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DECHEANCE

janvier 13, 2016

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Le monde des petits hommes qui se succèdent depuis des décennies à la tête de notre Etat Potemkine est en émoi. Simplet, le dernier des nains que nous avons bien imprudemment placé au sommet de la pyramide de médiocrité qui nous tient lieu d’exécutif vient d’avoir une série d’idées tordues, pour lutter contre le terrorisme. Seul un socialiste pouvait avoir le courage de prendre de telles mesures … extrêmes, bêlent ses laudateurs à carte de presse, tandis que les autres s’étranglent devant tant de « renoncements » à leurs valeurs républicaines … de gôôôche. Qu’il est loin le temps où Grincheux, le nain apatride suppôt du capitalisme spoliateur mettait tous les plumitifs d’accord. Toutes ses propositions n’étaient elles pas marquées du sceau de l’infamie des zheureslesplussombresdenotrehistoire ? Qu’il était alors doux d’endosser l’habit du Résistant en peau de lapin qui seyait si bien aux progressistes en chambre ! Quand la fortune et la compromission vous éloignent tant du quotidien de la plèbe, vous en venez à la mépriser. Comme vous ne pouvez faire sans, car elle est la justification à votre existence oisive, vous en substituez une nouvelle… par importation. Une fois nantie de vos nouveaux damnés de la terre, vous donnez des leçons de morale à vos opposants de tous ordres. En les traitant de racistes, fascistes, bêtes immondes, vous terrorisez vos adversaires et vous camouflez utilement les questions qui fâchent, sous le tapis de votre trop bonne conscience. Pour le cas où cela ne suffirait pas, les trois qualificatifs peuvent utilement se cumuler dans l’épithète de nazi. La reductio ad hitlerium vient, alors, irrémédiablement clore tout débat où vos contradictions apparaissent de manière trop prononcées. Telle était la vie paisible de l’intellectuel engagé (par la gauche) jusqu’à cette terrible année 2015. Hélas, voilà que les chances pour la France tant célébrées par ces tartuffes s’avèrent être de gros boulets explosifs. 149 Français — parmi lesquels un nombre non négligeable de gens ayant cru à ces fadaises multiculturelles — sont morts sous les balles des fanatiques islamistes. Rien ne devrait plus être comme avant … et pourtant les nains s’agitent pour que rien ne change.

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L’État socialiste n’est plus bon à rien

 

Nous l’avons déjà analysé à la suite du 13 novembre, l’État ne sert plus à rien. Il a tellement enflé, il s’est tellement dispersé et éloigné de ses missions premières qu’il ne parvient plus à assurer la plus substantielle, celle qui commande toutes les autres : la sécurité. Si les citoyens consentent à se délester d’une part de plus en plus importante de leurs revenus en impôts et taxes diverses au profit de Gargantua, c’est uniquement pour que celui-ci assume, à leur profit, des tâches qu’ils ne peuvent assurer seuls. Lorsque l’État engoncé dans ses habitudes et certitudes, corseté par les liens tissés par un nombre prodigieux de lobbys lilliputiens se montre incapable de se réorganiser pour les protéger, les Français se rebiffent et font, du Front national, le premier parti de France.

 

putin-mildly-amusedRien d’étonnant à cela. Et pourtant, malgré les dénégations de la classe jactante, rien n’a été fait depuis janvier. Les fous de Dieu vont et viennent à leur guise entre la France et les zones de combats pour les valeurs moyenâgeuses de l’Islam. Il serait inconvenant de répondre au défi terroriste en abandonnant notre liberté disent les idiots utile de la soumission. Dans le même temps, nous n’allons pas nous questionner sur les liens, pour le moins troubles, qu’entretiennent nos alliés du golfe Arabo-Persique avec nos ennemis islamistes. Non, des gens qui ont l’obscurantisme religieux en partage ne peuvent vouloir conspirer à notre perte … Mes amis mettez vous le bien dans le crâne : notre seul ennemi c’est le Front National. Résultat : le 13 novembre et 130 morts de plus.

 

Dès le lendemain, les nains se sont dit (à juste titre) qu’il fallait réagir. Ils ont convoqué le Congrès à Versailles et ils ont proclamé l’État d’Urgence. En quoi consiste justement cette mesure phare du socialisme triomphant ? Il ne s’agit, ni plus, ni moins que de redonner à la police, les moyens qui lui ont été enlevés au fil des années, par toute la bien pensance socialisante, au nom des droits de l’homme. Perquisition de nuits, écoutes et filatures se succèdent sans passer par l’intermédiaire des gardes juges rouges dressés à la haine du flic et formés à lui mettre des bâtons dans les roues. C’est bien connu : la Police c’est Vichy. D’abord y avait-il des juges lors de la rafle du Vel’d’Hiv ?

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Déchéance de la nationalité et autres tartufferies de gauche

 

gifa-sad-rabbitBig Mother est une ivrogne sénile et ventripotente qui ne sait donc que pérorer tout en se repaissant du labeur de ses enfants. Dans ces conditions, le débat surréaliste auquel nous assistons autour de cette question de double nationalité vient utilement masquer ces failles béantes. Cependant, la crise que nous vivons est d’une telle ampleur qu’elle met à nu les contradictions sur lequel l’édifice branlant du pacte national, conçu et voulu par nos élites, a été bâti. La façade se lézarde et les fondations tremblent. Nos gouvernants qui n’ont jamais osé affronter le débat sur l’immigration et ses conséquences se retrouvent pris au piège de leurs dénégations successives. Celui-ci leur revient et en pleine figure.

 

ob_622310_ignace-decheance-nationalite-terrorismLe fond de la question n’est pas que cette mesure de déchéance crée deux catégories de français. Le problème c’est la possibilité offerte à tant de chances pour la France, de continuer à l’être aussi pour le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. C’est cela qui crée deux catégories de Français, pas le fait que l’ont puisse retirer aux uns leur passeport « Gaulois » surnuméraire. Le nombre proprement hallucinant de personnes concernées par ces questions de double nationalité devrait nous faire réfléchir sur leur volonté d’intégration (à ce stade parler d’assimilation est une vue de l’esprit). De cela bien sûr, personne ne cause à gauche. Non, ils veulent même ôter toute portée à une mesure réclamée par 90% des français en l’étendant. La déchéance pour tous : le changement c’est vraiment maintenant ! En vérité, s’ils s’agitent autant sur cette question, c’est que les tartuffes du PS (et leurs homologues de la droite honteuse) sentent bien qu’ils sont en train de reculer. Pour la première fois depuis la mort de la France du Général de Gaulle, l’identité nationale revient en fanfare et le drapeau n’est plus une honte. Ce débat vient à point nommé après tous ceux que nous n’avions osé aborder sur le même thème : les joueurs de foot qui ne chantent pas la Marseillaise, la réécriture de nos livres d’histoire pour ne pas offenser nos « invités », les horaires homme/femme dans les piscines et tous ces arrangements raisonnables qui font dire à nombre de nos compatriotes qu’ils ne sont plus chez eux.

 

Hollande scie consciencieusement la branche

 

4844901_7_1b03_decheance-de-nationalite-et-militants-ps_788a8347936a4777b10075dee2138fd9Hollande, l’homme de la synthèse, celui dont tous les clients vantent le génie politique s’est pris, avec cette histoire de déchéance, les pieds dans le tapis. Il croyait corseter la droite en reprenant une de ses propositions, la forçant ainsi à avaler sa réforme constitutionnelle. Il s’est aliéné sa majorité. Comme les imbéciles sont beaucoup plus nombreux, il a d’abord braqué tous ceux qui croient que les droits de l’homme sont les nouveaux commandements divins, remis à Badinter au détour d’un buisson-ardent du jardin du Luxembourg. Ne riez pas, ils sont légions (les croyants, pas les buissons ardents). Ensuite viennent ceux (moins nombreux) qui, ayant construit leur carrière sur la défense des populations nouvellement installées, sentent que ces mesures vont un peu changer les choses. Enfin il y a les cyniques (beaucoup moins nombreux, car il faut être intelligent) qui réalisent que le magistère de la gauche sur le camp du bien prend fin avec cette mesure « symbolique ». C’est la raison pour laquelle ils la combattent aussi farouchement, en abusant de la crédulité des imbéciles et en faisant monter au créneau les ayants droit.

