soumis à la course à la compétitivité induite par la mondialisation. Beaucoup n’ont d’autre choix que d’exercer leur activité en France. Il s’agit bien souvent de domaines d’activité à fort besoin de main-d’œuvre. Les services à la personne, l’hôtellerie-restauration mais aussi le bâtiment, les services d’assainissement et les travaux publics. On nous explique à grand renfort de chiffres que personne ne souhaite exercer ces métiers. Quatre cent mille offres d’emplois seraient annuellement non pourvues. Les Français rechigneraient à accepter les contraintes induites par ces activités. Dans un pays où 60% des jeunes rêvent d’être fonctionnaire, quoi d’anormal ?

Ces fadaises nous sont servies en toute occasion par nos politiques et complaisamment relayées par des journalistes, étonnamment peu curieux en la matière. Si ces offres d’emploi restent vacantes, c’est surtout parce que personne n’accepte d’y répondre en raison des salaires proposés. C’est par défaut d’intérêt que l’offre ne rencontre pas la demande, non par paresse ou dégoût. Le recours à la main-d’œuvre clandestine n’a d’autre but que de faire subir une pression à la baisse aux salaires des travailleurs nationaux. On ne peut pas se prétendre libéral et tolérer une telle distorsion des lois du marché.

Que les aveugles congénitaux d’une Gauche dite « de progrès » soient incapables de percevoir que le travailleur clandestin dont ils réclament la régularisation est l’instrument qui permet à des patrons sans scrupules de contribuer à la paupérisation et à la précarisation des salariés français est une chose. Que de prétendus libéraux se rendent complice de ces abus et des conséquences sociales qui en découlent, en pinçant le nez, est une trahison.

Tout est bon pour détourner la loi et exploiter à son seul profit la misère humaine. Le mois dernier, un restaurateur de Neuilly qui ne gagnait sans doute pas assez avec la baisse de la TVA, a été pris la main dans le sac : Il employait des clandestins pour faire la plonge et les rémunérait en tant qu’auto-entrepreneurs. Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites !

Au lieu de bêler pour la suppression du bouclier fiscal ou de réclamer une hausse des impôts, ceux qui, au Parlement, se prétendent de Droite, devraient s’intéresser au ressort qui pousse une partie du patronat à réclamer la régularisation des travailleurs clandestins, main dans la main avec la CGT. Leur donner ce qu’ils réclament ce n’est que relancer la roue de plus belle. Les régularisés exigeront des augmentations qui leur seront refusées au prétexte que d’autres clandestins se contenteront de ce qu’on leur offre.

Alors que nous croulons sous une masse de travailleurs peu qualifiés, nous préférons les laisser tout juste subsister à coups de minima sociaux, aux frais du contribuable et en importer d’autres, plutôt que de laisser jouer les lois de l’offre et de la demande. Ce qui peut se comprendre dans des secteurs soumis au risque de la délocalisation est insupportable là où n’existe aucun danger. Il ne faut pas chercher plus loin les causes de la « fracture sociale ». Nous pouvons constater chaque jour les ravages de cette politique aberrante. Les derniers régularisés ou les plus récents des immigrés légaux en sont les premières victimes. Ils se retrouvent massivement au chômage, leurs emplois étant accaparés par plus misérables qu’eux. Tout le monde n’est pas perdant dans cette affaire et l’argent économisé par les employeurs de clandestins ne s’évapore pas. Il s’accumule.

C’est aussi par ce biais que l’augmentation indéniable des richesses nationales se trouve concentrée dans un nombre toujours plus restreint de mains. L’impôt ne changera rien à la course inexorable vers la concentration des profits. Si l’on veut réorganiser la répartition des richesses dans notre pays, il faut attaquer le mal à la racine. Il convient de redonner son équilibre au marché de l’emploi en dissuadant, par de lourdes amendes, les employeurs d’avoir recours aux travailleurs clandestins. Une augmentation des salaires s’ensuivra. Elle ne sera pas due à une décision gouvernementale unilatérale comme on en a connue en période d’euphorie budgétaire. Elle procédera de l’action régalienne de l’Etat qui jouera, enfin, son rôle de régulateur des marchés et de protecteur de l’intérêt de tous ses citoyens. Voilà qui serait une vraie rupture !