 

fascism-socialismPourtant, même lorsque l’ont est aussi à l’aise à droite que l’auteur de ces lignes, force est de constater que la mesure en question ne va pas bien loin. Sa portée est limitée et n’est pas de nature à terroriser un terroriste, selon l’expression du seul véritable ministre de l’Intérieur que nous n’ayons jamais eu en 40 ans. Simplement c’est un précédent. Pour la première fois depuis 40 ans, donc, une mesure, symbolique, réclamée par la droite est en passe d’être adoptée par la gauche. Depuis Giscard c’est toujours l’inverse qui s’est produit. La gauche impose ses symboles à une droite qui s’excuse de ne pas y avoir penser elle même. À l’inverse, le PS déroule ses totems sans retenue : peine de mort, 35 heures, impôts sur la fortune et taxation à tout va, cop 21, mariage homo… Tout ce qui vient de la droite est rejeté avec dédain par un Peuple de gauche sûr de lui et dominateur. Cette histoire de déchéance de nationalité marque donc un coup d’arrêt à la toute-puissance de la gauche. Bien sûr nous ne passerons pas, en cette seule occasion, de l’ombre à la lumière. À droite, nombreux sont encore ceux qui s’excusent de ne pas être de gauche. Nous avons encore quelques belles contritions à subir et le refrain du progressisme débridé n’est pas sur le point de rester bloqué dans gorge des héritiers de Karl Marx. Seulement une borne aura été posée et qui plus est, dans la constitution.

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Lorsque les évènements se précipiteront (car les barbus recommenceront), les mous devront laisser la place à des responsables déterminés. Alors, nous disposerons d’un instrument susceptible d’apporter une partie de la solution. Notre devoir est de nous protéger. Notre obligation est de nous débarrasser de ceux qui, par leurs actes, se mettent en dehors de la communauté nationale. Il ne faut pas empêcher les apprentis djihadistes de partir vers leur destinée. Le pardon est l’affaire de Dieu disait le général Norman Scharzkopf, notre boulot est d’organiser la rencontre. Il faut rendre le retour de ces « martyrs » impossible. Pour ce faire, les binationaux doivent être déchus de leur nationalité française et embastillés (pour ne pas dire enchristés), dès qu’ils prennent les armes contre la France, en Syrie au Mali ou au Yémen et non attendre qu’ils reviennent nous tirer dessus. Nos nationaux, quant à eux, seront enfermés dans des camps au fin fond de la Guyane d’où ils ne seront plus une menace que pour les piranhas. Le Maroc et l’Algérie ont des méthodes éprouvées, pour résoudre la question du terrorisme islamique. Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, laissons jouer le principe de subsidiarité. La Tunisie, elle, est peut-être moins en pointe dans ce domaine, du fait des conséquences de ce que nous avons bien imprudemment appelé le printemps arabe. Jouons alors pleinement notre rôle d’ancienne puissance tutélaire et établissons les bases d’une coopération régionale fructueuse en la matière, entre ce petit pays et ses deux grands voisins du Maghreb. La question qui doit tarauder nos dirigeants n’est pas celle de savoir comment excuser le radicalisme islamique, mais comment l’éradiquer. Nous devons revoir les conditions dans lesquelles nous accordons la nationalité française. Nous devons expulser sans faiblir ceux qui propagent la haine de la France et nous désintéresser totalement du sort qui leur sera réservé dans leur pays d’origine. Nous devons dans le même temps assimiler (et non pas intégrer) tous ceux qui se reconnaissent en nous et nous devons, dans un même mouvement, faire taire tous les idiots utiles qui se soumettent d’ores et déjà à l’envahisseur hirsute, sexiste et totalitaire, au lieu de lui résister.

Merkel

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UNION NATIONALE ?

janvier 26, 2015

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Depuis la sanglante équipée des terroristes islamistes contre notre beau pays, il n’est plus un journaliste qui ne bêle le mot d’Union Nationale comme un mantra destiné à absoudre sa corporation des conséquences dramatiques de leur aveuglement (euphémisme !) relatif à une immigration de masse extraeuropéenne non maitrisée. Ce bien joli mot — très raccord avec cette étrange notion de guerre sans ennemis que les mêmes moutons énoncent à qui mieux mieux – sonne étonnamment creux. Pour qu’il y ait « Union Nationale » il faudrait d’abord s’entendre sur ce que cela implique, tant en ce qui concerne la définition de l’Union que celle du Nationale. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux termes englobent des réalités bien différentes, selon que l’on est au pouvoir ou dans l’opposition. L’Union pour le gouvernement consiste à faire taire toute discussion dans sa majorité éclatée et à tenter de contraindre l’opposition à la boucler pareillement, par « voie de fait » de Presse complaisante, interposée. Quant au fait qu’elle soit « Nationale » cela fait rire la terre entière, tant les socialistes se sont toujours, jusqu’ici, superbement foutu de la Nation, préférant abandonner ce concept à une France qu’ils considéraient comme « moisie », il y a encore quelques jours de cela.

Poudre aux yeux

6a00d8341bfb9a53ef01b7c73acbfc970b-800wiLa première vertu des attentats des 7 et 9 janvier dernier consiste donc, pour le ramassis d’incapables contents d’eux qui nous gouverne catastrophiquement depuis deux ans, à faire croire qu’ils viennent d’arriver aux affaires. Du passé faisons table rase et profitons de l’émotion collective, pour vendre de la verroterie sécuritaire aux indigènes apeurés (et oublieux). Ceux qui ont consciencieusement sapé le travail de la police en lui coupant les crédits et les moyens, qui ont porté la culture de l’excuse au pinacle au point de voter une loi qui prévoit de libérer tous les criminels condamnés à moins de 7 années de prison, sont les mêmes qui prétendent, aujourd’hui, la main sur le cœur, nous protéger avec… des lois.

10801906_10153098249099175_209597118810642676_nL’opposition a beau jeu de se moquer des effets d’annonce du Président Hollande et de son suppléant Valls. Le recrutement de 1 500 policiers (sur 3 ans !) ne résoudra rien puisque les premiers recrutés ne seront opérationnels, au mieux, qu’en 2017. Au rythme où les fous vont se former en Syrie, autant vider la mer avec un seau. Il en va de même sur la « moindre décroissance du nombre de militaires » annoncés par le gominé de l’Élysée. La formule est merveilleuse. On nous annonce que nous sommes en guerre et le grand Strategos à scooter décrète que nous supprimerons 27 000 postes dans les armées au lieu des 34 000 prévus. Cerise pourrie sur le gâteau rance, comme on avait déjà prévu de nous passer de ces braves gens qu’il va nous falloir payer, nous allons rogner sur… le matériel (comprendre l’armement). Ben oui, vous vous attendiez à quoi ? C’est sûr que l’on va se sentir drôlement protégés, si on équipe nos valeureux soldats de lances pierres. Je n’ai rien contre les mythes fondateurs, mais bon, David et Goliath et les soldats de Valmy, face aux fanatiques islamistes, ça ne va pas tenir la route bien longtemps.

Marche et/ou crève

president-des-bisousSecond effet « kiss cool » des attentats : resserrer les rangs de la gauche derrière le Président tout mou. Batterie de sondages de circonstance à l’appui, le pouvoir bombe le torse et tord le cou à la dissidence qui, ces derniers temps, poussait dru dans les verts pâturages socialistes. Passer « en temps de guerre » de 15 à 40 % de satisfaction, ce n’est pas un exploit thatchérien… Cela prouve simplement que les Français rendent grâce à l’autre incapable, de n’avoir, pour une fois, pas été plus ridicule que nécessaire. On peut légitimement douter de l’adhésion du Peuple, même si la presse subventionnée le proclame urbi et orbi, persuadée qu’elle est, d’être encore prise au sérieux.

Sans-titreSi l’on parle en terme de stratégie politique (et même politicienne), le pouvoir qui était aux abois se saisit de l’occasion pour faire taire son opposition interne. Les frondeurs qui étaient pris dans leurs contradictions alimentaires ne pouvaient déjà pas renverser le gouvernement qu’ils vomissaient, de peur de la dissolution qui les aurait mis au chômage. Les voilà maintenant contraints de ne plus rien dire, de peur d’apparaître comme des traitres à la cause. Heureusement que les Grecs ont décidé de se suicider à coup d’extrême gauche, cela permet à Mélanchon, Duflot et Laurent (l’ectoplasme qui dirige ce qui fut le PC) de faire croire qu’ils existent.

guide-de-survie-au-socialismeIl est amusant de voir tous ces résistants en peau de lapin, ces as de la posture progressistes, ces thuriféraires des valeurs de la gauche éternelle se coucher au premier coup de Kalachnikov. Il faut dire que ce sont les mêmes qui nous expliquaient jusqu’au 6 janvier dernier, la chance que toute cette jeunesse, même fanatisée, représentait pour la France. Les mêmes qui refusaient tous les amalgames et toute stigmatisation nous assourdissent par leurs silences. Ils réalisent probablement que leurs électeurs ne les suivent plus sur ces délires de bisounours. L’ennemi intérieur vient de se révéler et tant pis si, au passage, les idiots utiles — qui leur ont ciré les babouches avec tant d’empressement — sont emportés avec l’eau du bain. Dommage qu’il ait fallu 17 morts pour en arriver à cette prise de conscience.

Liberté, Liberté chérie

Alors que la cinquième colonne — que nos gouvernants sont bien en peine de quantifier – nous menace aujourd’hui très directement, comment pouvons-nous y faire face ? Le premier réflexe de toute cette bande de clowns est, bien évidemment, de restreindre les libertés. Selon la — toujours d’actualité à gauche — formule des partisans de la Terreur : « il n’y a pas de libertés pour les ennemis de la Liberté ». Certes, seulement j’ai peur que les socialistes soient dotés, en la matière, du même sens de la mesure que leur modèle indépassable : Antoine Fouquier-Tinville.

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Savoir que l’hidalgo catalan va mettre en œuvre des mesures permettant de lutter contre le djihadisme m’inquiète au plus haut point. Non qu’il ne me semble utile, urgent ou indispensable d’empêcher ces cinglés de nuire. J’ai simplement quelques légitimes inquiétudes à voir cette mission confiée à Manuel Valls. Savoir que celui qui prenait des libertés avec celles de ses concitoyens vêtus d’un Tee Shirt siglé de la « Manif pour Tous », lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, sera demain en charge des mesures à prendre afin « de mieux encadrer l’usage de l’internet » me donne des frissons.
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Je ne suis pas un fan de Dieudonné, tant s’en faut. Je ne ris pas à ses blagues et je ne partage pas sa vision paranoïaque du complot juif mondial. Je trouve cependant pour le moins paradoxal que la première mesure du gouvernement socialiste, après les manifestations du dimanche 11 janvier pour la liberté d’expression, consiste précisément, à mettre au gnouf le sieur Mbala Mabala pour un jeu de mots, certes limite, mais qui relevait justement de sa libre expression. La liberté n’est pas à géométrie variable. Elle n’est pas uniquement valable pour Charlie (et ses 4 millions de nouveaux fans). Nous n’avons pas à l’interdire pour Minute, Dieudonné ou tout autre prédicateur fanatisé : islamiste, protestant, négationniste, papiste, réchauffiste ou même écologiste (oui, grande est ma mansuétude). Je pense au contraire, à l’instar de quelques libéraux, que l’on a même tout à gagner à laisser s’exprimer les imbéciles. Ils se ridiculisent d’eux-mêmes et il est toujours plus utile au « vivre ensemble » de leur porter la contradiction que de les laisser s’exprimer en vase clos.

Apartheid mon cul !

10632867_10152602954758213_130803092743396080_nSeulement, à voir les premières réactions des éminences qui nous gouvernent, on ne peut s’empêcher de se dire que ce n’est pas gagné. La culture de l’excuse est toujours solidement ancrée dans ce qui leur sert de cerveau. Le dernier délire en date de Manuel sur « l’apartheid ethnique et territorial » dont se serait rendue coupable la République est à pleurer ou à vomir, c’est selon. Que veut dire cette expression à la con ? Que les incapables qui se sont succédé au pouvoir depuis trente ans auraient entretenu une ségrégation raciale de fait, sinon de droit ? Mais que faisaient donc pendant ce temps là : SOS Racisme, la LICRA et toutes les autres ligues de vertus droit-de-l’hommistes grassement subventionnées par nos sous ? Visiblement rien ! Il est donc urgent d’intenter un procès en détournement de fonds public à tous les multiples « responsables » (je pouffe) de ces officines de rééducation nationale.

chat-600x399J’ai, toujours dans ce registre culpabilisateur, beaucoup de mal à avaler l’argument de l’abandon des « quartiers sensibles » à leur triste sort. Depuis trente ans nous y avons englouti plus de 350 milliards d’euros en rénovation urbaine, politique de la ville et autres coûteux gadgets à promouvoir le vivre ensemble, sans pour autant prêter la moindre attention à la misère bien réelle, elle aussi, du monde rural. Si certaines villes comptent 80 % de logements sociaux, ce n’est pas tant à cause de l’égoïsme présumé de leurs voisines que de l’appétit des Maires de gauche qui ont tous vu, d’un très bon œil, s’édifier ces constructions de cages à électeurs captifs. Si les « quartiers » sont devenus des « ghettos », c’est aussi parce que leurs habitants se sont accommodés de cet état de fait. Le communautarisme n’est pas né du racisme de la société française, mais bien du refus des nouveaux arrivants de s’assimiler à elle. Pour beaucoup de musulmans, le vivre ensemble a été littéralement transposé en « vivre entre nous ». Les « cités » ne sont pas de « non droit », juste de « non droit » français. Ce rejet de l’assimilation ne concerne pas tous les immigrants, mais principalement quand même, des musulmans.
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Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il n’y a que pour l’Islam que la laïcité est un problème. Brandir cette dernière comme le totem indépassable du « vivre ensemble » (toujours lui) et des valeurs de la République, sans reconnaître dans le même temps, la nécessité d’une prise en compte des résistances particulières de la religion musulmane à ce concept, est une erreur profonde. Nous avons beau faire, tant que nous ne nommerons pas les choses correctement, nous ne parviendrons pas à résoudre les problèmes. L’Islam est une religion qui englobe le spirituel et le temporel dans un tout, ce qui est très éloigné de nos schémas culturels. Le délit de blasphème n’existe plus depuis Voltaire et nous n’entendons pas le rétablir. Pour installer un Islam DE France, il faut commencer par dissocier religion et identité, individus et communauté, ethnicité et nationalité. C’est du reste, en partie ce qui ce passe car, contrairement aux affirmations péremptoires du Manuel, nombreux sont les Français musulmans qui, refusant le communautarisme, tournent le dos aux ghettos pour se fondre dans la masse du Peuple. C’est bien, du reste, ce qui crispe les fondamentalistes et qui arme les intégristes contre la République. Ce mouvement de fond à un nom, celui de la Liberté. À l’instar de l’économie française, les musulmans de France ont besoin d’urgence, d’une bonne cure de Libéralisme.

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On le voit, l’Union Nationale n’est qu’une façade Potemkine. Un artifice destiné à permettre à un pouvoir aux abois de continuer à gesticuler. Le problème révélé par les attaques perpétrées contre notre pays est trop large, pour que ceux qui n’ont jamais voulu voir les conséquences de leur clientélisme angélisme puissent efficacement le résoudre. Nous avons besoin de temps, d’efforts et surtout de constance. En ce sens, et en ce sens seulement, l’Union Nationale peut être utile. Elle doit accoucher d’un consensus permettant à la Nation de se défendre et de se reprendre. Il faut en finir avec les « accommodements raisonnables ». Nous ne devons pas relâcher notre attention et nous laisser distraire par les procès en racisme, intentés par ceux qui rêvent de revanche sur un passé colonial qui n’obsède plus qu’eux. Les Français en ont assez d’être tenus constamment responsables des actions de leurs ancêtres, par des gens qui ne sont même pas foutus d’assumer celles de leurs enfants. Il n’y a pas de « vivre ensemble » qui vaille, il y a juste un « vivre comme nous » qui compte. Tous ceux qui veulent « vivre comme au pays » doivent être fermement invités à y retourner d’urgence.

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NORMAL 1ER EN NORD MALI

janvier 24, 2013

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Bien qu’il dépense des trésors d’imagination pour amuser la galerie avec le mariage pour tous, sauf pour lui, notre Président normal ne va guère pouvoir éviter longtemps la question à un milliard d’euros par an (minimum) : un Président socialiste peut-il être normal, sans sa guerre du désert ? Sans vouloir paraître briser l’Union sacrée de façade, force est de constater que la France n’entre jamais autant en conflit que quand elle est gouvernée par des socialistes (ou assimilés). Certes, le dictateur austro-hongrois était bien allé guerroyer en Libye, dans l’espoir insensé de se faire apprécier de BHL et de ses copains. N’oublions cependant pas que Mitterrand, le maître à penser de Normalito, s’était ensablé par deux fois : au Tchad puis au Koweït durant ses mandats, sans mentionner l’envoi du contingent en Algérie en 1956. En politique, c’est décidément plus le socialo que le Légionnaire qui sent bon le sable chaud.

Flamby rat du désert

130123-drone-maliDevions nous stopper les islamistes qui s’apprêtaient, nous dit-on, à marcher sur Bamako ? Cela ne fait guère de doutes et du reste nous n’avions pas le choix. Ceci dit vous aurez sûrement constaté, avec amusement, que depuis que nous les bombardons, les barbus ne sont précisément plus islamistes, mais terroristes. Si le Rafale a pour effet de dé islamisé ceux qui l’approchent, il n’est pas étonnant que nous ayions autant de mal à les vendre dans les pays du Golfe. Pourquoi avons-nous dû agir aussi vite ? C’est qu’à force d’expliquer aux fanatiques enturbannés que nous ne mettrions pas les pieds dans ce gourbi, avant que les forces autochtones ne soient prêtes à le faire (cf. conférence de presse de François Hollande du 12 novembre 2012), ils ont fini par nous prendre au mot. Voyant qu’en dépit de l’inertie propre à toute opération « Européenne », la mise à niveau opérationnelle des armées africaines finirait bien par se faire, AQMI a essayé de prendre les devants. C’est bien humain à défaut d’être hallal…

TOM-Mali-EuropeEn conséquence, nous voici lancés dans une opération comme seule la France-Afrique en a le secret. Compte tenu de l’état de l’armée malienne qui n’a d’armée que le nom et dont l’utilité consiste à assurer la tradition localement bien ancrée du coup d’État permanent, il était bien normal (encore une fois) que nos troupes comblent le vide pour faire échec aux fous de Dieu. D’autant plus que nous sommes liés à ce pays par un accord de défense. Seulement comme nous avons annoncé urbi et orbi nos objectifs et que ces mauvais joueurs de Touaregs islamisés (ou pas c’est selon) n’ont pas eu la décence d’attendre que tout se mette en place, nous avons dû nous précipiter dans des sables que, même le Paris-Dakar ne fréquente plus. Et c’est là que les choses se compliquent.

Pourquoi la France se retrouve-t-elle seule ?

2013-01-18-europeIl ne faut pas être grand clerc pour répondre à cette lancinante question, même si pas un journaliste ne se la pose dans les termes qui conviennent. Nos Rouletabilles se lamentent depuis les débuts de l’opération Serval sur le manque de soutien de nos alliés. Et c’est vrai que ce lâchage en plein désert a de quoi choquer au premier abord. Comment doit-on qualifier un allié qui vous pleure ses moyens, vous adresse mollement ses encouragements et ne vous laisse aucun espoir de renfort ? Ces larmes seraient émouvantes si notre gouvernement « normal » ne venait pas de se conduire exactement de la même façon, en se retirant unilatéralement d’Afghanistan sans se soucier, le moins du monde, de l’opinion de ceux aux côtés desquels nous nous étions engagés à combattre. « Moi Président » avait été élu et nos Alliés devaient s’y faire, comme de vulgaires opposants au mariage gay, puisque cette décision était dans son programme. Na !

guerre-au-Mali-Rien n’est pour autant perdu, car François Hollande peut compter sur l’indéfectible et surprenant renfort du plus Allemand de nos révolutionnaires.  L’ineffable Cohn-Bendit, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient de prendre des accents hugoliens au Parlement Européen pour dénoncer l’abandon de la France « seule à payer le prix du sang ». Une guerre soutenue par Dani le rouge, ça vous a un petit côté surréaliste qui cadre plus avec Dali au centre Pompidou qu’avec une lame de fond soulevant l’enthousiasme des peuples, mais bon, on a les Gambetta du moment. C’est bien parce que le Mitterrand de Tulle a trouvé « normal » de partir de la Kapisa avant l’heure, que nos camarades trouvent « normal » de nous compter leurs soutiens. Si on ajoute à cela le fait que nos militaires comme nos diplomates ont toujours trouvé que l’Afrique était une chasse gardée, il ne faut pas s’étonner des conséquences.

Operation-Serval

 

Le bourbier malien

num_risation0014Comme nous ne devons pas compter sur des renforts structurés, pouvons-nous nous en remettre, corps et âme, aux fameux contingents « Africains » ? Qu’il me soit ici permis d’en douter, surtout dans la seule perspective stratégique qui compte vraiment dans nos sociétés médiatiques occidentales post-modernes : celle de ne pas s’enliser. En effet, les contingents qui finiront par nous parvenir de la CEDEAO[1] ne seront, au mieux, qu’une relève ponctuelle, en aucun cas une force de reconquête. En premier lieu, parce que, à la notable exception des troupes tchadiennes près, aucune de ces unités n’est formée à la guerre du désert. Qu’ensuite elles ne parlent pas la même langue (les Nigérians parlent anglais et les autres le français), qu’elles n’ont aucune expérience d’interopérabilités entre elles et très peu avec l’armée française. Enfin, et ce n’est pas le moindre des risques, il s’agit d’armées noires au contact de territoires arabes.

 

Les renforts sont en chemin

Les renforts sont en chemin

Nous touchons là au fond du problème que notre doxa politiquement correcte s’efforce d’occulter. En Afrique, et particulièrement au Sahel, l’oppresseur n’est pas le « blanc européen », mais le « blanc arabe ». L’esclavage, crime contre l’humanité commis par les européens (c’est bien connu) a de tout temps et jusqu’à une époque très récente, été pratiqué, à grande échelle, par les nomades arabes par le biais de razzias sur les villages noirs de la bande sahélienne. En conséquence de quoi, les populations arabes du désert ne se sentent absolument pas Maliennes. Les Touaregs ne sont pas en lutte pour une indépendance de principe. Ils veulent un État indépendant de la Bamako noire. Certes les colonisateurs européens en traçant des limites nord-sud, là où les Peuples se répartissaient selon une logique est-ouest n’ont rien arrangé, pas plus que l’ONU, par la suite, avec son dogme de l’intangibilité des frontières. Il n’en demeure pas moins vrai qu’ethniquement, le Nord Mali se distingue, très sensiblement, du Sud.

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Dans ces conditions, il semble très hasardeux de laisser des armées africaines « pacifier » la zone. C’est un peu comme confier la garde d’un camp de réfugiés Tutsis désarmés à des Hutus chargés comme des porte-avions ou vice versa. Un peu plus à l’Est, les habitants noirs du Darfour savent bien tout ce qu’ils doivent à l’humanité sans borne des tribus arabes, venues s’assurer de leur bonne santé, à l’invitation du gouvernement islamiste de Khartoum. Ceci étant posé, il semble donc bien que l’opération de « reconquête du Nord Mali » entamée par Normal dernier, alors que personne ne le lui demandait, nous entraîne dans de longues et coûteuses opérations militaires.

La France otage de l’Algérie

64_dilem_130120110920L’attaque du complexe gazier d’In Amenas a certes internationalisé le conflit, mais elle a surtout prouvé que la France est devenue l’otage du « quarteron de généraux » au pouvoir à Alger depuis 50 ans. En témoigne : la touchante unanimité avec laquelle, la classe politique française a qualifié « d’appropriée » la boucherie sanglante qui a tenu lieu de réponse des autorités algériennes au raid islamiste sur les installations de BP. Trente-sept otages tués, en regard des centaines d’autres libérés, on peut en effet considérer cela comme un succès… si l’on est Russe. Il ne faut d’ailleurs pas s’étonner du résultat puisque ce sont justement ces derniers qui ont formé les forces spéciales algériennes. Simplement, il faut arrêter de s’offusquer des méthodes de Poutine quand on loue celles, en tout point semblables, de Bouteflika.

La France est donc malheureusement, dans une situation de dépendance renforcée vis-à-vis de l’Algérie. Au complexe colonial et à son corollaire de repentance, vient maintenant s’ajouter la nécessité de pouvoir survoler le territoire algérien pour ravitailler nos troupes engagées au Mali. De même est-il nécessaire de s’assurer de la coopération de l’armée algérienne pour sceller ses milliers de kilomètres de frontière commune avec le nord Mali. Nous nous trouvons donc exactement dans la situation des Américains en Afghanistan, vis-à-vis du Pakistan. Un allié peu fiable, qui pratique le double jeu et qui a tout intérêt à vous voir vous embourber dans une situation inextricable, ne serait-ce que pour vous soutirer un maximum d’avantages indus.

gay-guerreQue la France gagne sa guerre au Mali et tous les barbus fanatiques qui campent dans le no man’s land qu’est aujourd’hui le Sahara risquent de revenir dans leur pays d’origine : l’Algérie. De surcroît ce pays, pas plus que l’oncle Sam, n’a intérêt à ce que la France réussisse là où l’Amérique a échoué. On peut donc compter sur la collusion des deux pour ne pas nous faciliter les choses. Enfin, un Mali pacifié pourrait être à même d’exploiter ses richesses potentielles. Il serait en effet bien étonnant que ce pauvre pays soit le seul État du coin, à ne pas avoir de ressources dans un désert qui ne l’est pas tant que cela pour tous ses autres voisins. Dans ce cas, il serait bien naturel que les entreprises françaises en tirent bénéfice. Voilà encore une bonne raison qui pousse à l’enlisement.

 

Conclusion

On le voit, l’opération déclenchée, à la hâte, par le chef normal des armées est loin d’être une promenade de santé où une mission classique de gendarmerie en France-Afrique. Nos soldats vont être opposés à des fanatiques aguerris et lourdement armés qui, pour n’être pas directement contrôlés par un État, n’en entretiennent pas moins des relations ambigües avec une bande de vieilles barbes qui ne portent pas spécialement la France dans leur cœur. Dans ces conditions, il est plus que normal de s’interroger sur la pertinence de la petite guerre du Président tout mou. Qu’il veuille jouer à « couillu le caribou » pour corriger une image d’attentiste timoré, peut se comprendre. Qu’il le fasse avec la vie de nos militaires mérite au moins d’être discuté. Enfin la grande hypocrisie qui consiste pour nos partenaires européens à réduire leurs déficits, en déléguant le métier des armes et les dépenses y afférant aux seuls Français demande, pour le moins, une renégociation de notre participation au budget communautaire. Mais quand il s’agit de défendre les intérêts de la France et de monter au front dans les sommets européens, notre Président normal tient, hélas, plus de l’eunuque que du caribou…

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[1] Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest

PEUR SUR LA FRANCE

mars 29, 2012

Dix ans après les Etats-Unis, huit ans après L’Espagne et six ans après l’Angleterre, c’est au tour de la France d’être frappée par la barbarie nazislamiste. Après avoir, nié l’existence du problème posé par la montée du radicalisme islamiste dans la société française, puis ensuite,  avec la même énergie, prôné des « accommodements raisonnables » au nom de l’irréversibilité du phénomène, les élites aveugles qui nous gouvernent ont dû se rendre à l’évidence : la France est aussi une cible. Le problème c’est qu’ à l’exception peut-être du Royaume Uni, l’importance de la communauté musulmane dans notre pays, donne à ce phénomène une toute autre résonnance que chez nos compagnons d’infortune. C’est qu’après avoir abandonnés les Harkis pour éviter que Colombey les Deux Eglises ne devienne Colombey les Deux Mosquées, nous avons ouvert les vannes à l’installation d’une immigration économique qui considérait la France comme une ressource et non comme un espoir. Bref, nous avons tourné le dos à ceux qui nous faisaient confiance pour ouvrir les bras à ceux qui se défiaient de nous. Bien que l’on nous explique le contraire à longueurs d’ondes, cette tragédie sanglante va peser de tout son poids sur la fin de la campagne et par delà, sur le prochain quinquennat.  Revue de détail de ces conséquences en chaîne.

Un boulevard à droite

Bien sûr tout le monde pense que Marine Le Pen tirera le meilleur parti de ce drame national. Il faut dire que la petite entreprise familiale n’a eu de cesse d’annoncer la venue de ce type de tragédie, sous les quolibets des bien pensants. Maintenant que le « fantasme » s’est réalisé, difficile de ne pas se rappeler des prédictions apocalyptiques du menhir breton qui, sans note, haranguait les foules inquiètes, sur la montée de « l’anti France ». La chance relative des professionnels de l’enfumage, c’est que ce n’est précisément plus Jean-Marie Le Pen qui tient l’article, c’est sa fille. Si la filiation ne peut être niée – et pour cause – la fille souffre, à un degré moindre certes, du même problème que Sarkozy : la copie est toujours moins bonne que l’original. Le paradoxe est moins relatif qu’il y paraît. Depuis le début de la campagne, sure de sa prééminence sur le credo de l’immigration, Marine a délaissé ce fond de commerce qu’elle pensait acquis, pour faire dans la surenchère Etatiste avec Mélanchon. On ne l’attendait pas à pareille fête et il faut bien reconnaître qu’elle n’y excelle pas. Cette course à l’échalote marxiste avec le Hugo Chavez de l’Essonne a dérouté nombre de ses partisans et a surtout permis à Nicolas Sarkozy de redevenir audible, sur les questions identitaires, qu’il avait pourtant largement délaissées depuis 2007.

Seulement voilà, cette folle semaine toulousaine, a permis au Président de glisser de l’audible au crédible, sur une thématique revenue sur le devant de la scène, avec la violence d’un boomerang dont on avait pourtant mis beaucoup d’énergie à se débarrasser. Servi par les circonstances, il est apparu comme le père protecteur de la nation, rallumant instantanément les images subliminales qui font sa geste depuis 20 ans. La légende de « Super Sarko » est née un jour de mai 1993 à la maternelle de Neuilly et n’a cessée, depuis, de s’enrichir au gré des évènements et des postes occupés par son bénéficiaire. En dépit des efforts de ses adversaires pour imposer la contre image du Fouquet’s et autre « casse toi pauv’con », la statue du commandeur n’est jamais partie bien loin dans l’inconscient collectif. Le Président s’est arrêté de faire campagne, il a décrété l’état d’urgence et l’appareil d’état a répondu à la perfection. En quarante huit heures, le meurtrier était identifié, cerné et au final neutralisé. Veni, vidi, vici … Difficile de faire mieux.

Un magnifique piège à cons

S’il faut être à la masse comme Eva Joli pour voir dans ces évènements une mise en scène présidentielle, force est de constater que les équipes du Président ne sont pas restées inactives. Le tour de force ne vient pas tant de l’épilogue que des fuites sur les débuts de l’enquête.

Le gang des donneurs de leçon

Alors que le Président et son Ministre de l’Intérieur répétaient, contrits, au soir de la tuerie de l’école juive, que les enquêteurs ne privilégiaient aucune piste, manière de laisser croire qu’ils n’en avaient guère, d’aucuns laissaient filtrer des informations concernant certains suspects au profil bien particulier. Alors qu’en réalité l’on commençait à cibler Merah, les parachutistes chassés de l’armée pour sympathies néonazies supposées, étaient jetés en pâture à tout ce que la bien-pensance compte de chiens de Pavlov. Le contre feu était parfait tant il soulageait les consciences immigrationnistes. Ce qui s’est passé après est très révélateur des conditionnements politiques de ce pays. Alors que tout le monde, dans le contexte actuel, penche spontanément, après la tuerie de l’école, vers la piste islamiste, la simple évocation de la « peste brune » permet au déconomètre de se remettre en marche. Ainsi, à des degrés divers, trois poids lourds de la présidentielle se sont-ils laissés abusés par cette fiction, au point de jouer les Cassandre, fort mal à propos et de perdre ainsi en crédibilité ce qu’ils espéraient gagner en bonne conscience. Face à la connerie à ne pas faire, il n’y a pas que le journaliste qui dégaine sans réfléchir, le politicien à la ramasse, aussi !

Le plus touché par cette précipitation est sans conteste François Bayrou. Tel un joueur compulsif devant un tapis vert, il a tout misé sur le noir. Les prières pour les morts n’étaient pas encore dites que Saint François de Pau pourfendait déjà les pensées impures et stigmatisait les intentions malignes sur sa droite :

Oupss

“On lance des sujets dans le débat, on prononce des mots qui roulent comme une avalanche et parfois tombent sur des fous. Nous ne savons rien sur celui qui a perpétré cette tuerie, mais nous sentons bien que cela n’est pas sans lien avec une certaine évolution de la France”  (sic !)

Au lendemain de cette saillie toute en nuance et très « Union nationale », Mélanchon et Hollande ne craignaient pas d’en rajouter une louche, sur le vilain populiste du Faubourg Saint-Honoré, qui flatte les plus vils instincts de l’électorat. Les mots qui font mal, la viande hallal, la vulgarité, bla bla bla,  on connaît la suite … Quelques heures plus tard, le facho étaient en fait un islamiste et la belle construction sur « le ventre encore fécond de la bête immonde », pouvait rejoindre la poubelle du prêt à penser dont elle n’aurait jamais dû sortir. Si tout ce petit monde avait été aussi dépourvu de préjugés qu’ils aiment à nous le faire croire, ils eussent ainsi évité de passer pour des cons.

Un avant goût du Hollandisme en action

Il faut dire que les images de la semaine écoulée sont très cruelles pour François Hollande. Celui que les sondages ont installé depuis des mois à l’Elysée le 7 mai prochain, est apparu comme le premier de la classe qui voit un concurrent lui ravir le cœur de la Maitresse. Il a passé son temps à courir après le Président de la République, en s’obstinant à ne pas comprendre qu’il ne l’était précisément pas encore, lui même, Président. Cela a donné des scènes surréalistes comme ce « twitt » envoyé par Manuel Valls en plein office religieux à Notre Dame de Nazareth, pour rassurer le Peuple de gauche sur la participation effective de son champion aux « réjouissances ». Le puéril le dispute à l’abject. Dire qu’au jeu des postes répartis avant que les Français aient votés, ce cuistre est supposé devenir le successeur de Claude Guéant à l’Intérieur… A défaut d’un grand flic, au moins aurons nous avec lui, un nouveau Léon Zitrone au poste de ministre des cultes.

Les images sont cruelles donc. En France la publicité comparative est interdite. Pourtant, cette semaine nous avons vu, durant les cérémonies d’hommages, ce que pourrait être une présidence Flamby. Le contraste entre le vrai Président et celui qui joue à l’être, avant d’avoir été élu, était saisissant. Si une présidence « normale » consiste à avoir l’air emprunté et constipé face à des gamins au garde à vous dans le préau d’une école du Pré-Saint-Gervais, l’anormalité va connaître un regain de sympathie inattendu.

Ce qui doit changer

En vérité, la rage meurtrière de Mohamed Merah, la nature ignoble de ses actes et la froide cruauté avec lesquels, cet illuminé a commis ses crimes, ont profondément frappé l’imagination des Français. Abattre « courageusement » des militaires dans le dos, tirer sur un père et ses enfants à l’entrée d’une école, poursuivre une fillette de 7 ans, la tirer par les cheveux pour lui loger une balle dans la tête, témoigne du degré de haine et de folie auquel en était parvenu cet individu. Au delà de ce cas particulier, c’est l’ensemble de ces naturalisés par hasard que la Nation regarde pour la première fois dans les yeux. Et le spectacle n’est pas reluisant. La culture de l’excuse qui a constamment expliqué à ces gamins paumés, que la France leur devait quelque chose, a enfanté ce type de monstre fanatisé. La haine de la France déversée à satiété, sur cette même jeunesse, par une élite tiermondiste a produit l’impensable.

Mohammed Merah illustre mieux que tous les discours, la « chance » que peut représenter pour la France, une immigration aussi mal maitrisée. Déduire de son parcours que tout musulman (immigré ou pas) est un terroriste en puissance est une imbécillité, au moins aussi énorme que d’expliquer que c’est un cas isolé. Ne nous voilons pas la face – façon de parler – si l’immense majorité des musulmans de France est révulsée par ses crimes, il est aussi le héros de nombre de petits caïds. Portés par le discours victimaire dominant, combien sont-ils, à croire que c’est la société et non leur incapacité pathologique à s’y insérer qui est responsable de leur exclusion ? Combien de ces « déracinés », devenus Français à contrecœur nourrissent-ils à l’endroit du pays qui les accueille, des sentiments de haine, les poussant à devenir des tueurs d’enfants ? Nous avons vu fleurir ces derniers jours des tags à la gloire de Merah dans nos « quartiers sensibles ». On en parle peu car il ne faut pas « stigmatiser ». De combien de ces djihadistes, partis se former au maniement de la terreur de masse sous couvert d’apprentissage de l’arabe littéraire devrons nous nous débarrasser pour retrouver une certaine sérénité ?

Car voilà bien le nœud du problème. L’angélisme avec lequel, les gouvernements français successifs ont traités ces « fous de dieu » partis à l’étranger se faire lobotomiser ce qui leur restait de cerveau, fait froid dans le dos. A première vue, Merah se serait rendu à la frontière Pakistano-Afghane. Il fut l’élève des Talibans avec lesquels il a peut-être fait le coup de feu contre une coalition à laquelle participe pourtant l’Armée française. Prendre les armes contre sa patrie est constitutif d’une trahison dans tous les pays du Monde. Chez nous, on se contente de faire  suivre les intéressés par la DCRI,  comme s’il s’agissait de paisibles « touristes salafistes » revenus chez eux après une escapade aux sources de leur culture. L’exception culturelle appliquée aux djihadistes !  Au pays des Droits de l’Homme, tant qu’ils n’ont tué personne ils sont libres ! Prôner le contraire, ce serait porter une inadmissible atteinte à leur droit imprescriptible à nuire, un jour, à leur prochain. Bref ce serait « discriminant».

Le vrai scandale, ce n’est pas qu’il ait fallu 15 jours à la Police pour le mettre hors d’état de nuire.  C’est plutôt qu’il ait fallu attendre des mois, qu’il passe à l’acte pour lui mettre – au sens premier du terme – du plomb dans la tête. Nous sommes « civilisés », c’est un fait que ces brutes refusent. Dès lors que faire de tous ces apprentis terroristes qui reviennent en France après leur « formation théorique » ? Nous avons le droit, et même le devoir, de nous protéger de ces prédateurs. Les Etats-Unis ont Guantanamo qui en dépit des promesses du candidat Obama, continue de fonctionner à plein régime. Il nous faut d’urgence nous doter d’un semblable lieu de regroupement. Les DOM-TOM sont exsangues parait-il, il devient donc vital de diversifier les sources de revenus de … la Guyane, par exemple. A  coté de Kourou, nous devons relancer ce qui fit la fortune des lieux pendant des siècles. Rouvrons l’Ile du Diable et faisons casser des cailloux à tous ces fanatiques, dans de jolis uniformes rayés.

ISRAËL : PIEGE EN HAUTE MER

juin 3, 2010

Israël vient de commettre une des plus grosses erreurs stratégiques de sa récente histoire en arraisonnant violemment le convoi de navires affrétés par une ONG turque à destination de Gaza. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois dans ce Proche Orient si compliqué que les lignes bougent. Le problème c’est que, depuis 1967, elles ne bougent plus que dans un seul sens.

Un acte de guerre ?

L’arraisonnement des navires turcs dans les eaux internationales par la marine israélienne est présenté par l’Etat hébreu comme un acte de guerre. Pour que cela fût légalement le cas, il eût fallu que ces deux pays eussent effectivement été en guerre, or il n’en est rien. Le blocus de la bande de Gaza a beau être condamné par la communauté internationale, le forcer est un acte hostile car Israël reste souverain sur son territoire et dans ses eaux territoriales. La destination supposée de l’ « armada humanitaire » ne constitue pas un motif légitime à une action préventive tant que les limites territoriales ne sont pas franchies. Reste à déterminer quel statut accorder aux douze milles nautiques qui s’étendent au large d’un territoire qui, en droit international, n’appartient à aucun état, et si les navires arraisonnés étaient entrés, ou non, dans ces limites. Ce n’est visiblement pas le cas, a en juger par les circonlocutions utilisées par le gouvernement Netanyahu pour éviter de reconnaître ce sur quoi tout le monde s’accorde. Cette attaque des commandos marine a eu lieu à 72 nautiques des côtes, en dehors donc du périmètre de souveraineté, effective ou prétendue, des Israéliens contre des bâtiments battant pavillon de nations amies, cela s’apparente à un acte de piraterie.

corvette israélienne de type saar V

La disproportion dans l’usage de la force est aussi proprement effarante. Le gouvernement israélien invoque la légitime défense de ses soldats, supposés surentraînés, face à des « activistes » certes peu pacifiquement armés de battes de baseball, d’armes blanches et de barres de fer. A ce compte-là, que n’avons-nous fait donner les chars Leclerc pour disperser les émeutiers de nos banlieues à l’automne 2005… Deux soldats ont été blessés par balles mais il n’est pas encore prouvé qu’il s’agisse bien de projectiles tirés par leurs adversaires. Dégager des excités qui l’occupent, avec force barres de fer et couteaux entre les dents, une coursive de bateau à coups de M16 cela produit les résultats que nous constatons, mais aussi, probablement, quelques malencontreux ricochets. Quoi qu’il en soit, il est urgent pour Tsahal de changer de tactique car il y a fort à parier que cette « expédition humanitaire» maritime, ne sera pas la dernière. Israël ne pourra pas toutes les repousser de la sorte, sans compromettre durablement son image internationale et donc à terme, son avenir.

Les Israéliens s’estiment victimes d’un complot mondial visant à les détruire en sapant leur image, par le biais de coups médiatiques savamment planifiés. Le but de ces « shows » étant, selon eux, de leur faire endosser les habits peu enviables – et paradoxaux dans leur cas – de Goliath. A bien y regarder, il n’est pas impossible , dans ce cas précis, qu’ils ne soient pas totalement aveuglés par ce que leurs adversaires qualifient de paranoïa. Ceci étant, s’ils tombent aussi facilement dans les « panneaux » médiatiques qui leurs sont tendus par leurs ennemis, c’est probablement que leurs réactions sont devenus tellement prévisibles qu’il devient urgent, pour eux, de changer de tactique.

« Un peuple sûr de lui et dominateur »[1]

Une représentation géographique oubliée

Ce passage du statut de « victime de l’hostilité arabe » à celui d’ « oppresseur des Palestiniens », Israël a permis à ses adversaires de le construire avec une obstination et un acharnement peu communs. L’Etat hébreu s’est efforcé depuis la guerre des six jours et l’occupation des territoires qui étaient alors jordanien pour l’un – la Cisjordanie – et égyptien pour l’autre – Gaza – de perdre un à un les soutiens dont elle jouissait du fait de sa position d’assiégée. En effet, de leur création en 1948 à 1967, les Israéliens ont été constamment sous le feu du nationalisme arabe. Les pays qui les « entouraient » – les « encerclaient » serait plus exact – les attaquaient systématiquement avec pour ambition avouée de les éliminer. Tout a changé à l’issue de la guerre des 6 jours, quand Israël est passé du rôle de victime à celui d’occupant puis de colonisateur.

Certes, ce pays est la seule démocratie dans une région dominée par des dictatures autocratiques parfois héréditaires ou théologiques, mais toujours corrompues. Cette force morale est aussi une faiblesse dans la mesure où ses pères fondateurs ont choisi le pire des systèmes institutionnels possibles : le parlementarisme par représentation proportionnelle.

Ce qui pouvait se comprendre vu les circonstances ayant présidé à la naissance de l’Etat d’Israël, où les nécessités d’unité nationale prévalaient sur toute autre considération, est devenu, avec le temps, une tare. Aucune majorité stable ne sort jamais des urnes. La division profonde du peuple se reflète au parlement et les politiciens sont obligés de composer des majorités de circonstance pour parvenir à former un gouvernement. Comme dans nos troisième et quatrième républiques, le pouvoir réel est aux mains des petits partis « charnière », souvent extrémistes, qui  font et défont les majorités au rythme de leurs intérêts et de leurs phantasmes. Ils ne pèsent rien ou si peu dans le pays, mais la proportionnelle leur permet toutes les arrogances.

Le glissement d’une occupation militaire, qui pouvait être justifiée par des impératifs de sécurité tant que la paix n’était pas signée avec l’Egypte et la Jordanie, à une colonisation de peuplement, destinée a rendre irréversible une situation juridiquement floue, s’explique largement par cette fragilité politique.

Un pays à l'étroit dans des frontières disputées

La démocratie c’est aussi, il ne faut pas se le cacher, l’art de flatter l’électorat. Les plus démagogues l’emportent souvent sur les plus responsables. C’est faire injure aux dirigeants israéliens qui se sont succédés depuis quarante ans que de les penser aveugles et sourds aux conséquences à long terme de leurs actes. Ils n’étaient que des politiques souhaitant être réélus dans un pays confiné, un pays à l’étroit dans des frontières disputées, fruit d’un compromis diplomatique entre grandes puissances au sein d’une ONU toute neuve. Dans ces conditions, l’attrait représenté par de nouvelles terres, gagnées sur l’ennemi à l’issue d’une guerre défensive, est vite devenu irrésistible, au delà de toute raison stratégique. Ajoutez à cela la dose convenue de corruption orientale dans les mécanismes de distribution du foncier et vous avez la recette du cocktail explosif qui empoisonne les relations entre l’Orient et l’Occident depuis plus de 40 ans.

Désespérer ses alliés

Depuis la guerre des Six jours, Israël s’évertue à s’aliéner ses amis naturels avec une régularité confondante qui n’a pour seul équivalent planétaire que les efforts continus de la Corée du Nord pour « s’ouvrir » au monde. La France, qui avait porté l’Etat hébreu sur les fonts baptismaux alors que l’Oncle Sam se méfiait encore des illuminés collectivistes qui bâtissaient des Kibboutz comme les Soviets faisaient pousser les Kolkhozes, fut la première à prendre ses distances. Notre pays se refaisait ainsi, à bon compte, dans le monde arabe, un crédit largement entamé par la guerre d’Algérie. Il n’empêche qu’en la matière, de Gaulle était une fois de plus visionnaire. Il avait parfaitement assimilé l’idée qui avait été longtemps portée, entre autre, par les promoteurs du sionisme : celle de la libre détermination des peuples. Le temps des conquêtes militaires et de leur acceptation par les vaincus comme un fait accompli était passé, celui de la « résistance à l’occupation » et de la guerre asymétrique commençait. La France venait de s’en rendre compte en se sortant du guêpier algérien, elle avait une longueur d’avance, mais ses avertissements furent méconnus, moqués et ignorés comme venant de la puissance déclinante qu’elle était, aux yeux d’une jeune nation, galvanisée par une victoire sans appel.

Depuis lors, à l’exception notable des Etats-Unis, tous les alliés d’Israël sont passés d’une bienveillante neutralité à une condamnation systématique des « méthodes disproportionnées » employées par l’Etat hébreu pour garantir sa sécurité. Des invasions du Liban, au démantèlement de l’Autorité Palestinienne en passant par le blocus et le bombardement de Gaza, toutes les initiatives de Tsahal ont apporté leur pierre à l’isolement du pays sur la scène internationale.

Pareille situation n’est pas tenable sur le long terme. Tout comme nous nous refusons à voir la réalité économique en face, les gouvernements israéliens s’obstinent à ne pas considérer les données géopolitiques et géostratégiques, pourtant évidentes, qui commandent à un compromis avec les Palestiniens. Ils n’ont pas d’autre porte de sortie. Ils s’aliènent tout le monde, jusque et y compris, aujourd’hui, leur plus fidèle allié musulman : la Turquie. Ils sont entièrement dépendants de la patience et de la fidélité des Américains. En matière de relations internationales, il n’est jamais bon de dépendre d’un seul pays, fût il obstiné, surtout en des temps économiques incertains. Le jour où la Maison Blanche fera le compte de ce que lui coûte financièrement et politiquement son soutien indéfectible à Israël, le risque sera grand de voir le « parapluie » américain se refermer. Les états sont des monstres froids et compter sur les sacrifices que sont prêt à consentir les électeurs de l’Idaho ou du Michigan pour l’avènement d’ « eretz Israël » est un calcul risqué. L’essentiel de l’effort de guerre des Etats-Unis dans le Golfe, en Irak et en Afghanistan est lié directement à ses relations privilégiées avec Jérusalem. La haine que déclenche cette amitié dans le monde arabe doit se compenser à coups de milliards de subventions économiques pour conserver en place des régimes corrompus qui maintiennent, tant bien que mal, le couvercle sur la marmite. Lorsque s’ajoutent à cela, les vies humaines, le spectre d’un retournement de l’opinion publique américaine prend corps à mesure qu’augmente le nombre des G.I. tués en opération.

L’excuse commode du fondamentalisme :

L’exercice solitaire du pouvoir a donc ses limites, et les Israéliens vont devoir rapidement s’accommoder de ce qu’ils ont toujours repoussé avec la dernière des énergies : un Etat palestinien.

Depuis les accords d’Oslo, l’Etat hébreu, aidé en cela par les dissensions palestiniennes, l’irrédentisme et la corruption de Yasser Arafat, s’est toujours évertué à renvoyer cette naissance aux calendes grecques. Le retour aux affaires de la droite israélienne s’est même fait sur le dos du leader historique du Fatah accusé d’encourager les terroristes du Hamas. Avant d’en venir à de meilleurs sentiments et d’en sombrer dans le coma, Ariel Sharon a réduit en poussière l’embryon national qu’était l’Autorité Palestinienne faisant du même coup du Hamas le seul « résistant  légitime » à l’ « oppression coloniale».

Refuser, aujourd’hui, toute discussion avec les Palestiniens sous prétexte que certains d’entre eux sont des fous radicaux, est une hypocrisie. Israël serait plus légitime dans cette posture, s’il n’avait favorisé, avec détermination, dans les années 80, la montée en puissance des islamistes au détriment des nationalistes de l’OLP, inspirant ou s’inspirant en cela –l’Histoire le dira –  des méthodes utilisées par les Américains en Afghanistan contre les Soviétiques, avec les conséquences réjouissantes que l’on connaît aujourd’hui. Comme souvent, la potion s’est retournée contre l’apprenti sorcier et la créature, échappant à tout contrôle est devenue le pire cauchemar de son maître. Encore qu’il faille distinguer entre le maître et les enfants de ce dernier. Il est indéniable que les premières victimes de la folie des islamistes sont les civils israéliens qui subissent les attaques répétées des « kamikaze » et autres roquettes « artisanales ». Le fait que collatéralement, les civils palestiniens souffrent des représailles de Tsahal est un fait capital. La punition collective ne parvient jamais à autre chose qu’à souder les punis contre la main qui les frappe. Une fois posées ces données, on est en droit de se demander à qui profite le crime. Des deux cotés, les partisans du statu quo s’en sortent remarquablement bien. Rien ne peut bouger car on ne négocie pas : pour les uns avec l’occupant et pour les autres avec des terroristes …  du moins jusqu’à cet assaut.

L’importance que prend ce conflit dans nos sociétés marquées par une crise sans précédent rend encore plus urgente sa résolution. Nous ne pouvons pas durablement supporter que de parfaits abrutis en quête d’identité se tournent vers la haine du « juif » pour s’en fabriquer une. Il ne s’agit pas seulement de ne plus revivre « les heures les plus sombres de notre histoire » : l’Histoire ne repasse jamais les plats. Il convient justement de dépasser l’histoire tragique du « peuple juif » pour qu’un Etat qui en est directement issu, mais qui n’a pas pour autant vocation à représenter tous les juifs de la planète puisse vivre en paix avec ses voisins, ces derniers devant chercher ailleurs les raisons à leur sous-développement chronique. On ne peut pas passer son temps à expliquer qu’une mosquée en Europe n’est pas un avant-poste d’Al Qaïda  et prétendre que les juifs sont responsables et comptables des erreurs d’Israël. C’est aujourd’hui que l’on aimerait entendre les autorités religieuses musulmanes appeler leurs coreligionnaires au calme, à l’instar de ce que fit le Vatican après le 11 septembre.

Cargo Exodus en Juillet 1947

Ce qui vient de se produire au large des eaux israéliennes sera peut être un tournant dans la sanglante histoire du Proche Orient. On ne peut pas ne pas être frappé par certaines similitudes entre la situation présente et les circonstances qui ont présidé à la naissance d’Israël. Des bateaux, dans les deux cas, tentent de forcer un blocus en invoquant les mêmes  « raisons humanitaires ». Une même tentative de les en détourner produit des pertes comparables en vies humaines. Si cette tragédie pouvait enfin conduire à la création d’un Etat palestinien indépendant et viable, on aurait fait un grand pas vers la résolution du conflit.

On ne construit jamais une paix durable qu’avec ses ennemis. La France en est un bon exemple, tant avec l’Allemagne et le FLN algérien qu’avec la « perfide  Albion ».


[1] Charles de Gaulle conférence de Presse du 22 novembre 1967